Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

23. mai 2012

Mot de passe oublié

Sanguine

“La libertĂ© ou la mort, j’aurai eu les deux !” chante Mano Solo. Rage de vivre, rage de lutter contre la maladie qui le dĂ©vore, Mano Solo crie sa douleur dans ses textes et sur scène. Mais si son rĂ©pertoire est largement empreint de sa propre rĂ©volte, Mano Solo, gĂ©nie polyvalent, se fait aussi grande gueule pour dĂ©noncer la misère ambiante.
 
Mano Solo est nĂ© le 27 avril 1963 Ă  Châlon sur Marne, ancien nom de la ville de Châlons en Champagne. Son père, Jean Cabut dit Cabu, est un dessinateur satyrique et politique connu qui travaille, entre autres, dans la presse libertaire (type “Charlie Hebdo”) mais qu’on pouvait voir Ă©galement dans l’Ă©mission pour la jeunesse que prĂ©sentait DorothĂ©e. Sa mère, Isabelle, est connue pour ĂŞtre une militante Ă©cologiste. Elle est la crĂ©atrice de “La Gueule Ouverte”, un magazine consacrĂ© Ă  l’Ă©cologie. Mano grandit dans un milieu très politisĂ© et très intellectuel et de nombreux artistes se croisent chez ses parents.
 
Pour le jeune homme, adolescence rime avec dĂ©linquance et drogue, tout en dĂ©veloppant de multiples talents artistiques (il peint, il dessine, il Ă©crit, il compose …). A 17 ans, il rejoint “les Chihuahuas”, groupe punk-rock, dans lequel il tient le rĂ´le de guitariste mĂŞme si ce n’est pas l’instrument avec lequel il se montre le meilleur. Dans les annĂ©es 80, il se consacre principalement Ă  la peinture et il signe ses toiles du pseudo de Boredom (”ennui” en anglais, hommage aux Sex Pistols). Son travail est exposĂ©, il fait mĂŞme une exposition Ă  New York. CĂ´tĂ© dessin, on lit son nom dans quelques magazines dont les “Nouvelles LittĂ©raires”. Il crĂ©e aussi un fanzine qu’il appelle “La Marmaille Nue”. Mais c’est la musique qui lui brĂ»le vraiment les doigts. 

Auteur de nombreux textes, il dĂ©cide de se lancer en les interprĂ©tant au sein d’un groupe de rock baptisĂ© “La Marmaille Nue”. C’est sur la scène du théâtre du Tourtour Ă  Paris qu’il commence Ă  faire parler de lui. Sa rage et son franc-parler sont dĂ©jĂ  les signes de reconnaissance de cet artiste dont les chansons vĂ©hiculent le mal de vivre et la rĂ©volte.
 
Lorsqu’en 1993 sort le premier album de Mano, “la Marmaille nue”, c’est un vĂ©ritable choc, une explosion de mots toujours plus douloureux et violents. Il a 30 ans et il balance Ă  la face du monde des chansons pleines d’Ă©motion et de colère. Mais, Ă  cette Ă©poque, c’est dans la maladie que Mano Solo puise toute sa hargne et son dĂ©sespoir. Il est sĂ©ropositif et il choisit de le dire, souvent avec brutalitĂ© sans prendre de gants.Mais le public le suit et le soutient, et l’album rencontre un très vif succès. 

Mais c’est lorsqu’il est sur scène face Ă  son public que Mano Solo se rĂ©vèle et que ses mots ciselĂ©s Ă  vif s’expriment pleinement. Il commence Ă  se faire un nom dans la profession. Sur plusieurs chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision, on peut voir ses clips en boucle. Mano Solo est l’artiste dont on parle, mais hĂ©las pas toujours pour de bonnes raisons. Sa maladie fait de lui un personnage emblĂ©matique dont les raisons du succès dĂ©passent la chanson. Et très vite, hĂ©las, les mĂ©dias se contentent de rĂ©duire Mano Solo Ă  sa maladie.

Alors que Mano, c’est carrĂ©ment plus que ça. C’est un ĂŞtre entier, un personnage douĂ©, un ĂŞtre charismatique. Sans doute ma seule idole. Oui on peut dire qu’il est mon idole. Je l’ai vu un nombre incalculable de fois en concert et j’en ressors Ă  chaque coup complĂ©tement sous le charme de sa voix cassĂ©e. Ses textes sont ciselĂ©s, Ă  vif. J’adore m’y abimer … Mano m’a “tenu la main” dans mes mauvais moments, je m’appropriais ses mots, ses sensations et ses sentiments devenaient miens.

Aujourd’hui, Mano Solo va bien. Moralement et physiquement. Il est redevenu celui qu’on aime entendre râler mais aussi celui qui nous flanque des coups au coeur devant la beautĂ© de ses textes.  Ces derniers albums sont un peu plus “sautillant”, comme un hymne Ă  la vie plutĂ´t qu’un dĂ©fi Ă  la mort. Et moi ça me rend heureuse de le savoir mieux. Ecoutez par exemple les “Botzaris” ou les “Gitans” et prenez un souffle de libertĂ© et de vie en compagnie de mon idole.

 

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Derniers commentaires

 

Heum. C’Ă©tait pas “Les Frères Misère” plutĂ´t le nom de son groupe???


 

J’ai entendu une seule chanson from le live du Tourtour. Et j’ai adorĂ©. C’est lĂ  que je l’ai dĂ©couvert. Mais je l’avoue, je ne le suis pas trop, je ne connais rien de sa vie. Donc merci pour le rĂ©sumĂ©-hommage.


 

Lys –> Les Frères Misère c’est un groupe dans lequel il participe de temps en temps actuellement, et les Chihuahuas par contre c’est tout vieux :)


Le mal –> Ce type me touche beaucoup en fait, il a pas franchement une super belle voix, elle n’a absolument rien de mĂ©lodieuse mais pfiout ! les textes sont super forts.


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