Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2013

Mot de passe oublié

La griotte

Les traumatismes, une facette de notre personnalité ?

Traumatisme : sens 1. Trouble causé par un trauma (médecine) –  sens 2.  Violent choc émotionnel (psychologie).

 

Chacun et chacune d’entre nous garde au fond de lui le souvenir d’un traumatisme quel qu’il soit (traumatismes de natures très différentes, et d’intensités extrêmement différentes).

 

>>>>>>

 

Le mien est d’ordre « sexuel ». Je mets ce mot entre guillemets, pour le nuancer.

 

J’avais 12 ans, il était 16h et j’étais dans le métro aérien (donc en plein jour). Je revenais du collège quand il s’est approché de moi.

 

Il avait une cinquantaine d’années, il était de petite taille (1m65 peut être) et il était basané*. 

*Détail très important ici, car je revenais d’Afrique où j’avais vécu 2 ans, et les Africains se touchent beaucoup, ils sont (pour la plupart, pas de généralités!) très tactiles.

 

Il s’est approché de moi, il a posé sa main sur la mienne, et pour les raisons évoquées ci-dessus je n’y ai pas vraiment fait attention. Autour de moi, personne d’autre n’y faisait attention non plus. C’était donc normal… Il me questionnait sur mon collège, mes horaires…etc.

 

Tout cela a fini en pleine rue, il me tenait contre lui. Enfin, ses bras me comprimaient tel un étau. Heureusement d’ailleurs, parce que j’avais tellement peur que je serai sûrement tombée par terre sinon. Il me disait qu’il voulait m’emmener quelque part.

 

Puis il m’a embrassé. Avec la langue. Et c’était mon premier baiser.

 

Remarquez c’est certainement ce baiser qui m’a sauvé la mise. En effet, une dame ayant fini par trouver la situation étrange, est intervenue et il s’est enfui.

 

Mon premier baiser… Et je l’ai regardé s’enfuir… Et je le regrette toujours. Je le revis tellement souvent ce moment. Je le vois courir et je me vois, plantée là, sur le trottoir à le regarder ce porc s’en aller tranquillement.

 

Ca me hante. Et encore aujourd’hui, dans ma vie amoureuse j’en garde des traces.

 

A ce stade vous vous demandez : mais où veut-elle en venir ?

 

Tout d’abord en parler ici me permet d’exorciser un vieux démon. J’espère en avoir parlé une bonne fois pour toute, et puis je rangerai cet article dans un tiroir. Le but n’est pas de l’oublier mais de l’éviter de ressurgir soudainement à 2h du mat’.

Ce qui est étrange c’est que j’ai subi une autre agression (plus violente) de type sexuel il y 2 ans.  Ca m’a touché sur le coup, mais le temps a effacé ce choc. Je m’en souviendrai toujours évidemment, mais je n’en garderai pas de « séquelles ». Peut-être que ça s’est passée à une période où j’avais déjà moins d’illusions, j’étais moins naïve, ce qui expliquerait le choc moindre.

 

Et puis c’est aussi une réflexion sur ces petits malheurs qui nous forgent le caractère.

Cet événement fait partie intégrante de moi, je l’ai plus ou moins bien accepté, mais je sais qu’il a fortement contribué à forger ma personnalité.

C’est cette partie de moi qui ne supporte pas l’injustice. Et qui supporte encore moins qu’elle reste impunie. Mon « petit » côté intransigeant.

D’ailleurs le fait de savoir d’où me vient cette intransigeance me permet de la canaliser ; ou de tenter ;-) de le faire.

 

Il nous faut donc apprendre à vivre avec nos démons (petits ou gros). Parce que lorsque ces sales bêtes sont apprivoisées (ou en cours d’élevage), cela nous aide à grandir, à évoluer.

On se comprend mieux, on s’accepte tel qu’on est et petit à petit nous nous forgeons une vraie personnalité.

