Les Formes féminines… Ou comment retracer l’itinéraire d’un ancien coton-tige complexé. Coton-tige à la recherche des formes perdues. Je dirai simplement et pour commencer que ces « formes » ont représenté l’Eldorado, l’Arlésienne, le Saint Graal pendant de nombreuses années. Le terrain inconnu. La Terre-Promise.
Les chiennes. Elles m’ont ignorée et narguée pendant longtemps.
Née Coton-tige. Ascendant, Liane, aussi souple qu’un chewing-gum. Aux gambettes cagneuses aussi épaisses que des baguettes. Ce corps étiré, anguleux : non ! Les corps qui attiraient mon regard, attisaient mon envie et ma jalousie étaient ceux des copines : ceux avec du relief.
Manger comme un ogre n’y faisait rien. Un métabolisme carburant à je ne sais quelle vitesse, brûlant toutes les graisses. Skinny à l’estomac sans fond. Les sorties à la plage étaient une vraie aventure : miss squelettor se transformait en anguille des sables, qui traversait la distance « sable-eau » en un temps records. Regard à gauche, regard à droite… Personne en vue… Feu partez ! Plouf ! Aujourd’hui toute la famille en rit. Il est vrai que le ridicule était dans la place.
Et il faut également rappeler que les canons de beauté d’il y a quinze ans n’étaient pas les mannequins faméliques d’aujourd’hui. Non, c’était la belle époque des Tops aux jolies formes : Stéphanie Seymour, Elle McPherson (”The Body”), Cindy Crawford et toute la clique. Cependant, dire que le formes m’ont ignorée pendant longtemps, n’est pas tout à fait exact. A compter de la quatorzième année. Les Dieux fesses et nénés ont daigné examiner ma candidature. Mais seul un des deux à accepté de m’entendre.
C’est alors que mon organisme s’est amusé à se foutre de moi. Et bien comme il faut. « Tu veux des formes, Milla ? On va-t-en donner. Attend un peu. Ah Ah ! ». Pour voir, j’ai vu. Comment dire…Comment vous illustrer la chose ? Retournons à l’image du Coton-Tige. Vous visualisez bien ? Et bien maintenant, prenez deux gros abricots, de la colle glue extra-forte, et greffez ces abricots sur le Coton-Tige.
Il y a comme un problème n’est-ce pas ? Un problème de proportions. Et bien voilà , mon corps a ressemblé pendant des années à une brindille affublée de deux pastèques en guise de seins. Un peu comme si les formes tant désirées avaient été propulsée en un seul endroit (je vous le disais qu’on m’avait fait un coup fourré).
Alors, des courbes, oui, mais uniquement du côté de pile. Que s’est-il passé du côté face, me demandez-vous ? Et bien l’on pourrait imaginer qu’il s’est pris un 33 tonnes de plein fouet. Ce qui a eu pour effet de tout transférer du côté poitrinaire. « Zziiiip ! ». Foutue comme un dos d’âne. Poitrine 1/ Fesses 0. Autant vous dire que l’on ne voyait que ça… Plus mince qu’une Kate Moss, avec les seins d’une Playmate aux obus proéminents. Un coup à perdre l’équilibre, la tête la première sur le bitume. « Bim ! Dans ta face ! ». A la limite de se déplacer en déambulateur pour trouver l’équilibre (oui, oh, j’exagère…).
Puis, tout est finalement rentré dans l’ordre, les côtés pile et face ayant fini par signer un accord amiable. Après de très difficiles tractations, côté pile et côté face se sont entendus pour répartir les masses. En une année, dix kilos ont été pris ; l’année de mes dix-huit ans, l’année de la rencontre de mon premier grand amour aussi. Y aurait-il une corrélation ? Sont-ce les hormones féminines qui ont cessé de jouer de vilains tours ? Est-ce l’amour reçu et l’admiration d’un homme qui ont permis à ce corps de s’épanouir de manière plus équilibrée ? Ou le Mac Do à outrance ? Qui sait?
Aujourd’hui, le rapport au corps n’est plus aussi conflictuel. Ce n’est pas l’Amour fou, mais c’est le cas de la plupart des femmes. Rien de plus normal. Un jour fâchés, un jour copains comme cochons. Néanmoins corps et esprits s’entendent “bien cordialement”. Bien entendu, l’époque du gavage à base de cochonneries sans kilos pris est révolue : peau d’orange, petit bidon, régimes bidons, sport pour éliminer, petites lamentations pré-plage…la vie quoi. Mais je ne la regrette pas… je crois.
(c) photo memoriste via flickr
posté le 11/06/2008 | 1648 vues | 13 commentaires | tags: maigreur rondeurs complexes seins fesses silhouette
Ma soeur était un coton-tige, elle est devenue amphore. J’étais amphore et je suis devenue coton-tige. Vous croyez que c’est le système des vases communicants ?
wahou, britbrit nous fait de la physique, là c’est trop…arrête !
moi, je n’ai pas changé (comme dirait julio) j’étais amphore et suis restée amphore.
Il faut du temps pour s’habituer à son nouveau corps. Le plus important c’est surtout d’être en accord avec son corps. ;-)
@ Serena: merci! Exactement! Non mais j’étais à tel point complexée que je rêvais de me réveiller dans un corps normal. Qu’on ne me demande plus “mais tu manges au moins?”.
@ BritBrit: Ah ah! Excellent l’image! Les vases communicants! Alors nous dirons que ça a communiqué des seins vers les fesses!
@ Wafa: C’est vrai. Mais c’est surtout avoir le choix de pouvoir “moduler” son corps, de le voir répondre. Avant j’avais beau manger, cela n’y faisait rien. Aujourd’hui, si je mange beaucoup je grossis beaucoup. Si je décide de faire un peu attention, le corps répond et s’affine un peu.
Moi aussi jadis, j’eusse été une complexée maladive, pas plus épaisse qu’un cure-dent et cagneuse comme pas 2. D’ailleurs c’était à l’époque du “je te tiens par le bras” entre copine, sauf que moi on avait peur de me le casser… Aujourd’hui je vis super mal ces formes qui sont apparues comme un cheveu sur la soupe inopinément. Maintenant avec un schokobon je prends 3 kilos, fut un temps je pouvais m’enfiler la moitié d’un pot de Nutella format familial en une soirée sans prendre un gramme…
La faute au chardonnay!
@ Dyns: Ma sÅ“ur cure-dent du passé! Oui, c’est bizarre de changer d’un coup comme ça.
Mon Dieu, l’époque “je te tiens par la baguette”: nous on marchait par brochettes de 5 dans les rues.
Mais c’est fou, cette capacité à engloutir sans conséquences que l’on avait. Je me demandais même si je n’avais pas un verre solitaire long de 10 mètres dans le corps…
La faute au Menu Golden de Ronald.
Moi aussi à un moment j’étais persuadée d’avoir le ténia… Mais je pense que l’alcool, enfin le(s) p’tit (s) verre(s) de vin qui va bien en apéro jour bien son rôle aussi!
‘tention hein faut pas incriminer le chardonnay….je veille au grain!!!, non ss blague, le vin c’est un tout petit peu calorique, ms bon, un ptit de tps en tps…
Hum, je suis passée de liane à … je sais pas en fait. Coton-tige ventripotent ?
@La Sto’ : un tonneau de Chardonnay ? euh… c’est où déjà la cave, chez toi ? tsi hi.
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