Lundi 17 mars, le TGI de Dijon a rejeté, sans trop de surprise, la demande d’euthanasie active formulée par
Chantal Sébire défigurée par sa tumeur incurable.
En d’autres termes, cette décision appuie la loi Leonetti, votée en 2005, qui permet aujourd’hui de “laisser mourir” un patient dans certaines conditions, mais n’autorise pas le suicide assisté.
Mais c’est surtout, à mes yeux, l’auto condamnation de l’Etat pour le non respect de la dignité humaine, de la non assistance à personne en danger et tout ça scandé par une mauvaise foi formelle.
Comment peut-on refuser le suicide assisté alors que c’est exactement ce que permet la loi ? La seule différence que je vois c’est que ce ne sera pas une institution, un tiers neutre qui tiendra la seringue mais le patient en question ou pire, sa famille qui le fera et seule, cachée, cachée et surtout seule dans la détresse.
Comment peut-on prôner à tout va le respect de la dignité humaine à travers des traités, lois et décrets quand après on se permet de traiter quelqu’un sans aucune dignité ? Il n’y a pour moi, aucun respect de l’Humanité et plus précisément de la vie humaine, quand on laisse assumer seule une personne d’une vie qui ne mérite plus ce nom.
Et a fortiori, en ne la traitant plus comme un être humain, en laissant ces « cas d’écoles juridiques » sur le bas côté et dans la détresse. Ce sont des classés sans suite !
Enfin, comment, dans une même institution, peut-on parfois prétendre à l’assistance à personne en danger alors que cette dernière ne le fait pas ? et pire, elle se rend coupable de la souffrance d’autrui.
Effectivement au lieu d’assister des personne dans leurs souffrances comme des enfants face à l’éventuel suicide de leur mère (puisque c’est le seul choix donné par nos chères institutions). Et pire comment laisser une mère endosser la mort de son fils en 2003 ?
Face à ça, L’Etat préfère se déresponsabiliser et laisser la lourde charge d’un suicide peser sur la famille qui en sortira forcément détruite. C’est criminel.
Tout ce que je retiens d’une telle décision c’est surtout de « laisser mourir » quelqu’un sans aucune dignité ni humanité. C’est rejeter, se déresponsabiliser du destin en laissant de côté des personnes qui demandent le droit de vivre leurs dernières heures de façon juste humaine.
Je condamne la loi de l’hypocrisie. Je condamne la Loi qui se permet de faire des plaidoyers en faveur de la vie tout en ne respectant pas une des ses bases : le respect de la dignité humaine.
posté le 18/03/2008 | 1473 vues | 29 commentaires | tags: Chantal Sébire euthanasie juridique débat politique râleuse
Je suis tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne l’Etat c’est de l’hypocrisie.
Je n’ai pas d’avis trancher sur l’euthanasie (chaque cas est différent) mais je trouve que donner la mort à un être humain c’est quelque chose d’horrible à faire quand même, il faut être fort psychologiquement.
Miss Lili, cette dame est peut-être catholique et si je ne me trompe pas, le suicide ne permet pas l’accès au Paradis. Donc d’accord qu’elle pourra toujours se suicider sans l’accord de l’état, mais il vaudrait mieux pour elle qu’elle soit médicalement assistée.
@ miss lili : même si je comprend ton raisonnement. J’ai du mal avec e fait de dire “a la possibilité de commettre un vrai suicide”. Je trouve ça très dur de laisser quelqu’un le devoir de se tuer, je trouve que c’estcomme légaliser quelque part le fait de tuer quelqu’un. Puisque la personne qui demande l’euthanasie est une personne qui demande de tuer cette personne qu’elle est devenue et qui ne lui correspond plus…. Enfin ce qui me choque le plus c’est le fait de laisser une famille, une personne dans cette détresse.
@ madi94: c’est bien parce que ça entraîne une force psychologique intense, qu’il faut à mon sens demander à un tiers, en l’espèce, l’Etat endosser cette charge psychologique au lieu que ce soit le patient et la famille.
Barb, tout comme toi, je suis pour l’euthanasie dans un cadre strict et restrictif (ce qui n’est pas la même chose). Je suis également choquée par le fait qu’après la très médiatique affaire Imbert le débat ne fut finalement que d’opinion (la presse, nous) et non public et politique, avec une décision finale qui n’a pas de vraie portée juridique pour d’autres cas similaires.
Cependant, je ne pense pas que l’on puisse légiférer sur l’émotion provoquée par le drame que vit au jour le jour cette dame et dont les chaînes TV et autres relais medias nous rebattent les oreilles depuis plus d’un mois. Je m’explique en synthétisant du mieux que je peux.
