Humeurs

L’anticonformiste.

J’ai un problème ( je crois bien que je t’aime ! Sylvie, sors de mon corps !) qu’il m’est difficile de décrire en un seul mot donc je vais le faire en 100. Comment dire… Je fais tout “par hasard”. Ou “parce que ça me chante”.

Mon boulot, par exemple. J’ai entamé des études d’assistante sociale par hasard. Je ne voulais pas aller travailler, je ne voulais et pouvais pas retourner à l’université, j’ai donc cherché une première année qui ne donne ni de maths ni de science… Je suis tombée sur 1ere année Tourisme ou Assistante Sociale… Et en tourisme, ils n’acceptaient plus personne, c’était plein. Et je suis devenue la joviale assistante que je suis. Entendons nous bien, je suis ravie. Ce métier remplit mes penchants avouables et moins avouables, il correspond à ma personnalité. Mais on ne peut pas vraiment parler de vocation.
Après, j’ai cherché du boulot. J’en ai trouvé, j’ai changé, relativement facilement. Puis je me suis dit que je voulais aller travailler en prison. Justement, il y avait un concours. 800 personnes. D’autres auraient étudié, bûché les cours, révisé la matière, pour être sûrs de réussir. Moi pas. J’y suis allée avec une gueule de bois (véridique). D’étape en étape, j’ai surfé là-dessus avec la détermination d’un poulpe. Pourtant, j’avais envie de cet emploi en prison, de devenir fonctionnaire (et, ne nous le cachons pas, des tous les avantages associés). Contre toute attente, j’ai passé deux concours en même temps, je les ai réussis. Tous les deux. Et j’ai été bien classée. Et j’ai eu mon poste en prison.

Tout ça sans aucune conviction. Maintenant que je suis en prison, on me parle de cercle de développement. Hein? Je suis censée étudier ma façon de travailler et proposer des lignes d’action pour améliorer ma pratique…. Autant vous dire que la réponse “je fais ceci parce que j’en ai envie” n’est pas tolérée…

Et voilà, je suis coinçée… Je ne fais aucun plan. Jamais. Enfin, pas à long terme. Ce qui va se passer dans un an est SUPER lointain et je me contrefous de ce qui arrivera à ce moment-là. Plus précisément, j’ai la ferme intention dans un an de faire exactement la même chose que maintenant, c’est à dire ce que je veux (et un peu n’importe quoi).

Et force est de constater que mon instinct, pour inconscient qu’il soit, fait particulièrement bien les choses.

Au niveau de ma vie privée, c’est pareil. Je fais, parce que j’ai envie. Aucune autre motivation n’est à déceler chez moi.

En règle générale, moi et mon dilletantisme vivons en bonne intelligence. Il me porte où je veux aller, je veux aller où il me porte, bref, entre lui et moi, c’est le bonheur. Le problème, c’est quand je dois expliquer aux autres ce que je fais. D’abord, je passe pour une parfaite molle du bulbe, limite idiote. Ensuite, pour une fille qui manque d’ambition. Ce que je trouve parfaitement injustifié: j’ai l’ambition d’être qui je suis, ni plus, ni moins, et d’y parvenir. J’en croise assez qui n’ont ni cette ambition-là, ni les moyens d’y parvenir, d’ailleurs. Je passe aussi pour une tarée sans logique.

Toutes ces étiquettes ne me gênent pas outre mesure. Je suis l’originale de service, celle au caractère pas commode, la pas-drôle ou, au contraire, la trop-drôle.

Le problème c’est quand je doute… Parce qu’au lieu de me faire confiance et de suivre ma ligne, je doute du bien-fondé de ma ligne. Il est parfois difficile de ne pas entendre tout ce qu’on dit…

Ma dernière en date? J’ai envie d’acheter une maison avec mon mec. Jusque là…
Seulement je le connais depuis août. 2007. Et nous n’avons pas vécu ensemble.

