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Prévention, quand tu nous tiens…

En cette journée de révolte (je salue au passage toutes les révoltées silencieuses et les autres de ce monde) et en ces temps de prévention à tout va, je voulais m’ériger aujourd’hui contre l’hypocrisie générale qui touche le… congé maladie.

Je m’explique. Je suis en congé maladie, cette semaine. Et je suis en congé maladie parce que je suis… fatiguée. Physiquement, émotionnellement, psychologiquement. J’ai mal au dos, aussi, mais ce n’est qu’un symptome de cette fatigue.

Mon charmant médecin m’ a donc gracieusement enjoint de rester chez moi pour… dormir. Et bien il semblerait que ça en défrise plus d’un.
Si je fais la compilation de toutes les inepties que j’ai entendue, je peux en conclure que :
- j’ai un médecin complaisant. Son travail ne serait donc pas de protéger ma santé, mais plutot de me bourrer de médicaments une fois que je me suis écroulée. Et vlan, pour le trou de la sécu!
- je devrais ne pas répondre au téléphone, ne pas faire de sport, ne pas être réveillée. Après tout, je suis en congé maladie pour me reposer, et le repos, ca ne se fait que dans un lit, c’est bien connu.
- je ne devrais pas… papoter. Sourire. Rire. Je suis au bord de la dépression? Et bien si je pleurais, ce serait plus crédible! Probablement que venir me voir en HP, c’est plus agréable que passer une soirée avec moi à papoter. Ou alors, je devrais sans doute pleurnicher à longueur de journée sur mes tracas, histoire de gonfler mon entourage. Là, je serais crédible.
- je devrais prendre des congés, plutôt qu’être en maladie. Après tout, j’ai 39 semaines de vacances par an, je n’ai qu’à être malade pendant celles-là! Naivement, j’avais cru que les vacances, c’était un droit acquis pour, certes, se reposer, mais profiter aussi. Et du fond de mon lit avec le moral dans les chaussettes, je profite bien moins qu’en Thailande, très étonnamment.

Mon coup de gueule du jour se résume donc à ceci : Je souris SI JE VEUX. D’ailleurs, les dépressifs sourient. Si, si. Ca ne veut pas pour autant dire qu’ils se sentent bien. Et si je suis fatiguée, de ma vie, de mon boulot où je croise des gens que la majorité d’entre vous préfèrerait voir morts, et bien je me repose. Sur le dos de la sécurité sociale, parce que c’est fait pour ça! Ne me dites pas le contraire, je suis assistante sociale. Et je me repose autant de temps qu’il le faut parce que ca ne m’intéresse pas de finir au fond du trou, j’ai déjà visité, je suis gavée merci. Au fond du trou, avec plusieurs semaines de congés, et la batterie médicamenteuse qui va bien, je vais peser bien plus lourd sur la sécurité sociale que maintenant.

Alors prévention, prévention… c’est précisément ce que je fais, foutez-moi la paix!

4 Responses to “Prévention, quand tu nous tiens…”

  • La dernière fois que j’ai eu un arrêt maladie, c’était pour ne pas finir dans la dépression. Alors mon médecin m’a lui aussi gentillement mis en arrêt mais surtout fait comprendre qu’il y a des choses qui passent avant d’autres dans la vie.

    Pour moi la première, c’était moi, ma santé et mon équilibre perso… arrivée à 28, on s’en fou alors comme mon boulot à l’époque boulot était pas loin de ça, j’ai démissionnée, trouvé un nouveau boulot, mieux payé, complètement dans ce que je recherchais et du coup, je rayonne !!!

    Courage…

  • Je compatis. Tu communiques très bien ce que tu ressens. Mais bon l’opinion, hein, elle dit tout et n’importe quoi, comme disait mon prof de philo… Mis à part ça, bon rétablissement.

  • j’ai pris deux jours en fin d’année scolaire parce que je n’en pouvais plus. Ca a été hyper mal vu mais ça m’a sauvé. Je comprends lili, à quel point c’est énervant ces gens qui parlent sans savoir de quoi ils parlent…de toute façon, être fatiguée est souvent le premier symptôme de la dépression. Perso, je me suis toujours arrêtée avant de sombrer dans la dépression. Donc, je te comprends.

  • Comme je te comprends et comme le type de réflexions que tu as subies me fait bondir. Tu as raison, le plus important c’est toi, ta santé. personne d’autre ne s’en occuperas pour toi.
    Si tu souris, ris, papote, c’est ton droit le plus strict, m…! Et cela veut sans doute dire aussi que tu t’es écoutée et que tu fais juste ce qu’il faut pour ne pas passer la ligne qui t’emmènerait beaucoup plus loin.
    Ton médecin est bon et attentif, ils ne le sont pas tous. Pour finir, en général depuis maintenant quelques années, je laisse bavasser les cons. Mais parfois trop c’est trop et je leur dit zut (en moins poli). Ils continuent à baver dans le dos, mais au moins ça leur claque le beignet sur le moment et ça c’est bon pour le moral!
    Prends soin de toi.

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