Alors Ă©videmment, j’Ă©tais partie pour ne pas aller voir ce film. Je sais, je suis extrĂŞmement prĂ©visible. J’habite aux Etats-Unis, Ă Atlanta. Ici, trop de battage mediatique MTVesque infernal, trop de trailer Ă la tĂ©lĂ©, trop le film gniangnian teenage du midwest trop cool trop cruche. Et aussi cette facheuse grande tendance du cinema amĂ©ricain Ă faire passer n’importe quelle production indĂ©pendante pour un chef-d’oeuvre, selon l’unique critère que justement, c’est indĂ©pendant.
A ce niveau-lĂ c’est de la charitĂ©, le regard compatissant que lance Hollywood du haut de sa colline sur ces pauvres rĂ©alisateurs indie. Et puis, en le regardant de près (mais en faisant mine de ne pas y toucher comme une sale hypocrite), ce fameux trailer, j’y vois Dwight Schrute de The Office, dont je suis notablement fan, dans un personnage autre que celui du geek fan de jeu de rĂ´le, ce qui est Ă©galement non nĂ©gligeable.
Et puis Elixie m’en a dit du bien et elle est mĂŞme allĂ©e le voir au moins 3 fois. Et puis on y voit aussi Ellen page, une gamine bizarre Ă la voix grave, qui m’avait subjuguĂ©e et mĂŞme scotchĂ©e jusqu’Ă la fascination dans Hard Candy, avec son jeu psychologique de tarĂ©e, Ă seulement 14 ans.
Donc finalement hier soir, ni une ni deux, ok je retourne ma veste (mais la doublure est jolie et je ne suis pas la seule Ă le faire en ce bas monde a ce qu’il semblerait), hop, c’est parti, let’s go Juno.
Pour ceux qui ne l’ont pas vu, le pitch, en deux mots : une gamine, en dernière annĂ©e de High school, tombe enceinte et dĂ©cide de garder l’enfant, qu’elle va donner Ă sa naissance Ă un couple aisĂ© mais infertile.
Banlieue pavillonnaire qui pourrait ĂŞtre n’importe oĂą, casiers en alu Ă l’Ă©cole, famille recomposĂ©e et van Toyota, meilleure copine, soirĂ©es au tĂ©lĂ©phone et malls le week end, l’atmosphère smells like teen spirit. Mais Juno (Ellen Page) a une culture Ă©tonnante pour son âge : elle vĂ©nère Dario Argento, les Cramps, Sonic Youth et the Carpenters. Elle est un peu la weirdo Ă l’ecole, toujours Ă contre-courant dans les couloirs. Elle a aussi un humour dĂ©vastateur et balance sans rigoler des phrases comme “You know I am a legend : they call me the cautionary whale”(on peut voir certaines de ses reparties sur le myspace du film).
Chaque personnage, de la copine gĂ©rontophile Ă la belle mère qui fait du scrapbooking entre ses bibelots made in china (mais dĂ©fonce la technicienne obstĂ©trique Ă l’hĂ´pital avec des rĂ©parties cinglantes), en passant par le petit copain geek et imberbe, tout le monde possède un twist cynique qui dĂ©tone.
Et le film, qui pourrait ĂŞtre un portrait Ă noeud noeud de la jeunesse amĂ©ricaine, est plutĂ´t substantiellement du genre anticonformiste : la gamine est enceinte, ce qui veut dire qu’elle a couchĂ© AVANT le mariage, et oui, ca devrait etre MAL, TRES MAL, Mr le President W n’est pas du tout d’accord, il fait paraĂ®tre des pubs anti-grossesse adolescente dans les magazines feminins avec des berceaux vides sur fond noir, ET POURTANT, tout le monde trouve ça normal. Ça dĂ©jĂ j’aime bien.
Et puis le tout est servi par une BO sympathique (Belle and Sebastian, The Kinks, Superstar de Sonic Youth, Kimya Dawson, The Moldy Peaches..) et des dialogues bien trop fins pour l’âge des personnages. Mais ils sont de Diablo Cody, cette journaliste carrĂ©ment power girl qui dĂ©cida de vivre pendant un an la vie d’une stripteaseuse dans une boite de Minneapolis.
Elle en a d’ailleurs tirĂ© un blog, The Pussy Ranch et un livre, Candy Girl: A Year in The Life of an Unlikely Stripper.
Bref, que du puritain comme W aime bien ! En plus, je l’aime bien cette fille et elle est fan de Steve Buscemi. Comment ça je m’Ă©gare ? Je m’excuse et remercie les 2 lecteurs qui ont rĂ©sistĂ©s Ă l’appel de la croix en haut Ă droite (ou Ă gauche pour les Mac users comme Yours Truly) et sont parvenus Ă ce point du post, comme d’habitude beaucoup trop long. Pour ceux qui ont dĂ©jĂ vu le film, je voudrai revenir sur un Ă©lĂ©ment des plus cools, kitsch, mais trop mignon: le Hamburger Phone qu’utilise Juno. Cet objet ridiculement adorable est en passe de devenir une nouvelle icone de la pop culture:
Depuis la sortie du film, le tĂ©lĂ©phone en plastique s’arrache sur ebay et on peut mĂŞme le trouver ici. Il est emblĂ©matique du film et de Juno elle-mĂŞme, drĂ´le, mignonne et complètement imprĂ©visible… DĂ©cidement ce film est, comme dirait Juno , “the cheese on my macaroni”.
posté le 12/03/2008 | 886 vues | 9 commentaires | tags: cinema Americain W Juno
Meme avis que toi, Juno, je voulais pas le voir Ă cause de l’anticipation du cheesy amĂ©ricanisme/bons sentiments bien cul cul. Mais quelle surprise, c’est une vraie bouffĂ©e d’air frais de la part de cette jeune fille qui refuse de s’excuser parce qu’elle a couchĂ© avant le mariage.
Juno: Ă aller voir absolument!
Franchement, l’humour de Diablo Cody me fait DIABLEMENT penser Ă celui de Kevin Smith…. J’adore quand l’AmĂ©rique ose avor de l’humour…
Svp, est ce que quelqu’un pourrait me dire ce que Juno a Ă©crit sur le ticket de caisse Ă Vanessa qu’elle a encadrĂ© ? J’ai pas pu bien voir… Merci ;-)
J’lai vu !
Enfin j’lai bue !
Comme une gorgée de jus de fruit à 8h :)p
Un délice, ce film est un pur moment !
A savourer en VO bien sur !
Je l’ai vu et j’ai bien aimĂ©! (mais pas au point de le voir plusieurs fois…)
Un film excellent qui avait tous les ingrédients pour réussir.
“Why Juno is the best marketing strategy of 2008 ?”, un post intĂ©ressant et explicite sur le succès du film Ă lire Ă cette adresse : http://ibelieveinhype.wordpress.com/2008/02/20/juno-movie-a-deep-analysis-about-hype-and-marketing-why-juno-is-the-best-2008-movie-so-far/
je l’ai vu et j’ai adorĂ©.
juste l’affiche avec “pregnant, so what?” je trouvait ça trĂ©s attirant, pas du tout déçue :)
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Quand Ladies Room me laisse les clés Première journée de rédaction en chef pour Laurie et de beaux articles en perpective !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
YAYYYYYYYYY juno <3 <3
mais quel article bien écrit, deviens mon amie sur LR siteuplé !