J’ai étudié l’anglais pendant au moins 10 ans entre le collège, le lycée et Sup de Co. Je suis allée à Londres en voyage d’études. Et pourtant, quand je suis arrivée à New York, je n’ai rien compris et rien osé dire.
La seule chose dont j’étais sûre et qui était toujours claire dans ma tête étaient les verbes irréguliers anglais. Mais peut-on faire ses courses et participer à un dîner en récitant «to go, went, gone» ou «to come, came, come» ? Merci, mes chers profs d’anglais de m’avoir appris ces listes de verbes ainsi que celles de vocabulaire. Merci aussi pour les heures passées à expliquer la différence entre «since et for» et l’utilisation du présent progressif. Notre système éducatif ne fait pas la part belle à l’apprentissage des langues, ou du moins, il n’offre pas aux étudiants d’apprendre réellement un idiome étranger.
Si en théorie, « Brian is in the kitchen » et « Where is Jenny ? », en pratique il faudrait parler davantage. Les élèves ne devraient pas avoir peur de converser en classe. Je me suis aussi rendue compte que les traductions sont nos meilleures ennemies. Pour comprendre une langue, rien ne sert de traduire et surtout pas entre l’anglais et le français puisque la langue de Shakespeare compte beaucoup plus de mots que la nôtre. Il vaut mieux faire une explication en anglais ; cela permettra en plus d’améliorer son vocabulaire et de mieux saisir le concept.
Et en plus, rajoutons Ă ces thĂ©ories apprises pendant des annĂ©es, les diffĂ©rences d’accents et de vocabulaire. Ici, on ne connaĂ®t pas les « trousers » mais les « pants » ; c’est quand mĂŞme beaucoup plus simple pour nous ! Pas non plus le moindre « lorry » dans les rues, mais seulement des « trucks ». Devant les magasins, «you don’t queue», «you stand on line» et pourtant dans les 2 cas, vous faites la queue, Ă l’anglaise ou Ă l’amĂ©ricaine. Sans compter que les expressions idiomatiques rĂ©pĂ©tĂ©es sur les bancs de l´école ou de la fac, sont souvent vieillottes ou jamais utilisĂ©es. Allez dire Ă un AmĂ©ricain «How do you do ? » !
Si vous voulez parler anglais, venez à New York ! Come on, you’ve got to be kidding me ! - Allez, tu plaisantes ! -
posté le 14/01/2008 | 2934 vues | 18 commentaires | tags: langue_étrangère système_scolaire apprentissage anglais école
j’ai fait une classe europĂ©enne au lycĂ©e, oĂą nous Ă©tions encouragĂ©s Ă prendre la parole. ce qui n’empĂŞchait pas que les trois quarts de la classe n’osaient pas.
j’ai une licence d’anglais et le problème c’est que sur toutes nos heures de cours, on en avait qu’une seule par semaine oĂą l’on pouvait discuter avec les lecteurs anglophones (de tous pays, donc pour le coup on a Ă©tĂ© habituĂ©s aux accents et expressions quotidiennes). bien sĂ»r on pouvait aussi intervenir en cours, mais si 30 Ă©lèves dĂ©cident de prendre la parole, le ‘vrai’ cours dure 10 minutes.
ce qui, comme au lycĂ©e, n’empĂŞchait pas que les trois quarts des Ă©lèves n’osaient pas lever la main pour parler. alors que c’est censĂ© ĂŞtre un parcours qu’ils ont choisi. alors j’me demande si ce serait vraiment utile, d’ajouter des heures de conversation.
Les labos-langues? On n’en avait pas beaucoup, mais ça oblige Ă parler. Et comme tu parles dans un micro et un casque, tu t’entends, mais sans le problème de la timiditĂ© devant les autres. Et franchement, l’anglais, les trois ans d’enseignement que j’ai eu au lycĂ©e Ă©taient suffisant pour apprendre la base et lire Foster ou Ishiguro en dernière annĂ©e. Et n’avoir aucun problème lors de mon premier voyage aux US - Ă New York, justement.
