D’être toujours préjugée parce que je suis une maghrébine en France qui a forcément réussi grâce aux aides sociales ou à la fortune de ses parents, qui a pu s’extirper de son ghetto de banlieusarde, qui a fui le mauvais système éducatif de son pays d’origine ou pire un père ou un frère abusif qui voulait surement la vendre au plus offrant et la forcer à mettre le voile.
D’avoir travaillé dur pour avec un bac + 5 en juin et de ne même pas être sûre de décrocher du boulot à la fin. De voir tous mes amis ou connaissances, diplômés également, angoisser sur l’avenir incertain et finalement avoir peur de quitter les bancs de la fac où l’on n’est pas si mal après tout.
De savoir à l’avance qu’il y a de très fortes chances qu’à compétences égales, je serai surement moins bien payée que mon mec qui a le même diplôme que moi. De savoir aussi qu’il y a encore plus de chances qu’il ait un poste à responsabilités beaucoup plus rapidement que moi. Parce que la politique c’est une affaire d’hommes. De vrais.
De n’en être qu’à l’an II de l’ère Sarkozy, de voir toutes ses idées de réformes qui le prennent comme des envies de pisser applaudies à tout rompre pour tous les sarkozystes convaincus sans la moindre réflexion. De supporter en plus les remarques sur les socialistes qui devraient tellement se remettre en question.
D’angoisser sur la possibilité de gâcher ma vie du haut de mes 25 ans. Alors qu’à 25 ans, je devrais avoir des espoirs et des rêves plein la tête. Mais je n’ai que des peurs de ne pas réussir et de ne pas être à la hauteur de toutes les ambitions que mes amis, ma famille et mon mec ont pour moi.
D’être constamment à découvert et ric rac à la fin du mois. Parce qu’être étudiante à Paris pour une provinciale boursière rime seulement avec cumul de petits boulots et chambre de bonne au 7ème sans ascenseur avec toilettes sur le palier si on a pas la chance, comme moi, d’avoir une famille, un mec, un boulot au black super bien payé.
De galérer pour changer d’appartement à cause de situations précaires. Alors que ce n’est pas de ma faute si la société elle a que des problèmes et pas de solutions adaptées à mon cas. D’avoir honte de remplir un dossier de RMI, parce que j’ai peur de passer l’été à encore avoir un boulot de larbin et de sombrer dans une violente dépression de jeune diplômée.
De fantasmer sur une vie de célibataire à Paris façon Sex & The City alors que je suis super heureuse en couple et que mes copines célibataires passent leur temps à me dire que je ne me rends pas compte de la chance que j’ai. Moi, je me rends compte de la chance qu’elles ont de pouvoir faire toutes ces choses qu’on ne fait plus une fois en couple.
De me plaindre. De n’être qu’une contradiction ambulante depuis un an. Depuis que j’ai pris conscience qu’avec mes 25 ans arrivaient la fin de mes études, le début de la vraie vie, celle sur laquelle j’ai fait des rêves insensés. Et surtout la possible désillusion que je n’allais pas changer le monde.
Photo : (c) -maeva- via Flickr
posté le 20/05/2008 | 1012 vues | 21 commentaires | tags: xénophobie racisme business journée_révolte
la vie n’est pas facile pour les jeunes, je suis d’accord. et le monde est fort triste. mais avoir un homme qui vous aime, c’est quand mĂŞme un sacrĂ© cadeau et la vie Ă la “sex and the city” un sacrĂ© leurre.
Totalement d’accord pour Sex & The City, mais l’herbe a toujours l’air plus verte ailleurs.
Ca rĂ©sume bien la contradiction qui règne Ă l’intĂ©rieur d’une jeune femme de 25 ans !
Les questions ont se le posent toutes !
seigneur, je me suis totalement reconnue lĂ -dedans..et c’est flippant !!! j’ai 25 ans, j’ai bac plus 5 depuis juillet 2007 et Ă prĂ©sent je galère pour gagner ma vie…et comme pour l’instant ce n’est pas le cas, j’ai moi aussi dĂ» demander le RMI…Le gouvernement sarkozyste (dont on pourrait rĂ©sumer l’action en une phrase : “tout pour les riches, ce sont les seuls Ă avoir du mĂ©rite; les autres, les pauvres, s’ils le sont, ben c’est de leur faute”) me fout une trouille bleue, mes angoisses sont plus fortes que mes rĂŞves au point que je dois prendre des anxiolytiques pour ne pas avoir de crise de panique dès que je sors de chez moi…en revanche je suis cĂ©libataire et pour l’instant ça me convient, j’ai assez de souci comme ça !!!
D’un cĂ´tĂ© ça me rassure de voir que ce n’est pas juste moi qui me pose autant de questions… Mais ça a clairement un cĂ´tĂ© effrayant. Finalement, il nous faut vraiment un autre mai 68 ?
