Regard dans le rétro
Entre nostalgie et nouvelles envies, le marché se prend d’affection pour ce qui nous réchauffe : chic fifties.
Qu’est ce qui nous plaît aujourd’hui dans les objets d’hier?
Pourquoi ce coup de coeur collectif pour les intérieurs et les accessoires de grand-mère?
Chaque génération devient sensible au rétro au moment où elle prend conscience du temps qui passe tout en accédant à un début d’aisance financière. Changement de siècle oblige, le rétro prend aujourd’hui pour cible les années 1950-60, période d’innocence et d’innovation.
Hors des sentiers battus, voyage au nord et dans les placard de nos grands-mères.
Sobre et fluide, le design scandinave des années 50-60 ne s’impose pas dans votre salon, il s’y invite en douceur.
En quelques années, notre intérieur a pris beaucoup d’importance. Il dit tout de nous. Le goût prononcé du marché pour le mobilier fifties et pop s’explique par la nostalgie de cette époque d’euphorie propice à la création.
De nos jours, pour les connaisseurs, il semble que le choix du design scandinave reste un gage de beauté simple et de confort. C’est une valeur sûre que le grand public mésestime. Pourtant, loin du cliché d’une sècheresse dans le style ou d’un intérieur façon “chalet de montagne”, le design scandinave est riche de sa simplicité, lointain et familier. Facile, sincère, il ne craint pas les mélanges et s’adapte parfaitement à tous les décors, sans effort.
C’est la force des créateurs du nord.
Dans les années 50 et leur contingence économique et sociale, les designers de Suède, de Finlande et du Danemark principalement, conçoivent des formes pures offrant des solutions pratiques dans l’esprit du fonctionnalisme. Ergonomes autant que designers, personne n’est oublié dans leur conception de la forme (recherches sur les enfants et les handicapés notamment).
En Suède, encore imprégnés du “Swedish Grace” et des écrits de la théoricienne Ellen Key, les designers allient sobriété, fonctionnalité, teintes claires et respect des matériaux naturels. C’est “le design pour tous”.
En Finlande, un créateur comme Alvar Aalto introduit davantage l’idée d’un design humanisant et proche de la nature avec un jeu sur les lignes rythmiques et asymétriques très fluide, grâce à sa technique de pliage du bouleau lamellé-collé.
Au Danemark enfin, les designers expérimentent des matériaux et des formes rationnels certes, mais de moins en moins conventionnels. Dès 1960, Verner Panton conçoit la première chaise en plastique moulée par injection (la fameuse Panton chair), alors que Poul Kjaerholm se tourne vers le métal (chaise PK22 datant de 1956).
Philippe Nolde, directeur de la galerie “50soixante70″ à Paris, confirme le travail des designers scandinaves notamment sur “les lignes pures et les formes fonctionnelles qui rendent ce mobilier intemporel.” Dans la boutique de ce passionné, les prix restent très corrects. Son but : “Ne pas perdre de vue l’essence même de ce mobilier : fait pour tous, il doit le rester.” Repéré, un petit bureau danois en teck à 1600 euros qui pourrait en valoir facilement 4500 euros ailleurs.
Selon Philippe Nolde, le succès du design scandinave s’explique par la politique écolo, le grand retour du naturel dans les habitations.
Le marché réagit à ce nouvel attrait du public pour ce design en bois, aux formes simples et belles qui réchauffent nos intérieurs de façon naturelle. Le style Scandinave représente bien les aspirations “vertes” de notre génération.
Nombre de marchands regrettent cependant que ce phénomène soit surtout urbain et “bobo”. Certaines pièces créées entre 1950 et 70 à l’origine pour des intérieurs, certes plus cossus (palissandre au lieu de teck et verni en conséquence), sont vendues presque comme des pièces de musée. L ‘essence même du design scandinave ne se retrouve pas uniquement dans ces pièces exceptionnelles. Un antiquaire de Saint Ouen dira même que : “les galeristes affolent les potentiels clients.” Le design scandinave était démocratique et peut l’être encore. Les matières moins nobles ne sont pas pour autant moins travaillées, et les plus petits noms n’ont pas moins de savoir-faire que les grands. En France, il existe finalement peu de boutiques ou galeries spécialisées. En revanche, le mobilier scandinave se trouve, au hasard des foires, des ventes ou des petites galeries de XXe siècle.
