Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

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Miss Lili

PrĂ©vention, quand tu nous tiens…

En cette journĂ©e de rĂ©volte (je salue au passage toutes les rĂ©voltĂ©es silencieuses et les autres de ce monde) et en ces temps de prĂ©vention Ă  tout va, je voulais m’Ă©riger aujourd’hui contre l’hypocrisie gĂ©nĂ©rale qui touche le… congĂ© maladie.

Je m’explique. Je suis en congĂ© maladie, cette semaine. Et je suis en congĂ© maladie parce que je suis… fatiguĂ©e. Physiquement, Ă©motionnellement, psychologiquement. J’ai mal au dos, aussi, mais ce n’est qu’un symptome de cette fatigue.

Mon charmant mĂ©decin m’ a donc gracieusement enjoint de rester chez moi pour… dormir. Et bien il semblerait que ça en dĂ©frise plus d’un.
Si je fais la compilation de toutes les inepties que j’ai entendue, je peux en conclure que :
- j’ai un mĂ©decin complaisant. Son travail ne serait donc pas de protĂ©ger ma santĂ©, mais plutot de me bourrer de mĂ©dicaments une fois que je me suis Ă©croulĂ©e. Et vlan, pour le trou de la sĂ©cu!
- je devrais ne pas rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone, ne pas faire de sport, ne pas ĂŞtre rĂ©veillĂ©e. Après tout, je suis en congĂ© maladie pour me reposer, et le repos, ca ne se fait que dans un lit, c’est bien connu.
- je ne devrais pas… papoter. Sourire. Rire. Je suis au bord de la dĂ©pression? Et bien si je pleurais, ce serait plus crĂ©dible! Probablement que venir me voir en HP, c’est plus agrĂ©able que passer une soirĂ©e avec moi Ă  papoter. Ou alors, je devrais sans doute pleurnicher Ă  longueur de journĂ©e sur mes tracas, histoire de gonfler mon entourage. LĂ , je serais crĂ©dible.
- je devrais prendre des congĂ©s, plutĂ´t qu’ĂŞtre en maladie. Après tout, j’ai 39 semaines de vacances par an, je n’ai qu’Ă  ĂŞtre malade pendant celles-lĂ ! Naivement, j’avais cru que les vacances, c’Ă©tait un droit acquis pour, certes, se reposer, mais profiter aussi. Et du fond de mon lit avec le moral dans les chaussettes, je profite bien moins qu’en Thailande, très Ă©tonnamment.

Mon coup de gueule du jour se rĂ©sume donc Ă  ceci : Je souris SI JE VEUX. D’ailleurs, les dĂ©pressifs sourient. Si, si. Ca ne veut pas pour autant dire qu’ils se sentent bien. Et si je suis fatiguĂ©e, de ma vie, de mon boulot oĂą je croise des gens que la majoritĂ© d’entre vous prĂ©fèrerait voir morts, et bien je me repose. Sur le dos de la sĂ©curitĂ© sociale, parce que c’est fait pour ça! Ne me dites pas le contraire, je suis assistante sociale. Et je me repose autant de temps qu’il le faut parce que ca ne m’intĂ©resse pas de finir au fond du trou, j’ai dĂ©jĂ  visitĂ©, je suis gavĂ©e merci. Au fond du trou, avec plusieurs semaines de congĂ©s, et la batterie mĂ©dicamenteuse qui va bien, je vais peser bien plus lourd sur la sĂ©curitĂ© sociale que maintenant.

Alors prĂ©vention, prĂ©vention… c’est prĂ©cisĂ©ment ce que je fais, foutez-moi la paix!

 

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La dernière fois que j’ai eu un arrĂŞt maladie, c’Ă©tait pour ne pas finir dans la dĂ©pression. Alors mon mĂ©decin m’a lui aussi gentillement mis en arrĂŞt mais surtout fait comprendre qu’il y a des choses qui passent avant d’autres dans la vie.


Pour moi la première, c’Ă©tait moi, ma santĂ© et mon Ă©quilibre perso… arrivĂ©e Ă  28, on s’en fou alors comme mon boulot Ă  l’Ă©poque boulot Ă©tait pas loin de ça, j’ai dĂ©missionnĂ©e, trouvĂ© un nouveau boulot, mieux payĂ©, complètement dans ce que je recherchais et du coup, je rayonne !!!


Courage…


 

Je compatis. Tu communiques très bien ce que tu ressens. Mais bon l’opinion, hein, elle dit tout et n’importe quoi, comme disait mon prof de philo… Mis Ă  part ça, bon rĂ©tablissement.


 

j’ai pris deux jours en fin d’annĂ©e scolaire parce que je n’en pouvais plus. Ca a Ă©tĂ© hyper mal vu mais ça m’a sauvĂ©. Je comprends lili, Ă  quel point c’est Ă©nervant ces gens qui parlent sans savoir de quoi ils parlent…de toute façon, ĂŞtre fatiguĂ©e est souvent le premier symptĂ´me de la dĂ©pression. Perso, je me suis toujours arrĂŞtĂ©e avant de sombrer dans la dĂ©pression. Donc, je te comprends.


 

Comme je te comprends et comme le type de rĂ©flexions que tu as subies me fait bondir. Tu as raison, le plus important c’est toi, ta santĂ©. personne d’autre ne s’en occuperas pour toi.

Si tu souris, ris, papote, c’est ton droit le plus strict, m…! Et cela veut sans doute dire aussi que tu t’es Ă©coutĂ©e et que tu fais juste ce qu’il faut pour ne pas passer la ligne qui t’emmènerait beaucoup plus loin.

Ton mĂ©decin est bon et attentif, ils ne le sont pas tous. Pour finir, en gĂ©nĂ©ral depuis maintenant quelques annĂ©es, je laisse bavasser les cons. Mais parfois trop c’est trop et je leur dit zut (en moins poli). Ils continuent Ă  baver dans le dos, mais au moins ça leur claque le beignet sur le moment et ça c’est bon pour le moral!

Prends soin de toi.


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