Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

17. mai 2012

Mot de passe oublié

Princessevarda

Il est des endroits, des rendez vous où l’on se rend à reculons.

Je ne parle ici ni d’un rendez vous de travail, ni  d’un rendez vous chez le gynéco (il faut dire que les rendez vous chez le gynéco ne m’ont jamais dérangée, mais j’ai cru comprendre que c’était très personnel) encore moins d’un rendez vous de rupture. Ces petites obligations de la vie ne sont certes pas toujours agréables, mais ce qui m’amène ici touche plus au cauchemar, limite à l’horreur, à la vraie phobie.

Je ne crois pas être ce qu’on appelle une chochotte. Des peurs, j’en ai finalement assez peu, je suis relativement courageuse face à la douleur (sauf quand l’accouchement dure 2 jours), et très rarement atteinte par le stress. Face à l’urgence, je réagis en général plutôt calmement et je ne perds en aucun cas mes moyens.

Bien sur, comme une majorité de filles, je n’aime pas les araignées qui quand elles me surprennent, provoquent immédiatement chez moi un cri strident, doublé de sauts sur place hystériques avec agitation déraisonnée des mains, destinés à me débarrasser de la bête qui n’a pourtant pas eu même l’audace de s’aventurer sur mon corps. Rien de bien méchant quand même.
Je ne dis pas que je ferai la maligne face à un alligator qui me charge la gueule ouverte mais en revanche, je suis parfaitement capable de caresser sans appréhension n’importe quel autre animal ou presque.
Le dentiste, les entretiens d’embauche,un rendez vous avec mon banquier….je ne dis pas que je compte les heures avec impatience mais je gère, ou du moins, j’ai suffisamment confiance en moi pour me dire que quoi qu’il arrive, je VAIS gĂ©rer.

Seulement voilà, malgré cette carapace de femme qui gère, forte, zen et responsable, comme Achille, j’ai un talon.
Un talon très pénible.
Un talon que je n’assume pas toujours.
Un talon qui me fait penser que j’ai toujours 6 ans.
Un talon qui s’appelle Prise de Sang.
Je crains beaucoup moins le résultat de l’analyse (oui, même en cas de test HIV), que l’acte lui-même.
D’ailleurs c’est simple, dès que je rentre ne serait ce que dans la salle d’attente, je ne peux pas ouvrir le bras. Il reste bloqué en position angle droit.
Il ne s’agit pas du fait qu’on me prenne mon sang, une perfusion, sauf que c’est plus rare, me fait le mĂŞme effet, en pire puisqu’elle dure plus longtemps.
Le simple mot “veine” me met en transes.
J’ai la phobie du creux : creux du bras, creux du genoux, et pour le creux du poignet, c’est limite. Personne ne peut y toucher. Pas même l’Homme Idéal.
Si jamais qui que ce soit y touche (y compris mon tout petit qui parfois s’accroche à mon jean pour se mettre debout et qui du coup empoigne, le malheureux, l’arrière de mon genoux), je peux devenir extrêmement agressive. Je me raidis immédiatement en poussant des petits cris plaintifs. C’est absolument incontrôlable et un peu ridicule, je me dois de l’admettre.

Quand je dois faire des analyses, après m’être assurée en insistant lourdement auprès du prescripteur que celle-ci était absolument nécessaire, j’essaie d’y aller le matin tôt. Si possible, accompagnée, en cas de perte de connaissance avant, pendant ou après. C’est sur le trajet que je commence à blêmir et arrivée sur place, le stress s’empare de moi à tel point que je ne peux retenir mes larmes.

Inutile de vous dire que je ne donne JAMAIS mon sang.
PlutĂ´t mourrir dans d’atroces souffrances.
MangĂ©e par l’alligator qui me chargeait tout Ă  l’heure, par exemple.