Galeristes ou marchands, tous mettent en garde l’éventuel acheteur sur le problème des objets qui ne sont plus édités, ceux qui n’ont jamais cessé de l’être et les rééditions bien sûr. Tout ceci joue autant que l’état de l’objet sur son prix. A titre d’exemple, la chaise « cone » ou « K2 » de Verner Panton, éditée dans un premier temps par « Plus-Linje » de 1954 à 1966, peut coûter de 1200 à 2000 euros selon l’état, alors qu’une édition « Vitra » vaut entre 400 et 800 euros. D’autre part, un tabouret très simple d’Alvar Aalto, le «Fan Leg » datant de 1954, édité à l’époque par « Artek » et plus édité depuis, vaut à lui seul entre 1000 et 1500 euros. Il reste bien sûr possible d’acquérir soit de plus petites pièces (verreries, céramiques, suspensions,…) dans les nombreuses boutiques spécialisées, soit du « vintage neuf » (tous les sièges, meubles ou luminaires produits sans discontinuité depuis leur création), délaissé par les puristes.
Réédité ou non, en teck ou palissandre, avec du XVIIIe ou de l’industriel, le Design Scandinave ne déçoit jamais.
Sur nous : Vintage chic
Intemporel et original à la fois, le vintage revient dans nos placards.
Mamie avait raison, c’était mieux avant.
De même que le design Scandinave, les vêtements et accessoires vintage des années 50-60, ne sont plus réservés à quelques initiés, même si une petite culture mode reste recommandée pour dénicher la perle rare et savoir l‘associer.
Le Dictionnaire international de la mode (1), ouvrage de référence réédité, donne cette définition: «Le terme vintage a fini par désigner tout un jeu d’apparences utilisant des vêtements anciens, du mélange de fripes et de vêtements neufs portés au quotidien jusqu’aux pièces exceptionnelles.». L’engouement populaire se comprend là encore par la nostalgie d’une période dorée. Michel Maffesoli, professeur de sociologie à la Sorbonne, analyse dans son ouvrage (2) le phénomène du « postmodernisme » : « La postmodernité se trouve marquée par un retour à l’archaïsme, aux tribus, un attachement au passé, au dépassé, au fondamental. Cela se manifeste notamment par une façon de s’habiller et de se meubler. » Le grand besoin de personnaliser son allure, l’envie de rareté et le goût de l’authenticité sont réunis dans la chasse au trésor qu’est aujourd’hui le vintage. Les robes de couturiers, les sacs et autres chaussures des années 50 et 60, reflètent la créativité et la sophistication d’une époque. C’est un morceau de patrimoine que l’on s’offre pour le prix d’une création moyenne d’aujourd’hui. C’est aussi un modèle que l’on peut se réapproprier grâce à une ceinture, une nouvelle découpe. Le mélange de styles ou la customisation en font des pièces uniques.
Pour dénicher ces merveilles, plusieurs solutions, la première n’étant pas forcément de se lever tôt, mais de savoir où chercher.
Tout d’abord, il y a les puces de Saint Ouen ou de Portobello à Londres, où le plaisir est au coin d’un stand. Savoir regarder et marchander y reste l’arme absolue. Malheureusement, succès oblige, les prix y ont grimpé en flèche. Malgré tout, la chine y reste plus abordable que dans les boutiques dites “spécialisées”.
De grands magasins (Bon Marché, Galeries Lafayette) jouent aussi la carte “vintage” en consacrant des espaces de vente aux vêtements, accessoires et objets déco du temps passé. Il surfent sur la vague de succès du “vintage”, mais n’ont pas l’âme d’un lieu de chine, la découverte y est planifiée (et chiffrée!).
Le prêt-à -porter de luxe se retrouve également dans les salles de vente, sous forme de ventes à thème souvent supervisées par le cabinet d’expertises D.Chombert et F.Sternbach, toutes deux venues du monde de la mode. Des sacs aux bracelets, faisant sans exception l’objet d’une datation, tout s’arrache à des prix inattendus (pour rester poli!). Ainsi, des chemisiers Saint Laurent Rive Gauche, estimés entre 50 et 80 euros sont déjà partis à 400. Et puis bien sûr, il y a les boutiques pointues dont la plus célèbre est celle de Didier Ludot à Paris. Celui-ci nous informe d’ailleurs que : « Pour être vintage, un vêtement doit être rare, de grande qualité, dans son état originel et inscrit dans l’une des tendances du jour.» De grands noms de la haute couture et des accessoires certes (Yves Saint Laurent, Madame Grès, Courrèges,…), mais des prix à leurs mesures!
Heureusement, “Chez Mamie” adresse phare de Paris, où se cotoient gens du quartier et couturiers en mal d’inspiration, mais également dans d’autres petites boutiques de passionnés partout en France comme le fameux “Grenier d’Anaïs” à Toulouse ou “Sara Vintage” à Marseille, on peut dégotter une robe fifties autour de 100 euros, des sacs à main ou des lunettes que vous ne verrez pas ailleurs pour 50 euros. Sans déplaire à M. Ludot, ce vintage “bon marché” ne signifie pas pour autant “déguisement”. Ces boutiques vendent du passé et du plaisir en n’oubliant pas de rester accessible, ce qui n’empêche pas d’y trouver du vintage griffé. Quand on aime chiner, il faut savoir sortir des sentiers battus et ouvrir l’oeil. 
