Je noircis les feuilles blanches
Et aussi les prospectus, les pubs, les magasines et autres dessous de verres.
Je dessine, je griffonne et surtout j’Ă©cris mon nom partout. Comme si je devais laisser la trace de mon existence partout. Il fĂ»t un temps oĂą je gardais tous les papiers sur lesquels j’avais Ă©crit mon nom. Comme si jeter le papier aurait Ă©tĂ© me jeter moi. Je remplis comme si je ne pouvais pas supporter le vide. J’Ă©tends mon ĂŞtre aux espaces vierges. Je remplis le vide de moi. Je l’ingère d’une certaine façon. De lĂ a penser que je remplis mon propre vide de vide. Je suis vide. Sèche. Tarrie. D’ailleurs est-ce vraiment efficace d’ajouter du vide au vide? Peut-on vraiment chasser le vide ou avale-t-il inexorablement tout le “plein”? Le bruit que je fais est aussi une vaine tentative d’Ă©carter le vide assourdissant. Le repousser le plus loin possible pour Ă©viter de tomber dedans. Si mon vide intĂ©rieur s’approche du vide extĂ©rieur, ils fusionneront p-e comme deux aimants ( quel joli mot pour une si banale chose…). Je tomberais dans un trou d’angoisse au fond duquel je trouverais…. moi? (tant est-il qu’il ait un fond, bien sĂ»r). Finallement c’est peut-etre ca que je fuis. La rencontre entre moi et moi sans oeillères ni filtre. Parce que je pense que ce moi “brut” est innommable.
Je meuble, je crie, je chante, je mets la musique et allume les lumières. A l’extĂ©rieur, c’est Versailles Ă la belle Ă©poque. A l’intĂ©rieur c’est la forĂŞt de Blair Witch.
posté le 26/02/2008 | 341 vues | 4 commentaires
Depuis que j’ai acceptĂ© des petites rencontres avec lui, j’Ă©cris un peu moins mon nom partout…
Il n’est pas toujours si effrayant que ça…
Je pense pas tellement que ce soit effrayant c’est juste que ça dois ĂŞtre chamboulant. J’ai pas envi moi de tout chambouler comme ça d’un coup. Je suis bien lĂ avec mon moi de base :D
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