Depuis quelques années, en fait depuis ma première grossesse, je vis la chose un peu mieux. Je vais toujours au même endroit. On me connaît, on ne me regarde pas avec un petit sourire amusé, on ne me fait pas la morale. On ne me prend pas pour une grosse débile. On m’allonge d’office, on me donne un bonbon après. On me pique sur la main, à ma demande, et sans que j’aie à m’en expliquer pendant des heures. De toute façon, mon bras ne s’ouvrirait pas.
Je ferme les yeux, bien sur.
….Oui, ma phobie va jusqu’Ă  redouter de regarder une seringue dans les yeux. Les yeux de la seringue, parfaitement. Petits, vicieux et sournois. Si on va par lĂ , y’a un avantage: aucun risque que je me drogue, hein?

J’ai 6 ans. (et vous pensiez que j’en avais 32, eh eh eh)
Pathétique, je sais.
Mais complètement incontrôlable.

 

Signaler un abus

Envoyer Ă  un ami

Derniers commentaires

 

Ben je ne te jetterai pas la première pierre en tout cas.

Je n’ai aucun problème avec mes creux, sĂ»rement parce que je me prĂ©occupe davantage de mes rondeurs mais en revanche j’ai un vrai problème avec mon nombril. Et les nombrils en gĂ©nĂ©ral. j’ai failli tuer l’homme que j’aime parce qu’il m’avait mis son doigt dedans! Et de voir les autres se triturer le nombril m’est tout aussi insupportable… le percing Ă  cet endroit lĂ , c’est juste de la barbarie pour moi, incomprĂ©hensible! Durant ma première grossesse, je n’en pouvais plus de le voir retournĂ© vers moi, me narguant! Moi qui n’en avais jamais vu le fond! La deuxième, ça allait mieux… mais depuis que tout est rentrĂ© dans l’odre, surtout lui, il reste un sujet tabou!


Alors très chère Princessevarda, no je me moquerai pas de ta phobie, oh que non! Je compatis très sincèrement même!


 

Je ne me moque pas non plus !

Les prises de sang il fallait 5 personnes pour me les faire petite et j’ai gardĂ© de cette pĂ©riode la stupide diversion mentale de faire le petit chien pour ne pas penser. je vais aussi toujours dans le meme labo oĂą peronne ne rigole de me voir haleter quand ils piquent…

En revanche je donne mon sang pour ĂŞtre sure que rien de plus gros que leurs aiguilles ne rentreront jamais dans mes veines et parce que quand meme, c’est bien de le faire. (et puis que lĂ  bas, ils veulent ton sang donc ils ne rigolent jamais !)


Jennyale, pareil pour le nombril (et pour les prĂ©occupations plus centrĂ©es sur les rondeurs que sur les creux). Le simple fait d’y toucher c’est comme si on me chatouillait jusque dans les talons je dĂ©teste ça !!! Le creu du coude me fait la meme impression…


Ma journĂ©e commencĂ©e avec un indicateur de rondeurs excessives sur la balance finit sur un commentaire sur les creux… j’aime bien ces paradoxes…


 

Mon Dieu, pour le nombril, je suis pareille que vous!!!

Quand j’Ă©tais enceinte je ne supportais pas le frotement d’un pantalon dessus, Jennyale, tu viens juste de m’y faire repenser…

Croyez vous qu’il y aurait une co-relation entre nos veines et notre nombril?????


 

Euh?!! Je ne crois pas non puisque je ne ressens rien de bizarre vis Ă  vis de mes veines… mais c’est Ă  creuser… enfin façon de parler bien sĂ»r!


 

je vivais lla mĂŞme chose jusqu’Ă ,ma grossesse, faut dire que des prises de sang tous les mois ça vaccine-d’ailleurs je suis pas fana des vaccins non plus


 

Moi j’aime pas qu’on me touche le ventre… Ca me crispe… Mais vous ĂŞtes toutes complètement tarĂ©es je tiens a vous le dire! Vous avez une façon de le raconter qui m’emerveille, je trouve ça très drole! Sinon les aiguilles ça va a peu près. La première prise de sang a cause de mon traitement anti acnĂ©ique, c’Ă©tait rude, j’Ă©tais toute blanche, j’ai regardĂ© ma mère et j’ai dit: Maman j’ai eu 4/20 en maths!! Et elle m’a dit: c’est pas graaaaaaaaaave!! HĂ©hĂ©!! ca sert les prises de sang j’vous dis!