Au fond de moi, ça n’a AUCUNE espèce d’importance. Je fais ce que j’ai envie de faire et roule petit.
Mais, mais, mais… Ces petites voix disent “haaan mais tu y as bien réfléchi??” Réponse: non, je ne réfléchis jamais, et jusqu’ici, ça m’a plutôt bien servi. “HAN, mais tu es sûre que c’est lui ? ” Réponse : non, et alors ? Si il faut attendre d’être sûre des choses avant de les faire, on ne fait jamais rien. “HAN, mais fais attention une maison, c’est de l’argent quand-même! ” Réponse : ce n’est QUE de l’argent. Je n’en ai pas assez pour considérer que c’est plus important que mes envies et mon instinct.

Ces petites voix me poursuivent… J’ai du mal à ne pas perdre mon cap.

12 Responses to “L’anticonformiste.”

  • Salut Miss Lili, ton article m’a bien fait sourire… et puis surtout je trouve assez fascinant cette action lassive (assez paradoxale, c’est ça qui est rigolo) d’assumer ton parcours et ton quotidien. j’avoue être totalement le contraire, j’ai toujours eu l’impression de lutter et de me battre dans mes choix et pour arriver à être où je suis. En tout cas, bravo madame !

  • Tout s’est bien passé pour toi Lili jusqu’ici. J’espère que tu as la carapace nécessaire à quand ça ne marchera pas (du tout) comme prévu.
    Perso j’ai eu une petite période pleine de choune comme ça, ça s’est vite terminé et depuis bien longtemps si je ne me bouge pas sauvagement, je n’ai rien, walou queud’. Le fardeau d’être un mec je crois.
    Si je me permettais un conseil, tu peux toujours te retourner ou changer facilement quand tu es seule et sans responsabilité autre. Avec une maison et un mec, ce n’est plus du tout la même chose (je ne parle pas d’argent mais de responsabilités, de promesses etc).

    (dilettante je crois ^^)

  • Boah Miss Lili, si tu n’avais pas exposé ta façon de vivre, je t’aurais dit a propos de la maison : t’es foooooooooolle!!! Bon mon bon sens me dit toujours de prendre un peu ton temps. Mais l’amour est-il quelque chose de raisonnable? Donc bon moi j’ai pas mal envie de te dire : réfléchis certes, mais fais comme bon te semble, tu es adulte et après tout tu as déjà ton independance de formée, donc si tu as envie de vivre avec ton amour, fonce! Tu m’as l’air de quelqu’un de bien particulier alors si tu penses ne pas avoir a regretter après tout on a qu’une vie!

  • Tiens, je connais ça. Moins j’en fais, mieux je me porte. On pourrait me qualifier de paresseuse mais “indolente” me semble être un terme plus approprié (même si je ne renie pas le fait d’être paresseuse également et d’adorer rien faire). Pas ambitieuse pour un sou mais également pas je-m’en-foutiste, j’ai toujours tout réussi à moindre effort. Je suis écologique avec moi-même.

    J’ai parfois mauvaise conscience car je me sens à contre-courant des valeurs dominantes. On nous dit qu’il faut se donner un maximum dans tout ce qu’on fait, que c’est la clé du succès. Et, bien, jusqu’à maintenant, j’ai toujours tout réussi, en faisant juste ce qu’il faut mais pas plus. Résultat: je connais à peine ce que le mot “stress” signifie, j’ai très peu de soucis et dans l’ensemble, je me sens heureuse et équilibrée.

    Pourtant, mon éducation protestante me fait me dire qu’un jour, je vais me ramasser, que je vais payer de ne pas avoir un esprit de winneuse, de tout faire à la dernière minute (je connais bien le mot “procrastination” = faire demain ce que tu peux faire aujourd’hui). Mais voilà, j’ai reçu plein de louanges pendant mes études, mon employeur est très content de moi alors que j’ai l’impression que je peux en faire beaucoup plus. J’ai de chouettes amis, un joli appartement, un peu d’argent mais pas trop mais de quoi m’offrir ce que j’ai envie, bref rien ne me fait dire que mon comportement “médiocre” n’est pas approprié. Pourvu que ça dure.

    PS: Je suis également assistante sociale par hasard… ;-) Et paraît que je suis formidable… Comprends pas mais tant mieux!

  • Avoir l’instinct de ce qui est bon pour soi et savoir le laisser venir… pas mal, j’admire.

