Dans le film Reservoir Dogs, il y a ce moment où l’un des gangsters, Mr Brown - joué par Quentin Tarantino lui-même – expose la théorie suivante : la chanson Like A Virgin de Madonna parlerait d’une nymphomane qui un jour croise la route d’un homme tellement bien membré que la douleur qu’elle ressent lors de leur rapport sexuel s’apparente à celle ressentie lors de sa première fois.
Quelques années plus tard, Madonna rencontrera Tarantino et lui signera l’autographe suivant : « Quentin, ça parle d’amour, pas de bite. »
Nous n’avons pas toutes rêvé de prince charmant, de cheval blanc et de lit à baldaquin, mais nous avons toujours su que la première fois serait une étape importante, et nous nous sommes toutes fait la même promesse, intérieurement, au bout de plusieurs Walt Disney : « la première fois que je ferai l’amour, ce sera avec un garçon que j’aime ».
Bonne résolution en accord avec notre morale judéo-chrétienne : l’arrachage de notre hymen sera un honneur réservé à celui qui l’aura mérité, celui qui sera beau, gentil et mâture, ou tout au moins celui pour qui on ressent un amour inconditionnel – ce qui est plutôt facile à éprouver quand on a seize ans.
En réalité ce fut comme les premières règles : tout le monde s’accorde à dire que c’est là qu’on devient femme, l’entrée dans le monde adulte et bla bla bla, mais si jamais on vous chope en train de fumer une cigarette à la fenêtre, vous vous ferez engueuler pareil qu’à huit ans, comme du poisson pourri quand vous avez essayé de faire mâcher du chewing-gum à Dudu, le caniche en fin de vie de la voisine.
Inutile alors de croire qu’une fois qu’un pénis vous aura pénétrée vous vous sentirez différente, ce seront juste les effets d’une pilule mal dosée. Imaginez la pression sociale reposant sur les épaules de notre virginité : vous devez aimer l’autre, et surtout qu’il vous aime en retour (la hantise du garçon-salaud étant partout, notamment dans les chansons de R’n’B), vous allez avoir mal, vous allez saigner sur les draps, mais si vous attendez trop vous n’oserez plus vous glisser dans le lit d’un homme de peur qu’il s’en aperçoive à la simple vue d’un poil pubien (passé 20 ans, les risques de finir vieille fille sont augmentés de 87%), en même temps il faut faire attendre votre officiel un certain laps de temps pour que « vous vous sentiez prêtes » et aussi « pour ne pas être une fille facile ».
Il y a dix ans de ça, à 16 ans, sans expérience sexuelle, si vous couchiez au bout d’une semaine, croyez-moi vous étiez une chaudasse. Si la génération d’aujourd’hui a une vision beaucoup moins édulcorée de la chose, nourrie aux skyblogs et webcams MSN, abreuvée de stars biatchs qui chantent le cul comme Jean-Jacques Goldman chantait l’amour de son prochain, la première fois s’est mutée en rite de passage, tel un mauvais moment à passer, mais nécessaire (comme notre première fois chez le gynéco en somme).
Et effectivement on aurait du arrêter de nous tourmenter avec toutes ces idées moyenâgeuses, de nous mettre dans la tête des inepties sur la 1ère fois et de nous rassurer sur ce qu’est VRAIMENT une 1ère fois. Le message adressé aux jeunes filles est plus « prends-moi sur ta voiture tunée » (2008) que « fais-moi l’amour au coin du feu » (1997), mais les questions de base restent les mêmes.
Il existe autant de première fois que de filles. Certaines saigneront, d’autres pas, et pas seulement parce qu’elles ont fait de l’équitation ou parce qu’elles étaient gymnastes depuis leurs 3 ans en chine communiste, mais juste parce que chaque corps est différent. Si vous avez peur d’avoir mal, optez pour le lubrifiant. Si vous n’êtes pas sûre / que vous êtes bourrées / que le garçon insiste un peu trop ou qu’il a déjà le coq prêt à être égorgé devant la chambre, effectivement il est peut-être plus sage d’attendre. Si vous le faites pour faire comme vos copines, ne le faites pas.
