Il semblerait que certains humains accordent plus d’attention que les autres Ă ce qui au depart ne sert qu’Ă les protĂ©ger du froid et du regard des autres : le vĂȘtement . Mais ce vĂȘtement-lĂ , pour la Modasse, il n’existe pas. Je crois mĂȘme qu’il y en a qui ont mĂȘme carrĂ©ment oubliĂ© cette fonction primaire.
- Je suis du style Ă penser moi aussi que dans la vie, avant tout, il vaut mieux choisir de l’extra-cheap ou du super-cher. C’est le milieu qui est le fashion nowhere, dixit le catogan aux 250 paires de mitaines en cuir noir.
- Bizarrement, comme le disait si bien Catherine Heigl, cette philosophe a la puissante poitrine capacitĂ© d’autoanalyse, ” j’ai un avis sur presque tout “, mais plus particulierement sur le retour des epaulettes chez Margiela cette saison.
- J’ai une sensation Ă©trange d’ĂȘtre portĂ©e par une prĂ©sence surnaturelle en enfilant une veste Saint Laurent ou en touchant du pied le cuir d’une bottine Marc Jacobs . Serais-je Ă©rotomane, fĂ©tichiste? peut-ĂȘtre. A mon avis c’est juste LA COUPE, l’ALLURE inhĂ©rente Ă ce genre d’oeuvre d’art.
- Parfois on me regarde dans la rue avec un air d’inquiĂ©tude, c’est carnaval aujourd’hui ? Et non je ne vis pas Ă Rio de Janeiro. Et je suis stupidement contente de moi quand j’arrive Ă identifier les marques et les saisons des vĂȘtements de certaines personnes dans le mĂ©tro. Et les gens me regardent fixement car je souris toute seule avec mon casque et un air niais sur la tĂȘte comme toutes les greluches en 2008.
- J’aime reconnaitre les silhouettes de prĂȘt-Ă -porter de luxe qui ont inspirĂ© les frusques chez le suedois et l’espagnol (qui me permettent d’assouvir mon agressivitĂ© Ă prix raisonnables). La vraie came de la F.V c’est ça : l’accĂšs trop facile au cheap, la sensation d’y participer par procuration. Participer a quoi ? A “y ” on vous dit.- — -
- J’achĂšte des milliards de magazines que je dĂ©coupe soigneusement, les cheveux dans les yeux, en chaussettes et acroupie par terre comme une gamine de maternelle. J’ai mĂȘme des feutres et des crayons de couleurs. Ăa va par contre je dessine pas sur les murs chez moi. Enfin pas encore. J’arrange des silhouettes faites de toutes ces images, dans des “lookbooks” par saison, par envie, par moments. Des heures aprĂšs il y des filaments trĂšs fins de papier qui trainent partout sur la moquette. Je suis un animal.
- J’ai le clic droit facile : une silhouette me plaĂźt instantanĂ©ment, ou pas, c’est pour toujours. Elles atterrissent par centaines dans des dossiers “inspiration” sur tous les ordinateurs qui me passent entre les mains. Et je me les fais dĂ©filer fĂ©brilement, un souvenir en entraĂźnant un autre.
- Je ne rĂ©ponds pas quand on me parle si par hasard on ose interrompre mon “web fashion fix” quotidien de blogs et sites divers.
- J’adore fouiller pendant des heures les bacs et rayons des magasins de fripes, le coeur battant quand je trouve une piĂšce unique Ă la coupe intĂ©ressante. J’imagine les retouches potentielles s’ il faut, des associations aussi. L’ArmĂ©e du Salut, EmmaĂŒs et Goodwill aux US recĂšlent des trĂ©sors de ce style complĂštement nĂ©gligĂ©s. MAIS QUI COMMENCENT A ETRE CONNUS. Malheureusement. Parce que oui, y’en a marre de la massification du vintage. Comment ça je me prends pour qui? :-)
- Deux fois par an je scrute les dĂ©filĂ©s avec attention, en cherchant les influences de machin sur truc d’une dĂ©cade Ă l’autre.
- Je peste contre certaines boutiques de vintage sur ebay qui ont vu leur prix augmenter avec la popularité des dudits sites.
- Je suis polythĂ©iste : Nicolas G, Alber E, Karl L et Jerome D sont mes icones. A chaque saison, je ne m’en remets pas.
