Vendredi 14 mars.
La plaignante: la France.
Les accusés: les instituteurs, l’école et les professeurs des écoles.
La France apprenait, horrifiée, que nos chers têtes (plus si )blondes étaient de plus en plus mauvais en orthographe. Les enseignants sont nuls, fainéants (26 heures par semaine, toujours en vacances) et surtout ils font n’importe quoi!!
Aujourd’hui, je me fais l’avocat du Diable et tente de défendre mes chers collègues accusés de mal faire leur travail.
Certes, tout n’est pas rose dans le monde de l’éducation nationale, et je suis la première a revendiqué des changements efficaces pour le bien des enfants (qui sont l’avenir de la France). Ces changements ne devront pas être un effet d’annonces faites à la va-vite pour faire plaisir aux français (suppressions des samedis) mais une véritable réflexion (hors clivage politique) avec de vrais professionnels de l’éducation, des chercheurs etc…
En revanche, ce qui est inadmissible est que l’on dise que les élèves sont moins doués alors qu’on compare deux publics totalement différents, que les contenus des programmes ne sont pas les mêmes et que le métier a évolué.
Arrêtons de comparer les torchons et les serviettes, et faisons un véritable bilan grâce aux évaluations nationales de 6ème faites sur ces 10 dernières années. Là , ce serait productif et, effectivement si nos élèves sont moins doués, il faudra se poser des questions sur la qualité de l’enseignement, celle de la formation des professeurs et sur la quantité et la diversité des notions à faire acquérir aux élèves.
posté le 14/03/2008 | 614 vues | 15 commentaires | tags: Jules ferry école enfant râleuse
Très très intéressant, merci pour cette info (avant on sélectionnait ceux qui étaient autorisés à passer l’examen!!!). Jusqu’à présent l’écrit n’était le moyen de sélection que de certains (les fautes d’orthographe pouvaient être camouflées… par les autres) : les dactylos et autres secrétaires, les “correcteurs”, les typographes, dans une moindre mesure les journalistes et les écrivains (puisque d’autres sont chargés de les “corriger”), et, bien entendu les professeurs. Quand Bourdieu dans “Ce que parler veut dire” dit “instrument de communication, la langue est aussi signe extérieur de richesse et un instrument du pouvoir”, c’est plus à la langue parlée qu’il se réfère, la “distinction” s’opère quand nous ouvrons la bouche… Or, de nos jours l’écrit des cadres sup (voir la discussion amorcée ici http://ladiesroom.fr/2008/03/14/la-relativite-de-limperatif/) est visible, car ils doivent écrire eux-mêmes leurs mails et rapports, bien sûr il existe des programmes informatiques pour corriger automatiquement, mais ce n’est pas fiable à 100%… Alors, on se soucie de leur proposer des “stages d’orthographe”, ça devient une préoccupation professionnelle, bientôt nous dirons une “cause nationale”… En effet, qui se souciait qu’un prolo ne sache pas écrire sans fautes ? on dit que ça se généralise, non! seulement comme ça devient VISIBLE que les plus favorisés, non plus, ne sont pas des champions de l’orthographe, on veut faire porter le chapeau aux profs, et surtout aux instits.
Petite remarque en passant… pour faire comprendre la difficulté de la profession d’instit : Bérénice, qu’elle me pardonne de prendre son comm’ en exemple, a copié-collé le mot “fainéants” et l’a recopié une ligne plus bas avec une erreur… ;-)))) ne disons rien des règles du futur, qui s’appliquent aussi au conditionnel (pour le verbe appeler)… La langue française est un cauchemar, avec “d” ou non ? ;-)))
Oui j’avais remarqué le “fénéant” déformation professionnelle. Je dois avouer que je fais beaucoup plus d’erreurs que quand j’étais petite, j’ai été détruite par le langage sms. Du coup, l’orthographe est moins instinctif.C’est ton article qui m’a donné envie d’écrire cela. Je pourrais en écrire des articles sur les professeurs des écoles et sur les projets de lois qui sont passés et dont le grand public n’a pas eu connaissance (car nous ne faisons grève que pour nos salaires!!).
Je dois t’avouer que je fais de l’orthographe tous les jours ainsi que du vocabulaire et je suis en milieu dit aisé. Mes élèves manquent cruellement de vocabulaire et si on ne connait pas le sens des mots, il est impossible de l’orthographier correctement.
