Article sĂ©lectionnĂ© par MyaMya lors de la semaine de rĂ©daction en chefÂ
J’ai Ă©crit ce petit texte il y a de ça quelques mois dĂ©jĂ , mais il n’a pourtant pas l’air pĂ©rimĂ©…
Dommage que la corpulence soit aujourd’hui considĂ©rĂ©e comme une malĂ©diction. Les mĂ©dias favorisent le complexe, ou favorisent la sagesse, c’est selon. Ils nous affichent dans les rues des poupĂ©es bien gaulĂ©es, parfaites en tous points, des courbes dignes d’un paysage campagnard, une peau lisse sans imperfection, une pilositĂ© inexistante, des cheveux soyeux et un corps totalement retouchĂ©e via l’ordinateur.
OĂą sont passĂ©s les clichĂ©s de femelles et mâles au naturel, avec leurs bourrelets et leur anorexie maladive ? Depuis quand un ĂŞtre peut se sentir plus heureux, voire supĂ©rieur, sous prĂ©texte qu’il n’est ni roux, ni maigre, ni gros, ni poilu, ni acnĂ©ique ? J’Ă©cris sĂ»rement ce monologue engagĂ© pour me consoler de n’ĂŞtre que ce que je suis, d’ĂŞtre bien dans mon enveloppe grasse, avec un petit bouton qui s’incruste de temps Ă autre et une pilositĂ© qui se dĂ©veloppe après une Ă©pilation.
Il serait mensonge de dire que je me fous du regard d’autrui : chacun aime se sentir dĂ©sirable, ou rejetĂ©, c’est selon. On peut se trouver, ĂŞtre soi-mĂŞme tout en aiguisant son charme. Non, je ne suis pas hors sujet… J’attends le jour oĂą, me promenant dans les rues, je verrais une affiche sans grand intĂ©rĂŞt, oĂą l’on observera une vraie femme grasse (non celle de 65 kg) qui sera tellement sublime que la maigreur perdra sa cĂ´te.
Pour la plupart nous cherchons Ă muscler notre graisse, la plus infime soit-elle, en culpabilisant de n’aller que 5 fois Ă la salle de sport et de baver en sentant l’odeur du petit pain au chocolat encore chaud. Mais combien de personnes culpabilisent d’avoir fait des rĂ©gimes, d’avoir suer pendant un exercice physique ? Combien font un rĂ©gime pour grossir? Un sondage serait le bienvenu.
Oui, après tout ce n’est qu’une question de goĂ»t. J’apprĂ©cie les hommes gras, il apprĂ©cie les hommes minces, elle prĂ©fère les maigres, les mitigĂ©s. Et alors ? Dommage que cette affaire de prĂ©fĂ©rence se transforme en affaire de vie. Lorsque quelqu’un se crĂ©er des complexes sous prĂ©texte qu’il ne rentre pas dans du 36, je pense qu’il y a un problème. La question de “normes” est Ă remettre en cause. Le mot “normal” d’ailleurs est Ă revoir.
Nous pourrions Ă©mettre l’hypothèse que lesdits gros soient considĂ©rĂ©s comme feignants, comme prospères de par leur charge pondĂ©rale. Cela montrerait en quelque sorte leur richesse. Ils ont ce que les pays pauvres n’ont pas : l’obĂ©sitĂ©. Dans ces mĂŞmes pays, un homme gras serait vu comme riche. Les gros seraient-ils Ă l’image d’un monde capitaliste sans limites ? Peut-ĂŞtre. Alors les maigres seraient considĂ©rĂ©s comme pauvres, ou porte-paroles de la famine. N’oublions pas qu’en Asie, les Sumos sont comparĂ©s Ă des Dieux et qu’il fĂ»t un temps, les poignĂ©es d’amour Ă©taient l’ultime beautĂ©.
