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L’amitié différente

Je n’ai jamais eu de chance avec les filles. Certes, j’ai eu des amies, très sincères – H., que j’ai connue à la maternelle, avant que la vie ne nou sépare… Aujourd’hui, elle est enceinte et heureuse en ménage.

Mais ce n’est pas d’elle que je vais vous parler. Je vais plutôt vous parler de celle que je considère à l’heure actuelle comme ma meilleure amie, même si la vie, là aussi, nous sépare. MG a 24 ans, soit un an de moins que moi, est née à Paris, a vécu en Algérie, en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, avant d’attérir dans mon village. Son papa est breton, mais sa maman est philippine, et ils se sont mariés en Arabie Saoudite. Aujourd’hui, MG passe son agrégation d’anglais et sort avec un Iranien qui était son colocataire lorsqu’elle est partie enseigner à Bristol.

Vous l’aurez compris, j’aime ma meilleure amie pour son côté baroudeuse. Mais elle m’a aussi accompagnée dans une période assez ingrate de mon existence qu’est l’adolescence. J’avais 13 ans quand sa famille s’est installée dans mon village. Elle m’a soutenue dans mon cheminement personnel, quand j’étais en deuil… En plus, elle est très belle et c’est un bonheur de ressentir ne serait-ce que sa présence à mes côtés. Nous sommes toutes les deux musiciennes, c’est aussi cela qui nous a réunies…

Ce qui est marrant, c’est que la mère de ma meilleure amie, N., est devenue la meilleure amie de ma mère. En effet, dans sa grande bonté, ma mère s’est prise d’amitié pour cette femme au français douteux et au visage ensolleilé. C’est justement grâce à elle que je me suis mise à la guitare… Elle m’accompagne aujourd’hui dans mes compositions. Preuve de cette amitié : N. était sur le point d’accoucher de son dernier enfant (en 1999)  quand son mari part pour une mission en Russie. Se retrouvant seule avec ses trois autres enfants, elle appelle ma mère en pleine nuit, qui se précipite pour l’emmener à l’hôpital. La première personne à avoir pris la petite fille qui est née cette nuit-là (à part les infirmières) était ma mère. Nous étions le 30 mars 1999 à 3h40, soit 16 ans jour pour jour et à quelques minutes près après que ma mère m’ait prise dans ses bras pour la première fois. Elle a ressenti ça comme le plus beau cadeau que son amie pouvait lui faire : revivre l’émotion qu’elle a ressenti à ma naissance.

Je voudrais aussi parler de mon meilleur ami. Oui, l’amitié entre un homme et une femme est possible. Ce que je ressens pour lui est plus que de l’amitié, plus que l’amour lui-même : il est mon frère, mon double. J’ai toujours été frustré de ne pas avoir de frère, et j’ai recherché chez beaucoup de garçons ce lien particulier. Quand je l’ai rencontré à l’aumônerie, il y a quatre ans, cela m’a paru comme une évidence : c’est lui que je cherchais depuis toutes ces années. Grâce à lui, je suis devenue une femme sûre de ma féminité. Grâce à moi, il a pu calmer certaines de ses angoisses pour devenir un homme en paix avec lui-même. Je l’aime plus que tout, mais je n’envisagerai jamais une relation physique avec lui. C’est comme si il faisait déjà partie de moi, comme quelqu’un avec qui on partage les mêmes cellules.

Bref, j’ai toujours considéré l’amitié comme le plus exigeant, mais le plus beau des sentiments. A travers les exemples de mes meilleurs amis, j’essaie d’exprimer que, jour après jour, l’amitié, comme l’amour, s’alimente de l’autre.

One Response to “L’amitié différente”

  • C’est très beau ce que tu dis…Il est vrai que l’amitié est un lien très fort, parfois même indestructible !

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