Une contrariĂ©tĂ©, ce n’est rien, deux contrariĂ©tĂ©s, c’est un peu lourd, trois contrariĂ©tĂ©s, c’est une matinĂ©e normale – celle oĂą je finis par engueuler mon sac Ă main parce qu’il ne me rend pas mes clĂ©s. Souvent, les bonnes âmes ont d’excellentes solutions prĂ©programmĂ©es : « t’as qu’Ă faire attention », « il suffit d’avoir un peu d’auto-discipline »… mouais mouais. Si c’Ă©tait si simple, si on Ă©tait des robots, ça marcherait sans doute. Mais pour autant que je sache, je ne vis pas dans un magazine, je ne suis pas parfaite, et les bonnes intentions ne valent qu’adaptĂ©es Ă sa personnalitĂ©.
Voici donc trois solutions « alternatives » (et honteuses) Ă trois problèmes que je n’ai plus. Le bon sens aurait voulu que je les rĂ©solve totalement autrement, mais je n’ai pas forcĂ©ment toujours du bon sens : par contre, maintenant, j’ai des matinĂ©es plus cools. A choisir, euh, je n’hĂ©site pas.
1) Les plantes en plastique.
Oui, je sais, plantes en plastique = comble du mauvais goĂ»t, kitsch, malĂ©diction sur les trente prochaines gĂ©nĂ©rations, faute grave, procès public. Sauf que la plante en plastique a Ă©voluĂ©, ces dernières annĂ©es. Fini le machin criard en tissu, welcome to le jardin provençal Ă la fois zen et gai. C’est mieux, parce que le vrai ficus, moi, je le tue en une semaine. Il faut croire que les radiations Ă©mises par mon corps dĂ©foncent dans un mĂŞme mouvement le lierre, le cactus et tous les increvables recommandĂ©s par IkĂ©a.
Bref. J’en Ă©tais venue Ă haĂŻr les plantes de salon, ces organismes traĂ®tres Ă vocation de gouffre Ă thunes, jusqu’Ă ce que je dĂ©couvre Le Plastique. Simple, efficace et invisible pour peu qu’on le mĂ©lange avec de vraies plantes vivantes - j’appelle « vivant » ce subtil mĂ©lange verdâtre de crâmĂ© et de pourri, famĂ©lique et incapable de tenir droit. La preuve de la gĂ©nialitude du truc ? Ma belle-soeur a Ă©tĂ© très contrariĂ©e d’apprendre qu’elle avait arrosĂ© de fausses fleurs pendant deux semaines, alors qu’elle gardait mon appartement. Non, elle n’est pas aveugle.
Mon rĂŞve maintenant, c’est que le Grand Capital fasse pareil avec des animaux :)
2) L’ubiquitĂ© appliquĂ©e aux objets.
Le Destin, le Zodiaque et mes Vices CachĂ©s ont dĂ©cidĂ© conjointement que je serais la personne la plus bordĂ©lique du monde. Dans 30m2, c’Ă©tait gĂ©rable, dans 80m2 (vive Berlin), ça ne l’est plus du tout. Dans ces conditions, deux possibilitĂ©s : passer sa vie Ă chercher ses affaires (moi il y a trois mois), ou acheter toutes ses affaires en plein d’exemplaires (moi maintenant). Exemple avec la barrette Ă cheveux qui me permet de voir quelque chose et qui possède une tendance lourde Ă la disparition : j’ai razziĂ© H&M, maintenant j’en ai une dans la chambre, une dans le salon, une dans mon sac, une dans la salle de bain et une sur mon bureau. Evidemment, ça circule, mais Ă l’arrivĂ©e j’Ă©conomise facilement 10 minutes par jour.
Bien sĂ»r, j’aurais pu me dĂ©brouiller pour installer des procĂ©dures de rangement, mais Ă l’arrivĂ©e ça m’aurait pris du temps de cerveau disponible. Est-ce que je veux vraiment penser Ă ma barrette Ă cheveux ? Non. Je veux qu’elle soit lĂ . Maintenant elle est toujours lĂ , affaire rĂ©glĂ©e. Pareil pour le baume Ă lèvres et la bouteille d’eau : plutĂ´t que de partir Ă la bourre chaque matin parce qu’on cherche l’essentiel, autant Ă©valuer une bonne fois pour toutes quels sont les objets manquants, et en acheter plein. Evidemment, c’est moins facile avec les lunettes, les clĂ©s ou le chat. Mais bon.
3) Les filets à santé mentale.
