Il y a quelques semaines,un fait divers a rĂ©veillĂ© non seulement ma conscience sociale (bon, jamais vraiment endormie, hein…), mon esprit critique (toujours bien rĂ©veillĂ©) mais aussi quelques douloureux souvenirs…Et ça, ce n’Ă©tait pas prĂ©vu.
Un jeune garçon est rentré dans le collège et a poignardé deux de ses camarades de classe.
Au dĂ©but, cette information a effleurĂ© mon esprit sans pour autant le perturber. En gros, j’ai pensĂ© que c’Ă©tait encore un fou qui voulait faire la une des journaux.
Mais quelques jours plus tard, un de ses meilleurs amis s’est exprimĂ©. Et ce jeune garçon a tenu a rĂ©tablir la vĂ©ritĂ©..Ce qui Ă©tait tout Ă son honneur.
Selon lui, l’auteur de cet acte Ă©tait depuis plusieurs annĂ©es, victimes de brimades de toute sorte. Coups, moqueries cruelles, notamment au sujet de la mort de son père, mĂ©chancetĂ©s en tout genre et, comme souvent dans ces cas-lĂ , silence radio de la part des personnes chargĂ©es de traiter ce genre de problèmes qui partaient du principe que “s’il a un problème, il viendra en parler.”
Et c’est lĂ que de douloureux souvenirs se sont rĂ©veillĂ©s en moi.
Rassurez vous, je ne vais pas faire une thérapie en direct sur ladiesroom.
Seulement, quand j’Ă©tais enfant, puis ado, j’ai Ă©tĂ© victime de brimades, de moqueries, d’ostracisme au seul motif que “j’Ă©tais pas comme les autres…”
Pas comme les autres ? Heureusement, non ? Ici, nous sommes toutes diffĂ©rentes et c’est ce qui fait la richesse de nos Ă©changes. Mais Ă l’âge si formaliste de l’adolescence, rien n’est pire que d’ĂŞtre diffĂ©rent.
J’Ă©tais une adolescente triste, un peu rĂ©voltĂ©e prĂ©fĂ©rant Hubert FĂ©lix ThiĂ©faine et Renaud Ă Duran Duran et Wham (oui, rigolez pas, ces groupes ont existĂ©…), je ne m’habillais pas en naf naf et kookai, je ne sortais pas avec des garçons prĂ©fĂ©rant me mourir d’amour pour celui qui me mĂ©prisait…le mĂŞme qui m’a fait dire par un de ses copains (notez le courage…) “qu’il sortirait avec moi quand j’aurais fait une bonne cure de maigrissage” mot dont je me demande Ă cette minute s’il existe.
Le pire Ă©tant quand vos “amies” vous en rendent responsables parce que “faut dire que t’es bizarre…”
Où je veux en venir, vous demandez vous ? A un je ne sais plus combien manifeste pour le droit à la différence ?
En fait, non. Je veux simplement lancer un appel au personnel Ă©ducatif quelqu’il soit (et qu’il sache que j’ai le plus grand respect pour lui) pour que cessent ces brimades.
Non, ce n’est pas anodin. Non, ce n’est pas normal. Non, ignorer les persĂ©cuteurs et ne pas leur rĂ©pondre n’est pas la meilleure solution car, non, ils n’arrĂŞtent pas pour autant.
Non, les brimades ne font pas partie de l’adolescence pas plus que la sexualitĂ© dĂ©bridĂ©e, la drogue ou le suicide.
Vous les professeurs, les chefs d’Ă©tablissement, le personnel Ă©ducatif, les surveillants, ne prenez pas Ă la lĂ©gère cet (cette) Ă©lève qui se planque au fond de la classe et n’adresse la parole Ă personne. Essayez de le faire parler, de lui faire dĂ©noncer ses persĂ©cuteurs. Pour ma part, je voue une reconnaissance Ă©perdue Ă mon dĂ©lĂ©guĂ© de 5ème qui a dĂ©noncĂ© quatre garçons qui me frappaient et me raillaient sans arrĂŞt. Ils ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©s et m’ont fichu la paix.
Car dans la majorité des cas, les brimeurs sont aussi des lâches et arrêtent quand des gens plus hauts placés dans la hiérarchie interviennent.
Je sais que la tâche des professeurs est difficile. Mais la gravitĂ© des brimades n’est pas Ă nĂ©gliger. Et croyez en une ancienne “brimĂ©e” on peut y laisser ses Ă©tudes….
Bref, vous comprenez pourquoi je suis toujours en train de râler et pourquoi je me mĂ©fie du genre humain..en gĂ©nĂ©ral…avec quelques exceptions.
posté le 22/05/2008 | 384 vues | 12 commentaires
Pareil que B&V, j’ai jamais Ă©tĂ© la plus populaire, je lisais des bouquins dans mon coin, on ne s’asseyait Ă cĂ´tĂ© de moi qu’en Français et en Anglais et j’avais toutes les peines du monde Ă trouver un voisin en Maths, mais ça m’a rendue plus forte, et plus convaincue que ma diffĂ©rence Ă©tait chouette.
bizarrement,Ă l’Ă©cole j’ai tjs Ă©tĂ© un peu Ă part,jamais ds le “bon ” clan,parfois raillĂ©e et puis au boulot tout a changĂ©,j’Ă©tais la fille rigolote et haute en couleurs et je me suis retrouvĂ©e du cĂ´tĂ© des “forts” de ceux dont on voudrait faire partie,et ben,ça me convenait pas tant que ça finalement qd je vois la mĂ©chancetĂ© et la perfidie dont certaines usaient pour garder leur fauteil…une horreur!
