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Un an et demi dans trois semaines – Deadline

Vous avez remarqué comme deadline est un mot horrible utilisé à toutes les sauces ? Comme si, passé une certaine ligne paf, on s’écroule mort… Deadline pour remettre le dossier truc, deadline pour répondre à l’offre d’emploi, deadline pour dire oui pour les vacances… Si t’as pas bossé assez fort, si t’es trop indécis, si tu dois calculer ton budget trop serré, pouf, tu décèdes.

Je n’aime pas ce mot là. Surtout que pour moi, ma deadline, ce sont mes 30 ans. Soit dans un an et demi à partir de dans 3 semaines, à peu près. J’espère quand-même bien ne pas m’écrouler froide et immobile à cette date-là… Alors que j’ai tant ramé pour en arriver là.

 

Ca fait 28 ans et demi dans trois semaines que je suis là, sur terre. J’ai mal démarré. Pas atrocement mal, ce n’était pas Zola, il y a pire. Mais mal quand-même. Il y a eu l’absence paternelle, la dépression maternelle, l’isolement accompagné dans lequel je me suis trouvée. Il y a aussi eu le masque social de la petite fille parfaite, si avantageusement porté mais tellement loin de celle que j’étais… Je ne regrette rien, tout ce que j’ai fait, les artifices, les compromis sur moi-même, tout a été utile. Jusqu’aux rencontres des hommes, parfois glauques, parfois jolies, tout a servi à me construire.

 

Mais voilà, à 28 ans et demi dans trois semaines, je sens l’horloge biologique qui tourne. Pas celle qui vous fait vouloir des enfants, non, pas celle-là… Celle qui vous dit « Qui es-tu ? ».

Depuis deux ans, en thérapie, j’ai entamé ma rencontre. Et je me suis rendue compte que ma deadline à moi,  c’est 30 ans. A 30 ans, dans un an et demi dans trois semaines, il faut que je sache et que je sois. Il faut que je sache qui je suis, dans les défauts et les qualités. Je n’irai pas jusqu’aux détails, j’espère bien que les détails se peaufineront après les 30 ans. Mais que je sache qui je suis. Et que je sois cette femme-là.

 

Depuis que j’ai conscience de cette échéance, je bosse, j’élague, je purge, j’explore, j’essaye, j’éloigne, je soigne, je panse, je console, je grandis, je comprends, j’accepte, je pleure, je fais mon deuil, j’espère, je crée, je bâtis, j’élabore, je consolide, teste, éprouve, définis, apprends, détaille, creuse, je m’épluche enfin pour savoir qui, au fond, se cache derrière tout ça. C’est court, un an et demi dans trois semaines. Mais à ce moment-là, il sera bien temps de savoir. Pour commencer à vivre, enfin. Pour se sortir de soi et se tourner enfin vers les autres, vraiment. Pour avancer. Je recule pour mieux sauter.

 

Alors la deadline, elle est ardue à tenir, c’est serré, un an et demi dans trois semaines et puis l’enjeu est gros. 120% soi-même dans un an et demi dans trois semaines.

 

Lifeline, pas deadline.

5 Responses to “Un an et demi dans trois semaines – Deadline”

  • j’ai 32 (bientôt 33) ans et je comprends un peu la “pression” que tu ressens à l’approche de tes 30 ans…ce ne sont que des chiffres et des tas de gens dans le monde vivent sans même connaître leur date de naissance exacte mais oui celui qui n’a pas vécu le cap des 30 ne peut pas comprendre cette remise en question qui se fait, c’est une phase réellement, comme l’adolescence, la maternité etc..en même temps je pense que tu ne devrais pas te fixer de date butoir, de “deadline” aussi précise pour te “trouver”…on se trouve chaque jour petit à petit, ne t’attends pas le matin de tes 30 ans à avoir une illumination soudaine!
    en revanche, passé 30 ans si tout se passe bien quelquechose va se libérer en toi, tu sauras mieux ce que tu veux, qui tu es et tu te laisseras moins “pollué” par ton passé, les avis des uns et des autres…je n’ai jamais fait de psychothérapie, j’ai eu pas mal de “tuiles” dans ma vie dont je pensais me sortir indemne…bref à l’approche de mes 30 ans je remettais tout en question:mes amis, mon boulot, ma famille…il a fallu passer des mauvais moments de déprime et d’humeur massacrante, et puis maintenant tout va mieux comme si le temps lissait tout et apprenait à RELATIVISER…c’est de la résilience ou quelquechose comme ça…bref tu verras avec le recul et les années tout ira bien pour toi j’en suis sûre!!

  • C’est un travail sur soi long et parfois fastidieux, mais c’est très enrichissant à n’en point douter.

  • Amaya> J’espère bien en arriver là, après 30 ans. Je me dis qu’après tout ça, je ne fais que préparer mon repos. Ou une activité d’un autre genre.
    Je me dis qu’à 30 ans, je dois avoir les outils pour enfin faire vraiment ce que je veux. parce qu’à 30 ans, tu as encore tout le temps devant toi et même le temps de prendre le temps de réaliser. A 40 moins… Quand tu vois les enfants par exemple, si tu ne te décides pas à 40 ans, as-tu encore le temps d’attendre? Biologiquement, oui. Mais socialement…?

    Exquise> c’est super, je suis la personne la plus passionnante qu’il m’ait été donné de rencontrer. Ceci dit avec la plus parfaite candeur. :)

  • C’est drôle, j’ai la même death/lifeline que toi : mes trente ans. Et pour moi aussi c’est dans un an et demi. Cela dit, ce n’est pas pour les mêmes raisons que j’ai ce chiffre fatidique dans la tête, d’ailleurs je ne sais pas pourquoi ces 30 ans me stressent. Je suis en psychothérapie aussi, et on tourne là-dessus depuis quelque temps avec mon médecin de ma tête.
    Et si on se mettait à la méthode du “bah, on verra bien” ?

  • La Fille> j’ai essayé. pas moyen :) Du coup, avec la personne a qui j’ai déjà offert une piscine depuis le temps que j’y vais, on a convenu de justement travailler à fond. Et je me sens mieux en ayant légitimé cet objectif, plutot qu’en essayent de mettre un couvercle sur la cocotte à pression.

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