Article sélectionné par Mimi lors de sa semaine de rédaction en chef
Backpacking : du mot américain backpack désignant communément un sac-à -dos ; pratique consistant à se trimballer de par le monde avec un sac Quechua Forclaz 60 litres, un Lonely Planet dans la poche arrière gauche et trois centimes d’euros dans la poche arrière droite.
Ayant expérimenté ladite pratique pendant deux mois cet été en Asie du Sud-Est, c’est en toute connaissance de cause que je suis repartie faire un petit tour en Thaïlande et au Laos ces deux dernières semaines. Ceinture rouge du backpacking (parce que pour la noire il faut manger des grillons frits), je suis revenue avec l’envie de partager cette expérience pour l’instant moins connue en France.
Style
Parce qu’il ne faudrait pas oublier que c’est un site de filles aussi ici hein bon. Partant de la définition sus-développée, il serait aisé de faire un raccourci hâtif : à priori le backpacker est une personne de type jeune, matériellement à l’arrache donc vêtu(e) comme l’as de pique (merci mamie), le cheveu hirsute voire très emmêlé, et surtout très cool, man, face aux imprévus et aléas de la vie de patachon (re-merci).
La réalité est autrement plus variée, et sans essayer de faire des typologies réductrices je peux maintenant réunir un petit panel de spécimens croisés en chemin. Pour commencer, le roots ‘de base’ : il a des dreads ou alors le même coiffeur qu’Amy Winehouse (avant qu’elle jaunisse), tu n’arrives pas très bien à comprendre d’où il vient ni pourquoi ou depuis combien de temps il voyage, mais il est « en quête d’expériences spirituelles ». Sauf que lui ne se lève pas à 5h du mat’ pour l’aumône des moines et le yoga, tel l’ascète : autre profil, en sarong, le cheveu ras et le torse imberbe, susceptible de te tenir la jambe indéfiniment sur la ‘régénération des cellules par la pensée’ (sic).
Les backpackers français sont généralement très reconnaissables quel que soit leur style : jeunes ingénieurs à chaussures-bateaux (argh) et lunettes rectangulaires, qui ne lâchent pas le Routard, trentenaires baba altermondialistes (un Routard dans chaque main), post-soixantehuitards en plein revival (Routard en bandoulière), vous aurez remarqué le dénominateur commun.
Les anglo-saxons, parce qu’ils profitent de cette tradition incroyable et géniale qu’est l’année sabbatique, sont les backpackers les plus nombreux. Malheureusement un spécimen souvent rencontré, c’est un fait : ivre, bruyant et pas très convaincu par la cuisine locale sauf si c’est la sauce chinoise du Burger King. En revanche, ils constituent de parfaits alliés pour une nuit de débauche (ou même une journée, y’a pas d’heure).
Transports&Hébergement
Très vite le backpacking t’oblige à réévaluer tes critères relatifs au confort et à l’hygiène. C’est-à -dire que d’abord, pour se déplacer d’un endroit à un autre, le backpacker privilégie par ordre d’importance décroissante : ses pieds, son pouce (si, le stop), les camions de fermier, les bus option volaille et trous dans le plancher, les bus plus qualitatifs à motifs psychédéliques et chauffeurs psychopathes, le train, l’avion (mais seulement quand il doit se faire rapatrier d’urgence ayant attrapé le chikunkunya).
L’avion mérite quand même qu’on s’y attarde : une compagnie locale évidemment, pour laquelle low-cost est un euphémisme, qui vole avec des appareils de l’Aéroflot ex-soviétique et où à l’atterrissage tu décides de léguer tous tes biens et ton iPod à ton voisin. En termes d’hébergement, tu peux clairement oublier l’option Déco&Vous dans ta chambre, si tant est d’ailleurs que tu aies une chambre. Le backpacker dort généralement dans une “guesthouse” dont la qualité est plus que variable : des bungalows colorés sur la plage avec hamac à la prison glauque de Kuala Lumpur, il y a un monde.
Co-backpackers
L’option je voyage seul(e) m’a toujours un peu intriguée : en soi c’est sûrement une façon de vivre son périple de façon plus personnelle et de rencontrer moult gens en chemin, certes. Sauf que bon parfois devant un temple, tu dois te surprendre à dire « Waw c’est vachement beau nan ?! » dans le vide.
