Avant même que Franck Sinatra ait intégré la célèbre chanson à son répertoire, New York magnétisait déjà une partie de l’hémisphère nord. L’histoire de la grosse pomme est aussi connue que celle du Titanic, mais son charisme relève d’une situation à la «qui de la poule et de l’œuf ?».
Est-ce qu’un nombre improbable de gens rêvent de s’y installer parce qu’elle a nourrie notre culture populaire ou bien est-ce parce que tous ces gens fantasment sur elle qu’elle a été scannée et suranalysée sur nos écrans et dans nos écouteurs ?
Car la ville qui ne dort jamais a ceci de surprenant qu’elle attire plus de touristes et d’immigrants qu’Hollywood, terre des films qui ont bercé notre génération et lieu de résidence des stars us. Oui mais voilà , si Los Angeles symbolise les paillettes, New York est estampillée intellectuelle. C’est à New York qu’est le siège de l’Associated Press, la plus grosse agence de presse internationale qui a reçu jusqu’à 45 prix Pulitzer ; c’est à New York qu’a débuté le cinéma américain, dans le Queens ; c’est à New York qu’est le siège de l’ONU, l’UNICEF et où l’on trouve le Financial District ; c’est enfin New York qui a le plus inspiré les écrivains, poètes et paroliers, elle est celle dont on parle le plus.
Alors forcément, quand des terroristes décident un jour de s’en prendre aux Etats-Unis, ils n’orientent pas deux avions prêts à s’écraser au hasard. Ils choisissent la métropole la plus enviée et convoitée, la ville érigée en symbole de l’American Dream, celle qui provoque un séisme mondial quand elle s’effondre. Est-ce à cause de ses buildings et de ses fameux taxis jaunes ? A cause de l’Université de Columbia ? Du pont de Brooklyn ? New-York mérite-t-elle son statut de must-live-in ?
A New-York, tout est démesuré : les bâtiments, les voitures, les doses de nourriture dans l’assiette, les corps humains. Le chauvinisme local y est déroutant : ceux qui portent des t-shirts I <3 NY, ce ne sont pas les touristes, mais bien les new-yorkais pur souche. Très vite on comprend donc que c’est une fierté que de vivre New-York, c’est tendance d’habiter New-York, et surtout : ça se mérite.
S’installer là où la Statue de la Liberté s’est installée, cela relève à la fois de l’inconscience et du mental d’acier. La vie à Manhattan n’est pas aussi glamour que dans Sex & The City, moins folichonne qu’une soirée entre Friends, et probablement aussi frustrante que quand Patrick Swayze n’arrive pas à attraper une canette dans le métro dans Ghost. Au quotidien, New York est une grosse agglomération comme une autre : on s’endort dans le métro, on ne voit que le quartier de son travail et de son appart en semaine, on court tellement qu’on porte des baskets en permanence, même avec le tailleur.
C’est ce qui est aussi fascinant : comment tenir dans une ville qui va plus vite que votre rythme cardiaque ? Heureusement, la verdure y est impressionnante. A Central Park bien sĂ»r, mais pas seulement. Il est toujours possible d’aller se frotter les pieds contre l’herbe Ă New York, bien plus qu’à Paris par exemple. Avec bien sĂ»r, quelques joggeurs autour. Car tout ce que vous avez pu lire ou voir sur New York, tous les clichĂ©s existants sur l’île de Manhattan sont vrais. Les habitants mangent bien des hot-dogs et des bretzels chauds achetĂ©s au coin de la rue. Les filles vont bien en pyjama Ă la laverie le dimanche. Les bouches d’égout fument au milieu des rues. Les panneaux publicitaires de Times Square sont plus saisissants que Disneyland. Il y a autant de Starbucks Coffee que d’Ă©glises. Les fashionistas hèlent des taxis du haut de leurs Jimmy Choo sur Broadway. La population d’Harlem est Ă 95% noire. Les pizzas sont surchargĂ©es en ingrĂ©dients. Les japonais prennent en photo l’Empire State Building. Seinfeld ne vous a pas menti.
