Démocratisation du sex-toy, préservatifs goût fruits des bois, lubrifiant chaud / froid, test « quel animal êtes-vous au lit ? », séquence des z’amours au zapping avec la célèbre « pipe au miel », porno-chic utilisé en marketing, labiaplastie, la libération sexuelle est à son apogée. Faire l’amour, baiser, faire du sexe, niquer, copuler, se reproduire, faire des bébés est devenu le miroir de notre bien-être : jouir est signe de bonne santé, d’épanouissement et d’équilibre.
Selon un sondage Novartis / Harris Interactive pour L’Express paru l’été dernier, la fréquence sexuelle des français serait en moyenne de 8,9 rapports par mois. Soit 2,225 touche-pipis par semaine, ce qui doit correspondre à 2 pénétrations et quelques léchouilles bien placées. Autrement dit, il n’y a plus rien à la télé susceptible d’intéresser les français. Ou alors, ces sondages sont b(i)aisés.
Personnellement j’ai en moyenne une petite douzaine de filles dans mon entourage : 3 amies proches, 5 copines, et environ 4 connaissances qui se placeraient entre 4 et 7 sur l’échelle de mon amitié. Nous avons toutes un boulot différent, des mecs plus ou moins sérieux, des âges et des signes astrologiques variés. Toutes ensembles nous représentons assez bien la population féminine.
Et toutes, que je vais mettre en majuscules, TOUTES, sont loin de rentrer dans cette moyenne nationale. Notre moyenne à nous se situe à 4 parties de jambes en l’air par mois. Parfois un peu moins quand nous avons Tante Irma qui s’incruste*, parfois un peu plus, surtout au début où on apprend à connaître le corps de l’autre.
Parlons sérieusement : j’en ai un peu ras-le-derrière. De la sexualité idéale, de la normalité du couple, de conseils sur notre intimité. Suis-je prude parce que je n’aime pas faire l’amour avec un miroir au plafond ? Est-ce que j’aime vraiment le sexe si ma position préférée est le missionnaire ? Suis-je vraiment amoureuse alors que je n’ai pas envie de lui trois fois par jour ?
A force de vouloir nous imposer une norme dans la fréquence de nos rapports sexuels, on en arrive à une génération de complexés et de frustrés. Le nombre de fois où l’on se remet en question quant à lui se porte bien. Les filles tentent de se définir vis-à -vis de ce standard, de ce qui est établi comme sain, traditionnel et dans l’ordre des choses, et les garçons se retrouvent déstabilisés face à la réalité : suis-je désirable ? suis-je un mauvais coup ? pourquoi le désir s’est-il éteint ?
Il serait temps d’arrêter de culpabiliser et de se tourmenter : la norme n’existe pas. Généralement les filles auront moins envie de faire youpla boum que leur partenaire, parfois ce sera le contraire. Au contraire, le décalage au sein d’un binôme, c’est comme les compromis : c’est possible. Il y aura toujours un couple dont l’activité sexuelle est plus intense que la vôtre, et vous serez toujours le libidineux de quelqu’un d’autre.
Quand on est ensemble depuis longtemps, il faut apprendre à vivre avec les aléas du désir charnel. Il n’y a pas de raison spécifique, mais plutôt une multitude de causes : le stress, la fatigue, le nombre d’heures de travail, le manque de manque, les occasions de se retrouver moins nombreuses, le corps qui change, que sais-je encore.
Le couple doit être une source d’épanouissement en lui-même, et ne peut pas se réduire à la sexualité, même si évidemment elle est une composante de l’harmonie d’une relation puisqu’on ne saurait être ensemble s’il n’y a pas un minimum de sensualité. Disons le autrement : la santé d’un ménage ne se fixe pas à ce qui se passe sous les draps, c’est un tout. Les bisous, câlins, échanges intellectuels, fou rires, caresses, attentions, sont également des éléments tangibles. Ne plus du tout faire l’amour pendant longtemps peut être un symptôme de malaise sans nul doute, mais comparer ses prouesses sexuelles à une règle pré-établie et à ce qui est censé être une bonne mesure, c’est ce qu’on appelle dans le jargon « une belle connerie ».
Il y a une différence entre une relation platonique et avoir une baisse de libido, une différence entre plaisir jamais inassouvi et ne pas avoir de pulsions quotidiennes. Cessez donc d’en souffrir : la normalité, elle est là .
* Tante Irma est une référence à la série tv anglaise « The IT Crowd » où l’actrice principale raconte qu’elle surnomme ses règles Tante Irma.
posté le 20/03/2008 | 3218 vues | 11 commentaires | tags: libido specialsex A deux sexe
Le mieux Ă©tant de pratiquer l’anarchie du sexe: pas de rĂŞgle, pas d’obligation, pas de rythme etc etc…
Ca change un peu de lire un article comme celui ci en cette journée sexe!
ton article est très juste … perso, nous sortons d’une pĂ©riode difficile oĂą notre libido a pris un coup, de longues pĂ©riodes d’abstinence, du coup ces clichĂ©s de la normalitĂ© m’ont fait me poser beaucoup de questions. aujourd’hui cette pĂ©riode touche Ă sa fin, nous nous retrouvons doucement, et je me rends compte que ces gĂ©nĂ©ralitĂ©s sont cons, car mĂŞme si le sexe est important il est aussi important de voir que son couple marche sans le sexe !