Se présente donc à toi le dilemme : avec qui pars-je. Attention ici les apparences sont trompeuses, puisqu’il s’agit d’évaluer judicieusement le ratio (drôlerie + détente/pénibilité potentielle + résistance aux péripéties) de tous tes amis, sans froisser les sensibilités. Il faut avoir vu une de se copines très Maje-Zadig-ballerines se métamorphoser, une fois en pantalon thaï et mangeant des Pringles à l’arrière d’une camionnette, pour le croire.
A éviter : celui qui passera inévitablement en mode dictateur « passe-moi-le-Lonely-il-est-à -moaaa ! ». Partir aussi avec des gens que l’on connaît suffisamment bien pour pouvoir partager avec eux ses petits désagréments de santé inévitables autour du p’tit déj, du genre « ah mais je me suis baignée dans le Mékong (erreur fatale soit dit en passant) j’ai des trucs bizarres sur la peau regarde - arrrrgggghhh !… ».
Backpackers tiers & divergences de philosophie
Contrairement au financier américain et à la star nippone qui descendent simultanément au Four Seasons, les backpackers se parlent généralement d’emblée quand ils se reconnaissent de la même espèce : c’est la grande et belle solidarité entre nous, dude. « Hey, where you from ? » en entame, et trois heures plus tard tu es toujours socialement séquestrée par ce Canadien qui parle trop fort et n’écoute que lui. De même les Anglaises qui piallent et gloussent pendant les 12h de trajet de bus malgré les « ssshhhh » outragés. Mais les rencontres de voyage restent au final enrichissantes (la plupart…), pourvu qu’on soit patient et ouvert à la nouveauté.
Si tout backpacker aime voyager, normal, sa philosophie est fluctuante : du hardcore backpacker au petit sourire méprisant quand tu pars te faire masser pour trois dollars rapport aux effets du Forclaz 60L sur ton dos, à la pouf anglaise (toujours) bourrée 22h/24h qui cherche des plans ecsta, en passant par les mecs qui sont visiblement restés coincés dans les limbes à force de méditer, c’est un festival.
Dangers et désagréments
Mouahahaha ça c’est marrant. Si en termes de dangers l’Asie du Sud-Est est plutôt clémente pourvu qu’on ait un minimum de bon sens (genre ne pas aller sautiller dans la jungle encore minée du Cambodge par exemple), au chapitre désagréments il y a du monde au balcon : en vrac et dans le désordre, les moustiques mutants, l’eau non potable quand tu meurs de soif au milieu de la nuit, les araignées énooormes, les cafards toujours, les sangsues quand t’es en tongs, les arrêts-pipi en bus dans les montagnes laotiennes-zone de guérilla, les enfants qui te proposent du crack (véridique…), la mousson qui rend ton parapluie inutile et ridicule, l’absence de douches chaudes… En fait, au bout d’un moment on oublie tout ça – on ne s’en rend compte qu’en revenant chez soi. Même les petits cafards de ma cuisine maintenant je les aime bien tiens.
Restent surtout les images incroyables, l’expérience d’avoir vraiment vécu son voyage, de s’être immergé dans une culture et un peuple, d’avoir fait quelque chose d’authentique. Tout ça grâce à Quechua dis donc. Avis aux amatrices, je repars en mars, et j’ai tous les Lonely, héhé.
(cc) yXeLLe ~@rtBrut~
posté le 22/02/2008 | 2296 vues | 17 commentaires | tags: Backpacking Lonely Planet Guide du routard Asie voyages Expat Ailleurs Ego trip
rah je ferais bien ce genre de trucs mais je suis une sale occidentale matérialiste de merde. et une chochotte niveau propreté et insectes. grand regret de ma vie ça, de pas être capable de faire du backpacking.
