Tout d’abord, en avoir marre, mais marre, à un point… En avoir ras le bol de son boulot, de son patron, ne plus aimer son quartier, sa maison… et pour tout dire, surtout, ne plus en pouvoir de cette ligne A du RER… (oh, je vous rassure, la B serait pareil, la C peut être pire, quant à la D…). Trouver ce climat détestable, ces agressions lamentables, et ces averses insupportables…
En Mars, prévoir des vacances dans le sud, au pays des cigales, de la lavande et des santons. En Juin, repérer LA maison, se dire que c’est là , le pays des rêves, l’endroit où on serait, si on pouvait claquer des doigts. Partir fin Juillet, l’annonce sous le bras, rien qu’au cas où… Début Août, passer pas loin et se dire qu’on ne risque rien à visiter, puisqu’elle n’est pas encore vendue… Recevoir un choc, ne pas s’en remettre, voir des signes même dans le regard de la voisine qui vous a vu arriver en voiture… Même si tout cela est inconcevable, ne pas pouvoir s’enlever cette idée de la tête : c’est bien là . Se dire que ce détour est un carrefour. Il y avait ‘avant’, et il y aura ‘après’…. Prendre sa calculette, appeler sa banque, se prendre la tête, ne pas trouver le sommeil… rentrer, reprendre le travail. Rappeler sans savoir si on espère qu’elle sera vendue ou non…au moins, si c’est le cas, on sera libérés d’un poids… Mais quand même, au fond de nous…
Oui mais c’est pas possible, on a déjà une maison, déjà un crédit, déjà un travail… et puis la banque… La banque, elle prêtera, certes, peut-être, peut-être pas…et puis il faut vendre sa maison. Oui mais la maison des rêves, c’est celle là et pas une autre… Elle ne nous attendra pas…Il faut s’engager… Trop de choses…l’idéal serait d’être muté, par son entreprise… de 12 personnes… ?, à la Porte d’Asnières… ? Qui est sur la pente descendante… ? Tu rêves ou quoi ?? Non, vraiment, c’est pas possible… Oui mais je peux plus dormir moi… Jamais on n’aurait dû aller la voir cette maison… Jamais il ne faut passer à côté de ça, je ne m’en remettrais pas… COINCES…faits comme des rats !
Tant pis, il le faut… Alors téléphoner, négocier le prix, dire oui… Retourner là -bas, signer le compromis. Et commencer le parcours du combattant… Banque une fois, banque deux fois, assurance, visite médicale, attente, re-banque, notaire, crédit relais (oups…) mise en vente de la maison. Attente. Stress du temps et des délais.. .stress du vente. Stress de tout.
Puis réponse de la banque. C’est oui… Visites des agences, c’est bien parti… Puis la maison est à nous, ça y est… Mais l’autre aussi…. L’hiver approche… Des visites, des visites…. Pas de client, pas de marché… pas de vente… Et un crédit, deux crédits, trois crédits…. Faire ses comptes… c’est Noël, plus de visites… l’angoisse s’insinue… qu’avons-nous fait ??? Plus de ciné, plus de bouquins, plus de restau… plus de visite dans notre prochaine ? future ex ? maison… plus les moyens…. Peut être qu’on va devoir la vendre aussi…tout perdre…
Et ce client qui ne vient pas… Ces visites qui n’en finissent pas, mais plus jamais de nouvelles après. Essayer d’oublier (qu’on est bientôt dans la merde), reprendre le RER, retourner bosser… dans cette boite qui est maintenant au bord du gouffre. Le spectre du chômage qui arrive, et des crédits qui ne partent pas… Le psy, les anxiolytiques .Qu’avons-nous fait ? Pire, le « Mais qu’avez-vous fait » qu’on lit dans le regard de la famille…
Le printemps qui approche, le prix de la maison qui fond comme la neige au soleil de Mars. Et puis… ce temps qui passe. Les questions qu’on ne se pose même plus, vivre chaque minute et passer juste à la suivante…
Et un jour, ouvrir sa porte à quelqu’un… qui vous fait une offre. Oui, une offre ! Oh, inférieure à ce que vous attendiez, mais, une offre pour votre maison. La chose dont vous rêviez mais le doute commençait à s’insinuer pour de vrai… Alors négocier sur la pointe des pieds, donner votre accord…et trembler. Trembler encore jusqu’au rendez-vous chez le notaire.Ouf, c’est signé ! 7 jours… les passer seconde par seconde (c’est long 7 jours parfois) à cause de M. Scrievener, celui qui joue avec nos nerfs… Mais il ne va pas changer d’avis. Hein non ? Encore 6 jours… puis 5, 4, 3 il pourrait encore changer d’avis s’il voulait. Il faudrait tout recommencer à zéro… quel coup de masse ce serait… Retourner voir le doc. Les premiers anti-dépresseurs de ma vie
Jour J… le client n’a pas changé d’avis ! Champagne… Rendez-vous dans deux mois pour la signature finale… Mais ça suffira pas. Il faudra retourner à la banque, compléter par un prêt perso..Puis tenir encore…Organiser le déménagement, ça se précise. Et puis trouver un job…mais s’accorder un peu de répit avant quand même? Profiter du soleil. Cette maison, on l’aura pas volée…
Aller voir mon patron… négocier mon départ… De toutes façons, la boîte est en train de mourir « Je te propose un licenciement économique ». Oui mais pas tout de suite, il faut que la banque me prête encore…
Voici où nous en sommes. Rien que de l’écrire me serre le ventre… Est-ce que tout cela valait le coup ?…Peut être, sûrement… En tous cas, c’était maintenant ou jamais, et continuer comme ça n’était plus possible.
