
Il ne m’arrive pas si souvent de me prendre un uppercut au cinĂ©ma… LĂ , ce fut le cas. Une histoire dont je sais qu’elle n’a pas fini de me remuer les tripes. J’en rĂŞverai, sans nul doute. J’y repenserai souvent. Madame Misha Defonseca, je suis si profondĂ©ment marquĂ©e par votre histoire que j’ai du mal Ă vraiment comprendre pourquoi.
Une femme. Comme je les aime. Une “grande femme” (pourquoi, grands dieux, la construction “grand homme” n’a-t-elle pas de fĂ©minin ?) comme je les admire. Alexandra David NĂ©el, tu as eu une hĂ©ritière… Je suis sidĂ©rĂ©e de ne pas avoir entendu parler de cette femme avant. ScandalisĂ©e qu’elle soit restĂ©e si longtemps ignorĂ©e (de moi..?).
Me voilĂ dans ce cinĂ©ma, avec mon neveu et son copain, Ă regarder un film tout public, adaptĂ© d’une histoire vraie, celle d’une petite fille juive pendant la seconde guerre, film contant son pĂ©riple Ă travers toute l’Europe de l’Est, surtout dans les forĂŞts, et sa survie avec les loups. “Survivre avec les loups”.
Cette femme existe voici une interview d’elle :
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article1492
Cette femme existe la voici. Son livre existe.
Misha, merci à ton humanité.
P. S. : pardon si les photos sont publiĂ©es un peu dans le dĂ©sordre, je ne maĂ®trise pas tout Ă fait l’outil… Par ailleurs, je profite de mon article pour demander Ă l’Ă©quipe de Ladies Room, comment on doit faire pour s’assurer qu’on peut Ă©diter les photos, il est difficile de garantir que des photos sont libres de droits quand on ne sait pas ce Ă quoi cela correspond.  La petite case Ă cocher “je garantis que mes photos sont libres de droits”, c’est une façon pour le site de dĂ©gager sa responsabilitĂ©, ça je l’ai bien compris, mais comment s’assurer en tant que “rĂ©dactrice” participant au site qu’on n’est pas dans l’illĂ©galitĂ© ? n’est-ce pas aussi au site de nous le garantir, ou de nous informer ?
posté le 20/01/2008 | 4183 vues | 3 commentaires | tags: survivre_avec_les_loups_Misha_Defonseca | une personne a aimé
ça me donne vraiment envie de lire le livre, et pourtant ce n’est pas trop ce que je lis d’habitude, c’est le moment de changer… merci.
voici un extrait de son livre :
“Je n’ai pas mendiĂ© ma nourriture quand j’étais seule au monde, je l’ai toujours volĂ©e. Je n’ai jamais mendiĂ© d’affection non plus. Seuls les loups m’en ont nourrie comme une des leurs. J’étais sans le savoir un petit loup qu’ils ont reconnu et comblĂ© de leur gibier et de leur chaleur. Eux seuls m’ont protĂ©gĂ©e, et j’ai eu tort de chercher le chemin de mes souvenirs d’enfant parmi les humains. Je ne reviendrai pas sur mes traces, mieux vaut les laisser s’effacer dĂ©finitivement. Je n’ai pas de nom, je m’en fiche. Pas de famille, je m’en fiche aussi.
J’ai survécu avec les loups, c’est une empreinte indélébile que je porterai toute ma vie. J’apprends maintenant à vivre au milieu des humains, et j’apprends bien, sans les aimer, avec juste ce qu’il faut de haine pour tenir debout sans pleurer. Je sais faire l’humain, je connais leurs grimaces, j’ai appris à parler, à lire, à écrire, à mettre un masque comme eux. Et j’éprouve toujours une intense jubilation de ce que j’ai vécu d’exceptionnel et qu’ils ne connaîtront jamais. M’endormir dans une tanière, blottie contre une louve, ronger les mêmes os, m’aplatir devant le chef de meute.
VoilĂ pourquoi le cordonnier n’a rien pu faire pour mes pieds endurcis, aux doigts recroquevillĂ©s comme des serres. Mes pieds de petite fille ont grandi dans les bois, affublĂ©s de tout ce que je trouvais pour les protĂ©ger.”
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“J’Ă©tais une rĂ©voltĂ©e, dĂ©testant l’injustice. Je n’ai jamais portĂ© l’Ă©toile jaune. Sans ce caractère insoumis, je n’aurais probablement pas pu aller au bout de ce voyage.»
Misha Defonseca vit Ă prĂ©sent dans une petite maison au fond des bois, au milieu du Massachusetts, oĂą elle Ă©lève toutes sortes d’animaux, des chats, des chiens, des putois, des renards, des coyotes, des crabes et des bernard-l’hermite dans un terrarium.” extrait du Figaro du 15/01/2008