Mettre un réveil le samedi matin ca a quelque chose de contre-nature.
Les seules raison pour lesquelles j’accepte d’ĂŞtre rĂ©veillĂ©e le samedi matin par autre chose que mon horloge interne (ou mon Brun bien sĂ»r) se limitent Ă un dĂ©part en vacances, une invitation Ă dĂ©jeuner, un lever de soleil romantique, une expo Ă ne pas rater ou….. le dĂ©mĂ©nagement d’un copain.
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Un déménagement, quand le copain en question vous demande un coup de main ou que vous vous proposez spontanément, ça a toujours quelque chose de sympa, on se voit déjà entre potes, sous un soleil radieux, porter des cartons ultra légers, des tables en plastique, charger un camion dans une avenue sans passage et tout installer dans un appart situé au 2ème avec un ascenseur immense.
Ce qui est complètement lunaire c’est qu’on sait pertinemment que ça ne ressemblera pas à ça, ça n’y ressemble effectivement pas et pourtant la fois d’après on va accepter avec autant de rĂ©elle joie.
Vous avez dit maso?
Remise en situation.
Il est 11h, je suis vaguement dans le mĂ©tro, je crois que ca fait très longtemps que je n’ai pas pris le mĂ©tro Ă cette heure-lĂ , la luminositĂ© est Ă©trange, ciel blanc, gamins qui braillent, valises dans tous les sens, je commence dĂ©jĂ Ă me dire que ca sent mauvais cette histoire. Je check, c’est bon je suis en tenue spĂ©cial dĂ©mĂ©nagement, jean, baskets, tee-shirt pourri, blouson et queue de cheval, une chose est sĂ»re je ne vais pas me faire draguer, j’en connais un qui peut ĂŞtre rassurĂ©.
Il est 11h45, on poireaute Ă un coin de rue, les autres sont Ă la bourre, j’essaie de ne pas penser aux 15 minutes de plus que j’aurais pu passer sous ma couette.
Il est 12h30, on a enfin positionnĂ© le camion portes ouvertes devant le garage, après avoir tournĂ© 10 minutes pour trouver cette foutue entrĂ©e de garage, je dĂ©testais dĂ©jĂ les sens interdits et les sens uniques du 14ème pour y avoir vĂ©cu mais lĂ c’est l’apothĂ©ose.
Il est 12h45, le jeu de TĂ©tris gĂ©ant commence, je laisse mon blouson dans un coin, je range carton après carton au fond du camion “Et la table, tu me laisses une place pour la table?”. Note pour plus tard, organiser des formations spĂ©cial “cartonnage” c’est complètement dingue de faire des cartons aussi mal foutus, aussi mal scotchĂ©s et aussi lourds. On ne met jamais tous les livres dans le mĂŞme carton, ce sont mes lombaires qui te parlent.
Il est 13h15, je n’arrive juste pas Ă croire qu’on ait rĂ©ussi Ă mettre un appart de fille dans un camion en seulement 30 minutes, mais qu’est-ce qu’on est bons! Direction le Marais pour le dĂ©chargement et zou on pourra rentrer se coucher. Et on a eu du bol, il a mĂŞme pas plu. Hey! C’est quoi qui vient de me tomber dessus? Une goutte? Oh non. Dieu des dĂ©mĂ©nageurs bretons, nous faites pas ça. Attendez 15h. SiouplĂ©. DĂ©jĂ que je suis pas fraĂ®che, si je frise en plus, ça va ĂŞtre la dèche.
Il est 13h20, on traverse Paris en twistant dans le camion, plus on se rapproche de la rue de Rivoli, plus je commence à me souvenir que les rues du Marais sont à peu près aussi larges, dégagées et pratiques que celles de Montmartre, souvenir ému de mon propre déménagement il y a 2 ans.
Il est 13h30, le camion est calĂ© dans un renfoncement de cette mini-rue, de nouveaux bras nous ont rejoint, frais et dispos (oĂą qu’ils Ă©taient eux Ă 11h ??), je me rappelle juste que je dois Ă©viter de faire des blagues et de me faire les dialogues de Rabbi Jacob dans cette rue, on ne sait jamais.
Il est 13h31, M. m’apprend, avec un grand sourire, que le nouveau nid d’amour qu’il inaugure aujourd’hui avec sa chĂ©rie est situĂ© au 6ème Ă©tage sans ascenseur d’un immeuble tout Ă©troit avec donc une cage d’escalier toute Ă©troite. Ma couette se fige, mon sourire aussi, mes lombaires veulent se carapater mais je reste forte, ça va aller, CA VA ALLER!
Il est 13h40, comment 7 personnes peuvent-elles ĂŞtre autant dĂ©sorganisĂ©es, c’est quand mĂŞme pas compliquĂ© de faire une chaĂ®ne, un par palier et on grimpe les cartons?
Il est 13h45, un semblant d’organisation se dessine, on ne grimpe plus 6 Ă©tages mais 3, le camion est dĂ©chargĂ© dans le hall de l’immeuble, tout le monde sue Ă grosses gouttes et moi j’ai l’impression que les cartons se sont multipliĂ©s comme par enchantement depuis tout Ă l’heure.
Il est 13h47, bien évidemment, on a laissé les cartons les plus lourds pour la fin, les fameux cartons pas scotchés et plein de bouquins.
Il est 13h48, le dernier carton se déchire, heureusement on est au 6ème, bon ils se les rangeront leur foutus bouquins de poche.
Il est 13h50, tout le monde est hagard dans l’appart, on se permet enfin de jeter un coup d’oeil Ă la merveille pour laquelle on a souffert. OK ca vaut le coup, de la lumière, une mezzanine, une vue imprenable sur les toits de Paris et la Tour Eiffel, lĂ -bas au loin, qui a l’air de bien se marrer.
Un chouette appart d’amoureux en plein Marais, est-ce que ca vaut mes lombaires? Je pourrais pas vous rĂ©pondre lĂ sur le coup on en parle plus tard? :)
posté le 05/01/2008 | 371 vues | aucun commentaire | tags: copains cartons demenagement paris
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