Wi-fi and a house is paradise! Du coup je me lance dans un petit debrief Singap-fun facts, pas du tout dans l’ordre et sans cohérence aucune, la clim’ me ramollit, ou l’inverse, ou peut-être c’est la soirée d’hier je ne sais pas.
Alors déjà , c’est dingue à quel point tout est smooth: ici, le premier jour, quand t’arrives à l’aéroport, tes bagages ils sont descendus plus vite que toi de l’avion et attendent bien sagement que tu montes avec eux dans un des mille taxis garés à la sortie. Le ratio temps perdu+emmerdement/perte potentielle de valises, il est quand même vachement différent à Roissy - Charles de Gaulle.
Et donc là , le taxi t’emmène chez tes copains expat’ qui accueillent le gentil bernard l’ermite avec sa valise en coquille que tu es, gniark, et tu commences à te rendre compte que le cliché est peut-être un tantinet fondé : Singap’, c’est bienvenue chez les bisounours, le pays de Oui-Oui, tout est vert, nickel, au carré, et tu ne sais pas pour l’instant si ça c’est bien ou pas. Surtout, tu sors du taxi et…tu fooonds, littéralement, comme le toon dans Roger Rabbit – t’allumer une cigarette dehors, n’y pense même pas c’est une épreuve, en plus tu commences à percevoir les signes avant-coureurs du syndrôme « heuuu attends mais heu est-ce que j’ai le droit de faire ça en fait ?? ». Parce que ta mère, elle t’a dit attention hein faudra pas jeter ton chewing-gum par terre c’est interdit là -bas, oui d’accord mais encore faudrait-il qu’ils en vendent ici en dehors des pharmacies où tu dois présenter ton passeport pour en obtenir, mother… Bref, ici ça rigole pas avec la loi, tu l’as vite compris.
Ensuite c’est très bizarre, c’est une ville, enfin plutôt un état d’ailleurs, qui est complètement schyzo : à Clarke Quay c’est architecture Disneyland, bars & boîtes d’expats’ et touristes en goguette (je voulais le placer celui-là , hop c’est fait), du côté d’Orchard et Holland Village ça donne je-suis-expat’-et-je-le-vaux-bien et aussi je-suis-mannequin-russe, puis vers les quartiers chinois, indiens, malais, tu changes juste de pays à chaque rue : c’est comme Nett, rien à voir (oulà suis fatiguée moi ce soir).
Et puis il y a mon quartier à moi, bien réel, pas ou peu d’occidentaux, plein de petits bouis-bouis (celui-là aussi tiens, hop) avec des tables et des chaises en plastique de toutes les couleurs où le chef chinois Mr. Jason te sert un truc sublime mais tu ne préfères pas savoir ce que c’est, des échoppes colorées qui vendent moult lampions pour le nouvel an chinois, et puis une ribambelle de KTV, ces fameux karaokés où non tu n’emmènerais pas ta mère parce que vois-tu c’est plutôt des bars à entraîneuses en fait. Oui j’ai oublié de mentionner, je pense que bientôt je vais pouvoir trinquer en terrasse avec les multiples prostituées qui peuplent ma rue et que je salue tous les soirs. Mais toute cette effervescence fait du bien et contraste bruyamment avec l’ambiance rien-ne-dépasse et tout-le-monde-se-tient-à -carreau qui se dégage parfois de la ville.
Ah et puis bon, héhé, j’ai aussi omis de le souligner, mon immeuble est pourvu d’une sympathique piscine comme c’est assez fréquent ici, ce qui est simultanément très bien et très mal : glop parce que ben forcément rafraîchissant quand il y a 90% de taux d’humidité dans l’air, pas glop parce que culpabilisant, tous les soirs tu te dis alleeeez demain matin je me lève tôt pour faire des longueurs, et ça n’arrive… jamais.
En terme de nightlife, il y a un côté décadent et post-colonial un peu dérangeant dans les lieux de sortie d’expat’, supportable quand c’est sur une grande plage le dimanche soir avec un truc frais et sucré à boire et les basses à fond, mais beaucoup, beaucoup moins dans d’autres endroits où des expats’ détestables s’imaginent rois du pétrole. Non, so far, le mieux et le plus authentique c’était la semaine dernière au Mitre Hôtel (photo), autrefois un petit hôtel chinois qui comme l’a si bien dit A. « Might have then been a nice family place, with an overgrown badminton court in the garden. Spectators could have sat on a stone bench under a banyan tree ».
A l’époque où Singapour imposait encore un couvre-feu, le Mitre est devenu un lieu de désobéissance civile où se réunissaient ceux qui ne se couchent pas tôt, et qui ont laissé sur tous les murs des traces de leur passage, au marqueur ou à la bombe- logiquement, je suis tombée amoureuse de l’endroit…
Mille autres fun choses, mais je devrais les regrouper par catégories, genre bestioles (et là j’aborde moustiques, cafards énoooormes et le varan en bas de chez moi, sisi), apprentissage du mandarin avec contresens drôlesques sur les intonations qui transforment par exemple « c’est ma sœur » en « ta sœur est bonne », oups, shopping … Ah stop je m’arrête, ça c’est capital : pour les gens qui aiment les baskets (multicolores) qu’on ne voit pas partout, this place is paradise, deux fois moins cher qu’à Paris et une créativité dingue, send your orders ! Pour l’instant j’ai craqué pour des Adidas Rio blanches avec des vagues noires et des lacets verts…
posté le 24/01/2008 | 2479 vues | 4 commentaires | tags: singapour différences Expat Ailleurs
Tu en as de la chance d’ĂŞtre lĂ -bas! Par contre, je crois que tu t’es trompĂ©e dans le titre sur le dernier mot de pinyin: c’est “ren” et non “jin”, en mandarin en tout cas (oui, je parle le chinois from Beijing) :) en tout cas, le pire doit bien ĂŞtre les moustiques… et le varan en bas de chez toi aussi, ça ne me dit rien qui vaille eheh
>mamzelle: j’ai passĂ© quelques semaines Ă hong-kong cet Ă©tĂ© et du coup je compare pas mal avec singap’: pas mal de similaritĂ©s effectivement, mais je trouve que hong-kong est un poil plus authentique!
>Jaaade-from-paris: ah oups, autant pour moi, ça me rappelle qu’il faut que je rĂ©vise :)
Ah lala. Ca fait deux ans que j’apprend le chinois et que 600 caractères s’incrustent dans ma tĂŞte mais rien ne serai mieux que d’aller en Chine histoire d’approfondir tout ca.
Zaijian
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Merci merci pour cette tranche de vie, j’ai aperçu mes coins prĂ©fĂ©rĂ©s de HK dans ta description de Singapour.
Profite en bien et raconte nous tout :)