Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

17. mai 2012

Mot de passe oublié

Cachemire et Soie

Comme on fait l’amour… lire.

D’aussi loin que je me souvienne, lire a toujours tenu une place à part dans ma vie. Tantôt prépondérante lorsque, en lettres modernes, on attendait de moi que je m’y consacre pleinement, tantôt anecdotique comme en ce moment où le manque de temps ne me laisse pas le loisir de lire autant que je le voudrais et où chaque mauvais choix littéraire m’apparaît comme du temps de lecture douloureusement perdu.

petit_20prince.jpgOn dit souvent que notre première expérience amoureuse conditionne entièrement toutes celles qui viendront ensuite et que, chaque fois que nous faisons l’amour, nous le faisons en écho à cette première fois. Parfois, je me demande s’il n’en va pas de même pour la lecture.

Et si notre première émotion littéraire déterminait à jamais toutes les autres? La mienne fut si forte, si puissante que je ne suis pas certaine, aujourd’hui, d’en être totalement remise…

Ma première fois, littérairement parlant, ce fut ce livre si populaire qu’on en a oublié à quel point le chef d’oeuvre est immense (au bout d’un certain point, la popularité rapetisse les belles choses au lieu de les grandir encore): le Petit prince, de Saint-Exupéry. Je le revois très bien, sur la dernière étagère de la bibliothèque de mes parents, niché au beau milieu d’une liste interminable de volumes sans images. Tout de suite, il m’avait intriguée et dès que j’ai su lire, je m’en suis emparée.

Le souvenir de cette lecture (je devais avoir 6 ans) demeure d’une netteté affolante. J’entends encore le bruit des pages ; et la lumière de la chambre d’amis que j’avais élue à l’époque comme salon de lecture m’apparaît avec toutes ses nuances. Si je creuse un peu, je retrouve sans effort, la connivence hallucinante que l’auteur avait su créer avec la petite fille que j’étais ; l’impression, presque, d’entendre sa voix me lire l’histoire. Et, si je n’ai pas souvenir de chaque phrase, je me rappelle parfaitement le moment où ce fut trop pour moi: lorsque le Petit prince abandonne le renard. Je revois mon père, désemparé devant sa fille inconsolable, indignée, trahie (comment un héros peut-il être responsable de tant de chagrin ?)… Comment trouver les mots pour dire que oui, ma puce, parfois, c’est ça la vie… Les Petits princes abandonnent quelquefois les renards. Oui, mon ange, parfois, on fait du mal aux gens qu’on aime…

Depuis, j’ai relu ce livre tant et tant que je serais bien incapable de dire à quel moment certaines phrases ont fait bloc en moi, pour devenir de vraies pierres fondatrices. “Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé”, “Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile, c’est doux la nuit de regarder le ciel”, “C’est le temps que tu a perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.”, “On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux”… Chacune de ces phrases m’a aidé, à plus d’un titre, à différents moments de ma petite existence. Comme d’autres trouvent l’espoir ou la consolation dans la prière.

Ainsi en fût-il de ma “première fois” littéraire. Et je me demande si, derrière chaque livre, je ne recherche pas, en fait, la force des mots d’un Saint-Exupéry ou, plus simplement, si chacun des romans qui passent entre mes mains n’est pas évalué, apprécié ou jeté aux orties par comparaison avec cette première lecture…

 

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Derniers commentaires

 

Très joli texte, vraiment…


 

Vous savez Mademoiselle, tout le bien que je pense de cette “critique littéraire”..vraiment bravo !


 

Comme tout ça est vrai…

Je me rappelle encore ce mon premier émoi littéraire, callée dans les coussins de la salle de lecture de mon école à lire “la belle et la bête”… et des ces larmes incontrolables à la fin du Lion de Joseph Kessel.

Quant au petit prince.. quel que soit l’âge où on le lit, il reste à vie dans notre esprit!


 

Tu a fait tes études dans quelle fac? moi aussi j’ai fait lettres modernes et j’en garde un souvenir nostalgique


 

Je ne me rappelle plus quelle a été ma 1ère fois littéraire… quand j’étais gamine, je dévorais les livres… j’ai ris et pleuré tant de fois.

Par contre, je sais que Le petit Prince me fait pleurer d’émotions à chaque fois. Y a des livres magiques… c’est ainsi.


 

@cachemire et soie. j’adore cette approche de la lecture et du rapport au livre comme expérience émotionnelle et sensuelle. du coup, je m’interroge sur la première lecture dont je me souvienne et je tombe sur…Oui-Oui. le charme s’est un peu envolé ! en revanche, une de mes expériences de lecture très forte fut l’Ecume de jour de Vian que j’ai dû lire vers 13 ans (j’étais en cinquième) et qui m’avait bouleversée. d’ailleurs, comme tu le constates pour Le Petit Prince, j’y suis revenue très souvent par la suite, je l’ai relu 3 ou 4 fois depuis.