Vous n’êtes pas amoureuse mais vous en avez envie ? Il n’y a pas lieu de refuser sous couvert de déontologie sexuelle digne d’une série d’AB productions, notre ligne de conduite est déjà assez aiguillée comme ça pour qu’on vienne en plus nous dire comment, avec qui et quand faire du sexe (avec la seule remarque que oui, il est plus intelligent de se protéger, désolée de sonner comme une pub sidaction mais c’est vrai).
Vaut-il mieux avoir une première fois malheureuse et plein d’autres fois géniales ou l’inverse ? Est-ce qu’on quitte un garçon parce qu’il nous a mal embrassé lors du premier rencard, alors qu’après il a su se rattraper ? Quand on n’a jamais expérimenté le sexe, effectivement la première fois est importante, on a pu se l’imaginer idyllique – innocente que nous étions – mais qu’elle soit ratée ou à la hauteur de nos espérances, elle ne détermine pas la suite de notre vie sexuelle. Un peu comme notre premier créneau n’influe pas sur l’obtention de notre permis de conduire.
posté le 21/04/2008 | 4920 vues | 15 commentaires | tags: premiere fois psy sexe
Tout à fait d’accord avec toi Elixie, très bon article!
Et objectivement, une dizaine d’années plus tard, la première fois n’est qu’un vague souvenir qui se rapproche plus de la perte de la première dent que d’un changement émotionnel profond qui a fait de moi “une femme”.
On fait beaucoup trop de cas de cette première fois, l’hymen n’est jamais qu’un bout de chair que personnellement je doute même d’avoir jamais possédé étant donné que comme tu dis, sans être gymnaste et en étant jamais monté sur un cheval, je n’ai pas saigné.
Notre vie est déjà tellement compliquée et tellement pleine de frustrations que ce n’est pas la peine d’en rajouter!
Alors là , 100% d’accord! On fait beaucoup trop cas de cette première fois et je crois que j’aurais aimé lire un billet comme le tien vers 17/18 ans, j’aurais trouvé ça rassurant qu’on me dise “t’inquiètes, ça n’est pas si important” :)
Rien à dire à part que je suis d’accord. C’est forcément un pas important à faire dans sa vie de jeune femme, mais ça n’en n’est pas moins qu’une seule fois parmi les autres qui suivront. Il faut dédramatiser cette première fois, ça pourra éviter beaucoup de regrets et de prises de tête.
Ouais bah ça c’est le genre de réflexion que j’aurais bien aimé méditer un peu plus tôt, surtout quand j’aurais pu coucher éhonteusement avec un mec connu depuis 24 heures, mais que ma virginité latente a refoulé… Mais bon si c’était à refaire, je coucherais :D.
Tiens ca me fait penser a ce film acide , Kids, de Larry Clark , ou Chloe Sevigny en petite prude bourgeoise choppe le virus du Sida la PREMIERE fois qu’elle couche avec un mec alors que sa best friends qui l’a deja fait des dizaines de fois n’est pas infectee. Elle parlent toutes de leur premiere fois comme d’un truc sacre et c’est enorme de voir comment Clark demolit ce poncif avec une ironie tranchante. Cela dit c’est pas le genre de film que tu aimes voir, ado, avant ta premiere fois….Mais on aurait du le regarder, ce film, nous les princesses elevees au Walt Disney, histoire d’arreter de croire les conneries de Jeune et Jolie….
C’est clair que je n’aurais pas été intoxiquée par Disney et autres séries US à la con je ne me serais pas autant pris la tête. La première fois c’est bien s’il y a une complicité mais le grand amour faut pas déconner non plus. Si j’avais suivi cette ligne de conduite, je serais encore vierge… et j’ai 25 ans !!
Et finalement quand on voit ce qu’on rate, moi je regrette de mettre mis martel en tête et d’avoir tant attendu !!!!!!
Oui mais si tout ce qu’on nous avait présenté avait été aussi cynique qu’un film de Larry Clark, jamais on n’aurait fait confiance à l’autre…
Oui on en fait peut être un peu trop et, pourtant, même si je n’ai pas eu une première fois de princesse ( un parking, une voiture, un ami), j’en garde un très bon souvenir.