ah serena je suis moi aussi fan d’hubert-fĂ©lix… qui habite pas loin de chez moi soit dis en passant et non non je n’habite sĂ»rement pas paris… hihi…
je peux t’assurer, travaillant moi mĂŞme dans un collège de zep (maintenant ça se dit rar)… que l’on prend les brimades très au sĂ©rieux… seulement vois-tu c’est un sport permanent Ă cet âge et on a parfois du mal Ă faire face Ă tout… mais crois-moi que lĂ oĂą je travaille mĂŞme les agents transmettent des infos quand il trouve que tel Ă©lève s’isole ou ne mange pas…
l’important c’est la façon dont travaille l’ensemble des personnels… et quand ils travaillent ensemble tout deviens plus simple et plus sympa aussi!
merci les filles, c’est super sympa vos rĂ©actions, ça me rĂ©chauffe le coeur !
et je trouve ça super qu’on raisonne toutes comme ça, notre diffĂ©rence, elle est super, cultivons lĂ !
je sais kyboon, dans le collège de ma soeur, les brimades sont prises très au sĂ©rieux et dans l’Ă©cole de ma fille notre gĂ©niale directrice (il faudra un jour que je lui rendre hommage sur ladies) ne SUPPORTE pas les brimades, elle est très sĂ©rieuse et fait très attention !
serena , tu sais quoi tes articles ils sont mortels (j’ai du corriger j’avais Ă©crit motel)
“Non, les brimades ne font pas partie de l’adolescence pas plus que la sexualitĂ© dĂ©bridĂ©e, la drogue ou le suicide.”
C’est vrai. Mais je me rappelle que quand j’Ă©tais ado, je lisais Christiane F. ou Virgin Suicides en me disant qu’en fin de compte, ces filles avaient une plus belle adolescence que moi (on peut dire que j’ai vĂ©cu l’adolescence par procuration). Je dĂ©veloppe en ce moment une nostalgie de cette pĂ©riode, pas par rapport Ă ce qu’elle a Ă©tĂ©, mais Ă ce qu’elle aurait pu ĂŞtre (sans les brimades justement).
Quand mon copain me raconte la sienne, d’adolescence, j’ai l’impression d’avoir ratĂ© quelque chose (particulièrement sur l’aspect sexualitĂ© dĂ©bridĂ©e ^^) et j’en veux Ă©normĂ©ment Ă celle (parce qu’il n’y en avait qu’une) qui a fait de moi sa tĂŞte de turc au collège (et qui a entraĂ®nĂ© les autres Ă sa suite, Ă©videmment).
Vous savez pourquoi je reviens lĂ -dessus ? Le film A Swedish Love Story vient de sortir en France, j’en ai vu quelques images, il paraĂ®t que c’est magnifique. Mais je ne pourrais m’empĂŞcher de me dire, en le visionnant (si j’en ai l’occasion) qu’il est injuste que certains dĂ©couvrent l’amour tout ça, en toute naĂŻvetĂ©, pendant que d’autres sont marginalisĂ©s, se renferment sur eux-mĂŞmes et deviennent mĂ©fiants, violents et honteux de ce qu’ils sont. Mais bon on n’y peut rien hein.
oui c’est injuste mais tu sais quoi ? J’ai remarquĂ© que ceux et celles qui avaient eu une adolescence super ont un âge adulte galère et passent leur vie Ă pleurnicher sur leurs heures de gloire. Je pense que l’adolescence n’est qu’une pĂ©riode et quand on galère (et toute ma comprĂ©hension et mon affection aux tĂŞtes de turc) il faut serrer les dents et se souvenir que ce n’est qu’une toute petite pĂ©riode et que le monde est vaste.
Ha merdalor, toi, c’est tout moi !
dans mes bras, ma jumelle…
on vaincra, jte le dis moi !!!
:)
@ serena
+1
Ahh l’adolescence..comme l’a si bien dit serena,c’est un passage pas facile qui peut l’ĂŞtre encore plus si tu est aidĂ© par tes petits camarades……”L’enfer c’est les autres”.
Dans mon cas,mĂŞmes les profs y allaient de leur petit commentaire,donc je sais pas si ils peuvent ĂŞtre d’une rĂ©elle utilitĂ©..;en tout cas,ça m’a grave endurci,j’ai très vite appris a ne compter que sur moi au final
J’ai pris mon mal en patience,ce qui ai sur ce que je n’ai aucun regret,et que pour rien au monde je ne reviendrais en arriere!
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Comme des envies d'ailleurs Rédac' chef de la semaine, Laurie a fait la part belle aux Ladies globe-trotters mardi !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
bon Serena, tu sais quoi?on va vraiment devenir copines ! parce que sans avoir Ă©tĂ© brimĂ©e, j’ai moi-mĂŞme subi les railleries de mes camarades au collège parce que 1) je n’Ă©tais pas habillĂ©e Ă la mode mais comme il me plaisait (je m’en foutais et je m’en tamponne toujours d’ailleurs) 2) je ne portais pas de marques (mas parents venaient d’avoir un troisième enfant et d’acheter leur maison et ils n’avaient pas les moyens) 3) j’Ă©tais toujours plongĂ©e dans un bouquin (ben oui j’adore la lecture)…rĂ©sultat, mes quatre annĂ©es de collège ont parfois Ă©tĂ© difficiles Ă vivre…mais tu sais quoi? aujourd’hui tous ces imbĂ©ciles je les remercie parce que leur connerie m’a rendu plus forte, elle m’a aidĂ© Ă me forger mon fort caractère !