Que l’on privilègie les grandes ventes, les galeries renommées ou les petites adresses de quartier, un dernier conseil. Ne pas oublier que, au même titre que le prêt-à -porter actuel, les pièces “vintage ” sont victime du phénomène de “mode”. Ainsi, les matières comme le reptile ou la fourrure, très en vogue pour les sacs, font augmenter sensiblement leur côte, et un sac en crocodile “non griffé” peut s’acheter 600 euros. Penser ensuite que, comme le design, le vintage est réédité. Le succès de certaines collections pousse en effet les grandes maisons à ressortir de nouvelles lignes de modèles historiques, comme la ligne “moderne vintage”, regroupant les best of de Sonia Rykiel, réédités en série limitée et griffée.
Savoir regarder et marcher au coup de coeur demeurent les fondements d’une bonne chine. Pour le vintage, raisonnable dans le prix, pas dans le style!
(1) Kamitsis L. Dictionnaire international de la mode, éd. du Regard, 2005.
(2) Maffesoli M. Le rythme de vie - Variation sur l’imaginaire post-moderne, Paris, éd. Table Ronde, Collection Contretemps, 2004.
DESIGN SCANDINAVE
Galerie du XXe siècle - Marché des Rosiers
3, rue Paul Bert - 93400 Saint Ouen
Métro Porte-de-Clignancourt
Galerie 50soixante70
16, rue Caffarelli - 75003 Paris
Métro Temple
Galerie Dansk
31, rue Charlot - 75003 Paris
01.42.71.45.95
Métro Filles-du-Calvaire
Dansk Mobelkunst
53 bis, quai des Grands Augustins - 75006 Paris
01.43.25.11.65
Métro Saint-Michel ou Odéon
La boutique scandinave (sur rendez-vous)
8, rue Martel - 75010 Paris
01.40.22.02.67
Métro Abbesses
Studio 19
3, rue Edmond Rostand - 13006 Marseille
04.91.53.35.67
Design Bazar Galerie
50, rue du quai Bourgeois
33000 Bordeaux
50/60 F.Delbarre & F.Spriet
9, rue des Bouchers - 59800 Lille
03.20.54.28.61
Galerie des Remparts d’Ainay
37, rue des Remparts d’Ainay - 69002 Lyon
04.78.38.39.69
Solo
10, rue de Fleurien - 69002 Lyon
04.78.42.18.43
Retrodesign
155, rue Beauvoisine - 76000 Rouen
02.35.88.64.28
Galerie 5.6.7
17, rue Petite-Fusterie - 84000 Avignon
06.10.25.76.69
Expositions :
Centre culturel suédois
Hôtel de Marle, 11 rue Payenne - 75003 Paris
01.44.78.80.20
Métro Saint-Paul ou Chemin-Vert
Institut finlandais
60, rue des Ecoles - 75005 Paris
01.40.51.89.09
Métro Cluny-la-Sorbonne
Maison du Danemark
142, avenue des Champs-Elysées - 75008 Paris
01.44.31.21.21
Métro Georges-V
rendez-vous :
12e Pavillon des Arts et du Design du 2 au 6 avril 2008 - Jardins des Tuilleries
VINTAGE
Falbalas - Marché Dauphine, Stand 284
140, rue des Rosiers - 93400 Saint-Ouen
Métro Porte-de-Clignancourt
Didier Ludot
24, Galerie Montpensier - Jardins du Palais Royal - 75001 Paris
01.42.96.06.56
Métro Palais Royal - Musée du Louvre
La Belle Epoque
10, rue de Poitou - 75003 Paris
06-80-77-71-32
Métro Oberkampf
Quidam de Revel
24-26, rue du Poitou - 75003 Paris
01.42.71.37.07
Métro Oberkampf
Mamz’elle Swing
35 bis, rue du Roi de Sicile - 75004 Paris
01.48.87.04.06
Métro Saint-Paul
Chez Mamie
73, rue de Rochechouart - 75009 Paris
01.42.82.09.98
Métro Anvers
Sara Vintage
14, rue François Barbini - 13003 Marseille
04.91.08.39.82
Le Grenier d’Anaïs
54, rue Peyrolières - 31000 Toulouse
Idiz Bogam
76, rue Antoine Dansaert - 1000 Bruxelles
Internet
Boomer Café : site dédié aux années 50
http://boomer-cafe.net
Vintage Couture
http://www.back-in-style.com
Les Petits Riens : site de vente et enchères du défilé “Second Hand Second Life” (2007 - 5e édition)
http://www.petitsriens.be
Rendez-vous
(mensuel) Vide-grenier Retro
11, Cour Debille - 75011 Paris
(annuel) Massilia Vintage : Mode et Design Vintage 1920 / 1980
Parc Chanot - 13266 Marseille
(annuel) Marché de la mode Vintage
Marché de Gros (Cours Charlemagne) - 69000 Lyon
Guide du Vintage à paraître en Mars 2008
Paris Vintage de Sarah de Haro, éd. Parigramme
posté le 16/11/2007 | 7322 vues | 8 commentaires | tags: fifties rétro Silhouette