Après… maintenant que je pratique l’anglais plus rĂ©gulièrement, j’en dĂ©couvre les subtilitĂ©s et me rend compte que ce n’est pas une langue Ă©vidente Ă vraiment maĂ®triser, mais la base ne devrait pas ĂŞtre si difficile.
(Bon, après, l’Ă©cole suisse a sĂ»rement plus de moyen et les Ă©tudiants sont 24 par classe, donc ça aide.)
perso, c est avec l anglais hong konguais que j ai eu grave du mal. Obligee de les faire repeter 4 fois, aucune grammaire, tout ca…mes 2 ans en UK et voyages aux states ne m ont pas aide non plus. Ils comprennent mieux un francais qui ne fait aucuns efforts d accents que quelqu un qui parle comme un americain. frustration enorme. Du coup, je fais plus aucuns efforts et la ce sont mes potes anglais qui me comprennent plus. :(
Y’a pas Ă sourciller, je n’ai vraiment appris Ă parler anglais que lorsque je me suis retrouvĂ©e Ă la fac de Hong Kong (Georges ;)), en coloc avec une amĂ©ricaine et avec des cours exclusivement donnĂ©s en anglais par des intervenants non-chinois.
MĂŞme si l’anglais chinois vaut son pesant de riz au sĂ©same!
Depuis, je perd littĂ©ralement mon beau bilinguisme mĂŞme si je prend toutes les occasions qui passent de parler anglais (la fille au pair des amis, les films et les bouquins, les dossiers anglais de ma boĂ®te…). Sic.
Alors moi je te crois mais je veux bien venir te voir a NYC quand mĂŞme. :D
ça fait un peu plus d’un an que je vis Ă NY et ttes mes annĂ©es d’anglais n’ont pas pesĂ© lourd face Ă mes diffĂ©rents interlocuteurs. La version parlĂ©e est tellement diffĂ©rente de tt ce qu’on nous apprend (de thĂ©orique) au lycĂ©e ou Ă la fac. Rien de mieux qu’une immersion pour apprendre une langue ;-)
Tant qu’on ne s’est pas plonge pour de vrai et tant qu’on n’a pas ouvert la bouche un bon coup quitte a faire rire, on n’y arrivera jamais. C’est aussi en se faisant reprendre par un local qui ne vous comprend pas au debut qu’on trouve ses bons mots. But of course.
Je sais pas, j’ai jamais ressenti ça comme ça. C’est peut-ĂŞtre de m’ĂŞtre nourrie aux films en v.o. depuis que ma mère a dĂ©cidĂ© qu’Ă 8 ans, on lisait assez bien pour lire des sous-titres, je n’ai jamais eu de problème avec l’amĂ©ricain parlĂ©.
Oui, c’est pour ça, M’dame Jo (+ une certaine facilitĂ©, einh)!
Pensez aux suĂ©dois qui parlent tous et comprennent très bien l’anglais. Je ne crois pas qu’ils aient un système scolaire plus performant que le français ou le suisse mais chez eux, le doublage n’existe pas. Donc, dès tout petits, les enfants regardent les films et les sĂ©ries in English et cela forme l’oreille. Je ne regarde pas Heroes sur TF1 Ă cause de cela. Je ne suis pas snob mais il m’est impossible de regarder un film ou un Ă©pisode doublĂ©. Donc, vive la version originale et les sous-titres!!
A vous toutes: merci pour vos commentaires, je vois que les avis sont partagĂ©s…
globulita: oui, je suis d’accord avec les versions en vo dès petits
M’dame Jo: merci Ă ta mère! et oui, l’anglais c’est facile au dĂ©but, ça se complique ensuite!
Dolce Vita: oui c’est dur de se lancer au dĂ©but, mais tu as raison il faut oser et puis ici on adore l’accent français, donc ça permet de plus se lâcher!
Deli: I agree with you of course; it was so hard at the beginning for me, but the New School saved me!