 

Nos traumatismes. Voilà entre autres, ce qui fait de nous des êtres uniques. Me dire ça me permet de mieux les accepter en tout cas.

Là ça doit être mon côté combattante optimiste qui s’exprime !

 

PS : je parle ici de traumatismes qui n’ont aucune commune mesure avec des événements tragiques tels que des viols ou des maltraitances physiques. Et mon propos n’est pas d’amalgamer les deux sujets. 

 

PPS : non, non nous n’ĂŞtes pas sur Psychologie Magazine… Quoique.. Mais par moment ça fait du bien de “vider” son sac non ?

 

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Derniers commentaires

 

Je ne comprends pas ce qui se passe au niveau de la mise en page. J’avais postĂ© une photo (send to editor) et j’avais soulignĂ©, mis en gras, en italique. Bref tous mes “effets” ont disparu lorsque j’ai postĂ©.

Qu’est ce que j’ai ratĂ© ?


 

essaye d’Ă©diter ton article, pour moi ça marche jamais du premier coup…


 

je suis la seule Ă  laisser un com lĂ -dessus? eh ben…juste un ptit pour dire que ça fait du bien de lire des choses comme celles-ci qui ne viennent pas de thĂ©ories purement psychanalytiques ou autres, ça c’est du vĂ©cu, le message passe mieux.

Je suis tout Ă  fait d’accord avec toi, les traumatismes laissent des sĂ©quelles autant qu’ils nous forgent, mais malheureusement aux moments charnières de notre vie ils ressurgissent et viennent nous hanter au moment oĂą on pensait qu’ils Ă©taient bien loin derrière…moi aussi du coup je ne supporte pas les injustices mais on se rend vite compte qu’on est parfois impuissante face Ă  des choses qui nous Ă©chappent.

En tout cas, tu l’as bien dit, ce sont ces traumatismes qui nous forgent, qui façonnent notre vision des choses (de la vie?) et qui rend chacun(e) de nous unique.


 

le tout est d’arriver Ă  dĂ©passer ça, psychologiquement. d’avancer. de continuer. ça peut mettre du temps.


 

c’est vrai que ces traumatismes forgent notre personnalitĂ©, certains laissent des cicatrices, c’est vrai qu’il faut aller au dela mais c’est difficile , moi j’ai eu certains traumatismes et le fait de voir une psychotĂ©rapeute m’aide Ă©normĂ©ment


 

J’ai parfois l’impression qu’inconsciemment on peut tenter de reproduire un shĂ©ma traumatique. J’ai tendance Ă  craquer sur des hommes dĂ©pendants d’une drogue, comme si je voulais refaire le couple de mon père et de ma mère. ça aide d’en avoir conscience mĂŞme si cela ne m’empĂŞche pas toujours d’agir Ă  ma guise. Et bizarrement, avec mon copain actuel (qui ne boit qu’occasionnellement), j’ai tendance Ă  le surveiller et Ă  lui faire la morale quand il boit…

En fait, je suis folle x)


 

J’espère que ça va dĂ©jĂ  mieux maintenant que tu as pu poser tout ça par Ă©crit et que le traumatisme va se changer petit Ă  petit en souvenir moins Ă©prouvant. Dans tous les cas, il fera partie de ton expĂ©rience, mais dans la rubrique des Ă©vènements dont tu n’es pas responsable.


 

mon commentaire arrive bien tard mais je ne l’ai lu qu’aujourd’hui grace Ă  la rubrique : un article au hasard!

on grandit des traumatismes quand on en a réellement pris conscience. faut il prendre le temps de se poser et de les analyser. en tout cas merci pr ton article.

PS: il n’y a de petits traumatismes: il y a traumatisme tout court. et s’en libĂ©rerer est une vraie victoire.

Quand aux viols ect…. ils occasionnent bien plus que des violents chocs Ă©motionnels. Ce sont des crimes avant tout!!!!


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