Et ce fameux jour où on est cencé devenir femme, moi je l’ai ressenti en prenant ma première pillule contraceptive et même si ça n’a pas duré ça ma changé mais ce n’est que personnel!
ma première fois fut minable de chez minable, sûrement le gros échec de ma vie. bref, maintenant ça me fait plus rire qu’autre chose.
Je l’avais vraiment fait pour le faire, parce que je voulais que ce truc soit passé, mais j’étais bien jeune. Mais c’était tellement nul….!!!! Heureusement me suis bien rattrapée depuis.
Hmmm.
Si j’avais pu lire ça qulques temps après justement ma “première fois” ça aurait évité à mon esprit de se tourmenter car “han ce garçon n’était pas LE garçon”.
:)
ma première fois…oh le cauchemard..un naze : trois joints, l’appart d’une connaissance, un mec qui passait et hop….
je suis d’accord avec toi elixie, on devrait arrêter de fiche la pression aux filles là dessus..et laisser tout le monde tranquille : celles qui veulent le faire comme on se débarrasse d’un truc chiant (et c’est mieux, ça évite les blessures) et celles qui veulent attendre l’amour le vrai.
A 17ans et demi, c’était simple, j’étais prête. J’arrêtais pas d’y penser, de faire des rêves qui ne conluaient à rien, et j’en dormais presque pas. Cela dit, je n’étais pas assez bête comme pour le faire avec le premier venu. J’ai choisi mon meilleur ami. Les raisons:
- il l’avait déjà fait, et du coup il n’allait pas être là du genre “je ne sais pas comment faire”
- j’avais confiance en lui
- c’était juste une histoire de sexe pour moi (au début, en tout cas)
Je n’avais pas l’intention de vivre une histoire géniale. C’était mon ami et ce n’était pas pour ça que j’aimais être avec lui. Le fait est que ça s’est super bien passé, et qu’aujourd’hui je le dis à qui veut l’entendre, c’est que de ne pas espérer une histoire phénoménale le jour de sa première fois, mais juste de faire attention à ce que ce ne soit pas une douleur pour soit (sentimentale, j’entend surtout). De toutes façon, c’est les fois qui suivent qui comptent vraiment.
Ma première fois était assez tardive. J’en avais ras-le-cul, j’avais 24 ans (autant dire, l’été dernier ^^), lui 32, je n’étais pas amoureuse, mais il me faisait envie avec son piercing sur la langue et son tatouage trop bien placé.
J’ai tellement saigné que je saignais encore le lendemain - véridique ! Le mec a cru que je me foutais de sa gueule, car une fois la machine lancée, je l’ai quand même sollicité trois fois dans la nuit. Il a quand même réussi dans la nuit à me faire une feuille de rose et autres coquineries…
Oui, ça marque sexuellement, mais moins qu’un homme de 40 ans qui te fait l’amour correctement et qui t’apprend que même ton avant-bras est une zone érogène (oui, je suis tombée récemment sur un excellent coup. Je file le numéro de portable pour les intéressées et les coincées de la fesse). En fait, ce n’est pas la première fois qui compte, c’est celle où on est initiée au sexe. Et ça, aucune pression sociale ne nous l’apprend.
si j avais lu ton article j aurais peut etre eviter de faire cette conneri de couche avec le gas que j aimais mais luis il m aimait pas. Un soir a une fete chez moi, j ais coucher avec luis , le lendemins c est comme si j avais rien fait avec lui. mais sa ma briser le coeur mais bon c est fait et je le referais mais jerais gaf la prochaine fois.
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Ah, la première fois. Eh bien moi je n’avais pas du tout en tête le Prince Charmant. Je voulais le faire, pour le faire, pour ne plus être vierge. Je l’ai fait un mois après mes 18 ans, quelque chose comme ça, avec un garçon qui avait déjà une copine et dont je n’étais absolument pas amoureuse. Peu m’importait le flacon pourvu que j’aie l’ivresse…
Dix ans après, j’ai bien changé, j’ai besoin d’aimer, de faire confiance, de connaître, pour faire l’amour. Et ça fait bientôt trois ans que je dors avec le même garçon…