J’ai 4 soeurs, je suis la plus jeune, 25 ans, et la plus âgĂ©e a 35 ans. Ça donne un sacrĂ© bagage pour l’entente fĂ©minine. Quand on Ă©tait plus jeunes, ma mère voulait absolument nous faire comprendre que nous devions ĂŞtre les personnes les plus importantes les unes pour les autres.
Alors quand je disais “je veux dormir chez ma meilleure copine”, elle rĂ©pondait inlassablement “tes meilleures copines c’est tes soeurs”. Je ne comprenais pas Ă l’Ă©poque. Mais 20 ans plus tard, elle a rĂ©ussi sa mission, c’est mes soeurs avant tout.
Mes soeurs, ce sont les seules personnes au monde Ă ĂŞtre obligĂ©es de m’aimer parce que sinon “je le dis Ă Maman”. Elles ne me jugent pas, elles rĂ©pondront au tĂ©lĂ©phone Ă n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Je peux dĂ©barquer chez elles avec armes et bagages en larmes en disant que mon mec est un gros con et que je veux plus jamais le revoir mais aussi repartir 2 heures après parce qu’on s’est rĂ©conciliĂ©s. Elles seront toujours lĂ . Et rĂ©ciproquement.
Bon, n’oublions pas que nous restons 5 filles et qu’il y a forcĂ©ment crĂŞpage de chignon constant. Un dĂ®ner de famille ne peut pas se terminer sans des larmes, des phrases assassines murmurĂ©es, des objets qui volent, deux ou trois menaces de mort et un “MAMAN RETIENS MOI JE VAIS LA TUER”. On se promet environ 4 fois par an de ne plus jamais s’adresser la parole de notre vie parce que “je sais très bien que c’est toi qui me l’a volĂ© ce t-shirt - CD - bretelle de soutien gorge”.
Ce que j’aime, c’est voir les hommes qui nous entourent ne rien comprendre Ă ces cris super aigus, ces larmes, ces crises d’hystĂ©rie. Mon père, lorsqu’il assiste Ă ces engueulades, essaie toujours de faire le mĂ©diateur en nous demandant ce qu’il s’est passĂ© et n’obtient comme rĂ©ponse qu’un “Rien je la dĂ©teste”. Alors que ma mère subira l’histoire dans les 5 versions diffĂ©rentes, sous chaque point de vue, avec tous les dĂ©tails.
Je me souviens aussi de ces vacances il y a deux ans Ă Ibiza, mon copain vient me chercher catastrophĂ© en me disant “Toutes tes soeurs pleurent, je sais plus quoi faire, vas y vas y !”. Le temps d’arriver, 10 minutes s’Ă©taient Ă©coulĂ©es, la dispute Ă©tait terminĂ©e, et mes soeurs avaient un fou rire. Je me rappelle du dĂ©sarroi dans son regard. Lui, le fils unique, qui n’a jamais cotoyĂ© autant de filles d’un coup.
Alors, mes soeurs sont mes meilleures amies. J’ai souvent cherchĂ© inconsciemment Ă recrĂ©er cette fratrie avec mes copines. J’ai 4 meilleures amies d’enfance, j’ai mes copines Ă la vie Ă la mort et aujourd’hui je me suis fait ses copines dont on sait qu’elles sont lĂ pour longtemps. Ce que j’en retiens, c’est qu’il faut ĂŞtre diffĂ©rentes, parce qu’une amie n’est pas un miroir, beaucoup de franchise, des coups durs, des discussions enflammĂ©es et surtout des soirĂ©es filles avec beaucoup beaucoup de vin.
Photo : (c) John-Morgan via FlickrÂ
posté le 24/05/2008 | 1333 vues | 9 commentaires | tags: sororalité fraternité soeurs Meilleures_Amies famille | une personne a aimé
Nous c’est au bourgogne aligotĂ© qu’on arrose nos soirĂ©es Sex and the city ;)
waouh, c’est comme dans les Quatre filles du docteur March !!! moi j’ai une soeur de six ans de moins que moi et on s’entend Ă merveille…j’aurais adorĂ© en avoir d’autres mais on a eu un frère !!!
mais ma mère a toujours fait en sorte qu’on soit une fratrie unie : s’il y en avait qui venait cafarder sur un autre, le cafardeur se prenait une baffe pour avoir balancĂ©…du coup on a pris l’habitude de couvrir les conneries les uns des autres et de prĂ©senter un front uni dans le mensonge Ă nos parents !!! parfois, il arrive que des annĂ©es après, on le leur avoue…qu’est-ce qu’on rigole!
mai c’est gĂ©nial de faire partie d’une fratrie, j’aurais dĂ©testĂ© ĂŞtre fille unique !!!
J’aurai aussi dĂ©testĂ© ĂŞtre fille unique ! Ce qui est bien avec une soeur, c’est que l’on peut s’engueuler, se jeter des horreurs Ă la figure, mais qu’on finit toujours par se rĂ©concilier, ce qui n’est pas toujours Ă©vident avec une amie…
Etant la dernière, je ne sais pas d’oĂą est venu cette obligation de s’allier face aux parents, que ce soit pour les sorties, les conneries, les mauvaises notes, les absences… Gare Ă celle qui ne s’alliait pas aux autres, la peur que les 4 autres lui fassent la guerre Ă©tant bien plus grande que celle de mes parents.
Mais j’ai quand mĂŞme assistĂ© Ă des
“- Prete moi ton pull
- Non !
- Mamaaaaaaaaaaaaaaan, elle a eu 4 en allemand !”
Qu’est ce qu’on ferait pas pour un pull.
J’adore ton texte. Moi je n’ai qu’une soeur que j’adore et que je dĂ©teste aussi parfois. Je n’imagine pas ma vie sans elle.
Moi j’ai un frère et une soeur, plus petits. Du coup, on n’a pas du tout la mĂŞme vie… En revanche, mon chĂ©ri a trois soeurs, et dès que je vais les voir, je me sens comme la quatrième, j’adore.
j’ai 2 soeurs. une que j’ai “failli Ă©trangler” il y a deux semaines, une que j’ai serrĂ© dans mes bras il y a une semaine, mais peut-ĂŞtre que c’Ă©tait la mĂŞme puisque disputes et câlins sont notre vie…elles sont loin (ou plutĂ´t c’est moi qui suis loin) et cette vie de famille me manque parfois…
Ce texte est très joli, je m’y retrouve très bien, mĂŞme si je n’ai que deux sĹ“urs. Elles sont, comme tu le dis, mes meilleures amies, plus fidèles que les autres, plus comprĂ©hensives, mĂŞme si je peux les haĂŻr Ă mort. Famille, je te haime !
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Et bien et bien… de mon cotĂ©, ce n’est pas 5 mais 4 filles, 4 soeurs. Et je n’ai pas connu toutes ces histoires de crĂ©pages, rĂ©conciliation…. Ma mère ne s’est d’ailleurs jamais interposĂ© pour imposer quoi que ce soit !!! :-)
En faite, on ne s’est jamais disputĂ©, jamais frappĂ©, jamais rien. On est lĂ les unes pour les autres, on peut s’appeler sans dĂ©rranger, ça c’est sur !!!
Mais je ne dirais pas que nous sommes les meilleures amies. Pour les problèmes perso, on a nos amies respectives…
Une autre histoire de famille, bien différente.
:-)