Sous ma peau coule l’encre. C’est noir, gris ou vert tendre. C’est courbes, pleins et déliés. Au détour d’une cheville, la lune embrasse le soleil. Baiser éternel. Etreinte similaire sur ta cheville. Côté mâle. Côté femme. De toutes les manières je me fonds en toi. Tout doux. Petit fou. Un peu jaloux. Passion partagée, tu n’as pas su résister. Dermographe qui se déchaine. Aiguille qui se faufile. Qui se distille. Qui prend Bastille : cuir encore vierge. Goutte à goutte sous tes veines. Epiderme qui se colore de toi, de moi, de nous.
Puis c’est l’omoplate qui se fait belle. Coquillage et fleur de tiare. Volutes noires. Enlacent. Caressent. Jamais ne s’effacent. Douleur qui persiste. Résiste. Je m’effrite sous le poids de la peine. Je serre les dents, gorge qui se serre pour liquide qui s’écoule en moi. Flux et reflux. Je ne suis plus que sang. Un coup d’œil au miroir. Double moi. Là , devant mon regard, se dessine œuvre d’art. Je suis comblée. Mal oublié.
Je poursuis mon voyage encre de chine. Entre plume et parchemin. Je suis exclusive. Tableau de maître. On ne m’accrochera pas aux murs mais on regardera mes armures. Je me pare. Je me cache. Les couleurs dissimulent. Papillon qui ne s’envolera plus jamais butine la naissance de ma poitrine. Il est au chaud. Trésor enfoui et dévoilé l’été. Puis l’œil se pose sur mon épaule. Lignes sombres pour fusain abstrait. Aucun sens. Sens unique.
Enfin le long de ma jambe s’enrobent coccinelles. Le lierre s’enroule. S’emmêle. Absence de couleur. Ornement patience, c’est pour bientôt. Tatouée. Femme-enfant-esquisse. Ainsi déguisée je me dissous dans les foules. Pas vue pas de prix. Fool. Art sans contrefaçon, je me dessine en invisible. Paradoxe. Ombres qui dissimulent mes effrois. Ame gelée qui se dégèle pour vous.
posté le 07/04/2008 | 393 vues | aucun commentaire | tags: tatouage encre noir
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