Les français, ainsi que l’affirme Stephen Clark dans son excellent et drĂ´lissime bouquin “God save La France”, mettent au mĂŞme niveau la bouffe et le sexe. Je ne parle pas ici des français qui se goinfrent de pizzas ou de hamburgers, qui confondent cuisiner et mettre un plat sous vide au micro-ondes. Je parle des français qui aiment manger des plats du terroir cuisinĂ©s avec amour, qui aiment ou rĂŞvent de gouter les chefs-d’oeuvre des derniers Ă©toilĂ©s du Guide Michelin, qui aiment s’installer autour d’une grande table avec des amis, qui aiment cuisiner et essayer de nouvelles recettes toutes plus apĂ©tissantes les unes que les autres ; bref, des bons-vivants amateurs de bonne chair.
Sexe et bouffe seraient donc à égalité pour nous, Franchouillards aux palais délicats et raffinés ?
Premièrement, vous noterez l’homophonie entre chair et chère. Celle-ci est effectivement très rĂ©vĂ©latrice. De plus, ainsi que je l’ai notĂ© dans mon introduction, l’on dit ” cuisiner avec amour”. PĂ©trir s’applique aussi bien Ă de la pâte qu’aux seins d’une femme ou aux fesses d’un homme. Ne dit-on pas passer Ă la casserole ? La grivoiserie gauloise ne s’y est pas trompĂ©e qui empreinte Ă©galement au lexique culinaire : on bouffe, on suce, on lèche, des prunes, des oeufs, des bonbons et autres nourritures corporelles. Donc, d’un point de vue lexical, un point partout, la balle au centre.
Deuxièmement, la bonne nourriture est, pour nous, indissociable du plaisir physique : point d’Ă©treinte charnelle sans bon dĂ®ner auparavant. Le mâle sait bien, pour attirer la femelle dans son lit, qu’il devra au minimum se fendre d’un repas au restaurant. Il saura Ă©videmment, qu’il convient de ne manger ni escargots, ni tournedos Ă l’Ă©chalotte, ni Munster mais de choisir des mets aux goĂ»ts et odeurs moins prononcĂ©s s’il veut, ne serait-ce qu’embrasser sa promise. Cette dernière, pour arriver Ă ses fins, se devra de faire hommage au repas (on suppose qu’une femme s’astreignant Ă un rĂ©gime ne saurait apprĂ©cier davantage les plaisirs physiques ) et d’Ă©viter les plats parsemĂ©s de persil afin de ne pas coincer l’herbe aromatique entre ses dents : son sex-appeal en prendrait un sacrĂ© coup.
Troisièmement, l’Ă©tude du contenu des assiettes en dit long sur son futur partenaire.
Si l’on choisit un plateau de fruits de mer, c’est qu’on n’est visiblement pas pressĂ© : Ă©plucher un tourteau dignement demande du temps et de la maĂ®trise (ça promet pour la suite …).
Choisir un poulet au gingembre reflète un caractère lĂ©gèrement superstitieux et inquiet : Monsieur a besoin d’un aphrodisiaque pour vous mettre dans son lit.
Un steack frites ? Soit Monsieur n’est pas très curieux dans le domaine culinaire et la suite risque de manquer de saveur, soit il se moque complètement de ce qu’il a dans son assiette se contentant de savourer votre beautĂ©.
Attention, danger s’il demande le quatre-quart, le mĂŞme que celui que lui fait sa Maman, mais en moins bon, forcĂ©ment : monsieur, ou devrais-je dire Grand Couillon, est incapable de couper le cordon ombilical et, dès demain, après votre partie de jambes en l’air, vous emmènera chez sa mère qui dĂ©cidera si oui ou non (et ce sera non, croyez-moi) vous avez les qualitĂ©s requises pour faire le bonheur de son fiston.
Quatrièmement, une digestion digne de ce nom s’accompagne toujours d’un digestif d’une sieste coquine : les français aiment faire ripaille mais si en plus cela peut dĂ©boucher sur une partie de jambes en l’air, alors le plaisir est total.
Juste une question : que choisissez-vous quand vous êtes invité au restaurant ?
posté le 12/03/2008 | 1126 vues | 4 commentaires | tags: gatronomie française manger cuisine
Non, la chaire c’est pour le prĂŞtre. C’est “chère” pour “bonne chère”.
Au restaurant, je choisis toujours un plat qui me fera plaisir Ă tous les coups, donc que je connais bien, tout comme je connais par coeur mon chĂ©ri…
> Miss Lili : j’espère que tu n’aimes pas les trippes Ă la mode de Caen et le livarot …
> La Fille : la technique est bonne. Je m’en souviendrai, comme je me souviens de la fois ou j’ai voulu innover et ai failli quitter la table en catastrophe tant ce que j’avais choisi n’Ă©tait pas Ă mon goĂ»t
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Je choisis ce qui me plait! :)