Georges: de l’anglais version Hong Kong, oh ça doit pas ĂŞtre facile, ça, d’ailleurs j’ai Ă©tudiĂ© avec des KorĂ©ens , des Japonais et des Chinois et j’avais parfois du mal Ă les comprendre mais c’est bien d;avoir des accents diffĂ©rents!
sskizo: mon cousin est prof d’espagnol et il rĂŞve de changer les mĂ©thodes françaises d’apprentissage des langues! Moi, je regrette que nous n’ayons pas eu plus de chance de parler, au moins en Ă©cole de Commerce.
girlizounette: ah, ah, ah, passer des Américains au British, ça doit être encore plus drôle!
PS: comme je suis bilingue en espagnol, au dĂ©but je parlais espagnol dans les magasins ici, oui, je sais c’est pas bien. Bon, now I always speak English, of course!!!!!
Merci pour cet article je me sens un peu moins coupable
Je vais l’imprimer tiens
ho my god !
Brian… c’Ă©tait pas dans le jardin qu’il Ă©tait ???
rhoooooo
des annĂ©es de tromperie…
y’a bien une version de Brian par les Tetes Raides… mais j’ose pas dire ici…
:)
Je suis tout Ă fait d’accord pour dire que le système français de l’apprentissage des langues Ă©trangère est bidon!!
Pour ma part, gros problème entre l’anglais et l’amĂ©ricain… A l’Ă©cole on m’a appris le premier (enfin les bases et pas Ă m’exprimer Ă l’oral !!) et hors scolaire, j’ai perfectionner mon amĂ©ricain et l’accent par ailleur.
Le problème est qu’il m’arrive d’utiliser des mots anglais en ayant l’accent amĂ©ricain et mĂŞme parfois de dire juste avant une expression typiquement amĂ©ricaine!
J’ai eu très peur que cela me pĂ©nalise pendant mes Ă©tudes mais apparement les professeurs sont assez tolĂ©rant car j’ai obtenu 17/20 Ă mon oral de BTS.
Je tiens Ă©galement Ă ajouter que les danois ont un système très interessant: ils apprennent l’amĂ©ricain dès leur plus jeune âge et la majoritĂ© partent après leur bac pendant 1 ans Ă l’Ă©tranger.
Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais je vais ajouter le mien Ă la liste tout de mĂŞme! :)
Anglais première langue au collège, poursuivi au lycée, puis deux années de prépa littéraire, la deuxième en spécialité anglais.
J’ai fait de l’anglais essentiellement Ă l’Ă©crit, et il est vrai que j’ai dĂ©plorĂ© qu’on ne nous donne pas plus la parole… Tout en ayant peur de la prendre, lorsqu’on me la donnait: peur de me sentir ridicule, de faire des erreurs, du mauvais accent, etc.
Cette annĂ©e, je suis partie Ă Londres en Erasmus, pour terminer ma licence d’anglais. Et c’est lĂ que mon discours diffère: je n’ai finalement pas Ă me plaindre de l’enseignement que j’ai reçu. On m’a appris l’anglais britannique: je m’en sors très bien avec ça. Pas de problèmes de comprĂ©hension majeur, sauf en cas d’accent très prononcĂ©. Mon accent, en fonction des jours, est soit remarquĂ© très vite, soit plutĂ´t indĂ©finissable (on sait que je ne suis pas anglaise, mais de lĂ Ă dire d’oĂą je viens…) Beaucoup de mes amis sont amĂ©ricains, et non anglais, mais lĂ encore, aucun problème.
Alors certes, le fait d’ĂŞtre plutĂ´t douĂ©e pour les langues, et les visionnages de sĂ©ries et films par dizaines en V.O., sous-titrĂ©e ou non, ont probablement jouĂ© en ma faveur. Et depuis 4 mois que je suis lĂ , j’ai fait des progrès indĂ©niables: je comprends plus vite, plus facilement, je rĂ©agis plus vite, je suis plus confiante. Ma peur de faire des erreurs et d’ĂŞtre ridicule s’est peu Ă peu effacĂ©e, grâce Ă la pratique.
En particulier, je suis très efficace Ă l’Ă©crit, et ce comme beaucoup de français: traduction, essais… L’anglais acadĂ©mique, on maitrise, souvent mieux que les anglais eux-mĂŞmes, et c’est plutĂ´t Ă notre avantage!