Si je prends l’exemple de la peine de mort, quand vous voyez un pédophile ou un tueur d’enfant comparaître vous n’avez qu’une envie, qu’il crève. Ca, c’est l’émotion.
Par contre, si j’étudie un peu mieux la question, et à l’éclairage de nombreux arguments philosophiques, religieux, politiques… (je ne vais pas refaire le débat), la conclusion revient à dire “Non, le crime commis est odieux mais il n’est pas possible de commettre à mon tour un crime”. Ca, c’est la raison.
Pour conclure, je dirai donc qu’il faut arrêter l’hypocrisie et mettre sur la table de nos juristes, députés et autres sénateurs la question de l’euthanasie pour qu’enfin la France se prononce dans un cadre raisonné et que la problématique ne se pose plus.
Après, tout un chacun devra prendre sa décision que cela soit légal ou illégal. Rien n’empêche réellement d’enfeindre la loi, n’est-ce pas ?
@Miss lili : je crois que la démarche de la dame consistait à mettre à l’abris sa famille, ses proches et tout les gens qui s’occupent d’elle de toute poursuite judiciaire et de tout dommage psychologique. Je ne trouve pas cela illogique.
Otary> Même si je comprends qu’elle se trouve devant un choix difficile/impossible ( sa conviction religieuse ou sa vie), je crois néanmoins que ce n’est pas à l’état de régler ça… C’est dur, mais j’essaye de raisonner avec mon cerveau. La loi est censée gérer des cas généraux et il ne peut pas arriver qu’une loi soit prise, ou bafouée, contestée pour un seul cas particulier.
J’ai l’air d’un monstre, je sais, mais je persiste à croire que ce n’est pas le travail de la loi de permettre à cette femme de se suicider au motif que sans ça ses convictions religieuses l’empêchent de décéder sereinement… Et ce n’est pas le travail de la loi depuis que l’Église et l’État ont été séparés.
Barb> On est d’accord, c’est difficile le suicide. Mais mourir, c’est difficile. La vie est ainsi faite : on ne choisit ni son arrivée, ni son départ…malheureusement, ou heureusement, ça dépend des cas. Les proches souffrent toujours et je ne sais pas si il est des souffrances tellement différentes, selon qu’il s’agisse d’un suicide ou d’un accident.
Légaliser l’euthanasie, c’est légaliser le meurtre, dans certaines conditions, il ne faut pas perdre ça de vue. Même si je pense qu’il FAUT légaliser et régir au sujet de cette mort assistée, je pense néanmoins que la décision de Justice en ce qui concerne cette dame est juste : elle n’entre pas dans le cadre de la loi. Que la loi soit mal faite, c’est possible, et c’est discutable, mais pas par une Cour de Justice.
Bien sur que c’est humainement difficile de laisser quelqu’un dans sa souffrance, mais c’est notre condition d’humain. Si nous voulons et avons la possibilité d’agir notre mort, nous devons en porter la responsabilité. La loi, à l’heure actuelle, permet de faire porter la responsabilité de la mort sur d’autres gens que le défunt dans le cas UNIQUE où le malade ne peut poser, lui-même, les actes menant à son décès. On est d’accord, la loi, telle qu’elle existe, est hypocrite, parce qu’elle fait mourir de faim ceux qui n’ont plus la force de se nourrir par eux-même.
La véritable euthanasie n’est pas un suicide assisté.
Ce que demande cette dame, c’est un droit qu’elle a déjà : elle peut choisir l’heure et le moyen de sa mort.
Britbrit> Il est clair qu’en cas de suicide, la famille passe par un moment pénible avant d’être laissée tranquille par les autorités et entamer leur travail de deuil.
Le dommage psychologique réside dans la perte en elle-même… On ne peut pas empêcher un enfant de souffrir de la mort de sa mère.
Je comprends sa préoccupation première : faire en sorte que son décès arrive dans des conditions de douleur minimale, pour elle et pour ses proches. Mais il faut bien admettre ( en tout cas moi j’admets) que c’est une utopie. C’est beau mais c’est perdu d’avance. parce que ce qu’elle s’apprête à faire, comme chacun d’entre nous, à notre heure, c’est le lot de tout être humain : décéder en laissant des gens derrière soi. Et ça fait mal.
En tant que fille d’une mère, je souffrirai de son décès. Je souffrirai p-e moins de savoir qu’elle a choisi son heure… mais je ne suis pas un exemple et chacun fait comme il veut. Et comme il peut. Surtout dans les moments difficiles.
Je serai plus moderé dans les propos.
Si je concois qu’il y ai un vide au niveau des solutions proposer au malade, il ne s’agit pas non plus de dire oui a tout le monde. Et qui doit injecter la dose lethal ? sa famille, les medecins (pour lequels cela va a l’encontre de leur serment), un “bourreau”.
