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C’est (parfois) l’homme qui fait la mère

Et la mère qui fait l’homme, aussi, c’est vrai, mais là n’est pas le sujet.

Je voulais coucher sur le papier quelque chose que je n’aurai certainement plus de plaisir à lire dans quelques années.
Vous avez remarqué comme les écrits d’il y a quelques temps sont difficiles à relire? Non? Ben pour moi, oui. Comme m’entendre sur une bande enregistrée d’ailleurs, ça me retourne immédiatement… Une histoire d’Etre probablement… Note pour plus tard : écrire sur Etre.

Donc… L’homme qui fait la mère.
Enfin.. Bon soyons claire, je n’ai jamais voulu d’enfant. Je n’ai jamais baby-sitté, les enfants ne m’ont jamais attirés. Les nourrissons seuls attirent mon attention, je dois dire que leur fragilité et leur impuissance me font éprouver un subtil mélange de désirs sadiques et de tendresse. Pour tout dire, ils me paraissent mignons, mais ils m’effrayent carrément. Pour tout dire, ils me le rendent bien : chaque fois que je m’approche, ils hurlent.
En plus, j’ai un problème avec les mères, je ne sais jamais comment me placer. Si j’en dit trop, elles vont me prendre pour une madame je-sais-tout et si j’en dit juste assez, je tombe dans une mièvrerie que je me refuse à effleurer. Donc, je ne dis rien. Du coup, je suis pas une super bonne copine pour mes amies les mères.

Bon, tout ça pour dire que j’ai toujours proclamé que je ne voulais pas d’enfant. A 22 ans, j’ai fait une profonde dépression. En sortant la tête de l’eau, deux ans plus tard, j’ai commencé une thérapie qui m’a mené à m’interroger sur ce non désir. Et j’ai découvert des choses qui me laissent… perplexe.

Au nombre de celles-ci, on compte.

Je ne veux pas d’enfant n°1 : Il veut en fait dire,”je ne veux pas d’enfant comme ma mère”. Je ne veux pas d’enfant seule, pas d’enfant déprimée, pas d’enfant dans une situation financière difficile.
Je ne veux pas d’enfant n°2 : c’est une façon de dire “puisque la société veut absolument que je fasse des enfants et que j’ai une tête de cochon, je vais faire pile le contraire”.
Je ne veux pas d’enfant n°3 : ça veut dire que je ne veux pas d’enfant comme on l’attend de moi. Je veux une carrière, je ne veux pas m’enfuir de mon bureau à 16h30 pour “être à l’heure pour la crèche”, je ne veux pas renoncer à ma vie, je ne veux pas d’une excroissance qui me sollicite tout le temps.
Je ne veux pas d’enfant n°4 : c’est le synonyme de “je ne veux pas d’enfant avec l’homme avec lequel je suis pour l’instant”.

Avec le temps, je me rends compte que toutes les choses que je veux éviter… Sont évitables.
J’ai rencontré, il y a quelque temps, quelqu’un de différent qui m’a donné l’occasion de construire une relation qui, tous les jours, correspond à 100% à ce que j’en attendais… Et mon “je ne veux pas d’enfant” n°4 a sauté. Ce même homme est ouvert à l’idée de s’occuper plus des enfants, voire à être homme au foyer, si on peut se le permettre. Et mon “je ne veux pas d’enfant” n°3 avait subitement une course à faire. Sur Mars. Cet homme, décidément il est dans tous les mauvais coups celui-là, me prouve tous les jours qu’on peut être une femme “difficile” et accompagnée. Et mon “je ne veux pas d’enfant” n°1 est allé se promener.
En fin de compte, mon “je ne veux pas d’enfant” n°2 se sent un peu seul.
Et je ne sais toujours pas si je veux des enfants. Je me rends compte que dans le fond, je n’ai jamais interrogé vraiment mon désir, trop occupée que j’étais à me défendre d’idées venues de l’extérieur. Mon désir à moi, celui qui est tapi derrière mon intestin, je ne le connais pas. Je ne l’ai jamais rencontré, j’ignore même son prénom.

Aujourd’hui, à 30 ans – 1 ans et demi, j’ai enfin fini le désherbage en gros de mon jardin intérieur. Et il me reste un an et demi pour tirer cette histoire au clair.

Je vous ai parlé de la dead-line de mes 30 ans? Non? Bon, ce sera pour une autre fois.