Personnellement, j’ai toujours Ă©tĂ© grasse et le serai Ă©ternellement. A partir de ce moment lĂ , deux chemins se prĂ©sentent : le premier est celui oĂą tu t’acceptes, tu te dis que tu n’as peut-ĂŞtre qu’une vie et que toutes ces annĂ©es tu te coltineras ta tronche et tu fais avec : tu trouves le moyen de te plaire;
Et le second est celui où ta vie se résumera à des dépressions, la misanthropie, le paraître : une vie à essayer de te consoler dans les bras de tes amis qui ne connaissent pas cette douleur. Mon choix est vite fait.
Au fait, venons-en aux thermes “norme, normal, normalitĂ©”
Norme : Principe qui sert de règle, de modèle, de type.
La normalitĂ© aujourd’hui c’est de dĂ©jeuner le matin, ĂŞtre une mère de famille Ă©panouie, boire l’apĂ©ro mais ne jamais ĂŞtre ivre, avoir des amis sur qui compter, un conjoint fantastique, une petite pointe de folie, mais ne jamais tomber dans l’excès. L’excès, tiens… La norme se veut mince, avec de l’allure, une joie de vivre.
La normalité ne se veut pas grosse, ni pauvre. Nous pourrions alors dire que la normalité est une injustice. Ou une justice pour ceux qui se prônent normaux.
Je me trouve normale et ne me sens pas victime d’une injustice. Pourtant je ne suis ni mince, ni mère Ă©panouie, ni entourĂ©e d’amis parfaits. Est-ce donc le comportement le plus libre qui puisse ĂŞtre ? Se sentir normale, n’est-ce pas lĂ une forme d’acceptation de soi-mĂŞme?
posté le 30/04/2008 | 2551 vues | 3 commentaires | tags: Corpulence s'accepter normalité surpoids anorexie Psychologie
Article très rĂ©aliste; je ne suis pas une bombe Ă forte poitrine ni dotĂ©e d’une peau lisse et rosĂ©e et encore moins super Ă©panouie,…. mais comme toi j’ai appris Ă m’Accepter . Ma norme c’est mon ĂŞtre qui me le dicte: tant que je me sens bien , c’est ce qui compte non? tout “normer” revient Ă enlever Ă l’ĂŞtre humain sa capacitĂ© Ă relativiser sa conception de son corps et de sa vie.
J’ai commencĂ© Ă m’accepter quand j’ai vu le dĂ©sir dans les yeux de certains hommes, et surtout dans les yeux de mon compagnon actuel. J’ai toujours Ă©tĂ© obèse (pour moi, c’est une victoire de Canard que d’entrer dans les jupes de ma soeur taille 46), mais cela ne veut pas dire que je suis flasque ni peu sportive, bien au contraire.
Je sais que le surpoids est très dangereux pour la santĂ©, mais ce qui est le plus dangereux, c’est de vouloir modifier son corps Ă tout prix. Je suis particulièrement complexĂ©e par mon ventre et mon estomac, je galère vraiment pour m’habiller correctement, mais je sais qu’Ă fortiori, mes seins et mes fesses continuent de hanter l’esprit de mes anciens amants. Ça aide pour s’accepter.
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Comme des envies d'ailleurs Rédac' chef de la semaine, Laurie a fait la part belle aux Ladies globe-trotters mardi !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
alors lĂ , je suis bien d’accord! tu sais ce que j’aimerais faire parfois? crĂ©er mon propre magazine fĂ©minin dans lequel on ne verrait que des vraies filles, comme toi, comme moi, comme nos copines, comme toutes les LadiesRoomettes…des filles avec des kilos en trop, des bourrelets, des sourcils pas forcĂ©ment Ă©pilĂ©s nickel chrome, des cheveux Ă©bouriffĂ©s POUR DE VRAI et pas pour faire genre sur la photo…et pour le premier numĂ©ro, j’Ă©crirais un Ă©dito genre “oui les filles, c’est comme tout le monde, ça va aux toilettes, ça a des gaz, ça rote, ça bave en dormant, ça ronfle, ça peut avoir un soupçon de moustache, ça n’a pas toujours le teint couleur pĂ©tale de rose…bon allez j’arrĂŞte mon dĂ©lire mais je pense que tu as compris le fond de ma pensĂ©e. ras-le-bol de devoir ĂŞtre un objet de perfection!