Il pleut.
Connaissez vous ces vers? “Il pleut dans mon coeur comme il pleut sur la ville. Quelle est cette langueur qui pénètre mon coeur?“Â
Nous sommes au mois de juin et il pleut, sur la ville, sur la campagne, sur les gens, sur mon cœur. Est ce ce temps maussade et grisâtre qui rend les gens si agressifs et individualistes? Ou est ce que cette catégorie de personnes se rassemble pour se mettre sur ma route? Peu importe la raison à dire vrai.
Parfois, je me sens à côté de la plaque. Totalement. Définitivement. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas notre société, ses déséquilibres, ses cercles vicieux; je ne comprends pas les gens, leurs motivations, leurs réactions. Et je refuse de devenir une femme aigrie, hautaine, individualiste, ou pire, indifférente.
J’ai lu cette semaine un texte revendiquant le droit à la tristesse. L’un des arguments était, je cite «Dans un monde où l’on est sollicité au quotidien, où il faut se battre pour le moindre boulot, pour trouver un mec, des amis, une place assise dans le métro ou un restau pas complet le samedi soir, il faudrait en plus être toujours au top ? »
Certains jours, je vis chaque détail de mon quotidien comme une agression: la tv, qui liste les problèmes que notre société s’est créée, les automobilistes pressés/stressés qui se prennent pour Senna et risquent de terminer comme lui, les collègues de boulot qui ont peur des responsabilités et se déchargent sur les autres en omettant les mots magiques comme « s’il te plait » ou « merci » (on croirait presque que depuis quelques années ces mots là écorchent la bouche), les sonneries bruyantes de portable/PDA qui envahissent les salles de restaurants, la liste est encore longue…
Ces jours là , pas de solution miracle. Impossible de rester chez soi dans son cocon protecteur, il faut y aller. Alors je renforce ma carapace, celle qui est fêlée partout et colmatée avec les moyens du bord, et j’avance. Parce qu’il n’y a que ça à faire: avancer.
Ce qui est le plus difficile finalement, c’est qu’en tant qu’utopiste naïve, je suis convaincue qu’il suffirait de pas grand chose pour que tout change. Si chacun était un peu moins sur la défensive, un peu moins agressif, un peu moins orgueilleux, un peu moins susceptible -là aussi la liste est longue- si chacun y mettait du sien avec un peu de confiance en l’Humanité, le monde ne se réduirait pas, pour moi en tous cas, à un monde hostile et dangereux.
Je pourrai alors baisser la garde, et peut être même enlever cette carapace si lourde à porter et alors m’aventurer dans la vie en laissant mes appréhensions derrière moi. Peut être.
Vivement le soleil :)
posté le 05/06/2008 | 381 vues | aucun commentaire | tags: pluie / tristesse
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