Quel en serait les critères ? Maladie incurable mais cela n’est pas suffisant, quel autres critères ?
Comment faire pour pas que cela deviennent un evenement quelconque. Il y a plein de questions mais sans cadre strict le fait de dire non ne me parait pas illogique :/
Pour finir je dirai que je suis choquer quand on me parle de non assistances a personnes en danger, ca fait tres journaliste a match comme expression des phrases choc dans ce genre ne permette pas de faire avancer le débat car on commence par y verser de l’affectif, de l’emotionnel.
L’Etat a déjà statué sur le droit de vie ou de mort de chaque individu : en légalisant l’avortement qui, rappelons-le, va également à l’encontre du serment d’Hippocrate et que de nombreux médecins pratiquent cependant…
Et pour se suicider dignement, encore faut-il maîtriser l’art subtil de l’empoisonnement et pouvoir se procurer les doses létales des médicaments nécessaires…
Et puis il y a également le problème des assurances-vie : qui nous dit que les proches du suicidé pourront en bénéficier ?
Tant que le suicide assisté ne sera pas légalisé, on se heurtera à toutes ces questions et à bien plus encore.
En Suisse, l’aide au suicide n’est pas punissable, si le mobile en est égoïste. Donc toutes les personnes peuvent maîtriser la fin de leur vie et peuvent recourir au suicide assisté (ou pas). Par contre l’euthanasie active n’est pas permise (bien que dans certains car c’est la seule solution).
On a une association qui s’occupe de cela: EXIT. http://www.exit-geneve.ch/
C’est vrai que c’est un débat qui n’est pas facile, car il y a beaucoup de tabou autour de cela, même en Suisse où cela est permis.
Rappelons également que le suicide assisté est légal aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et en Oregon (!).
On peut préciser qu’en Belgique, l’euthanasie ET le suicide médicalement assisté ont été légiféré… Mais que la loi belge présente des éceuils : quid des gens dans un coma profond subit, dont on sait qu’ils ne récupéreront pas, et qui n’ont pas eu le temps d’écrire leurs volontés à ce propos et dont la famille demande l’arrêt des souffrances?
bref, même ici, le débat est vaste et loin d’etre fini.
Hello Barb,
Sur le fond, pour faire court, je serai plutôt d’accord avec toi.
Mais je suis choquée par le titre et le chapô de ton papier. “Poussée au suicide”. Non, c’est ce qu’elle réclamait.
“Défigurée par une tumeur”. J’ai cru entendre Boutin. Oui, elle est défigurée. Mais comme elle l’a elle-même dit et répété, ce n’est pas cela son souci, c’est la *douleur* que rien n’arrive à faire taire.
BàB
une petite pensée pour cette femme, Chantal Sébire, qui a vu ses souffrances cesser aujourd’hui…
Oui, je viens de le lire sur le Monde.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/19/chantal-sebire-est-morte_1025235_3224.html#ens_id=1022062
je viens de le lire aussi, les circonstances de sa mort sont encore inconnue, pourvu qu’il ne demande pas d’audopsie…
Qu’on la laisse tranquille à présent! Logiquement, si la famille ne veut pas, il ne devrait pas y en avoir…
je suis bien d’accord, qu’un membre de sa famille se retrouve sous le coup d’une accusation et ce serait un drame, encore pour rien.
Normalement, dans le cas d’une mort suspecte, il y a autopsie avec ou sans accord de la famille (enfin je crois…)
on va en entendre encore parler… comme Madame Humbert qui a répondu à la demande de son fils, il y a de cela quelques années.
en esperant que ca va les pousser à changer la loi,
tu peux pas convoquer la famille des victimes dans un tribunal pour qu’un jury ne les condamne pas (comme la maman de vincent Humbert) sans te dire qu’il faut revoir les conditions de fin de vie des malades.
Hélas, ils ne changeront pas la loi, Sarko a été élu par les orthodoxes catho and co, et il suffit de se souvenir des propos de Rachida Dati (Google est ton ami) samedi dernier, je crois. Ou vendredi…
Et il feront une autopsie, une enquête a déjà été diligentée.
Et comme depuis des dizaines d’années, des infirmières et des médecins compassionnels aideront, avec l’accord du malade, à sa demande, à mourir dignement.
Chantal Sébire qui était une femme intelligente et maniant le verbe a voulu faire bouger les choses, elle avait parfaitement les moyens (plusieurs médecins français étaient prêts à lui faire en toute discrétion l’injection létale, l’un d’entre eux l’a clairement déclaré) de mourir comme elle le souhaitait, mais en bonne citoyenne, elle souhaitait le faire légalement.
