Article sĂ©lectionnĂ© par electricalstorm lors de sa semaine de rĂ©dac’chef !
Chanson de Serge Reggiani, “Carpe Diem” galvaudĂ© ou phrase toute faite du type “Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie”, nous sommes tous confrontĂ©s au temps qui passe, au temps qui passe de plus en plus vite et qui ne nous attend pas.
Enfoncés dans nos vies bien cadrées, métro, boulot, dodo, ajoutons à ça une vie sociale, une vie amoureuse et un ou deux hobbys/sports et voilà , nos 24h par jour sont organisées malgré nous, les jours se suivent et se ressemblent, on essaie de tenir un rythme qui souvent nous fait devenir des spectateurs plutôt que des acteurs.
C’est aussi une question de perception et surtout de personnalitĂ©, certains ne verront pas le mal Ă ĂŞtre intĂ©grĂ©s dans ce sablier gĂ©ant, d’autres voudront secouer la clepsydre et se sortir de ce sable mouvant en prenant les rĂŞnes de leur vie. “Prendre les rĂŞnes de sa vie”. Ça veut tout et rien dire Ă la fois, mais disons que ce que je mets derrière est plus une sensation qu’une action. Se sentir vivant n’est pas un mythe ni une belle image, se sentir vivant c’est sentir, ressentir, expĂ©rimenter, rire, pleurer, tester, prendre des risques, accepter de se mettre en danger.
Ah oui, effectivement, on peut vivre une vie entière par dĂ©faut, Ă se contenter d’une routine, d’un planning bien rodĂ©, d’habitudes poussiĂ©reuses mais Ă´ combien rassurantes en se martelant tous les jours telle une devise vitale : “On ne sait pas ce qu’on gagne mais on sait ce qu’on perd”.
Je hais ce genre d’approche de la vie, quelqu’un que j’ai aimĂ© extrĂŞmement fort il y a huit ans a eu ce genre de rĂ©action et l’a toujours Ă mon avis, cette attitude passive face Ă ce qu’il se passe, cette vie “par dĂ©faut” par peur de se mettre en danger, le choix de l’habitude rassurante plutot que de l’expĂ©rience risquĂ©e.
Ça me rĂ©volte que l’on puisse accepter de passer son unique vie Ă ne pas vivre justement, Ă ne faire que regarder les trains et les gens passer. Ça me rĂ©volte que l’on ait assez peur pour ne plus vouloir vivre ce qui nous arrive, ça me rĂ©volte de voir des gens que j’aime faire des choix sans risques, ça me rĂ©volte qu’il n’y ait pas une prise de conscience obligatoire de ce qu’on gagnerait tous Ă suivre nos envies, notre instinct, Ă prendre des risques.
Oui ça peut faire mal, oui on peut prendre des murs, tomber de très haut, oui on peut brĂ»ler ses ailes. Mais je vous assure que les bobos se guĂ©rissent, que le vertige n’est pas incontournable et que les ailes repoussent. Je ne vais pas vous abreuver de refrains Ă©culĂ©s comme quoi la vie ne tient qu’Ă un fil et qu’on ne sait de quoi demain sera fait mais pourtant c’est vrai.
Vous voulez vraiment vous rĂ©veiller Ă 40 ans en ayant l’impression d’avoir râtĂ© votre vie ? Vous voulez vraiment vous engager dans un style de vie qui ne vous correspond pas mais que vous subissez car c’est la seule chose dont vous pouvez ĂŞtre sĂ»rs ? Les repères que vous estimez nĂ©cessaires Ă votre vie ne sont-ils pas que des mirages aujourd’hui ?
Je ne suis pas une donneuse de leçon, je subis pas mal de choses dans ma vie aussi. Mais je sursaute rĂ©gulièrement, de plus en plus depuis quelques annĂ©es, depuis que j’ai vu des proches partir, depuis que j’ai vu des vies brisĂ©es, depuis que je me suis dit que le verbe c’Ă©tait “vivre” et non “survivre”.
Je me dis qu’agir est Ă la portĂ©e de chacun, Ă son niveau, avec ses moyens, avec la portĂ©e que l’on peut. Je ne vous demande pas de dĂ©placer des montagnes de suite, je ne vous demande pas de tout lâcher pour intĂ©grer un monastère au Tibet, je ne vous dit pas de plaquer votre boulot pour Ă©lever des chèvres dans le Larzac, je ne vous demande pas de plaquer votre conjoint pour aller vous taper des plans culs tous les soirs.