Il faudrait donc sans doute encourager la pratique orale de langue dans les classes françaises. Mais aussi l’introduction de la VO Ă plus grande Ă©chelle sur nos petits Ă©crans!
En bref, des progrès restent Ă faire… Mais notre système n’est pas si mauvais que ça. (Ou en tout cas, s’est amĂ©liorĂ© en comparaison Ă la dĂ©cennie prĂ©cĂ©dente.)
Bonjour,
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt cette discussion et je suis d’accord avec vous pour dire que le système français de l’apprentissage des langues étrangères ne fonctionne pas.
Suite Ă mon expĂ©rience en prĂ©parant l’agrĂ©gation d’anglais, j’ai Ă©crit un livre, “Sorbonne Confidential” (Fayard 2007), qui explore les raisons de cet Ă©chec, en particulier les liens entre les concours de recrutement des professeurs et les rĂ©sultats dĂ©cevants des Ă©lèves en anglais.
Saviez-vous que dans l’épreuve de l’agrégation d’anglais, le candidat doit écrire une dissertation et discuter d’un problématique de grammaire EN FRANÇAIS ? Jusqu’en 2005 le futur professeur d’anglais était même obligé de faire une leçon orale EN FRANÇAIS.
Une étude récente montre l’importance de la maîtrise de l’anglais dans les embauches. La défaillance de l’école publique pénalise surtout les familles les plus modestes, car seules les familles plus aisées peuvent se permettre de bénéficier de cours de soutien scolaire, une industrie en plein essor.
Laurel Zuckerman, auteur de « Sorbonne Confidential ».
Je suis allĂ©e en Ă©cole internationale a l’age de sept ans. Mes premiers cours d’anglais, c’Ă©tait des classes de 18 avec une prof amĂ©ricaine qui ne savait pas parler français, et on avait classe pendant quatre heures sans interruption l’apres midi en faisant un peu tous les exercices que l’on voulait. En anglais. Of course ^^.
Je suis restĂ©e deux ans dans cette Ă©cole. Quand j’en suis sortie et que je suis rentrĂ©e en sixieme dans une Ă©cole privĂ©e, le choc: la prof d’anglais donnait un cours pour dĂ©butant alors que j’Ă©tais dĂ©jĂ bilingue, et ne comprenait pas quand je parlais(sic). Ca a Ă©tĂ© comme ça pendant toute ma scolaritĂ© dans un système français. J’ai vexĂ© un tas de profs d’anglais. Un TAS. Sur huit ans de cours d’anglais je n’ai eu que deux profs que je qualifierais de rĂ©ellement anglophones, avec un bel accent, et qui ne me demandaient pas de rester au fond de la classe sans rien dire de tout le cours parce que “Not you, I know that you know the answer”.
Donc oui, le système français est vraiment mal fait. Surtout quand on se compare aux allemands T_T
Pas le temps de lire les autres commentaires.
Mon avis et c’est ce que je dis toujours a d’autres: si vous voulez apprendre a parler une langue il faut aller vivre dans le pays. 2 mois Ă©tant un minimum. Parce qu’il n’y a pas que le vocabulaire, il y a l’accentuation aussi.
Traduire, au dĂ©but peut ĂŞtre. Mais on va tellement plus vite quand on ne traduis pas. D’ailleurs a mon mari, pour qu’il apprenne le français je (avec l’aide de la famille) lui ais offert Rosetta Stone. Le principe c’est association image+mots+son, et pas de traduction. Après tout c’est comme ca qu’on a appris notre langue. Je n’ai encore jamais vu de dictionnaire adulte-bĂ©bĂ© ;)
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Ah ben tu vois moi ca a Ă©tĂ© tout le contraire ! Mon copain Ă©tant amĂ©ricain (new-yorkais tiens en plus dis donc), c’est en dĂ©barquant en Angleterre que j’ai Ă©tĂ© un .. paumĂ©e pendant quelques jours, le temps de s’habituer Ă l’accent et autres.
Mais tu as tout Ă fait raison, mĂŞme si l’Ă©cole m’a appris tout de mĂŞme des bases indispensables, le “vrai” anglais, l’anglais parlĂ©, ce n’est surement pas lĂ que je l’ai appris.