Un magazine pour “des filles Ă la page”. C’est quoi une fille sur le Net ? Comment on la reconnaĂ®t ? Ă son avatar ? son pseudo ? au fĂ©minin qu’elle accole au participe passĂ© ou Ă l’adjectif ? Et comment on le vĂ©rifie ? Comment ĂŞtre sĂ»r(e) que Lapeste est une femme ? M. Boin, un homme ? Le comitĂ© de rĂ©daction, ou de direction, quant Ă lui ne peut pas aussi facilement cacher son sexe, il a (depuis peu ?) une identitĂ© officielle (et vĂ©rifiable).
Le dĂ©shabillage commence…
Dans le dĂ©bat qui a agitĂ© ce site depuis deux jours, il est curieux, en parcourant les commentaires des un(e)s et des autres, de sentir un lĂ©ger malaise nous (m’) envahir : comment se fait-il que, lĂ , je sais que c’est une femme qui Ă©crit ? Les clichĂ©s, les a priori machistes : ”le crĂŞpage de chignon” ? Et mĂŞme les commentaires, parfois acerbes, de la “surgĂ©” (surveillante gĂ©nĂ©rale) rĂ©primendant ces demoiselles (les tutoyant de surcroĂ®t) et leur intimant d’arrĂŞter de bavarder, de lui “pondre” un article, ou d’aller alimenter leur blog respectif…
Pourquoi la parole de l’homme, quand elle paraĂ®t, apparaĂ®t au milieu de ces Ă©changes, se doit-elle de se parer d’une autoritĂ©, se voulant, très naturelle (courte, incisive, tranchante) comme pour “trancher” justement. Un homme au milieu de ces “dames” (est-ce un homme, sont-ce des dames ? la question n’est toujours pas rĂ©solue).
Allons sur les blogs des un(e)s et des autres. LĂ encore, d’un cĂ´tĂ© “autoritĂ© naturelle”, “voix” affirmĂ©e (droit dans ses bottes) faisant la leçon, remettant Ă sa place; de l’autre, filles obnubilĂ©es par les mecs… dont les textes “Ă©rotisĂ©s” peuvent, soit reflĂ©ter une homosexualité latente (toi femme qui lit mon texte de femme dĂ©crivant mes Ă©mois de femme…), soit servir ce bon vieux voyeurisme masculin : regarder, et lire, des filles qui s’excitent mutuellement, “c’est bon, bon, bon…”. Bon!!! ai-je vraiment bien lu ? Je suis, je l’avoue, assez novice en la matière (de blogs et blogueurs/euses). Je prĂ©fère, d’ailleurs, ne pas trop aller du cĂ´tĂ© des blogs de ces messieurs, dont je ne doute aucunement que la vulgaritĂ© puisse atteindre des sommets (s’agissant d’Ă©rotisme, naturellement…).
Tout n’est-il qu’une question de fesses, et de “comment on exprime ce qui nous Ă©moustille”, pour dĂ©finir ce qu’une Ă©criture a de masculin ou de fĂ©minin ? Est-ce le pouvoir dont on se sent investi socialement (et masculinement, par dĂ©finition, cf. en cela l’analyse de Bourdieu, dont il me semble qu’elle s’avère chaque jour un peu plus) qui ressurgit dans le choix des mots qui est le nĂ´tre ?
Le dĂ©bat, ici surgi et ailleurs poursuivi, sur le pouvoir, le contrĂ´le du Net, par des censeurs, des intĂ©rĂŞts Ă©conomiques, me paraĂ®t d’une extrĂŞme acuitĂ© et devrait être transposé à tout notre “monde” mĂ©diatique (cf. Les illusions nĂ©cessaires de Noam Chomsky) : aux plateformes nous offrant des espaces pour crĂ©er nos blogs, aux journaux et autres sites très sĂ©rieux, dont les “modĂ©rateurs” modèrent les dĂ©bats suivant leur envie, ou la nĂ©cessité éditoriale… et, Ă©trangement, c’est souvent la mĂŞme chose (qui contrĂ´le les contrĂ´leurs ? cela n’est mĂŞme plus nĂ©cessaire! ils se surveillent eux-mĂŞmes). Vos analyses ont Ă©tĂ©, en ce sens, fort Ă©clairantes.