Je repense à tout ça et je repense à cette phrase « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait !! »
posté le 29/04/2008 | 2521 vues | 13 commentaires | tags: changer demenagement
Si tu comprends l’allemand
http://www.kabeleins.de/doku_reportage/neues_leben/video/
C’est pas facile de nos jours de changer de vie, la prise de risque est énorme, alors souvent, on laisse tomber ! Mais ce n’est pas la solution, il faut se lancer parfois, et même si on le regrette, tenter, c’est mieux que de rien faire !
Tu ne l’aurai pas fait, tu le regretterai.
Et puis, c’est en faisant des erreurs qu’on aprend !
super ton article j’ai adoré j’ai ressentie ton angoisse ta peur ta joie….
pour parler tv
M6v avait un programme comme çà ils aidaient une famille entiere à réaliser leur rêve ex: ouvrir une auberge au canada
ils vendent ta maison tes meubles et ils te donne une mallette remplis de billets et c’est à toi de choisir tu fait un éssaie tu vois si tu aime et si c’est banco…à toi ton rêve…
bon courage willow, je croise les doigts pour toi…
quand tu seras dans le sud pense à celles qui sont dans le RER A :)
Bravo! Quel courage et volonté! :) C’est pas donné à tout le monde d’avoir l’énergie de le faire. C’est tellement plus facile de ne pas se bouger.
Bon courage pour la suite en tous cas, le Sud mérite bien tous ces efforts =)
Bravo , et c est de la part de quelqu un qui a tout quitte il y a 8 mois . Petite parisienne de saint Germain des pres , avec mon cheri on a tout quitte pour ouvrir une boutique dans une petite station balneaire du Mexique : soleil depuis 8 mois non stop , les pieds dans l eau et le depaysement assure , bref a 27 ans la plus belle experience de ma vie et pas la derniere : N OUBLIEZ PAS ON A Q UNE VIE ET TOUT VAUT LA PEINE D ETRE VECU
Moi je dis également bravo. J’ajoute la même conclusion que leafrommexico, d’autant que tout comme elle je suis partie bosser au Mexique ; avant ce fut la Corée, maintenant Paris… Aucun regret d’avoir tenté, jamais, jamais, que de souvenirs, de rencontres et d’expériences nouvelles ! Et ton article a intensifié le petit frisson que je ressens actuellement car je suis aussi en plein achat d’appart. Compromis signé hier, youhouuu ! Bonne suite à toi (à mon avis elle ne peut qu’être bonne vu que tu suis tes envies).
tout pareil de la part d une fille qui a tout quitte pour partir vivre en Asie… tout balancer pour repartir a zero ailleurs, c est hyper flippant, mais ne pas le faire reviendrait a des ‘et si…’ perpetuels…bon courage and enjoy ta nouvelle vie loin du RER A!!! Au son des criquets et cigales tous les matins!!
c’est dingue ce qu’une envie simple de mieux vivre peut devenir compliquée à réaliser dans le monde où nous vivons… C’est super courageux de ta part d’aller au bout de ton rêve, j’espère avoir la même force car moi aussi je me sens piégée.
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Il y a en allemagne une emission qui montre des gens qui partent a l’etranger pour changer de vie. C’est rarement aussi facile que ce qu’on pense.
Il y a aussi l’emission des gens qui rentrent: tres souvent ce sont des gens qui ont tente l’experience mais pour qui ca a moyennement marche. et retour a la case depart.