Rien d’autre Ă dire que: merci pour cet article ! Ce n’est pas parce que l’amour ne passe pas obligatoirement par le sexe que ce n’est pas de l’amour. Ce n’est pas parce que Ă la tĂ©lĂ© ils disent “ça fait 2 semaines qu’on a pas fait l’amour, notre couple bat de l’aile” (si si) que c’est une critère Ă tout Ă©preuve. Chacun est diffĂ©rent, chacun est amoureux diffĂ©remment, et c’est dommage que cette sociĂ©tĂ© du sexe libĂ©rĂ© mette la pression Ă certains…
waah, cet article fait du bien.
en revanche, super dur d’expliquer aux copines volages pourquoi, au bout de deux ans avec la mĂŞme personne, la libido, c’est plus ce que c’Ă©tait pendant les deux premiers mois.
ben ouais.
chaque chose en son temps, Ă mon avis.
Effectivement, ça fait du bien de lire un tel article, d’ailleurs j’aurais aimĂ© ĂŞtre capable de l’Ă©crire.
Merci Elixie.
Bravo, bravo. Je te rejoins Ă fond !
Par contre, le coup des stats est peut-ĂŞtre vrai !: j’ai une amie (veinarde ?) pour qui la fĂŞte Ă Lulu c’est presque Ă chaque fois qu’elle croise son mec. Et dire qu’ils vivent ensemble… Je te laisse imaginer la suite.
J’ai mis le temps Ă lui faire comprendre qu’on a pas de compte Ă rendre sur nos frĂ©quences et que si je le sens pas (fatiguĂ©e, malade…) c’est aussi question de respect que de remettre Ă plus tard ! Il n’y a rien de pire que de cĂ©der sans envie : on se le fait reprocher dans tous les cas et motive pas particulièrement pour la fois suivante…
Et d’autres fois l’appĂ©tit vient en mangeant !
On ne peut pas faire de généralités sur le sexe et la relation amoureuse, ils sont aussi particuliers que les deux êtres qui les composent ensemble.
(va faire comprendre çà à un homme en rut :p )
Super article, merci beaucoup.
Je vais vous raconter ma vie sexuelle qui va sûrement vous passionner:
Au dĂ©but, on se sautait dessus tous les soirs et on remettait mĂŞme parfois le couvert…après sept ans de vie commune et d’amour partagĂ©, on se dit de plus en plus souvent “bonne nuit” et…rideau! Quand au deuxième service…niet.
“Mon Dieu, me disais-je, je me refroidis, je ne le dĂ©sire plus, je suis vieille, bla bla bla…” et voilĂ qu’un jour, je me plante dans ma pilule, paniquĂ©e je consulte les forums santĂ© sur le net et je lis par hasard dans plusieurs commentaires que MA pilule, que je prends les yeux fermĂ©s depuis donc en peu moins de 7 ans, Ă©tait responsable de chute de libido.
Quand je pense Ă toutes ces nuits oĂą je me tournais le sang pour savoir pourquoi merde je ne voulais pas faire l’amour avec le mec que j’aimais, Ă toutes ces autres nuits oĂą je devais le convaincre que oui je l’aimais mais que non ce soir non plus j’avais pas envie de lui…
Bref, tout ça pour dire que ne pas vouloir faire l’amour c’est peut-ĂŞtre pas de notre faute. Et que de ne pas le faire, c’est pas si grave, ça n’empĂŞche pas de construire un couple solide. MĂŞme si on s’Ă©loigne de la fille torride qu’on nous montre en modèle.
Sur ce, je file au lit, le devoir m’appelle :p
Salut Elixie! quel bonheur de te lire!! rassure-toi, je ne suis pas attirĂ©e par les filles et ce n’est pas une dĂ©claration d’amour ;-)… c’est juste qu’en ce moment c’Ă©tait tellement la grosse dĂ©prime que j’ai postĂ© un post ce matin mĂŞme sur mon angoisse de voir diminuer le nombre de nos Ă©bats amoureux Ă mon chĂ©ri et Ă moi, et une copine qui m’a lue m’a redirigĂ©e vers ton article…et ça a bien regonflĂ© mon moral…ça, et aussi la partie de jambes en l’air qu’on s’est faite Ă midi avec “chĂ©ri” ;-)…
merci beaucoup Ă ton article, tes stats de cop’s et les comm’ laissĂ©s…
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merci Elixie, vraiment…je suis hĂ©tĂ©ro, jamais eu de problèmes ou traumatismes particuliers niveau sexualitĂ©, je vis avec mon copain depuis 10 ans et on est toujours aussi bien ensemble mais tout ne tourne autour de ça, c’est la vraie vie, avec sa fatigue, ses rigolades, sa tendresse…pas besoin de se la jouer hystĂ©rique pour ĂŞtre bien!
en plus je n’ai absolument rien contre la journĂ©e sexe “ladies room” mais ça fait du bien de voir un article comme le tien qui fait un peu sortir de toutes ces “confessions intimes” et qui parle juste du quotidien!