On appelle ca comment? de la GRELUCHERIE TOXIFERE. Oui je suis une sale GRELUCHE pĂ©tĂ©e aux imprimĂ©s, une boulimique de l’image, une imbibĂ©e de l’accessoire, une tarĂ©e du talon, une addict Ă la fripe, une tox irrĂ©cuperable de la fringue.
ParaĂźt que c’est a la mode, la rehab. DĂźtes, il y a des fashion rehab?
pic: www.courtneychavanell.com (La gravos que je suis peut mĂȘme vous dire que c’est la fille qui prend les photos pour la boutique ebay Mama Stone Vintage)
postĂ© le 21/04/2008 | 883 vues | 12 commentaires | tags: vĂȘtement modasse Silhouette
” dans la vie, avant tout, il vaut mieux choisir de lâextra-cheap ou du super-cher.”, il y a lĂ un antagonisme que je ne peux que difficilement saisir… C’est moi qui ai un problĂšme, ou c’est vous ?? Quelle diffĂ©rencce entre nous ? L’argent peut-ĂȘtre ? mais esr-ce que si je l’avais, je deviendrais cette espĂšce de crĂ©ature que tu dĂ©crir ?! Je ne crois pas… Ce n’est plus de la vacuitĂ© Ă ce stade…
Aller, je fais la bĂȘte, mais je crois que je comprnds, quelque part… un jour, je venais de commencer mon nouveau job, qui consiste entre autre, en une sobriĂ©tĂ© vestimentaire maximale, je me cherchais une veste, que mon salaire Ă©tait susceptible de payer. Quelque chose de simple, noir, et pas trop dĂ©modĂ© quend mĂȘme.
Puis je LA croise. Qu’elle est belle ! Juste parfaite. La coupe, l’allure comme tu dis… velours noirs, doublure rayĂ©e.. Je dĂ©cide de l’essayer, sans regarder le prix pour pas casser la magie… Bon dieu, elle a Ă©tĂ© cousue sur moi. Verdict : Calvin Klein, 169 euros, argh. C’est juste plus d’un dixiĂšme de mon salaire. Je l’ai achetĂ©, et patate Ă l’eau le reste du mot.
Ce c’est de l’inconscience, du foutage de gueule au yeux du reste du monde, de l’indĂ©cence j’appelle ça. Je suis pas plus riche (que non ) qu’avant, j’ai toujours les mĂȘmes baskets pourris, je mange mal, mais j’ai une joli veste. PrĂ©occupations d’une futilitĂ© qui me hante encore… mais j’ai une jolie veste…
RĂ©guliĂšremennt, j’ai des tocades de choses qui sont fortuitement Ă la mode en ce moment… ça fait des annĂ©es que je veux des ballerines, mais vraiment mon budget m’empĂȘche d’acheter plus d’une grolle par an (donc une paire toute les deux ans… jdĂ©conne), d’autres prioritĂ©s, tout ça… mais c’est depuis qu’elles sont Ă la mode qu’ont en trouve du feu de dieu… po juste…
J’y arrive pas moi. J’ai aucun oeil, aucun look, aucun gout pour la course Ă la nippe. Entendons nous bien, j’adore le shopping mais je n’aime pas la “fashion”. Je porte ce qui me va, dans la couleur que j’aime, et c’est tout.
Je suppose que c’est une question d’oeil, de salaire et… de centres d’intĂ©rets! Parce que par contre… je pars en vacances 4 fois par an!
moi non plus je ne cours pas Ă tout prix aprĂšs la piĂšce hype mais plutĂŽt aprĂšs le coup de coeur qui me flatte, ce qui ne m’empĂȘche pas d’ĂȘtre la variĂ©tĂ© “greluche Ă mauvaise conscience”: ma commode explose et je culpabilise.
je suis actuellement en phase “moins mais mieux”. bien obligĂ©e; j’ai changĂ© d’apart et lĂ je n’ai vraiment plus de place pour ranger mes vĂȘtements. le plus petit string n’y rentrerait plus. tant mieux pour mes finances et mon voyage au Mexique de l’annĂ©e prochaine!
Volubilis : Je ne pense pas que ce soit uniquement une question d’argent, mais de dĂ©brouillardise. Je suis Ă©tudiante alors j’ai vraiment pas de quoi me payer des piĂšces de crĂ©ateur en boutique mais j’y parviens toujours en ventes privĂ©es, en soldes, en ventes presse.
