Allergiques au romanesque et au rocambolesque, s’abstenir.
Lundi soir je reçois la rĂ©ponse Ă ma lettre. Il m’apprend qu’il est marin (ce que je savais dĂ©jĂ ), qu’il a une fille - qui porte un prĂ©nom de mannequin (pas Carla, cherchez mieux) - et qu’en ce moment il effectue une mission dans les eaux territoriales de l’Angola pour T**** (la compagnie pĂ©trolière).
Attention, là ça se complique. Comme il est en mission jusqu’au 23 avril, c’est sa femme (non, pas la mère de sa fille - que je n’ose pas encore appeler ma soeur -, ce serait trop simple, sa deuxième femme) qui a ouvert ma lettre (heureusement elle est au courant pour moi, m’a-t-il prĂ©cisĂ©) et qui la lui a retranscrite par mail.
Vous suivez toujours ? Je vous rassure, il m’a fallu relire plusieurs fois avant de tout intĂ©grer.
Comme en bonne conservatrice je n’avais donnĂ© que mon adresse postale, il a tapĂ© une rĂ©ponse qu’il a envoyĂ©e par mail Ă sa femme, qui l’a imprimĂ©e et postĂ©e en deux exemplaires. Je me dis que, tiens, c’est donc son Ă©criture Ă elle que j’ai lu sur les enveloppes.
Ă€ ce moment je bĂ©nis internet, sans qui je serais restĂ©e encore au moins une bonne semaine dans les affres de l’angoisse. Pfiou !!!
Il m’Ă©crit qu’il a toujours pensĂ© Ă moi, qu’il voudrait me voir. Je m’attendais Ă Ă©prouver de la colère, je la sens fondre comme neige au soleil. J’ai trop espĂ©rĂ© une rĂ©ponse de ce genre pour faire la fine bouche et bouder mon plaisir. Une partie de moi a envie de hurler de bonheur Ă en Ă©clater et de sauter dans le premier train pour Bruxelles (ah non, c’est vrai, il est pas encore rentrĂ© !), une autre se dit de ne pas s’emballer, d’ĂŞtre prudente, on va y aller doucement, respire ma grande.
En dehors de toute autre considĂ©ration ; c’est assez… inquiĂ©tant de voir comme il suffit d’entendre ce qu’on a envie d’entendre (ou, en l’occurence, de lire ce que j’avais envie de lire) pour que toutes nos dĂ©fenses s’effondrent d’elles-mĂŞmes. C’est peut-ĂŞtre une bonne chose, je ne sais pas, mais…
Depuis…
Comme son adresse mail est jointe Ă la lettre, je rĂ©ponds le lendemain mardi vers midi. Je reconnais que je n’ai pas beaucoup dormi la nuit prĂ©cĂ©dente. Il m’a demandĂ© de lui parler de moi. Je lui raconte que j’aime la couleur rouge et que je dĂ©teste les brocolis, mais pas que je suis amoureuse de Clint Eastwood depuis mes 15 ans. Je lui parle de ma mère (un peu seulement) mais de personne d’autre qui compte dans ma vie. Il y a certaines choses que je pense Ă Ă©crire mais je renonce. Je lui donne mes disponibilitĂ©s pour venir le voir. Je lui dis que c’est nouveau pour moi d’avoir une soeur. Etc…
Le lendemain matin je dĂ©couvre une rĂ©ponse arrivĂ©e vers minuit. Aller-retour Ă©lectronique dans la journĂ©e. On a Ă©changĂ© quelques autres infos et des photos : j’en ai une de lui et une autre de sa fille (qui a l’air plus âgĂ©e que moi sur la photo !) et il en reçoit en Ă©change trois de moi (une oĂą je suis bĂ©bĂ© et sur laquelle tout le monde qui l’a connu s’accorde Ă dire que je lui ressemble comme deux gouttes d’eau, une autre de juin dernier parce que je me trouve belle dessus et que pour une fois j’ai le sourire, et la troisième parce que c’est celle qui ressemble le plus Ă moi dans la vie de tous les jours).
J’ai lu qu’il Ă©tait fier de moi “d’emblĂ©e”, que j’Ă©cris bien… moi j’vous dis, il a dĂ©jĂ sacrĂ©ment bien compris comment me caresser dans le sens du poil !
De mon cĂ´tĂ©, Ă me relire je trouve que l’ensemble est peut-ĂŞtre un peu froid… je prĂ©cise donc Ă la fin de mon dernier mail en date j’ai peut-ĂŞtre pas l’air comme ça mais moi aussi je suis Ă©mue mais pas que je crois bien que je commence dĂ©jĂ Ă l’aimer.
Ce qui me turlupine, c’est que sa version des faits diffère sensiblement de celle de ma mère. D’après lui, ma mère lui a dit/fait comprendre de ne pas se mĂŞler de notre vie et d’attendre qu’une de nous deux se manifeste ; alors qu’elle m’a toujours affirmĂ© qu’elle lui avait demandĂ© de rester en contact et qu’il n’avait plus fait signe de vie.
…
…
…
Il me reste donc des points d’ombre Ă Ă©claircir, enfin cela dit aucun des deux ne semble chercher Ă me prĂ©venir contre l’autre, ce qui me laisse une lueur d’espoir de voir tout le monde vivre en bonne intelligence et de ne pas avoir Ă me dĂ©doubler.
Il dit qu’il est heureux qu’on se soit retrouvĂ©s et je le crois.
Et pour l’instant ça me suffit.
posté le 16/04/2008 | 355 vues | 3 commentaires
oups desolee de ne pas avoir lu cet article. j ai un train de retard…
tout comme toi, les histoires differaient entre ma mere et mon pere… mais en l occurence, mon pere haissait ma mere et vice versa.. je te souhaite plus de chance dans ce cote, il me semble que tu es deja sur la bonne voie.. c est cool! :)
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:)
C’est super de reprendre contact comme ça.
Je suis contente pour toi. ^^