On ne sait jamais quand le coup de cafard va nous tomber sur la museau, et c’est exactement pour ça qu’il faut avoir du chocolat Ă la maison (ou le DVD de Blanche-Neige, ou les oeuvres complètes du marquis de Sade… c’est vous qui voyez). Quand on est triste, on a tendance Ă se rouler en boule et Ă perdre toute Ă©nergie : le but, c’est de limiter au maximum l’effort nĂ©cessaire au « premier pas » vers plus de sĂ©rĂ©nitĂ©. Evidemment, ça se prĂ©voit avant – sinon ça ne sert Ă rien – et ça s’entretient – il ne s’agit pas de manger son « chocolat Ă dĂ©prime » quand tout va bien. RĂ©sultat lors du coup de blues : on n’est pas victime de son Ă©tat, on a sa consolation Ă portĂ©e de main et on se sent plus en contrĂ´le sur sa vie. Le cercle vertueux est dĂ©jĂ en marche.
Conclusion : il restera toujours du monde pour prĂ©tendre qu’une plante s’arrose, qu’une barrette se range et que la dĂ©prime se gère. C’est sans doute vrai en gĂ©nĂ©ral mais ce n’est pas vrai Ă mon niveau – toute la diffĂ©rence entre thĂ©orie et pratique, entre bons conseils et rĂ©alisme. Je ne suis pas parfaite mais je me soigne (mal) !
posté le 02/06/2008 | 2933 vues | 9 commentaires | tags: Zen organisation Psychologie
Moi, mon chocolat Ă dĂ©prime c’est du noir Ă l’orange et mon DVD c’est celui de La Belle et la BĂŞte (”C’est la fĂŞte, c’est la fĂŞte, c’est la fĂŞeeeeeeeete!”)…et pour les plantes j’en ai pas du tout, les vraies je les fait crever et j’ai horreur des fausses.
sinon drĂ´lissime article comme toujours…et le coup de la barrette, c’est trop fort! moi qui suis toujours en train de gueuler “z’avez pas vu ma pince Ă cheveux?”
Moi j’ai 4 brosses Ă dent ! A force de faire des allers-retours chez mes parents, chez mon copain, chez moi, j’en oublie un peu partout.. :)
J’aime bien comment tu racontes :)
J’ai beau ĂŞtre supra feignasse, je n’arrive pas Ă faire crever mes plantes. Faut croire que je les ai bien choisies, y’a pas grand chose Ă leur faire, un peu d’eau de temps en temps, mĂŞme pas besoin de leur parler et elles poussent dans tous les sens, ce qui comble mon sens innĂ© du bordel :)
Pour le baume Ă lèvre, j’en ai 1 dans chaque sac mais j’arrive encore Ă le perdre parfois (trop forte je suis).
Ah et enfin, les gens super organisĂ©s m’ennuient (pour ĂŞtre polie) surtout ceux qui pensent qu’il suffit d’appliquer une sacro-sainte volontĂ© de mes 2 oreilles et qui lèvent les yeux au ciel en constatant qu’il y a encore des gens qui n’y arrivent pas.
pareil pour moa, le baume Ă levre…. un dans la sale de bain, un dans le salon, un dans chaque poche de chaque veste et un dans chaque sac…. et j’arrive encore Ă les chercher….
grrrrrr
pour ce qui est des plantes, moi aussi, je les fait crever. Sauf une, le ficus, qui me suis depuis 10 ans maintenant, mais c’est le seul. les autres, elles sont enterrĂ©es depuis longtemps….
Haha, tu as oublié la vaisselle en carton!
Ton texte est le tĂ©moignage qu’on peut ĂŞtre très rangĂ©e dans son bordel, et ça c’est un signe de maturitĂ©.
J’aime bien ces petits paliatifs ! Moi j’ai un elastique a cheveux (comme ta barette) dans tous mes sacs a main et un peu partout chez moi… Et puis des anti-depresseurs dans mon armoire a pharmacie = des rochers suchard a deguster sans moderation !
Ahh merci de soutenir toujours sur ce ton très drôle la cause des bordéliques !!
selon certaines sources nous serions plus crĂ©atives nous autres fâchĂ©es du rangement (bon c’est pas une dĂ©couverte des plus originales!)..et puis moi perso, trop d’ordre ça me rassure mais surtout..ça me dĂ©prime !!
+++ pour l’ubiquitĂ© (oh ouii les barrettes purĂ©e!tout comme la disparition progressive de tous mes Ă©lastiques que tout le monde icim’a fauchĂ©s…) et les filets Ă santĂ© mentale xD morte de rire
ça me rappelle qu’il manque du chocolat aux noisettes dans le placard grrr
moi aussi j’ai tout en double! Et ca me desespere et puis ca me fait rire…mon sac je le hais un jour sur 2, pourquoi mais pourquoi je n’y retrouve jamais rien, j’ai essaye d’en prendre un plus petit mais je peux rien mettre dedans (ma bouteille d’eau, mes mouchoires, mes porte monnaies, mes 2 portables, mes cartes de visite, et mes flyers, ma poudre magique, etc etc…). Le coup des pochettes ca marche pas non plus, il en faut 5 et tu passes ton temps a fouiller dedans desesperement. Arrrgh!
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