… ou mon premier orgasme aérien
J’ai toujours eu peur en avion : dans votre groupe de copines, celle qui vous ravage la main à coup de griffes à la moindre turbulence en vous déroulant l’historique de votre amitié, ponctuant ses phrases de « je suis contente qu’on se soit rencontrées », c’est moi.
C’est dire si je partais de loin. Installée dans un siège au confort tout relatif, armée d’une demi-tonne de Voici, Gala et autres Cosmo et d’une quinzaine de paquets de chewing-gums en guise de défouloir, je m’apprête à vivre huit longues heures d’angoisse au dessus de l’Atlantique.
A ce moment précis, si quelqu’un me propose de me téléporter en un claquement de doigt dans ma chambre d’hôtel, je suis prête à accepter de faire le ménage chez lui trois heures par semaine pendant 10 ans. Sans problème, je signe où ? Et pourtant, occupée à gratter avec de la paille de fer l’évier de mon sauveur du moment, je n’aurais certainement jamais su ce à côté de quoi je serais passée.
Pour cacher mon stress à mon mec (c’est la première fois qu’on prend l’avion ensemble : trop tôt pour lui dévoiler cette faiblesse), je me plonge dans un mot croisé, mais mes jambes trahissent mon état nerveux et je suis rapidement percée à jour.
Sous la couverture dépliée sur mes genoux, il se met à me masser la cuisse pour me calmer. Ses gestes sont lents et appuyés, et mes gambettes se détendent peu à peu. Les hôtesses de l’air passent dans les couloirs en refermant les coffres à bagages. D’ordinaire, j’aurais scruté leur regard à la recherche du moindre indice de panique afin d’avoir le temps de me préparer à mourir le cas échéant, mais là non. Sa main ferme absorbe toute mon attention.
Captivée, apprivoisée, je mets quelques secondes à réaliser que ses doigts ont quitté ma cuisse pour s’aventurer vers mon entre-jambes. Je comprends d’un coup où il veut en venir et aussi saugrenue que soit l’idée, aussi rempli que soit l’avion, je n’ai pas envie de me débattre. A vrai dire, j’en serais bien incapable.
Sa main se faufile discrètement sous mon legging. Ma respiration se fait haletante, je commence à perdre mes moyens. Ses doigts caressent mon sexe qui fond immédiatement sous ses phalanges aventureuses. Nos regards s’évitent, de peur d’alerter l’ensemble des passagers, mais j’ai furieusement envie de me perdre au fond de ses yeux et d’y sentir son désir. L’hôtesse entame la lecture des consignes de sécurité : « En cas de dépressurisation de la cabine, des masques à oxygène tomberont devant vous… » Euh, je peux pas l’avoir maintenant, le masque à oxygène ?
Je retiens les gémissements qui montent en moi mais je sens déjà que je ne pourrais les contenir très longtemps. Je suis une bombe à retardement. Comprenant mon besoin d’exprimer mon plaisir, il penche son oreille vers mes lèvres et je mords son lobe de toutes mes forces. Ses caresses se font de plus en plus insistantes, je sens mon sexe se gorger de désir et gonfler sous ses doigts déterminés. Sous la couverture, mes jambes sont écartées au maximum. Je lui suis offerte.
L’avion est maintenant en bout de piste. « PNC, préparez vous au décollage ». Je suis prête. Je suis même archi-prête. Je contiens l’éruption autant que possible. Encore quelques secondes. L’avion accélère. Sa main fait de même. Mes dents sont maintenant fermement plantées dans ma lèvre inférieure. Je suis pétrifiée.
Le bruit des réacteurs m’offre enfin le vacarme libérateur tant attendu, je peux gémir, je peux crier, je peux jouir. Mon corps tout entier entre dans une valse de convulsions de plaisir, je suis électrifiée. L’avion quitte le sol. Je décolle avec lui. Bienvenue au septième ciel.
Photo : © Martyna Adamczyk via stock.xchng
posté le 21/03/2008 | 651 vues | aucun commentaire | tags: Septième ciel avion orgasme back room
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