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La disparition

On se connait depuis 17 ans. J’ai passé plus d’années avec elle que sans elle. Nousnous sommes rapprochées quand j’avais 13 ans. Même humour, mêmes envies…Et puis même bande de potes. Même classe à la Fac. Et puis mêmes rancoeurs, envers le même mec. Même vacances aussi, souvent. Tellement semblables que les gens nous mélangent, à force de nous voir ensemble.

Et puis, nous nous sommes inscrites au sport. Et j’y suis devenue assidue. Et elle, non. A chaque fois qu’elle ne vient pas, je me sens abandonnée. Elle m’a fait comprendre, avec raison, qu’elle ne me devait rien. Alors j’y suis allée seule.

Et elle est tombée amoureuse d’un type… Qui ne veut pas d’elle. Et elle s’est entêtée dans une non-relation qui ne la rendait ni plus belle, ni plus grande. Alors je le lui ai dit. Et elle a gardé cette histoire pour elle seule.

Et j’ai rencontré mon compagnon actuel et j’ai décroché un peu du sport, désorganisée que j’étais. Alors elle m’a dit que je l’abandonnais. Je l’ai plutôt mal pris.

Et puis j’ai entamé une grande crise familiale. Et elle n’était pas là. Occupée par l’organisation de la fête de ses trente ans et par le fameux type. Et puis les fêtes et puis elle est partie en vacances. Alors j’ai gardé ma crise familiale.

J’ai eu envie d’acheter une maison avec mon mec. Et elle m’a demandé si j’étais sure, si je ne voulais pas attendre un peu. Si en fin de compte, je savais ce que je faisais. Pas un mot d’encouragement. Juste des mises en garde.

Et je la croise, deux fois par semaine au sport. Et elle me parle de son travail. Et ses collègues. ET de ses responsabilités. Qu’elle pense ne pas mériter. Des attentes de ses supérieurs. Qu’elle craint, à tord, de ne pas pouvoir remplir. Des bourdes qu’elle commet, dit, pense.

Nous sommes allées au resto. J’ai entendu que je n’étais pas gentille. Et que j’avais des limites de tolérance très basses. Entièrement vrai.

Alors, j’ai avalé les abandons successifs à la salle de sport, oublié que j’attendais son soutien, omit de rétorquer quoi que ce soit quand mon organisation a changé. Et je me tais, à peu près, quand il s’agit de son boulot.

Et je crois que je perds une amie. Inexorablement.

2 Responses to “La disparition”

  • Soit le temps passe et la base de l’édifice de votre amitié aurait besoin d’un bon ravalement (tous les 10 ans pour les immeubles et les maisons ;-)), soit il y a un non-dit qui vous sépare l’une et l’autre, soit de vos yeux de trentenaires vous ne vous regardez plus comme à 13 ans…

    Parfois, crever l’abcèes: s’engueuler un bon coup ça peut faire du bien…ou du mal, mais au moins tu n’auras pas la sensation de la perdre comme le sable qui coule dans le creux de la main.

    Je te souhaite qu’elle lise ton article!

  • mm…
    une déception
    + une absence
    + une désillusion
    et on comprend que l’amitié c’est comme l’amour, quand on est attachées, ça fait mal quand ça s’arrête;
    L’incompréhension peut atteindre un point de non retour… ou pas.
    et un jour, beaucoup plus tard, on s’aperçoit que cette aventure fait partie de notre “vécu”;
    J’ai pas de solution, mais j’ai été très intéressée par ton texte.

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