Avons-nous le choix ?
Avons-nous le choix d’ĂŞtre un homme ou une femme, et, par lĂ , de ne pas suivre nos ornières rĂ©ciproques ? Avons-nous le choix de nos mots ? Avons-nous le choix d’Ă©crire ailleurs ? Notre Ă©criture est-elle androgyne ? Notre esprit est-il ambidextre ? J’aime Ă me l’inventer.
Ce fut une découverte de parcourir vos commentaires, vos blogs, chers humains en sursis, moi la (ou le ?) martien(ne) en transit sur votre planète.
P.S. : “Ă la page” ? Ă la pige ? le magazine des pages Ă la fille…
posté le 30/12/2007 | 712 vues | 16 commentaires
Oh c’est bon, on t’a reconnu Georges !
What else ?
Que ce soit un homme ou une femme qui poste ici ne me pose pas plus de problème que ça.
Que ce soit sous le bon ou le mauvais avatar non plus.
LibertĂ©, libertĂ© …
En revanche ce qui commence Ă franchement me dĂ©ranger, c’est quand certaines personnes disparaissent alors qu’elles sont bien prĂ©sentes. Je trouve ça très dommageable.
S’agissant de l’auto-censure, tu as raison, soit on se modère toute seule soit on se tire et on ne livre plus du tout son opinion. Deux raisons peuvent l’expliquer, une rĂ©miniscence du père-fouettard ou tout simplement autre chose Ă faire. Parce que bon, relativisons, il existe un ailleurs.
Merci d’avoir lu et commentĂ©.
Il existe une marge entre (auto-)censure et (auto-)modĂ©ration. Il existe un lien entre libertĂ© totale (i.e. pour soi) et pouvoir-censure absolus (= absence totale de libertĂ© pour les autres). Edgar Morin engage Ă allier le couple libertĂ©-Ă©galitĂ© (propre aux systèmes “capitalistes”, ou “Ă©tatsunien”) Ă celui de l’Ă©galitĂ©-solidaritĂ© (plus pratiquĂ© dans des Ă©tats “socialistes” ou europĂ©ens). En fait, sans l’un de ces trois termes, concepts, idĂ©aux… tout s’Ă©croule!
La libertĂ© seule n’est rien… il lui faut l’Ă©galitĂ© et la solidaritĂ© Ă ses cĂ´tĂ©s.
Pardon, pour cette rĂ©ponse, plus qu’indigeste pour un dimanche midi!!! pire qu’un sermon… un discours assommant et pas sexy pour deux sous. Va savoir pourquoi George, la dernière fois que je lui ai parlĂ©, m’a rĂ©pondu d’un air inquiet : “what else ?”.
Oui, il existe un ailleurs… elsewhere… “where else” ?
Ce n’est pas indigeste et ça fait rĂ©flĂ©chir un brin, ce qui n’est pas donnĂ© au commun des mortels. Par ailleurs, il se trouve que ton article est intĂ©ressant et qu’il me parle.
L’Ă©galitĂ©, ça fait bien longtemps que je n’y crois plus, il s’agit d’un conte que me lisait ma maman mais j’avais 4 ans.
La solidaritĂ©, quand je regarde un peu autour de moi, en France, en Europe, en Afrique, je t’assure, j’aimerai encore y croire mais …
Quoi ?!!! quand tu avais 4 ans, ta mère te lisait dĂ©jĂ Edgar Morin ? Blague Ă part, a-t-on vraiment le choix ? est-on nĂ© pour autre chose que de croire en cet idĂ©al : voir se relier les trois termes ? Ici et ailleurs. VoilĂ que je reviens Ă la messe… L’alternative Ă©tant, comme dirait Roland Jaccard, “la tentation nihiliste”.
A part Chomsky, je ne connais pas les personnalités dont tu parles donc pas toujours évident pour moi de te suivre.
bah en fait, nous sommes sur un site qui s’appelle “ladies room” donc j’ai imaginĂ© qu’il y avait une majoritĂ© fĂ©minine ici, et il me semble que l’expression “crĂŞpage de chignons”, assez imagĂ©e, Ă©tait bien adaptĂ©e Ă la situation, mais ce n’est qu’une impression personnelle. Mais je dis bien Ă©videmment “bienvenus” aux garçons.