8 Responses to “C’est (parfois) l’homme qui fait la mère”

  • C’est bien que tu débroussailles ton “intérieur” et que tu ais trouvé un homme qui te donnes “l’envie” de faire un enfant avec lui. Le tout c’est que tu fasses un enfant si tu en as envie sans contrainte et qu’il soit vraiment désiré et non subi (ça me rappelle un article ;-)). Il va falloir que tu nous parles de ta dead-line. Enfin, tant que tu y vois clair c’est parfait.

  • Beau si beau très beau….moi ça a été très tot plutot “je ne veux pas ne pas avoir d’enfants”…pour d’autres raisons…mais tout aussi bonnes

  • n° 5 : à travers ces enfants que je refuse, c’est moi que je refuse.

    Je suis complètement dans ton expérience de vie (jusqu’à la dépression, c’est pour te dire). Et les enfants, je ne veux pas. A une période, j’en suis arrivée à les avoir en horreur, ils me dégoûtaient, avec tout ce qu’ils symbolisent. Devenir parent et ne plus vivre que pour le petit enfant-roi qui crache sur ses géniteurs en adoration, aliéner son corps et sa vie, et ces mères qui deviennent les épouses de leur fils ! (métaphoriquement, j’entend) Tout ça me rendais malade.
    Je suis d’accord exactement avec tes 4 raisons.

    Et je rajoute cette 5ème : je transfère sur un potentiel enfant, la vision que j’ai de moi, et ça me débecte.

    Merci à un ami très sage qui m’a permit de voir ça, et de commencer à m’en débarasser. Pas dit que j’aurais des marmots pour autant.

    A lire : “NO Kids”

  • Purée, je suis étonnée par le nombre d’articles sur le thème d’avoir des enfants ou pas, c’est le nouvelle pensée de shakespeare ou quoi ? Kids or no kids that is the question ?
    Ou alors c’est une questions qui débarque après 25 ans ?
    Personnellement j’ai 22 ans, j’aime mon cheri, je kiffe mon neveu ma nièce et les enfants en général, mais je me demande pas si j’en veux ou pas; en fait, au fond de moi j’en sais rien, et je m’en fous…

    Tout ça pour dire que je crois qu’on se prend vachement la tête dessus, et qu’avant même de les avoir, les enfants qu’on a dans la tête nous parasitent un peu la vie !

  • ben réjouis toi de faire partie de ces bienheureuses qui peuvent ne pas se poser de question.
    Dis toi aussi que ce qui est simple pour toi ne l’est peut-être pas pour d’autre, au nom de la sainte diversité humaine.
    Pour le reste laisse moi te dire que le ton de ton commentaire me dérange.
    Trop “détendez vous du string les filles” à mon gout. Parce que si je pouvais me détendre, crois-moi, je le ferais. Alors la pensée de Shakespeare hein…

  • ça me fait beaucoup réfléchir, ton billet. La première chose que j’ai envie de te dire, c’est que tu as le doir de changer d’avis. Ensuite, quoique tu décides l’essentiel que est ce soit en fonction des bonnes raisons : ne pas pondre un môme pour faire comme les copines, ou bien t’interdire de devenir mère et te retrouver bourrelée de regrets à 40 ans…
    Ensuite la réponse est en toi : comme tu les montrers les raisons de tes réticences disparaissent d’elles-mêmes ; donc si tu ressens l’envie de devenir maman (une des plus belles choses qui puissent t’arriver, même si ce n’est là que mon humble avis…) ; vas-y.

    On va finir par des lieux communs mais bons à rappeler : la mère parfaite n’existe pas, et nous ne sommes pas condamnées à ressembler aux notres.

    Bonne chance pour la suite.

  • Et tiens, c’est quoi cette histoire avec tes 30 ans ? (oui, je suis curieuse ;-) )

  • @toutes > merci.
    @Madi> Il me donne surtout le loisir d’aller voir si effectivement j’ai bien un non-désir…
    @Ponine > au regard de ton histoire, je comprends ton humble avis. Et je te rejoindrai peut-être un jour là dessus d’ailleurs. Mais je ne dirai jamais “c’est la plus belle chose qui puisse t’arriver”. parce que c’est prétendre connaitre les aspirations de l’autre et l’avenir…
    J’espère juste que quoi que je choisisse, ce qui m’arrivera sera “la plus belle chose qui puisse m’arriver”.
    @ Madi et Ponine : vos voeux sont exaucés, la deadline des 30 ans est en ligne.

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