Le soleil lui-mĂŞme n’arrive pas Ă atteindre certains trottoirs quand il se couche, Ă cause de l’immensitĂ© des buildings. Le prochain New-York, New New York comme l’appellent les personnages de Futurama, sera dĂ©finitivement Ă Brooklyn. L’un des plus gros burroughs de NYC situĂ© Ă l’est de l’île est une ville Ă elle seule, avec sa propre vie, limite ses propres codes, et mĂŞme sa propre bière. Williamsburg, ou Billyburg pour les intimes, au nord de Brooklyn, est aux hipsters ce que la coke est Ă Lindsay Lohan : un mode de vie idĂ©al. Après avoir fouinĂ© dans les livres Ă 1$ vendus sur le trottoir par un citadin du coin, vous pouvez boire une bière locale avant de dĂ®ner dans un restaurant japonais Ă 7 $ (soit, avec le cours du dollar en ce moment, pour 4.50 euros) et visiter un loft d’artistes ou fouiner dans une des petites boutiques supportant les jeunes crĂ©ateurs du quartier.
Evidemment nous ne sommes pas tous des sales hippies middle-class, mais n’importe qui apprécierait le calme et la douceur de vivre qui y règne, contrastés par la folie du dowtown new-yorkais.
Photo Elixie / Flickr
posté le 14/05/2008 | 3946 vues | 8 commentaires | tags: hot-dog Central Park hipster brooklyn Manhattan New York | une personne a aimé
Bien vu Elixie ! Finalement Scorsese deja a l’epoque de Taxi Driver avait raison : NY rend fou…..
et a chaque fois que j’ai vais le refrain de LCD Soundsystem me revient en memoire : NY I love You but you’re bringing me down….
J’en rĂŞve, depuis que j’ai appris Ă dire New York. Y vivre, peut-ĂŞtre pas, parce que je suis très très attachĂ©e Ă Paris et Ă l’Europe.
Excellent article miss, vraiment ça me donne Ă chaque fois de plus en plus envie d’y aller. Je suis dans ma phase “How I met your mother” et c’Ă©tait amusant de les entendre parler d’endroits que tu venais juste de dĂ©crire sur ton blog :) pense Ă un bouquin, ça pourrait marcher (genre “que voir Ă NY quand on est nerd et europĂ©en”).
surper article sur NYC ce que tu dis est vrai, nykaise et francaise je resisterai par feminite au port des baskets avec le tailleur c’est tellement laid! et je confirme en tant que francaise vivant a 10min a pieds de Williamsburg ce quartier est a tombe, je l aime trop!
(www.nyforever.blogspot.com)
Très bon article! Moi, j’habite au QuĂ©bec près de la frontière amĂ©ricaine, NY est Ă quelques heures de chez moi, et c’est dĂ©finitivement Paris qui fait rĂŞver …
j ai vecu 2 ans a Montreal , 30 ans a Paris , depuis 3 ans a NY….sans hesiter , Paris est en bas de la liste , NY ma favorite et Montreal est tres tres agreable a vivre !
williamsburg est fait pour les amants dit la gossip girl addict qui ne sommeille jamais très profondément en moi.
Un jour j’irai Ă New York avec toi ai-je dit Ă ma nièce. Nous nous sommes fait cette promesse d’aller lĂ oĂą nous emmènent nos rĂŞves..et c’est lĂ . Pas que lĂ . Mais lĂ aussi.
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Allo Maman Bonheur, Allo Maman Bobo... Pomme rougit sous printemps. Le spleen emplit la chair, les P-pains perdus.v Ciao elle clame aux « Up » en pagaille… Se retrouve sans mots idéals...
c’est marrant mais moi New York ne m’a jamais fait rĂŞver…Je ne suis jamais allĂ©e aux Etats-Unis…et franchement ça ne me dit rien !!! Les gens ont dĂ» mal Ă me croire quand je dis ça…et pourtant c’est vrai…moi ce qui me fait rĂŞver, ce sont les vieilles villes europĂ©ennes : Vienne, Prague, Budapest…Mais les States, bof.