Ma profession a été visée depuis longtemps car il faut bien rejeter la faute sur quelqu’un mais nous suivons les programmes de notre “chef”. De plus, “ils” ont fait de grandes réformes qui n’ont servi à rien par exemple pour la lecture globale: personne ne s’en servait comme les “journaleux” l’ont dit mais on travaillait également sur les unités syllabiques (lecture syllabique), on faisait cela car la lecture syllabique pure ne donne pas le sens (ex: p+a= pa p+a= pa ça ne donne pas papa mais pa pa ).
Il faudrait que Monsieur Darcos vienne voir une classe et suive un professeur pour voir “sa réalité” car le travail ne fait que commencer quand nous laissons nos élèves à 16h30.
Pardon, pour ce petit coup de gueule!!!
Mais je vous garantis que beaucoup d’enseignants (évidemment il y a des dissidents partout) essaient de donner la meilleur instruction possible aux élèves et qu’on se remet beaucoup en cause.
l’orthographe n’a rien de naturel, je passe beaucoup de temps à vérifier dans le dicco (les doubles consonnes… par exemple), j’y suis obligée, vu que j’enseigne le français aux étrangers… et bien sûr qu’on en fait tous des erreurs, le soin apporté à l’écrit est comme un artisanat, on peaufine ses mots, ses phrases. Bravo à vous, les profs des écoles !
C’est clair que l’orthographe ce n’est pas naturel du tout en plus parfois il y a des “petites aberrations”. Il y a toujours une règle et ses exceptions.
Merci au nom de tous mes collègues!! (enfin ceux qui bossent, plus qu’on ne le croit).
Bon j’avoue que je ne porte pas le milieu enseignant dans mon coeur. Dans toute ma scolarité, je peux compter sur les doigts d’une main les profs qui m’ont donné envie d’apprendre. En revanche, je ne pense pas que les élèves soient plus débiles qu’avant, et je ne crois pas non plus que les enseignants soient les seuls responsables d’une éventuelle baisse de niveau. Je crois que les parents ont un grand rôle à jouer dans la scolarité de leur enfant donc arrêtons de taper sytématiquement sur les profs. Les miens ont joué un grand rôle.
Je vais faire ma relou juste sur un truc, c’est à propos du nombre d’heures de travail par semaine Quand je vois certains de mes potes profs au collège qui trouvent le moyen de se plaindre alors que mis pour à bout, ils font 30heures maximum par semaine (cours, préparation des cours et correction des copies) avec un nombre incalculable de semaines de vacances, j’avoue que ça a une petite tendance à me crisper. Je bosse bien au-delà des 50 heures par semaine avec 5 semaines de congés (à prendre quand c’est possible) et pas de RTT. C’est un choix que j’assume bien volontiers. Mais faut pas venir me chauffer avec des “je suis fatigué, j’en peux plus de mes élèves” et autres “vivement les prochaines vacances”. J’ai même eu le droit à un “attends, tu te rends pas compte de la chance que t’as, moi je suis obligé de partir pendant les vacances scolaires, ça coûte vachement plus cher”. Là je me suis vu frapper…mais je me suis retenue :)
Comme on ne connais pas la réalité de chaque métier, on ne peut pas critiquer mais quand je me prends un tu fais un métier de fainéants ça me saoûle réellement. Oui j’ai beaucoup de vacances, certes mais au bout de 7 semaines les gosses n’en peuvent plus et nous n’ont plus. Et puis les profs de collège et les professeurs des écoles ce n’est pas la même. Un prof (des écoles) qui travaille ne fais pas que 30 heures parce qu’il doit avoir assurer niveau paperasses (ce qui n’est pas le cas pour le prof), il doit préparer 9 matières différentes, il doit tenir compte des difficultés de ces élèves… Chaque métier sa réalité mais si je n’avais pas mes vacances pour me reposer et pour travailler, on n’est jamais tranquille, je finirais à la Verrière rapidement (institut hospitalier pour les prof). Ok, il y a des planqués mais ça se ne sont pas des profs dignes de ce nom. Et oui je suis bien payée mais j’achète des feuilles pour faire des photocopies, des livres à 50 euros le livre et des tas de choses. Donc chacun son métier chacun sa m….. chacun ses choix mais Personne n’est bien placée pour critiquer un métier quel qu’il soit.
PS: ce n’est pas contre toi des prismes…. mais entendre ce genre de foutaises venant de prof eux même ça m’énerve profondément et ça ne sert pas à notre métier déjà mal vu!!!