Tu as raison, nos textes et commentaires sont sexuĂ©s. L’Ă©mergence de “groupement” de femmes, en particulier “quadras” me semble assez rĂ©cent sur le Net, non ? on en est encore aux rĂ©glages en quelque sorte.
je te le disais… George chaque fois qu’il me voit se met illico Ă bâiller. J’arrĂŞte de faire l’intello et m’en vais manger un petit pot-au-feu bio, bien que pas Ă©quitable!!! accompagnĂ© d’un verre, ou deux, de vin de Loire. Auto-modĂ©ration oblige. Bon dimanche aux ladies et aux gentlemen.
oui, c’est fort Ă©tonnant (d’oĂą mon intĂ©rĂŞt grandissant) de pouvoir se figurer assez prĂ©cisĂ©ment quel est le profil social ou psychologique d’une personne, son âge, sa vie presque, simplement en lisant ses traces Ă©crites. Mais, ce qui m’intrigue plus c’est de discerner quelque chose de “sexuĂ©” dans la façon d’Ă©crire des gens. Que des hommes Ă©crivent ici n’est, sans nul doute, pas un problème, au contraire, j’imagine. Mais que “leur” Ă©criture (et il ne s’agit pas ici seulement de “thèmes” diffĂ©rents) soit diffĂ©rente, ça, ça me passionne.
Problématiques intéressantes!
Lire peut-ĂŞtre http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=3496
aller voir aussi systĂ©matiquement qui est qui avec divers moteurs de recherches…
Ladiesroom: enfin un mĂ©dia fĂ©minin qui ne soit pas uniquement “je-moi-ma sĂ©duction” ni “maigrir-lui plaire”?
Un marchĂ© Ă prendre -mode, curiositĂ© culturelle, politique, mĂ©dias et mode beautĂ©, santĂ©- les cinquantenaires actives ni “femme de”, ni “mère de”(!)?
oui, j’ai lu M. Cheminade, effectivement les dangers du Net sont innombrables, mais c’est aussi grâce Ă ce rĂ©seau que j’ai pu arriver jusqu’aux idĂ©es de cette personne, ex-candidat Ă la prĂ©sidence de la RĂ©publique… Ici, la polĂ©mique rĂ©cente a montrĂ© que, mieux qu’en Chine, nous pouvons malgrĂ© tout nous maintenir en rĂ©seau, par-ci, par-lĂ … dire avec relativement de libertĂ© (les films “Brazil”, “Existenz”, nous avertissaient dĂ©jĂ des dangers) et de force, ce qui nous semble “juste” et “Ă©quitable”… J’entends, Ă la radio, Catherine Ribeiro !!! une revenante… elle chante “âmes debout”.
Nous sommes de la mĂŞme gĂ©nĂ©ration…
Je ne sais que penser des idées de ce monsieur.
Il me semble que c’est un des seuls en France Ă remettre en question les structures de notre système Ă©conomique qui prouve jour après jour ses failles quant au respect de la vie et de valeurs telles que respect de la planète, dĂ©veloppement de chacun et futur des hommes.
Valeurs passéistes?
;-)
je radote… je n’en ai pourtant pas encore l’âge… si ? Va voir du cĂ´tĂ© de Chomsky, “Les illusions nĂ©cessaires”, “Entretien après le 11 septembre”… Moi, je file… A plus sur le Net, ou ailleurs… qui sait ? le hasard… est bien impĂ©nĂ©trable.