  • j’aime bien ton article peut-être parce que je m’y retrouve. Aux yeux de beaucoup de personnes notamment dans ma famille je suis une dilettante irresponsable.
    le problème c’est que c’est faux….totalement faux. je réfléchis vachement, je pèse sans arrêt le pour et le contre et j’agis très peu spontanément. l’image qu’on reflète un jour dans la famille on la trimballe tout le temps et je trouve ça énervant.
    comme dit harold, tu as jusque là eu de la chance, espérons que ça dure !!!!

  • Moi je dis si tu as envie fonce!! Nan parce que je me dis bah si ça marche pas vous vendez. Juste parlez en bien avant parce que c’est vrai que c pas à la légère mais bon fonce parce que peut-être qu’un jour tu n’auras plus cette chance du hasard (sait-on jamais) peut-être que ça peut juste marcher point

  • La vie n’a pas de goût sans folie!
    moi je me suis installée avec l’Homme au bout de 6 petits mois,
    et bien sûr mes bananes (doux surnom de mes amies-les-vraies-de-mes-doigts-de-la-main) m’ont mises en garde “au cas ou”… nos proches s’inquietent, forcément, parce que des fois l’echec a de terribles consequences(aussi bien psycho que financiéres), mais les miens ont choisis de me faire confiance et jusque là l’Homme et moi vivons tjr sous le même toit.
    Bien sûr l’achat d’une maison est un enorme projet(nous on est qu’en location, rien à voir), mais même si ça marche pas, au moins tu auras essayé, et si ça se trouve même ça va solidifier votre couple alors… on m’a tjr dit SUIS TON COEUR (ouais ok ça fait vieu film à l’eau de rose ms n’empeche que!)

  • de toute façon, il y a des couples qui se séparent alors qu’ils ont vécu ensemble 10 ans avant de se marier, alors….

  • Miss Lili j’adore réellement ton article, vivre cette vie juste comme ça sans trop de prise de tête c’est excellent et moi hé bin c’est tout le contraire, mets je te fais pars de mon admiration pour ton mode de fonctionnement car franchement c’est assez remarquable de vivre ainsi bien évidment tu restes humaine et ces petites voix qui te taraudent elles ont là pour ton bien alors ne les évite pas… take care

  • @Barb> Ah mais il m’arrive de me battre… mais uniquement quand je veux! Ou quand j’ai envie de la chose procurée par la bataille. Mais là aussi, je réfléchis : qu’est ce que j’ai réellement envie de faire pour obtenir la chose convoitée? qu’est ce qui sera la plus efficace? En générale, je frappe juste et fort. parfois trop d’ailleurs… mais du coup, j’obtiens, sans me fatiguer beaucoup.

    @Harold > Va pas me prendre pour une écervelée :) C’est pas parce que je fous pas grand-chose que j’ai 3 ans et zero responsabilité :) Tout est là : je promets jamais grand-chose. Il veut une maison? Très bien, on négocie le prix, on négocie le prêt et on négocie déjà ce qu’il va se passer en cas de séparation. Horrible? Sans doute. Mais ça me permet surtout de continuer à glandouiller tranquille, tout en continuant à faire ce que je veux.
    J’irais pas larguer mon boulot sans rien d’autre, par exemple. Pas parce que je suis une acharnée du travail… Mais parce que j’adore aller au resto!
    J’estime pas avoir eu de la chance… j’estime avoir eu du flair. Et un instinct bien utile. Est ce l’instinct qui me pousse à faire des choses qui m’apportent quelque chose? Est ce l’instinct qui me pousse à positiver/valoriser des choses que j’ai faite par hasard? Aucune idée… la poule et l’oeuf!

    @tous> Merci :)

  • Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais j’ai bien lu l’article (c’déjà pas mal ;))
    Je me retrouve tout à fait dedans. J’ai fait mes études par hasard, pareil, au gré des places libres. Je fais mon trou inconsciemment, que ce soit professionnel et personnel. Pareil, jusqu’à présent, ça m’a plutôt bien réussi !

    La seule ombre au tableau, ce sont les autres (comme souvent :p), et en particulier “mon partenaire” (;)), qui lui a un calculateur intégré sur 30 ans.
    Ce qui fait qu’on se compense pas mal, lui a les pieds sur terre que je n’ai pas. Mais il ne comprend pas mon fonctionnement interne, tout comme moi je ne comprends pas le sien… Et des fois, c’est dur dur :)

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