Je ne critique pas le métier en lui-même, je dis juste que les “je suis fatigué” ça me fait doucement rire. D’autant que même si je n’ai pas été instit, j’ai été prof pendant mes études donc je sais que c’est prenant et que ça demande beaucoup d’attention mais faut pas déconner quand même, y’a moults métiers bien plus usants que instit ou prof.
Etre prof à la base, c’est quand même un sacerdoce et pas une contrainte.
Et je crois que c’est faux quand tu dis qu’on ne peut pas critiquer les métiers qu’on ne fait pas, parce qu’à la base, des profs, j’en ai fréquenté tout au long de ma scolarité, je me sentirai pas par contre de critiquer les pompiers par exemple, parce que là effectivement je masterise moins.
Mes j’approuve quand tu dis que de la mauvaise image des instits et des profs est de leur propre fait. Et peut être que c’est ma propre expérience qui me fait tenir ces propos. Peut être.
Malheureusement c’est les pommes pourries qui dominent. Pour ma part, je sais ce que je vaux et je sais ce que valent beaucoup de mes collègues. Je vais cesser de me battre contre les gens de toute façon ça ne sert à rien entre ce qu’ils voient et ce qu’ils croient savoir. Leur idée est déjà faite.
J’ai également eu des bons et des mauvais prof et je sais que j’ai des collègues fumistes qui sont entrés dans le métier pour se planquer et qui ont une chance insolente en ne foutant rien et lorsqu’ils se font inspectés ça passe!!! Enfin bref.
Hello!
Evidemment, je ne suis pas française mais en belgique, on fait le même constat : les enfants n’arrivent plus à écrire. Et ça ne m’étonne pas : les profs non plus.
Je ne peux retenir ton argument selon lequel un enseignant de primaire doit enseigner plusieurs matières, polyvalence qui expliquerait ses lacunes dans certaines matières… parce que c’était déjà le cas quand j’étais petite. J’avais un seul enseignant toute la semaine qui se farcissait géo, math, français, sciences, morale, etc etc. La seule chose qu’il n’enseignait pas était l’éducation physique. Et pourtant, mon institutrice, en primaire ne faisait aucune faute. Du moins pas au tableau, ni dans mes cahiers. Et, sans être dans une école élitiste, on savait tous lire en fin de primaire. Certains s’orientaient après vers une filière plus professionnelle, et il est clair qu’on pouvait déjà voir ceux qui allaient tenter une carrière académique et ceux qui prendraient un autre chemin, mais nous savions tous lire.
Là où je te rejoins par contre, c’est qu’effectivement, les enseignants sont ( comme beaucoup d’autres professions d’ailleurs) les “jouets” de leur pouvoir organisateur, qui décide des programmes à appliquer et peu importe si la méthode est moins efficace. Comme partout, ceux qui décident du programme ne sont pas forcément les mieux informés des besoins!
Il est vrai aussi, qu’un changement d’attitude des parents, un changement d’attente alourdit la tâche des enseignants.
Mais là où je ne suis pas d’accord non plus, c’est sur la question des heures de travail et des congés. Une de tes collègues française, professeur en primaire m’a dit travailler deux heures par jour de plus que les cours qu’elle donne, et ce en début de carrière. Il n’y a rien à faire, même en comptant les deux heures de plus, on arrive pas à un horaire surchargé. Alors évidemment, le métier de prof est fatiguant, comme tous les métiers où on doit “traiter” l’humain : infirmier, assistant sociale, psychologue. Mais est-ce une fatigue plus grande qu’une caissière de carrefour? Je m’interroge encore. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’une caissière de Carrefour n’a que 4 à 5 semaines de congés par an, et qu’il lui arrive de commencer à 6h00 et de terminer à 22h00.
Alors moi aussi, la fatigue des profs… Même si je comprends. Moi aussi, je bosse avec des humains, et des humains pas faciles. Et moi aussi, je fais partie des “fainéants” de fonctionnaires qui ont plein de vacances. Mais moi, je l’ouvre pas à ce sujet. Non que je “cache” les avantages que j’ai, mais que j’estime que ce que j’ai est juste et ne mérite ni plainte, ni encensement. Et je dois dire qu’on ne me fait JAMAIS de remarques sur mes horaires ou mes vacances, avec l’attitude que j’adopte.( et pourtant, avec mon horaire à la carte et mes bientôt 52 jours de congés par an, sincèrement, il y a de quoi me haïr…).
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“Les enseignants sont nuls, fainéants (26 heures par jour, toujours en vacances)”
Avouons qu’à 26h par jour on ne les appelerait plus fénéants ;-)