badwitch> the more the merrier, oui c’est bientôt mais de singap’ le voyages sont plus faciles à organiser! les philippines, si ça te tente :)
sskizo> j’étais assez réticente au début surtout face aux bestioles en tout genre…niveau propreté tu t’en accomodes du moment que tu disposes d’un shampoing et d’une fontaine publique (comme dans la pub’ head&shoulders ouioui); et puis des bonnes surprises en chemin comme quand tu tombes sur l’échoppe d’un mec au cambodge qui est capable en une heure de te blinder ton mp3 des 3/4 des titres sur myspace, pour 10 dollars…nice. if surrey-girls can do it you can probably too ;-)
J’ai croisé pas mal de backpackers ces derniers mois, c’est peut-être pas le même profil exactement ceux qu’on trouve en Europe de l’Est, mais c’est impressionnant le nombre de gens qui traversent l’Europe comme ça… Enormément d’anglophones oui, surtout des Australiens en Europe de l’Est. Je continue à avoir du mal à comprendre l’intérêt d’aller se bourrer la gueule dans toutes les capitales d’Europe et de visiter seulement entre 15h (heure du réveil) et 18h (heure où on remet ça)…
Alors moi pour mars pas possible de t’accompagner, en plus on a pas l’air d’avoir trop les mêmes destinations. Par contre si un jour tu cherches quelqu’un pour traverser la Russie, je suis partante (et je parle russe, ce qui est un grand atout dans cette contrée), parce que bizarrement personne n’est tenté par cette aventure !
Ah yes mes meilleurs vacances ont été mes 3 semaines de backpacking à travers la Chine, j’ai revu pas mal de mes priorités et ma perception de la vie :)
Et si je suis une sale matérialiste CDC-Maje-keffieh en ce moment, je repars demain sans souci en tong, pantalon de pecheur thai, marcel et cheveux emmelés dans un turban.
Mais moi ca sera surement l’Inde cet été ou alors Argentine/Chili! :)
Dans le chapitre des désagréments, tu as oublié les décharges électriques dues à l’électricité statique des ordinateurs, la chaleur moite dès 8 h du mat’ (le pire que j’ai vu étant Singapour), les tranches d’ananas donnant la “courante”, les cartes postales vendues par les mômes, les lady-boys à Bangkok, les motos du Vietnam, avec lesquelles on apprend à quel point on tient à la vie, l’air ensablé de Pékin, les rats sur la muraille de Chine.
Par contre, ne pas oublier les points positifs, l’accueil des thais, les splendeurs de Vientiane, le riche passé du Vietnam, et notamment les églises néo-gothiques, la plongée dans la mer bleutée de Chine, la splendeur des paysages (la jungle et les plantations de riz) et j’en oublie….
ahhh du backpacking, j’en rêve! malheureusement mon programme de cet été tombe à l’eau, ce n’est que partie remise…
Lola-Valérie: La Russie, ça me botte bien aussi…
J’avoue qu’il faut du courage pour se lancer dans l’aventure. J’ai une telle habitude des petits plaisirs de la vie et le fait de porter des lentilles de contact me fait toujours me poser des questions sur mes capacités de backpacking pendants plusieurs semaines.
Et pourtant, et pourtant quelle aventure. De vrai opportunités de rencontrer les locaux, de faire une pause de s’ouvrir, d’apprendre.
Mon petit frère est en Amérique du Sud depuis la fin Décembre. Il a fait l’ascension (presque jusque au somment) de l’Aconcagua avec mon père, puis il a continue sa route. Il est allé voir les pingouins au détroit de Magellan, il a fait la fête avec des locaux a Buenos Aires, il vient de passer par Macchu Picchu. Je l’envie, j’aimerais y être. Malheureusement mon mari n’a pas tellement l’air chaud pour ça. Or il n’est pas question que je parte toute seule…
Un jour peut être…
lola-valerie> le trans-sibérien ça me vend du rêve! j’ai un copain qui part bientôt de singap’ et va traverser la Russie jusqu’en France, c’est un périple qui me tenterait mais je vais d’ailleurs finir d’explorer par-ici!
mamzelle> …en plus ça peut presque être stylé le pantalon thaï - oui bon bien accessoirisé certes :)
polydamas> les enfants qui vendent des cartes postales c’est un peu limite de les mettre en “désagréments” quand même, et les lady-boys de bangkok sont souvent très cools, pour le reste j’acquiesce!