pour acheter du vintage, il faut surtout acquérir une solide culture du domaine que l’on “chasse”!… moi, ça me fait rigoler de voir des gamines de 15 ans demander une pointure d’escarpins dans les boutiques vintage, parce que c’est à la mode… idem pour le mobilier : si on ne s’y connait pas, soit on se fait avoir, soit on passe pour un touriste… toutes ces boutiques pratiquent des prix élevés parce qu’elles simplifient le travail de la clientèle. il ne suffit donc pas de savoir où chercher, il faut se confectionner sa propre culture et aller fouiller plus loin que les boutiques, les mains dans les “tas à 1 euros”. cela dit, sans mauvais esprit, je ne suis pas mécontente de ne pas trouver mes adresses (petits coins de paradis aux pris mini, à Paris et à Bruxelles, les “bonnes” puces) dans cette liste (déjà très très juste, bien ciblée, mais onéreuse) : cela ferait encore grimper les prix! et puis, il faut le dire, le vintage est un snobisme que j’assume pleinement! je ne donne pas mes bons plans ;-))
Je vais encore faire la miss je sais tout, mais je me suis habillée vintage pendant 10 ans, comme toi makemeta ça me fait hurler de voir les gamins chez Noir Kennedy…..
J’ai fait tous les styles, de 40’s au 50’s evec une longue période 60’s. A l’époque c’était vraiment une contre culture j’étais conue come le loup blanc à la fac la société de conso s’est tout appropriée, je trouve ça écoeurant.
Maintenant j’ai encore quelque pièces vintages (dont un beau caban de marin justement de chez Noir kennedy 40euros) mais ce n’est plus le même plaisir, (et je n’ai plus la même silhouette non plus..)
Mais fans de vintage allez voir sur les sites américains ils ont une offre incroyable, j’ai trouvé une robe de mariée - certes une copie - à 199$ et en ce moment je cherche de vestes de smocking 50’s pour le marié y a plein à 40$ à peut près.
@plum : oui, j’ai moi aussi commencé quand j’étais à la fac. j’étais passionnée de mode, d’histoire de la mode, mais je n’avais pas d’argent. j’ai découvert les puces de Londres au lycée et j’ai été mordue tout de suite… pour moi, le plaisir est toujours intact, je change et multiplie simplement les circuits! je ne mettrai pas les pieds chez Noir Kennedy, j’ai mes propres adresses, et sinon, je préfère encore les petites brocantes! je te conseille simplement de changer de terrain de chasse : les petits accessoires, les bijoux, les chapeaux… en ce moment, je cherche surtout les chaussures, les bottes, et les perles solitaires :-) ça rend la chasse à l’objet plus précise et très ludique. et je multiplie les opportunités à travers les voyages… ça c’est vraiment l’aventure ;-) pour les bons plans sur internet, c’est une bonne idée, mais j’adore toucher, fouiller, trouver, ça m’ôterai le plaisir sensoriel de la chose, la chasse à proprement parler… et le côté “baraka” :-)
suis d’accord pour Noir Kennedy je m’étais jurée de ne jamais y mettre les pieds, mais bon je suis passée devant et je suis rentrée…Les vendeurs sont infects, la clientèle ridicule mais il y a quelques pièces pas chères.
Pour les chaussures j’ai donné! j’ai trop souffert, mais j’avais des pompes incroyables notamment des richelieu en faux pithon vert pomme! mais ils étaient en carton, je me suis retrouvée dans la rue un talon à la main. en mon temps il y avait un stand fabuleux à Montreuil je crois qu’il existe toujours. Je cherche un manteau assez sobre plutôt 50’s. C’est vrai que sur internet y a pas le plaisir de la fouille.
Merci pour toutes les infos miss!!!! Moi je chine surtout quand je vais à l’étranger, surtout dans les énormes friperies de NYC et Berlin ou on peut encore acheter des fringues au poids. Mais bon les filles, sinon on peut pas négocier pour les adresses???
@ papier-bulle
Chérie, je VEUX faire du shopping avec Pruine et toi ! (Et les sous que je n’ai pas…)
On commence par une bonne manche, et hop, on y court ! Non, mais.
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oh my god!!! quelle mine d’informations!!
dommage qu’il soit 22h et que ce soit les grèves, je serais bien partie de suite faire du shopping!