Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

23. mai 2012

Mot de passe oublié

PenseeDeRonde

Entre les Rita Mitsouko et moi, ça a été une succession de rendez-vous manqués. Billets trop vite écoulés, concerts annulés au dernier moment, dates reportées pendant des vacances, puis, last but not least, mort de Fred Chichin le soir même où nous devions enfin aller les applaudir.

ritamitsouko.jpgAlors lorsque nous avons su que Catherine Ringer avait dĂ©cidĂ© de remonter sur scène, nous nous sommes prĂ©cipitĂ©s sur tout ce qu’Internet compte de billeteries. Notre sĂ©same en poche, nous nous sommes rendus hier soir Ă  la Cigale. Avec mon gros ventre et mes malaises vagals ou vagaux, je ne sais. Et surtout cette sensation Ă©trange de n’ĂŞtre pas seuls mais accompagnĂ©s de nos fantĂ´mes.

Parce que des fantĂ´mes, hier soir, il y en avait beaucoup autour de nous. Celui bien sĂ»r de Fred, dont la silhouette dĂ©gingandĂ©e et Ă©trange manquait cruellement sur scène. Celui de toi, l’homme aux foulards, dont je ne compte pas les fois oĂą nous dansames, hurlant “faut que j’m'ouvre”, ravis de l’obsĂ©nitĂ© dĂ©licieuse ce ces mots. Celui de celle qui fut ma marraine de hammam, sosie de Catherine Ringer, que le cancer prit sous son bras. Et puis les autres, amis et parents perdus de toutes ces âmes qui, le coeur et la gorge nouĂ©e, applaudirent Ă  tout rompre lorsque la Chanteuse apparut.

Oui, des fantĂ´mes il y en avait plein.

Mais Catherine Ringer Ă©tait, elle, bien de chair et de sang. Ondulant, se dĂ©sarticulant, se dĂ©hanchant, hurlant une douleur jamais indigne, jamais impudique. C’Ă©tait les Rita et ce ne l’Ă©tait pas. C’Ă©tait elle sans lui, c’Ă©tait lui qui soufflait dans son cou, invisible mais si Ă©videmment prĂ©sent…

De mon strapontin sur le balcon, j’ai vu une jeune femme sur laquelle le temps n’avait pas eu prise, dans sa robe noire italienne, bas couture et chignon dĂ©calĂ©. J’ai vu l’hĂ©roine de mes vingts ans, celle qui rĂ©inventait la pop française, celle dont les chansons racontaient ma vie. J’ai entendu ma jeunesse dĂ©filer, j’ai revĂ©cu ces danses chaloupĂ©es, chantĂ© la mort qui nous assassinera tous.

Hier, j’Ă©tais avec mes fantĂ´mes et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Hier j’ai pleurĂ© mes morts et caressĂ© la vie qui cognait dans mon ventre au rythme d’Andy, cette vie qui me disait, encore et toujours, oui.

Edit: Un bonjour un peu spĂ©cial Ă  Karine, jeune femme qui est venue me voir peu avant le dĂ©but du concert pour me demander si j’Ă©tais bien Caroline de PensĂ©es de ronde. Je ne me remets pas de ces quelques secondes de cĂ©lĂ©britĂ©, j’avoue. D’autant plus apprĂ©ciables que, comme vous pourrez le constater, je me suis pris un gros gadin au festival de Romans. MĂŞme pas le prix spĂ©cial du jury, misère ! Un grand bravo Ă  Shalima qui aime le chocolat… Et un grand merci pour vos votes, j’ai dĂ©cidĂ© de ne retenir que ça !

 

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Derniers commentaires

 

Il y avait des morts et des vivants.

ce n’Ă©tait plus les rIta, c’Ă©tait elle, c’ Ă©tait Autre chose, bien sur c’ Ă©tait bien, mais c’ Ă©tait autre chose. Au dĂ©but bizarre, ma soeur Ă  cotĂ© de moi, on apprĂ©hendait nos montĂ©es lacrymales,et mon ami qui m’a serrĂ© fort la main . Parce qu’il n’ Ă©tait plus lĂ , que la dernière fois Ă  l’olympa c’ Ă©tait sans lui, mais il Ă©tait toujours vivant. VIVANT ! Parce que chanter ça lui fait du bien, parceque je me souviens d’il y a una n, les 20 ans de la Cigale, il me regardait avec son air taquin, il se faisait discet sur scène mais il avait la classe.



J’avais tĂ©lĂ©phonĂ© pour demander Ă  partir plus tĂ´t.


Le jourd’avant je n’avais pas pu le voir, il Ă©tait trop fatiguĂ©.


J’Ă©tais dans la salle de bain n train de mettre mes lentilles.


Le téléphone a sonné.


Et j’ai compris.


Maman est montée pour me dire.


je n’ai rien dit.


Je suis retournée dans ma chambre, enlever mes affaires de travail.


Par la fenĂŞtre j’ai vu Pascale et on s’est souri.


Le soir elle m’a envoyĂ©e un mail pour me dire que ce matin l’idĂ©e, la pensĂ©e lui avait traversĂ© l’esprit,

on s’ Ă©tait regardĂ©e.


Elle avait entendu la nouvelle le soir Ă  la radio.


J’ai pleurĂ© un peu plus tard.


En fin d’après midi je prenais un thĂ© avec David.”


 

ps: c’est “faut que j’moove”

fautq ue j’bouge


 

C’est pas trop ma jeunesse les Rita Mitsouko mais dès que j’entends une de leur chanson je peux pas m’empĂŞcher de bouger comme une dĂ©jantĂ©e dessus. Et pour cette minute de gloire, fĂ©licitations ça a du te faire vachement plaisir :)


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