 

C’est rigolo, moi c’est mon grand gaillard d’homme qui flippe Ă  la vue d’une aiguille. A sa dernière prise de sang il s’est trouvĂ© mal… et le mec du labo lui a collĂ© des baffes !! Hallucinant non ? M’enfin l’autre jour j’ai emmenĂ© mon bĂ©bĂ© se faire piquer (euh.. se faire faire une prise de sang, je suis indigne mais il y a des limites) et j’ai du le tenir alors qu’il hurlait, pas la joie. Bah oui vue la phobie du papa, c’est moi qui lui tient la main pendant les vaccins et autres joyeusetĂ©s…

(à part ça princessevarda tu es SUPER courageuse !)


 

@Ninouche: pareil, mais le mien il a surtout peur de son propre sang. La dernière fois il s’est coupĂ© le doigt et je l’ai retrouvĂ© par terre dans la salle de bain, avachi, blanc comme un cul! On aurait dit qu’il Ă©tait a deux doigts de la mort! J’ai pris soin de lui mais j’ai bien rit!


 

@Pepite2choco : ça me rappelle le sketch de Florence Forresti “arrghhh je me suis coupĂ© avec une enveloppe ! laisse-moi, je vais mourir”… Mon homme est Ă  un point oĂą il refuse de regarder nip/tuck, c’est dire ! Par contre quand il se coupe ou autre, il fait l’homme mĂ©ga viril qui s’en fout.


 

@Ninouche: mdrrrrrr. Ouais nan j’avoue que quand il s’est coupĂ© ça saignait vraiment beaucoup mais je me moque gentiment ^^ Il aurait pas pu faire l’homme viril!


 

@Pepite2choco: En mĂŞme temps les doigts, ça saigne toujours beaucoup. Mais tu imagines si un jour on se blesse vraiment et qu’on compte sur eux pour nous emmener aux urgences ? En tout cas c’est pas mon homme qui me fera la fameuse trachĂ©otomie au stylo bic, grand classique des sĂ©ries TV…


 

je t’ai rĂ©pondu sur un de tes articles pour ne pas envahir la boite de Princessevarda! Si tu veux on peut se retrouver sur le blabla de la journĂ©e!


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

electricalstorm
electricalstorm a posté un commentaire. (21:39)
StreetBook
StreetBook a posté un commentaire. (21:05)
StreetBook
StreetBook a posté un commentaire. (21:00)
skinnylove
skinnylove a posté un commentaire. (20:33)
electricalstorm
electricalstorm a posté un commentaire. (20:31)
Previously on LR

Et quand est-ce qu'on commence Ă  aimer ?

C'est quand, qu'on commence à aimer ? C'est quand ce beau jour où on sent qu’on n’y échappera pas ? Est-ce que c'est ce jour où il allume ta cigarette avec la sienne, qu'un regard s'échange...

Visite ORL : Bref, j'ai consolé Marla

Passé ce petit temps de manque d’inspiration totale – je vous prie de m’excuser, j’ai un métier, des problématiques qui me sont propre... –, je voudrais m’insurger ici sur le traitement que les excellents...

Les trucs mignons qui s’avèrent être d'insupportables défauts

Comme l’illustre très bien Florence Foresti dans l’un de ses spectacles (je n’arrive malheureusement pas à remettre la main dessus, mais je suis certaine que vous..

Un entrepreneur indien au service de la condition féminine

L’évolution d’une société passe souvent par la place que l’on attribue à la condition féminine. L’inde est un pays en pleine expansion. La question de l’hygiène est donc au cœur...

La tirade du cul

Pour varier de l'éternel "Moi et mon gros cul on t'emmerde, connard !" "Ah non. C’est un peu mince, jeune homme ! On pourrait dire, oh ! Dieu ! Bien des choses en somme… En variant le ton ! Par exemple on a vu : Agressif : « Moi madame...

Vis ma vie d'agriculteur...

Je vous l’avais dit dans le up and down, j’ai fait un truc improbable pendant le week-end de Pâques. Quand je dis improbable… Accrochez-vous à votre chaise, les gens, parce que je suis rentrée de plein fouet...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog