J’ai lu voici quelque temps cet article de Philiberte sur la supercherie, la mythomanie, ou la fantaisie… qui a guidĂ© Misha Defonseca Ă Ă©crire son livre (adaptĂ© rĂ©cemment au cinĂ©ma) Survivre avec les loups… Depuis, la question ne cessait de me trotter dans l’esprit… sans rĂ©ponse venue Ă sa rescousse.Â
Or, hier je suis retombĂ©e, par hasard, sur cette histoire, dĂ©jĂ vieille de 3 ans, de celui qu’on avait surnommé “Piano man”. Vous vous souvenez ? Ce jeune homme blond, mystĂ©rieux, Ă©chouĂ© sur une plage britannique, muet, hagard, ne pouvant s’exprimer qu’au moyen d’un piano… Son visage, sa silhouette, son mystère, romantique Ă souhait, avaient fait le tour de la terre… avant que tout, soudain, ne retombe comme un soufflĂ©. Après quatre mois de battage mĂ©diatique, il a finalement parlĂ© : il avait 20 ans, Ă©tait allemand, avait voulu se suicider dans la mer, par dĂ©pit amoureux, et quand les policiers l’avaient repĂŞchĂ© vivant, c’est spontanĂ©ment, sans calcul, que tout lui Ă©tait venu… Le mutisme, le jeu avec ses infirmiers, lui-mĂŞme ayant travaillĂ© avec des malades mentaux, la communication grâce au piano, lui, assez piètre musicien, il s’Ă©tait laissĂ© porter…
Pour moi, ces deux histoires n’en font qu’une au bout du compte.
Le traumatisme. Celui de Misha, dont les parents furent dĂ©portĂ©s, dont la vie pendant la guerre fut terrible souffrance, lutte contre l’atrocitĂ©. Celui du jeune “pianiste” allemand, vivant l’une des pires douleurs de l’âme qui soit, celle du mal d’amour. Les deux ont trouvĂ© le mĂŞme baume : la fiction; transformer la rĂ©alitĂ©, la sublimer, s’enfuir, s’enfouir dans un monde protecteur, celui des loups, celui du silence, celui de la musique. En fuyant le monde des hommes.Â
Le scandale. Des deux cĂ´tĂ©s l’emballement mĂ©diatique, l’Ă©motion, les sous gĂ©nĂ©rĂ©s (pour les tĂ©lĂ©visions, la presse, les mĂ©dias…), la projection du public, le besoin de rĂŞver, de croire, d’espĂ©rer… et, tout d’un coup, avec le dĂ©nouement, le dĂ©voilement… soudain, la dĂ©ception, la colère, le lynchage… On en veut Ă ceux qui nous ont fait rĂŞver, quand on dĂ©couvre qu’ils n’Ă©taient pas plus merveilleux que nous. Qu’ils n’Ă©taient pas des princes, pas des princesses au bois dormant… Non, ils n’Ă©taient que nous.Â
On leur en veut terriblement. Pour lui, c’est l’hĂ´pital qui demande des dommages-intĂ©rĂŞts. Pour elle, c’est le dĂ©chaĂ®nement de passions parfois extrĂ©mistes (on parle de shoah, de notre monde dĂ©voyĂ©, de valeurs dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es, de journalistes miteux…).Â
Je vous en conjure toi Misha, toi “Piano man”, continuez Ă rĂŞver… Ă nous ouvrir les portes d’un monde magnifiĂ©. Continuez Ă Â SURVIVRE AVEC LES LOUPS.
posté le 12/03/2008 | 317 vues | aucun commentaire | tags: Survivre avec les loups; "piano man"; mythomanie;fictio
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