Dans la série « vite une corde », le drame de la vieille stagiaire et du contrat pro.
Contrat de professionnalisation : nom pompeux remplaçant subtilement le contrat en alternance et signifiant toujours aux employeurs « stagiaire qui coute cher, surtout quand il a plus de 26 ans ».
THEORIE : Matin tendresse, matin caresse. OUI, les plus de 26 ans aussi ont envie de se lever tôt pour aller travailler, comme dirait l’autre. A tout âge, il est possible de vouloir changer de vie et de se dire qu’on se verrait bien journaliste par exemple. Après tout, le gouvernement propose des contrats et des formations aux jeunes de moins de 26 ans et aux demandeurs d’emploi de tout âge avec l’appui « efficace » de l’ANPE. Comble de bonheur, des aides incitatives de ce même gouvernement existent pour que les employeurs gagnent financièrement à embaucher ces courageux de l’alternance. Parce qu’il faut être courageux pour se lancer dans cette voie.
Pourquoi engager quelqu’un pour 2 ans et 80% de salaire, alors que de serviles stagiaires font la queue à la porte pour 300€! Evidemment, dans une société capitaliste, l’argument a du poids… Pourtant, la qualité du travail mérite d’être payée à sa juste valeur, à 22 ans comme à 30.
PRATIQUE : Je pensais que j’avais le droit de rêver à une vie nouvelle. (Attention, il y a un mot vulgaire dans la phrase précédente.) Elève à l’IPJ pour être journaliste de presse écrite, j’ai 28 ans et je cherche une rédaction qui veuille bien de moi, la trouille au ventre. C’est ma vie qui se décide. Ou ça marche enfin pour moi, ou je retourne à mes petits boulots. Suspense…
Je ne tente pas cette formation de journaliste par hasard. J’ai déjà quelques critiques culturelles derrière moi et une énorme envie d’en découdre avec tous les sujets possibles. J’ai faim d’actu et de mots. Le contrat pro est une vraie chance. Je sais que j’y suis à ma place.
Malgré toutes mes qualités, je suis suspendue à une décision cruelle : la complexité d’un tel contrat pour les plus de 26 ans. On rigole. Je pourrais faire valoir mon expérience, ma maturité. Mais non, je suis trop cher et ce tout ce qui compte apparemment.
Depuis le 1er janvier 2008, il parait que le contrat pro a changé (c’est la pub qui le dit). L’écart entre les salaires dûs aux moins de 26 ans et ceux des plus de 26 ans est minimisé. On y perd pour y gagner, normalement. Et je cherche, et j’attends.
posté le 24/01/2008 | 391 vues | 3 commentaires | tags: contrat_de_professionnalisation
J’ai commencé l’IPJ (institut pratique de journalisme) grâce à la promesse d’un contrat avec un employeur… qui m’a lâché une fois la formation débutée. Pas classe!
Je reste à l’école en ce moment parce que les formateurs trouvent que je mérite de réussir, mais j’ai absolument besoin de signer ce fichu contrat rapidement avec une rédac si je veux continuer.
En fait, c’est assez désagréable de faire quelque chose qu’on aime, comme prendre enfin des cours de journalisme, sans savoir si on va pouvoir rester…
J’espère que l’IPJ a suffisamment de contacts dans les rédacs pour te trouver quelque chose. Tu cherches quel genre de rédac ? Allez courage.
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Pruine, ta formation à l’IPJ dépend-elle de l’obtention du contrat pro ou tu fais l’PJ même si tu ne trouves pas une place en contrat pro ?