dĂ©solĂ©e, je vais te tutoyer. merci pour cet article et tes diffĂ©rentes interventions dans les commentaires. je me rapelle bien de ta question sur le genre. oui, je pense que l’Ă©criture est sexuĂ©e, ainsi que la pensĂ©e, quand elle produit des formes. les hommes ont tendance en effet Ă imposer une opinion, et certains Ă vouloir prendre les femmes de haut, comme si elles attendaient la parole divine. on sent souvent cette Ă©trange flagornerie des hommes entre eux, et face aux femmes, cet irrĂ©pressible besoin d’en “imposer”, soit par des tournures de langage alambiquĂ©es, soit par une vulgaritĂ© ou une familiaritĂ© excessive (la fausse complicitĂ©), mais gĂ©nĂ©ralement ça joue au coq. chez les femmes, ce qui me choque toujours, c’est cette fausse solidaritĂ© / complicitĂ© que l’on voit parfaitement dans la vie rĂ©elle. on se donne des conseils, on se congratule, on fait semblant de se soumettre, pour finalement distiler un poison mortel, la jalousie. j’aime communiquer avec des femmes intelligentes, plus qu’avec les hommes, elles perdent moins de temps, vont plus directement Ă l’essentiel, au coeur du dĂ©bat. le cĂ´tĂ© “crĂŞpage de chignon”, oui, peut ĂŞtre. je ne veux pas rĂ©duire les Ă©changes fĂ©minins Ă cela. peut ĂŞtre que je n’y suis pas du tout habituĂ©e, n’ayant pas Ă me bagarrer avec les autres femmes dans la vie rĂ©elle… il est pour moi, et pour d’autres que tu as croisĂ© ici, essentiel de pouvoir dĂ©fendre une position, une idĂ©e. souvent, d’autres personnes te taxent en retour d’Ă©litisme, d’aggressivitĂ©, n’acceptant pas qu’une personne ne rentre pas bien sagement dans le consensus, dans la fausse complicitĂ©… comme dans la vraie vie. ça crĂ©e des tensions, c’est normal, toutes ces visions du monde qui se rencontrent (ce qui dĂ©passe largement pour moi l’idĂ©e du crĂŞpage de chignon, qui me chifonne par son sens sexiste). c’est ce qui rend ce mĂ©dium intĂ©ressant. la barrière physique est absente, de mĂŞme que celle des accents, de l’image sociale. c’est porteur d’une vraie Ă©nergie, mais aussi de beaucoup de confusions….!
je suis censurée ici, mais viens nous voir sur http://epidemik.fr
Ă bientĂ´t!
merci, pour cette si claire et Ă©clairante rĂ©ponse (ça fait avancer mon “schmilblik” personnel).
Depuis ma dĂ©couverte de Ladies, des ladies… je vais aussi sur epidemik, le blog de M. Boin, ce qui se crĂ©e en rĂ©seau, en somme. Après, il faut apprendre Ă gĂ©rer son temps… de vacances. Ne pas devenir trop addicted, “marteau” (danger dĂ©crit par Cheminade, dans le site indiquĂ© ci-dessus par ANwe). Bon rĂ©veillon!!! chères ladies.
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.
Some kind of unreal music #18 L'année 2012 en musique, du moins le début : Storia nous en fait un rapide tour d'horizon !
Les chroniques menstruelles d'Ovary #4 Des lunettes sinon rien : c'est la nouvelle lubie d'Ovary en plein dérèglement hormonal !
Aux douze coups de minuit ! 2011 était cool, Ladies (plus ou moins) mais 2012 le sera davantage encore !
N’empêche que ce matin, j’étais super fière de moi : j’ai réussi à conduire ma fille à l’école ! Alors merci, je sais, c’est loin d’être un exploit. Entre parenthèses, je suis heureuse de votre intervention...
La mécanique était parfaite, le discours bien huilé. Comme un symbole, l’annonce que l’on attendait depuis des semaines avait été faite un vendredi 13 et elle résonnait encore comme un coup de tonnerre. La note du pays avait...
Je passe une nuit agitée. Réveillée vers trois heures du matin par un cauchemar angoissant. Je tourne et retourne dans mon lit dans l'espoir de retrouver le sommeil. J'essaie d'avoir des pensées apaisantes. Songer à ce que...
C’est l’histoire d’Aurélien, un petit con de 26 ans à l’époque qui balançait l’histoire d’un mec qui surprend sa petite amie avec un autre et qui débite dans un rap plein de fiel tout le malheur qu’il lui souhaite...
Le 11 janvier 2012, les « lego friends » envahiront les magasins de jouets français. Ils ont déjà inondé le marché anglais et américain. Cette nouvelle gamme serait plus girly...
Pour tous ceux qui aiment la littérature ! Il s'agit d'une saga dont on ne peut pas décrocher, dans un monde où la magie, la guerre et la diplomatie s'entremêlent, où la haine côtoie l'amour...
merci pour ton article , je le trouve genial et apoint nommé merci