La bande-annonce m’avait déjà presque entièrement conquise : je savais, en m’asseyant dans le confortable fauteuil de cette salle obscure avec assez de place devant moi pour allonger mes jambes, que j’étais partie pour 1h34 de pur plaisir.
Je ne vais pas t’embêter avec des détails techniques, de toutes façons je n’y connais pas grand-chose. Bien sûr, Be kind, rewind est un film « à la Gondry », avec un récit légèrement déstructuré mais qui ne te fait pas perdre le fil pour peu que tu te laisses porter, et des trouvailles visuelles qui te donnent l’impression que le film lui-même est fait d’autant de bric-à -brac que les films amateurs des protagonistes; et surtout, une idée originale, farfelue, délirante, servie par un humour qui m’a fait rire de nombreuses fois aux éclats devant la loufoquerie des situations et des personnages: deux amis réenregistrent des films ultra-connus à leur manière après que l’un d’eux aie accidentellement effacé toutes les cassettes du video-club de l’autre.
Et puis il y a Jack Black, que j’avais déjà trouvé parfaitement crédible dans The Holiday en amoureux d’une Shannyn Sossamon infidèle qui cherche à le récupérer après son incartade, ce qui n’était pourtant pas gagné, parfait ici en marginal attachant, maladroit et parano.
Et Mos Def, véritable et incroyable découverte pour moi, au regard tellement profond et empreint d’une telle douceur que c’est exactement le type dont on peut tomber amoureuse après seulement un verre. Et Danny Glover, les nostalgiques illusions chevillées au corps, qui cherche sa place dans un monde qui le dépasse.
Parce que c’est surtout ça, Be kind, rewind. Certes, il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter, tout ne finit pas toujours par un happy end, face à des majors richissimes qui cherchent à se faire dédommager ou aux ravages que le temps inflige à une maison plus vieille que sa propre vie. Alors il reste les histoires que l’on se raconte, les mensonges dont on se berce pour adoucir un quotidien parfois un peu triste, et si l’on y croit assez fort, on réussit à rassembler autour de soi des personnes dont l’amour et l’enthousiasme donnent vie à ces rêveries.
Michel Gondry, avec ses idées à dormir debout, donne peut-être l’impression d’être un gentil rêveur un peu à côté de la plaque; mais au-delà de ça, il croit profondément en l’amour, aux gens et en une humanité qui arrive toujours à nous surprendre. Et son film m’a collé un sourire aux lèvres pour le reste de la journée.
I’m definitely sweded.
posté le 06/03/2008 | 860 vues | 5 commentaires | tags: Jack Black Michel Gondry Be Kind Rewind cinéma
Nous, on a tellement aimé, que dans notre boîte on a voulu faire notre propre sweded movie, et on s’est bien marré !
j’aimerai bien être suédée rapidement moi aussi…et en plus ça m’enlèvera le mauvais goût dans la bouche que les “ch’tis” m’ont donnés!
Antigone: je n’ai pas lu la critique des magazines, et je ne suis pas critique moi-même, mais j’ai passé un excellent moment, alors je t’en souhaite autant!
Barb: il faudrait nous montrer ça!!
Amaya: tu auras sans doute plus de chances d’avoir de la place que pour les “Ch’tis”, que j’avais d’ailleurs envie de voir pour juger du phénomène, mais ce n’est peut-être pas la peine…
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Quand Ladies Room me laisse les clés Première journée de rédaction en chef pour Laurie et de beaux articles en perpective !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Arghhh! Pas pu le voir le jour de la sortie! et pourtant, j’attends ça depuis des mois! Donc c’est vraiment bien, contrairement à ce que Studio et Première prétendent (aucun goût)! Merci Rebecca!