Séquence nostalgie.
Alors ? ça dit kekchose Ă quelqu’un ? Bah oui, c’est la chanson d’Yves Simon qui servait de gĂ©nĂ©rique au film Diabolo Menthe de Diane Kurys.
C’Ă©tait en 76, un Ă©tĂ© chaud, j’ai appris qu’Elvis Ă©tait mort en me baladant au MarchĂ© Saint Pierre en regardant les jaquettes des journaux. Le ciel m’est tombĂ© sur la tĂŞte, le King Ă©tait mort !
Mais moi je vivais une aventure au quotidien, un truc de ouf, j’Ă©tais figurante dans Diabolo Menthe. (roooo… mais nan, pas figurante, “petit rĂ´leeee” !!)
En 76, j’Ă©tais habillĂ©e, coiffĂ©e et maquillĂ©e comme en 62 pour cette jolie reconstitution historique, et j’Ă©tais dans la classe d’une des deux frangines.
Une petite annonce dans un quotidien, une rĂ©ponse de ma mère pour faire plaisir Ă mon père, sans y croire vraiment, mais envoyĂ©e un peu comme on joue au loto, le goĂ»t du frisson. Une rĂ©ponse par tĂ©lĂ©gramme de Madame Kurys (on a du ĂŞtre dans les 10 dernières familles en France Ă avoir le tĂ©lĂ©phone à domicile) qui disait, texto “j’aimerais beaucoup rencontrer votre fille”, une bouffĂ©e d’excitation jubilatoire, un  entretien avec la mĂŞme Madame Kurys (une femme exquise, d’une patience d’ange) au cours duquel elle me parlait des Amibes… (c’Ă©tait pas tout Ă fait mon rayon mais j’ai fait semblant).
Pour ce rendez-vous je portais comme souvent des vĂŞtements d’Ă©poque que ma mère m’avait prĂŞtĂ©s, puis passage d’un bout d’essai qui consistait Ă faire semblait d’Ă©couter un cours de je sais plus quoi, ça, j’en Ă©tais tout Ă fait capable de faire semblant d’Ă©couter un cours c’est mĂŞme ce que je faisais la plupart du temps au lycĂ©e, et hop… une figuration, que dis-je un “petit rĂ´le” (c’est ce qui est Ă©crit sur la fiche de salaire).
Plein de souvenirs pour une fille comme moi qui ne s’intĂ©ressait que très peu alors au cinĂ©ma.
Puis, le tournage, ces longues journĂ©es studieuses, attentives, pendant ce beau mois de juillet, oĂą j’en pinçais un peu pour l’accessoiriste qui n’a, Ă aucun moment, eu conscience de mon existence. J’ai appris la mort de Kennedy par une fausse prof un faux matin d’automne, j’ai Ă©coutĂ© Corinne Dacla raconter la manif de Charonne comme si elle y Ă©tait la veille. Et j’ai eu un cours de gym avec un prof qui s’appelait Dora Doll.
J’Ă©tais une “comĂ©dienne” terriblement mauvaise, voire risible, un boulet quoi. Un peu trop brute de dĂ©coffrage. (je suis sĂ»re que je ferais beaucoup mieux maintenant :)) Mais rester toute une après midi dans la mĂŞme pièce qu’ Yves RĂ©nier, transfuge des “Globe Trotters” (et bien avant qu’il soit un commissaire), c’Ă©tait de la magie (Je sais, ça vous dit rien du tout, c’est normal).
Rien que ça, ça valait son pesant de cacahuètes grillĂ©es Ă sec. MĂŞme si pour finir, le costumier m’avait refilĂ© un polo rougecol rond ras du cou, manches courtes, pièce orpheline d’un vieux twin set, une pauvre jupe Ă©cossaise et des ballerines noires pas tout Ă fait Ă ma taille. Pour complĂ©ter le total look, j’avais une queue haute que le coiffeur avait rĂ©ussi Ă faire avec mes cheveux king size. J’avais mĂŞme eu droit Ă un maquillage “62″… c’Ă©tait Ă dire, plutĂ´t pas grand chose sur les yeux, mais tout dans le teint.
Quand le film est sorti, je l’ai d’abord vu en avant-première, avec toutes mes copines du film (que j’ai perdues de vue environ 3 jours plus tard), ensuite je l’ai vu avec mon cousin qui tenait absolument Ă ce que je l’accompagne. J’ai cru qu’il allait dire Ă tout le monde dans la salle, “eh oh, ya ma cousine dedans, regardez elle est lĂ !!) Mais non, il s’est contentĂ© de me mettre 118 coups de coude pendant le film, trop mignon. Et je l’ai encore vu une fois en salle, avec un de mes copains, qui tenait lui aussi absolument Ă ce que je l’accompagne, sauf que pendant la scène dans laquelle la petite frangine Ă ses règles, il Ă©tait littĂ©ralement mort de honte et cachĂ© sous son fauteuil. 14 ans, l’âge de la honte…
Et, cerise sur la gĂ©noise, un jour, une fille du lycĂ©e m’a reconnue !! Je n’en suis pas encore revenue… ça fait pourtant… un moment.
Bref, tout ça pour dire que tout Ă l’heure j’ai vu Ă©crit pas loin “Diabolo menthe”, le vrai, celui qu’est tout vert, sucré et qui pique.
posté le 31/03/2008 | 2237 vues | 5 commentaires | tags: diabolo menthe nostalgie souvenir cinéma
je trouve ton article très joli aussi! Et très efficace: je l’ai lu ce matin Ă 7h00, j’ai la chanson en boucle dans la tĂŞte depuis…
merci les copines :)
angelinaa : n’exagĂ©rons rien… le film aurait pu se faire sans moi, vu que je n’y pas un mot…
djoulette, dĂ©solĂ©e :( et merci :) mais regarde je t’en chante une autre : Ă la pĂŞche aux moulesmoulesmoules… :)
quand tu as ecris ca j’etais pas encore inscrit mais cette epoque me rappelle de tres bons souvenirs.
bref ca nous rajeuni pas tout ca lol
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“Diabolo menthe” est un de mes films culte ! Et que vois-je, une authentique actrice du film est inscrite sur Ladies Room ???!!!
Ton histoire est très jolie VĂ©ro. “Diabolo menthe” pour moi, c’est le film d’accord, que j’ai dĂ» voir 15 fois Ă la tĂ©lĂ©, mais aussi et surtout la chanson d’Yves Simon qui m’a accompagnĂ©e tout le long de mon adolescence. Cette nostalgie douce-amère-acidulĂ©e, ça collait parfaitement avec l’Ă©tat d’esprit du moment.