A force de voir des pubs tout droit sorties des 80’s à la télé et dans les street magazines, j’ai fini par me poser la question fatale, une croisière, WHAT THE FUCK??
L’Américain qui part en croisière cheap est le genre de personne à porter des chemises blanches sans manches et une visière en plastique verte dans un all-inclusive Disney Resort. Le genre de bouffis qui se tournent l’un vers l’autre dans leur lit multipositions à lattes electriques Craftmatic en lancant , “hey baby, let’s go to Vegas, no, wait, better…Acapulco!”.
Ils passent leur dimanche après-midi à lire People en buvant des Sex On the Beach trop sucrés avec des pailles coudées a rayures. Et sur un bateau c’est pareil. La pratique semble être quand même tout à fait neo-coloniale, dans le “tout-inclus” ils emmènent leur monde avec eux, enfin plutôt le monde tel qu’ils voudraient qu’il soit, une succession sans fin de chambres avec ESPN par satellite (pas moyen de louper le sport) et porte capitonnée en satin crème, de casino bruyants et de bars ou le Coca est coupé à l’eau, sous les regards las d’un pianiste de jazz libidineux.
Il y a bien sûr les piscines et les salles de sport et même le salon de coiffure, histoire de ne pas être trop dépaysé en changeant de pont. Tandis que des types en costume Ralph Lauren jouent naturellement au golf sur le pont supérieur, comme ils le feraient dans la banlieue de Baltimore, Maryland, leurs bonnes femmes cherchent des yeux la voisine du 240 D qui a fait tellement de bruit au lit avec son mari la veille au soir que tout le monde ne parlait que de ça ce matin en chuchotant de manière évidente dans la grande salle de petit-dejeûner. Bah oui, ça fait une semaine qu’il fait le même soleil de plomb, donc le sujet du temps a été déjà épuisé…
De temps en temps, ils croisent leurs voisins de cabine dans les couloirs, mais au moins, avec ceux-là , ils n’ont pas de problème de massif de pante grimpante qui empiète sur la clôture blanche d’à côté. De temps en temps aussi, on vous laisse débarquer, quand même, le temps d’aller en haut de la plage et de redescendre, car “back to the boat at 5PM”. Et puis de toute façon Dieu interdit le moindre contact visuel avec des locaux, ils pourraient vous voler votre banane en cuir, vouloir tresser vos cheveux avec des perles ou vous refourguer des verres à shots ou des cuillères commémoratives en cuivre, que vous allez de toute façon acheter le dernier jour à la boutique sur le bateau.
La seule raison pour laquelle on pourrait avoir l’idée de partir sur une croisière américaine serait déjà d’adorer se changer en permanence, car il faut bien se créer quelques repères temporels qui auraient tendance à disparaitre dans un décor aussi factice. Cela est d’ailleurs la raison d’être principale des Collections Croisière des grandes marques de luxe, une troisième saison un peu bancale et toujours excessivement hors de prix constituée de short cargo, vestes de coton sport, chemises blanches et longues robes de coktail pour le soir. Plus conservateur, tu meurs.
Ah tiens, une autre raison aussi : bien aimer les buffets. Sur ces bateaux il y a toujours une abondance de bouffe permanente sur des nappes en satin pêche, qui croulent sous les cornes d’abondance en polystyrene et les coquilles Saint Jacques géantes. Le genre à contenir les patates en salade de la veille dans de nouvelles combinaisons visuellement ingénieuses qui visent a tromper le chaland.
Cela dit, je suis une incorruptible fan de The Love Boat (La Croisière s’amuse), depuis longtemps disparue de nos écrans , pour l’ambiance surannée un rien raciste (Isaac le barman prend quand même cher au niveau cliché colonial), les uniformes de l’équipage, les robes de soirées très glitter et les brushing à la Farah Fawcett (Madonna n’a rien inventé) des femmes, les chemises cols pelle à tarte en lycra moulant sur des pantalons à pinces pattes d’éléphants des hommes, les intrigues à la con, les mariages ratés-mais-en-fait-non et les escales à Acapulco.
Ah, le Pacific Princess…..
Et dire qu’il y a eu Andy Warhol lui-meme en guest star en 1985, tout gauche et raide, il tourne le dos a la camera en permanence, c’est culte !
pic: amazon.com
posté le 05/05/2008 | 771 vues | 2 commentaires | tags: La croisiere s'amuse croisiere bateau
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Love
Exciting and new
Come aboard,
We’re expecting you…
Ah La croisière s’amuse…Tout un pan de mon enfance!