Hier, peu avant Madame Sébire, Hugo Claus, immense écrivain belge (en langue flamande) est mort par euthanasie, il avait 78 ans et Alzheimer. En Belgique, c’est légal.
j’espère que son combat et son courage ne sera pas oublié… Dans tous les cas cette femme aura eu le cran et le courage de mettre la l’Etat face à une question encore tabou et de faire avancer les choses.
Je trouve vraiment étrange que dans notre gouvernement on médiatise quelqu’un qui veuille avoir recours a l’euthanasie alors que dans des centres spécialisés dans le traitement des cancers, on a recours a une sorte d’euthanasie sur des patients en stade terminal…
La technique est simple: les médecins augmentent la dose de morphine pour éviter au patient de souffrir, et arrive un moment où la dose est tellement forte que c’est elle qui tue le patient.
Bien sûr, on en parle moins, c’est considéré comme beaucoup plus légal, mais je ne vois pas en quoi c’est beaucoup moins de l’euthanasie.
Ben c’est une euthanasie passive, pas une euthanasie active (par injection de curare par ex) ou un suicide assisté (on suicide la personne à sa place…). La nuance est mince mais elle existe…
Chantal Sébire a été retrouvée morte chez elle. Les conditions de sa mort ne sont pas encore connues.
Désolé Chantal que la société t’ai déçue jusqu’au bout, ça doit pas être facile de partir avec un refus pareil. Adulte, consensante, cas extrême, impossible d’avoir son souhait exaucé. Ce doit être très dur.
Sans le cas extrème (mais pas dans une moindre mesure puisque ça concerne beaucoup beaucoup de monde), je me sens solidaire et dans la même situation avec la weed: c’est légal dans les mêmes pays européens, en France ça pousse de partout mais on en parle pas -comme la morphine sus citée- et c’est toujours illégal. Comme l’euthanasie.
Faut qu’on change !!
Idem… Dès l’instant où la personne est saine d’esprit et prend la décision de mourrir dignement; je ne comprends pas en quoi l’Etat se mèle de notre choix de vie… ou de mort !
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Quand Ladies Room me laisse les clés Première journée de rédaction en chef pour Laurie et de beaux articles en perpective !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là, j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Erf… Sur le fond, nous sommes d’accord. Dans un état qui prône le droit à la vie digne, ce qui comprend une naissance et une mort dignes, c’est un peu l’hopital qui se fout de la charité. Surtout quand on pense que la naissance digne a été un peu ( pas complètement et de moins en moins mais soit) protégé par le droit à l’avortement. En effet, donner la possibilité aux enfants de naitre dans une famille qui les attend, n’est-ce pas tenter de leur donner les meilleures chances possibles de développer leurs potentialités et de vivre dignes?
Mais la mort, la mort… La mort, c’est autre chose. Oui, cette dame est condamnée à une mort indigne. Et encore, je ne sais pas si elle est vraiment condamnée à une mort indigne, sachant qu’elle a la possibilité de commettre un vrai suicide, cad une volonté avérée de mettre fin à ses jours avec toute la latitude physique d’y parvenir! Pour moi, le problème n’est pas dans le chef de cette dame, mais dans celui de ceux qui n’ont plus les moyens physiques de réaliser cette volonté! En effet, coinçé dans un corps inerte par un locked-in syndrom (pour ne citer que celui-là) mais l’esprit alerte, JAMAIS vous ne pourrez vous pendre ou prendre le coktail médicamenteux que vous VOULEZ avaler.
Cette décision est dramatique pour cette dame, j’en conviens, mais quelque chose me chiffonne…
Ce qui me chiffonne c’est précisément cette loi. Ce que la loi autorise, ce n’est pas le suicide assisté. La loi autorise rien de moins que le meurtre par non-assistance à la personne en danger. Parce que ne nous leurrons pas… Le suicide assisté, c’est arrêter de nourrir, d’hydrater une personne qui n’a pas la possibilité de le faire par elle-même. Oui, les gens qui ont droit au “suicide assisté” sont comme des plantes qui meurent dans un pot après vos vacances : elles meurent de faim. Ce qui, à mon sens, n’a rien d’un suicide…
Et c’est là que le bât blesse… Je me demande encore pourquoi cette dame a demandé l’autorisation à l’Etat de se suicider, puisque elle a, et qu’elle aura toujours vu les pronostics d’évolution de la maladie, la possibilité de le faire elle-même… ET que je sache, quand quelqu’un a décidé de mourir, loi ou pas loi, personne ne l’en empêche…
Maintenant, je suis entièrement d’accord avec la portée symbolique de son geste et avec l’indignité de la loi, telle qu’elle est à présent.