La mode, c’est encore un centre d’intĂ©rĂȘt comme un autre. Je vois pas pourquoi ce serait plus futile, plus “indĂ©cent”, pour te citer. Tu peux me dire en quoi s’acheter un ordinateur est dĂ©cent, une wii, un voyage dans un pays pauvre, manger bio? A ce moment lĂ tout est futile. Je comprend pas cet imaginaire pseudo-altermondialiste selon lequel les vĂȘtements, c’est “le paroxysme de la sociĂ©tĂ© capitaliste, la honte, l’indĂ©cence”. Et le foot, et le cinĂ©ma, et le tourisme?…
A me relire, c’est vrai que j’ai Ă©tĂ© agressive… mais je crois que mon propos ne peut que l’ĂȘtre : ce qui est indĂ©cent, c’est dĂ©penser bcp d’argent pour qlqch qui n’est pas indispensable. Ma famille a Ă©tĂ© trĂ©s pauvre, et m’acheter une fringue, un jeu, une console, Ă un prix exhorbitant, ça me fait honte, oui. Mais je pense que c’est indĂ©cent d’ĂȘtre riche. Et peut-ĂȘtre plus encore de le donner Ă croire lorsqu’on ne l’est pas.
Volubilis > Alors c’est ton rapport Ă l’argent qui est particulier, pas Ă la mode ni Ă tout ce que l’argent peut apporter…
Ceci dit, l’essentiel, c’est de le savoir et de mener sa vie en consĂ©quence :)
@Volubilis : on est bien d’accord que la mode au sens industrie est un monde elitiste absolument detestable de fric et de relations superficielles. Je ne travaille pas pour cette industrie et en suis bien contente.
je ne parle pas ici de ce milieu ni de l’argent en general.
Je parle ici de la Mode au sens large,cet interet pour la coupe, l’histoire, le tissu tout simplement. Comme le dis Spendie, cela n’a rien a voir avec un quelconque niveau de vie, et c’est un centre d’interet comme un autre. Il faut juste trouver un equilibre. Et je suis d’accord avec Deecurl, il vaut mieux acheter moins, mais mieux. Et pour ca, rien de mieux que de demenager sans arret :-)
Oui, vous avez raison, l’argent, vaste sujet… les Escrocs chantaient : c’est dĂ©modĂ© d’^tre Ă la mode/car quand la mode est dĂ©modĂ©e…/ pour ne pas ^tre dĂ©modĂ©/tu n’as qu’Ă faire ce qui te plait…
si on parle de coupe, de tissus, de choses qui nous plaisent, on ne parle plus de mode, mais de pĂ©fĂ©rences perso… la mode, c le dernier chic Ă suivre absolument, et lĂ on parle d’autre chose….
AH, tu parles de cette mode-la, de cet instinct gregaire et consumeriste qui fait que tout le monde a Paris possede cette foutue robette grise avec les low boots qui vont bien? Je suis bien d’accord avec toi, c’est autre chose.
Je parlais juste de la Mode au sens de celle creee par Ghesquiere, Lagerfeld and Co, apres, la suivre ou pas est une question entierement differente.
Mon commentaire ne rebondit pas en particulier sur cet article, mais aprĂšs avoir parcourru plusieurs de tes Ă©crits, je voudrais simplement dire que c’est un vrai plaisir de te lire “JelizaRose”.
En complĂ©ment de ta jolie petite plume, j’aime l’humour affutĂ© qui se dĂ©gage des tes textes.
Je garde donc un oeil sur tes mots pour l’avenir.
Bonne journée.
alba
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Ouais! (tu as tout dit, je ne peux que lever le poing en acquiesçant).
Par contre la fashion rehab, telle Amy mon amie, (enfin pas trop en fait), je dirais “they’re trying to make me go to rehab but I say no, no, no”.
Comment ça plus de ventes privĂ©es, plus de fouillages dans les friperies ou Ă se pĂ©ter les yeux sur ebay et etsy (parce que j’ai pas un rond mais je serai pas un mannequin tĂ©moin d’h&m, mĂȘme si j’les aime mes suĂ©dois), plus de beaux magazines feuilletĂ©s religieusement, plus d’autels Ă alber, jĂ©rĂŽme, miuccia,…, plus de filles qui jalousent mes petits hauts, plus de carte bleue vide (oui parce qu’en substance tout part en vĂȘtements), plus de “j’ai rien Ă me mettre c’matin” quotidien, plus de “haaan j’ai trouvĂ© la paire de ballerines de ma vie” hebdomadaires?
JAMAIS!