MrsCecy> les lentilles quotidiennes ‘acuvue’ sont une invention magique, rien n’est donc perdu :)
Moi ce qui m’amuse c’est que l’interet du voyage reside souvent plus pour ces personnes dans les obstacles, l’inconfort, les peripeties qu’ils ont recontrees (et surmontees) que dans la beaute des paysages ou la decouverte d’une nouvelles culture. Ton article en est symptomatique : pas de mention a ce que tu as pu voir, et les recontres dont tu nous parles ne sont que d’autres backpackers. On dirait que les locaux n’existent pas alors que c’est eux les plus interessants finalement, et beaucoup moins dans le paraitre cool.
Finalement, c’est pas un voyage que les backpackers cherchent mais avant tout une etape initiatique, en reaction au fait qu’on est des petits occidentaux chanceux et surproteges. Un peu comme Koh Lanta et la ferme celebrites, quoi…
Moi je comprends ca tout a fait, et vu honnetement sous cet angle, je trouve ca interessant. Par contre, ca me gave severe quand les backpackers prennent de haut tous les autres types de touristes parce que c’est vraiment pas cool de dormir dans un vrai hotel ou y’a meme pas 50000 cafards et ou tu passes meme pas toute la nuit sur les toilettes ronge par une vieille dysentrie.
catimini666> si je n’avais pas choisi cet angle d’approche particulier parce que j’avais envie d’écrire un truc léger, j’aurais pu te parler pendant des heures, non, 10 ans, de tous les paysages, les temples, les rencontres, les vieilles dames, la jungle, les cascades, les tortueslespoissonsclownsangkorlesplagesderawalesmoineslesmusulmansdejavaleschrétiensanimistesdesulawesi…………………avec mille photos à l’appui. les autres backpackers, je t’avoue que je m’en cognais pas mal, d’ailleurs au bout d’un moment moins il y en avait mieux c’était. alors certes, “petits occidentaux surprotégés”, mais je trouve au contraire que le backpacking (sans ses extrêmes que j’ai fatalement un peu caricaturés) est un mode de voyage assez sain et respectueux des cultures locales.
cela étant dit, et c’est comme les ayatollahs anti-mcdo d’ailleurs, ça ne donne pas la prérogative de prendre les autres ‘touristes’ de haut je suis totalement d’accord avec ça…
dans ce genre de périple il y a évidemment une dimension ‘parcours initiatique’ quand c’est la première fois, mais je pense que lorsqu’on passe suffisamment de temps dans une région/une culture on dépasse ça. ce n’est que mon humble avis.
mon commentaire à été coupé au milieu d’une énumération donc ça peut paraître bizarre, la suite était: …lesmusulmansdejavaleschrétiensanimistesdesulawesileshindous-bouddhistesdebali. beaucoup plus clair comme ça. ou pas ;-)
Ca y est, je suis dégoutée :)
Moi qui part en Thailande avec l’idée de faire le tour du pays en novembre… on peut etre une voyageuse fréquente sans backpack??
Miss Lili> ben c’est juste que la valise à roulettes va sûrement rencontrer pas mal d’obstacles à son roulage si tu prévois de faire le tour du pays pendant un mois ;-) à la base c’est plus une question de praticité (ouch ce mot est moche)
wouh déjà que ça donnait envie…
par contre merci du cliché, jsuis ingénieure, mais j’ai pas de chaussures bateau, hé!!!
je suis un peu d’accord avec catimini666 quand elle parle des jeunes chanceux et surprotégés, c’est vrai qu’en discutant avec mes amis de diverses origines sociales, c’est quand même un truc de milieu cultivé et aisé de partir sac au dos, vu qu’on a déjà tout chez nous…
ça ne remets pas en cause l’intérêt de la chose bien sûr.
DeeCurl> désolée pour les chaussures bâteau, c’était pas très gentil de ma part effectivement ;-)
sinon, quand je voyageais j’ai rencontré des backpackers de toutes origines sociales, mais qui en général… n’étaient pas français. parce que pour les anglo-saxons notamment c’est beaucoup plus rentré dans les moeurs, le principe d’économiser pour se payer un voyage loin - et puis ensuite sur place la vie ne coûte pas très cher…
C’est vraiiiiiiiiiii pour la valise à roulettes??? Je suis foutue :)
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mais j’avoue une trouille de l’avion tout de même…
:)
tu cherches une compagnie pour mars ?
mais… c’est bientot !!