Je vous demande juste d’ĂŞtre un peu plus Ă l’Ă©coute de ce que la vie peut vous apporter, des rencontres que vous pouvez faire, des sensations que vous pouvez avoir, des odeurs que vous pouvez sentir, des opportunitĂ©s qui peuvent s’offrir Ă vous et de saisir le maximum, dans la limite du raisonnable (le raisonnable Ă©tant ce qui n’implique aucune blessure pour vous ou les gens que vous aimez, physiquement et moralement parlant).
Mais bon dieu, vivez !
posté le 18/05/2008 | 265 vues | 5 commentaires | tags: passivité actions révolte emotions temps journée_révolte vie | une personne a aimé
Tout Ă fait d’accord avec toi, la vie me paraitrai franchement ennuyeuse si je ne prenait jamais de risques !
Je rapprocherais juste cet article de celui de Penséede ronde:
http://ladiesroom.fr/2008/05/21/laisse-moi-me-faire-du-mal-si-ca-me-fait-du-bien/
qui justement critique les conseils Ă tout va.
Quant Ă mon avis… je suis plutĂ´t d’accord avec Dyns. Bien que je sois comme toi, avec un amour du risque (calculĂ©), j’ai compris que tous n’avons pas tous le mĂŞme fonctionnement et que je ne peux appliquer le mien aux autres. Donc je prĂ©fère chercher des semblables. Je dis ça parce que j’ai lĂ©gèrement tiltĂ© sur le fait que tu te rĂ©voltes de certaines façon d’ĂŞtre. Pour moi tu donnes par cette expression une idĂ©e sous-jacente d’incomprĂ©hension. Et pourtant chacun Ă ses raisons, et il faut s’efforcer de les comprendre, si on veut les accepter. Mais cela reste mon humble avis.
@Dyns:…. oui je connais la suite. Merci pour ton com :)
@Krib: Il paraîtrait que le risque est le sel de la vie oui, en quelque sorte! :)
@Le mal: Ouh lĂ . Permet moi de ne pas me sentir visĂ©e par l’article de PensĂ©e de Ronde car je ne suis pas une donneuse de leçon, comme je l’Ă©cris dans mon article.
Et je critique effectivement des façons d’ĂŞtre mais seulement celles dont je sais qu’elles ne correspondent pas aux gens qui les font.
Je parle dans cet article de gens que je connais et qui, volontairement, font des choix par dĂ©faut au nom de la peur alors que ca n’est justement pas leur façon d’ĂŞtre.
Je ne suis pas intolĂ©rante (mĂŞme si j’exagère ici ton sous-entendu), mais effectivement, par amour pour mes proches, y’a parfois certains que j’ai envie de les pendre par les pieds et de les secouer.
Car il y a plus autour de moi des gens qui me ressemblent (au niveau de cette prise de conscience de l’importance de la prise de risques) que des gens qui les fuient (les risques).
Ensuite je suis la première Ă dire aux gens de vivre leur vie comme ils l’entendent, ça me fait suffisamment ch*** quand on se permet de me donner des leçons :)
Et merci pour ton avis :)
Si “vivre”, c’est “ĂŞtre un peu plus Ă l’écoute de ce que la vie peut vous apporter, des rencontres que vous pouvez faire, des sensations que vous pouvez avoir, des odeurs que vous pouvez sentir, des opportunitĂ©s qui peuvent s’offrir Ă vous et de saisir le maximum”…
Je ne suis pas contre, hein ! Je suis mĂŞme d’accord !
Mais contrairement Ă toi, je pense que tout un chacun en est conscient. Chacun “vit” ces moments lĂ , Ă sa façon…
Après, c’est Ă chacun de voir si l’on veut les extĂ©rioriser ou non :)
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Je suis d’accord avec toi mĂŞme complètement d’accord, nonobstant, il y a des gens qui ont plus besoin de sĂ©curitĂ© que d’autre, ĂŞtre rassurĂ©s etc… Faut juste ĂŞtre au courant qu’on peut se prendre des bonnes claques mais ce qui ne nous tue pas hein! Tu connais la suite.