J’aime les mĂ©chants.
La figure du mĂ©chant m’a toujours fascinĂ©, en cinĂ©ma comme en littĂ©rature.
Le mĂ©chant est celui dont la monstruositĂ© dĂ©range et attire irrĂ©sistiblement. Faire vaciller les sociĂ©tĂ©s, faire basculer les existences, faire douter les esprits les plus conformistes. Bref, s’affranchir Ă tout prix d’une vie trop morne : voilĂ un leur plaisant programme.
Mes prĂ©fĂ©rĂ©s sont les fĂŞlĂ©s. Ceux qu’une dĂ©chirure inconnue (un lit en portefeuille) ou une nĂ©vrose enfantine grave (un vol de tĂ©tines) ont rendu dĂ©finitivement timbrĂ©s.
Ces gens-lĂ sont capables de tout : dĂ©truire la Terre, tuer leur garde rapprochĂ©e ou leurs ennemis comme s’il s’agissait de vulgaires moustiques. Ces mĂ©chants prennent parfois tellement de temps et d’attention Ă faire mourir un gentil hĂ©ros Ă petit feu, que ce dernier finit en gĂ©nĂ©ral par s’en sortir.
Prendre la posture du mĂ©chant c’est aussi assumer un destin tragique. Une mort ridicule et atroce finit souvent par les emporter, comme si notre conformiste social voulait nous inculquer toute la vacuitĂ© et les dangers du devenir-mĂ©chant.
Je déteste les voyous.
Le voyou est tout sauf un méchant. Il en revêt les oripeaux, la démarche, le vocabulaire, parfois.
C’est un imposteur. C’est un idiot au sens premier du terme.
Le voyou ne recherche que le soufre des choses, que l’anticonformisme d’opĂ©rette, que l’apparence de la canaille, sans en adopter la philosophie, l’Ă©tat d’esprit. C’est, en vĂ©ritĂ©, un opportuniste ultra-conformiste.
Si les mĂ©chants sont des aristocrates, les voyous sont des bourgeois, de sales petits bourgeois. Lever la belette et rĂ©colter un peu de blĂ© : voilĂ le programme d’une vie qu’ils finissent en gĂ©nĂ©ral au fin fond d’un rade de banlieue, Ă©touffĂ©s par une frite trop grosse ou Ă©crasĂ©s par le plafond des toilettes.
Une question demeure : je ne comprends toujours pas pourquoi les filles sont tant attirĂ©es par les voyous, ces pirates de carnaval Ă la moue Keithrichardsienne ? D’un autre cĂ´tĂ©, nous leur rendons bien la monnaie de leur pièce puisque les garçons sont très attirĂ©s par les filles BCBG.
posté le 25/02/2008 | 2866 vues | 8 commentaires | tags: figure du méchant voyou archétype stéréotype mensroom | une personne a aimé
moi, j’aime keith richards pas pete doherty.
j’aime mick jagger, pas justin timberlake.
J’aime les vrais, pas les originaux.
MĂŞme si je prĂ©fère le canada dry Ă l’alcool.
J’aime les gentils voyous et les mĂ©chants RomĂ©o… Ce qui me plait avant tout c’est la complexitĂ© des personnages, leur dualitĂ© et donc la complexitĂ© de la relation qu’ils peuvent nous apporter. Avec ces personnages insondables, nous sommes sures d’ĂŞtre toujours surprises et ne jamais s’ennuyer car il n’y a rien de pire que l’ennui. Ce qui n’est pas ennuyeux est ce qui reste toujours insaisissable, d’ĂŞtre toujours en quĂŞte de dĂ©couverte.
Ces personnages incompris, seuls et repliĂ©s dans “le mal” permettent de nous renvoyer l’exclusivitĂ© de notre existence, s’ils nous aiment et nous donnent le pouvoir d’ĂŞtre La seule Ă les comprendre et les aimer. D’ĂŞtre unique. Tout n’est donc finalement qu’une histoire d’ego, comme d’habitude… Tragique rĂ©alitĂ©.
Et dire que dans mes rĂ©solutions 2008 il y avait “Ne plus craquer sur des badboys” …
“Des mots, toujours des mots”, chassez le naturel, il revient au galop.
J’pense que ça a un rapport avec l’enfance, rapport au père hein!
Autant vous les mecs vous avez besoin de sĂ©curitĂ© autant nous on a besoin d’aventure d’oĂą l’importance des attentions au quotidien… En somme on est des relous.
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