Tu reflètes très bien ce que je ressens. Spécialement concernant la contradiction ambulante. Je suis une vrai girouette.
Je te rassure, non, tu n’est pas la seule Ă te poser ce genre de questions. C’est quand mĂŞme dingue de bosser dur pour avoir un diplĂ´me et de ne mĂŞme pas ĂŞtre sur de bosser d’avoir un travail…
Allez hauts les cœurs!
B&V > T’es dingue ! Je viens Ă peine de me faire les ongles. Les pavĂ©s très peu pour moi.
Lya> ;)
et puis c’est trop lourd Ă soulever…bon du coup, on leur jette quoi aux vilains CRS ?
YES !!! alors ça c’est bon!!!
Heu…Ă qui on les pique, les Louboutins? si on demandait Ă Talonette, peut-ĂŞtre qu’elle voudrait bien nous en prĂŞter?
Vous me prĂ©venez pour le lancer de Louboutin, je fais du 36. Si je peux en rĂ©cuperer 2-3 paires en souvenir. Parce que j’ai pas trop les moyens. Mais sinon on peut faire un lancer de tongs, c’est plus dans mes cordes.
@bev:on peut peut ĂŞtre se faire sponsoriser direct par louboutin,t’imagines le coup de pub,”les chaussures des femmes libres et rĂ©voltĂ©es…”gniark gniark!!!
@khadija:l’ennui c’est que les tongs ça a pas de talons,ça fait pas mal….
Khadija…que dire? Tu as parfaitement rĂ©sumĂ© la vie actuelle de beaucoup (beaucoup bis) de jeunes diplĂ´mĂ©s ayant un bagage scolaire et culturel non nĂ©gligeable.
Je comprends ces angoisses et contradictions, je les ai vécues moi même et constate que je ne suis point la seule dans cette situation.
C’est dingue de ne pas pouvoir se projeter, de flipper de l’avenir alors qu’il devrait ĂŞtre radieux pour des personnes ayant eu un parcours scolaire des plus solide.
Mais que dire Ă part que c’est le lot des tous les universitaires? Je sais par expĂ©rience que les diplĂ´mĂ©s de gdes Ă©coles (ingĂ© ou commerce) ont carrĂ©ment plus de chances que les universitaires de dĂ©crocher un premier job (et bien payĂ©!)
Quoi qu’on en dise, l’universitĂ© est en train de devenir ce que l’enseignement professionnel est Ă l’enseignement gĂ©nĂ©ral dans le secondaire: un secteur dĂ©valorisĂ© qui sera difficilement monnayable sur le marchĂ© de l’emploi.
C’est bien triste tout ça…
je suis assez d’accord sur pas mal de points…
juste une chose : les gens de 25 ans se posent les memes questions depuis des annĂ©es hein… c’est pas Sarko qui est responsable de tous nos maux…. pas tous!
salut Khadidja!
une grosse diffĂ©rence avec toi: c’est que j’ai la chance d’avoir trouvĂ© un boulot bien payĂ© en sortant de mes Ă©tudes.
néanmoins, les questions que tu te poses, je me les pose, et ce qui te révolte me révolte aussi.
j’ai aussi l’impression d’ĂŞtre pĂ©trie de contradictions. comme quoi 25 ans, la fin des Ă©tudes…ça nous parle. vive la rentrĂ©e, youpi :S
et Sex and the City me dĂ©goĂ»te: personne ne vit comme ça en fait, ou alors elles se forcent pour faire “comme dans la sĂ©rie” :)
chocobox > Jamais dit que c’Ă©tait Sarko la faute de tous nos maux. MĂŞme si je pense pas qu’il les arrange !
DeeCurl > C’est Khadija ! Un seul d ! xD
Tu as bcp de chances… Je cherche, je cherche, je vais bien finir par trouver !
@Khadija: hoplà , bien écrit! :)
la politique en plus ça doit pas ĂŞtre facile de faire son trou, une fois arrivĂ©e dedans…je te souhaite bon courage!
aaaaargh pas besoin de faire la fac pour ça : pour les autres Ă©coles c’est kif-kif (oui bon je parle pas des graaaaaaaaaaaaaaandes Ă©coles de commercs : c’est pas ma tasse de thĂ©) mais z’inquiĂ©tez pas les filles ! on coule toutes dans la mĂŞme galère !
(jeter des louboutin ? z’ĂŞtes ouf ! moi je prends ma bombe de laque-qui-conserve-trop-bien-le-naturel-de-mon-brushing, et mon briquet. très efficace. juste faire gaffe Ă la manucure.)
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Houlala j’ai l’impression de me lire. Sur beaucoup de points. Et j’ai que 19 ans… C’est quand meme dĂ©sespĂ©rant, je vois beaucoup de copines de mon âge qui angoissent elles aussi. On a un gouvernement qui est en train de flinguer ses jeunes Ă coups de rĂ©formes et de pessimisme! Y’en a marre!