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World Music #3: Nusrat Fateh Ali Khan

Troisième volet de mes découvertes en World Music chez les éditions Demi-Lune, filons cette fois-ci au Pakistan pour découvrir Nusrat Fateh Ali Khan. Surnommé “le messager du qawwali”, Nusrat Fateh Ali Khan nous emmène avec ses chansons à travers le Pakistan, à travers les traditions mystiques du soufisme, à travers les voies ésotériques proposées par la musique et le concert spirituel qu’est le qawwali.

Celui-ci est tout d’abord un poème soufi chanté en persan sur une base musicale fondée sur la tradition hindou de l’Inde du Nord. La particularité du qawwali est d’être tout sauf figé : prenant son corps et sa portée dès lors qu’il est déclamé vers un auditoire, sa durée et son intensité dépendent à la fois du chanteur et de l’impact qu’il a sur les gens qui l’écoutent. Ainsi, un même poème peut se concentrer sur quelques minutes ou être développé des heures durant…

Nusrat Fateh Ali Khan, nom signifiant “chemin vers le succès”, découvre son destin de chanteur très tôt et, dès son certificat d’étude en poche, au début des années 60, il accède très vite au statut de “légende vivante” dans son pays.  Sa voix intense et en même temps très souple, son physique hors norme et sa présence charismatique sur scène ont rapidement fait de lui un personnage mythique qui a été découvert par les publics mondiaux à partir des années 80.

Métissant son qawwali traditionnel à des arrangements plus modernes, Nusrat Fateh Ali Khan a été le trait d’union entre Orient et Occident, sacré et profane, il a multiplié dans les années 80 et 90 les rencontres, arrangements et même remix par des artistes aussi divers que Peter Gabriel, Jeff Buckley, Asian Dub Foundation ou bien sûr Massive Attack dont le remix de “Mustt Mustt” a toujours un succès phénoménal.

Comblant de plus en plus le fossé imaginaire que l’on pourrait imaginer exister entre les chants traditionnels pakistanais et la musique occidentale, Nusrat Fateh Ali Khan s’est également distingué dans le domaine des musiques de film. Bien avant Bollywood où ses chansons sont aujourd’hui devenues incontournables, des réalisateurs aussi prestigieux que Stephen Frears (pour La dernière tentation du Christ), Martin Scorsese (pour Passion) ou Tim Robbins (pour La dernière marche) ont intégré des enregistrement originaux du chanteur pakistanais. Celui-ci a également participé à la bande originale du film Tueurs Nés d’Oliver Stone mais sans avoir lu au préalable le scénario : sa voix étant utilisée dans le film sur une scène d’émeute d’une extrême violence, ceci lui valut des critiques acerbes et des accusations de blasphème au Pakistan, en plus de le choquer lui-même personnellement.

Nusrat Fateh Ali Khan nous a quittés en 1997, accédant ainsi au statut de mythe. En 2006, le Times Magazine de New York le choisit comme l’un des 60 “asian heroes” qui ont marqué le 20ème siècle et en 2007, le magazine indien Outlook India confirme que “dix ans après sa mort, il est le plus connu des chanteurs du sous-continent, avec d’innombrables admirateurs et une longue file d’imitateurs”.

Fermez les yeux et écoutez… 

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2 Responses to “World Music #3: Nusrat Fateh Ali Khan”

  • Avatar de Lya
    Lya

    Quel plaisir de lire cet article sur ce artiste. J’ai des amis Pakistanais qui m’en parlent très souvent. J’ai déja écouté ses chansons et j’adore l’intensité de sa musique. Merci pour avoir parlé de lui et me permettre de connaitre un peu plus Fateh Ali Khan :-)

  • Alors excellent Nusrat, mais ne pas aller le voir en concert un lendemain de fête où vous vous êtes couchés à 7 du mat ! C’est tellement…Hypnotique…plannant… relaxant……ant…….ZZZZzzzzzz….

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