Car je parle français. Langue hautement misogyne s’il en est.
Le plus Ă©vident est bien Ă©videmment le mot « homme ». Qui dans notre langue dĂ©signe le sujet de sexe masculin, mais aussi l’ensemble de l’humanitĂ©. Les femmes ne seraient-elles donc pas englobĂ©es dans l’humanitĂ© ? N’auraient-elles pas, lors de la crĂ©ation et de l’évolution de notre belle langue, mĂ©ritĂ© l’appelation d’être humain ? C’est la majuscule qui tue ! “homme” et “Homme”. L’homme avec un grand H ! VoilĂ ce qui est humain, voilĂ ce qui ressent, voilĂ ce qui pense : l’homme.
La femme elle, n’a eu le droit qu’au statut d’objet, que l’on se passe entre hommes. Vous naissez fille, et vous êtes la fille de quelqu’un. Vous grandissez femme, et vous devenez la femme de quelqu’un. Ainsi, lorsque votre mari vous présente : « Voici ma femme », il marque ainsi sa possession : « Ma femme ». Notre langue lui permet de vous posséder, au moins sur le papier, au moins suivant le dictionnaire. Il devient votre mari, et vous devenez sa femme, tout en restant la fille de votre père. Double possession que notre belle langue vous permet de réaliser pleinement.
L’homme lui, est un garçon, et le fils de quelqu’un. Il est un homme, et le mari de quelqu’un. L’homme, personne le possède, notre belle langue nous le défend bien.
Possession que d’autres langues n’ont pas retenu. L’anglais par exemple. Vous naissez fille (girl), vous etes la fille de quelqu’un (daughter). Vous devenez femme (woman) et vous devenez la femme de quelqu’un (wife). Critiquons les anglais à foison mais accordons-leur au moins cela : la misogynie n’est pas inscrite dans leur dictionnaire.
On peut aussi parler de l’emploi du neutre, en tout point semblable au masculin dans la langue française lorsque le sexe n’est pas précisé. Ou lorsque femmes et hommes se mélangent dans un groupe. Dans le doute, le masculin prévaut toujours. Dans l’abondance, on ne retiendra que le masculin.
Les exemples dans notre langue sont nombreux, de cette supériorité masculine que l’on vous apprend en même temps que la grammaire. On ne le remarque même pas souvent, tellement cela nous parait normal d’être la fille et la femme de quelqu’un. Et pourtant, jamais possession n’aurait pu être plus claire. On n’est pas, on appartient. Je ne dis pas bravo à la langue française.
posté le 08/01/2008 | 1189 vues | 12 commentaires | tags: condition_de_la_femme genre phallocratie langue_francaise masculin misogynie féminin
rappellons tout de mĂŞme qu’en anglais, ‘wife’ vient du vieil anglais ‘wif’ qui veut dire… femme.
Pour se remonter le moral :
La fille en allemand “Das Mädchen” ==> Neutre…
Euh.. Je veux pas casser le commentaire d’avant, ni faire un cour d’allemand de rattrapage mais justement, “das Mädchen” vient du vieil allemand “Die Mad”, la dame : c’est fĂ©minin.
En tout cas, je suis bien d’accord avec toi, le français a pas Ă©tĂ© au top sur ce coup-la.
Oui, ça peut Ă©nerver, mais je n’y vois lĂ qu’une rĂ©gle, rien de plus grave…
Ce que je trouve drĂ´le, c’est cette phrase:
“Possession que d’autres langues n’ont pas retenu” qui aurait mĂ©ritĂ© un “e” Ă la fin de retenu… Pour une fois que nous Ă©tions au fĂ©minin!
je vous prĂ©sente mes femmages, pour toutes vos oeuvres …
on n’a pas dit notre dernier mot :)
sans parler des mots Ă©picènes, comprenez ceux qui ne prennent jamais de feminin comme acquereur, apĂ´tre, assassin, escroc, gĂ©omètre, mĂ©decin, professeur, vainqueur etc…
a noter que les mots feminins qui ne prennent pas de masculin sont un peu plus sympathique, comme vedette… mais non en fait c’est tout apres il y a brute, bĂŞte, crapule et victime, racaille et dupe…
de quoi desepéréé!!!!
Tout Ă fait d’accord avec ton article moi…et je me dis : “heureusement qu’on a pas gardĂ© le terme femelle pour nous qualifier, quoi que…”
Sinon je venais aussi pour autre chose, j’ai vu que tu n’avais pas de blog, est-ce que ça t’intĂ©resserait d’en faire un ? Je peux t’expliquer quelques trucs sur Overblog, si ça t’intĂ©resse je peux faire quelque chose pour toi… :)
@Maryon : non moi pas avoir blog :o
Mais pour etre honnete, je ne suis pas sure d’avoir envie d’en faire un. Pas assez de temps pour qu’il soit correct, pas assez de gens pour le lire et peut etre aussi pas assez de choses intĂ©ressantes Ă dire ;)
Mais merci de la proposition, je garde sous le coude !
tu peux, si un jour tu changes d’avis, n’hĂ©site pas :) moi je pense que tu aurais pas mal de choses Ă dire, comme toutes les filles de LR :) je te donne mon adresse si un jour tu as besoin: g.maryon @ free.fr (je te laisse enlever les espaces pour les spams…) :)
J’en connais une Ă qui ce dĂ©bat va plaire (olympedegouges dont je viens de dĂ©couvrir le sympathique blog avec son fameux sondage “Doit on revoir les règles grammaticales pour les rendre moins sexistes?”). :-)
Du reste, sur le fond j’adhère Ă ton propos girlizounette, par ailleurs, bien que j’aime la langue française et que je tente au mieux de la respecter, je suis on ne peut plus heureuse que les règles d’accord du fĂ©minin des noms de mĂ©tier ont Ă©tĂ© revues en Belgique. Bon, une première bataille de gagnĂ©e…
Du reste, comme toute langue, le français Ă©voluera, il ne tient qu’Ă nous de crĂ©er les tendances. :-)
HolĂ lĂ , je n’ai pas encore Ă©mergĂ©, j’ai utilisĂ© deux fois la mĂŞme articulation “du reste”. Dites l’Ă©quipe de LR, quand pourrions nous rééditer nos commentaires? :P
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