 

@zinzolina : en fait moi aussi, mes premiers souvenirs remontent à Oui-Oui…mais j’ai pas osé le dire :D… Mes premieres larmes ont été je crois pour Mon bel oranger… je devais avoir environ 10 ans…


 

Merci pour ce bel hommage à un grand classique, que dis-je à une Grande Oeuvre de tous les temps et toutes les langues. Je l’ai lu en français, en espagnol et en italien. Magnifique et tu fais bien de nous le rappeler.


 

moi c’est Les malheurs de sophie et Oui OUi aussi c’est le premier livre que j’ai lu en entier, toute seule! mon grand-père était si fier qu’il ne me croyait pas.

Mon choc d’adulte ça été Les Nouvelles de Salinger, je me suis dis que c’était pas la peine que j’écrive quoi que ce soit vu que je lui arriverai jamais à la cheville..


 

@Princesse capiton : Merci beaucoup ^^


@ AnneH: Merci ! Merci! Merci! COntente qu’elle te plaise :)


@ Sylvaine la Vilaine : La belle et la bête… le Lion… que de souvenirs pour moi aussi. Pour la belle et la bête, je crois cependant que j’ai d’abord vu le film (de cocteau) avant de lire les mille et une versions du conte.


@ Plum : j’étais à Rennes… à St Melaine plus exactement, une antenne de PARIS IV et toi?


@ Oath : Je crois aussi que je me suis souvent laisser totalement emportée par mes lectures lrosque j’étais plus jeune. Plus rares sont les lectures, aujourd’hui auxquelle je me laisse prendre totalement.


@ Zinzolina : c’est amusant ce que tu écris, dans la première version de mon billet, il y avait un chapitre supplémentaire sur Oui-Oui, que j’ai supprimé car ça faisait trop long. Moi aussi, tu penses, j’en ai lu et lu et lu, des oui-oui. Et j’adorais, en plus :) Mais c’est certains que niveau “pierre fondatrice” c’est moyennement ça :D


@ AnneNyc : Oui, hein, c’est vraiment un livre exceptionnel. Rien à voir mais alors dis moi, cette marinière? Tu en es où?? ;)


@ Plum : Ohhhh les Malheurs de Sophie! J’avais totalement oublié ça mais c’était un de mes livres de chevet. Quant aux nouvelles de Salinger, je ne les ai jamais lues. Je note ça précieusement sur ma liste :)


 

@ Plum : ah oui, aussi. Quand tu dis que tu as décidé de ne rien écrire parce que tu ne lui arriveras jamais à la cheville, c’est dur… Je crois que si je me comparais ne serait-ce qu’un tout petit peu à l’un de mes héros d’écrivains, en effet, c’est à peine si j’oserais toucher un crayon. Et puis finalement, écrire m’apporte tellement de plaisir… tant que je n’oublie pas où est ma place parmi tous ces auteurs merveilleux, j’aurais tort de me priver d’une si grande joie, non?


 

@Cachemire, tu as écris quoi dis moua??


 

@ Pepite2choco : eh bien il y a mon blog, tout d’abord, qui, mine de rien m’a fait griffonner plus que deux trois pages. Et puis il y a aussi mon roman (La double vie de Pénélope B. - Ed. First), paru au mois d’août :)


 

Oui Andralya me l’avait dit, et ben ce sera le prochain que j’acheterai!! t’auras des ptits centimes d’euros de moi!


 

Le petit Prince… J’écoutais le 45tours en boucle, ça a dû avoir un impact… Que je ressens quand je relis ces si belles phrases…


 

Harold: Ahhhh les 45 tours. L’autre jour, une stagiaire de 16/17 ans, au boulot, qui n’a donc pas vraiment connu ces fameux 45 tours a appelé ça “les CD qui tournent” en voulant me parler des disques de ses parents :D


 

Ma chère Ann-So,

J’ai finalement craqué pour un cardigan écru et noir chez Anthropologie, rien à voir avec la marinière me diras tu! Oui, bion je vais garder la mienne du Comptoir des Cotonniers, qui est cependant beige/rouge. Et pour changer de sujet aussi, je n’ai pas encore fini ton livre, oui je crains!!!!!


 

le Petit Prince est un de mes livres préférés, c’est aussi un des premiers que j’ai su lire en français et j’en serai éternellement reconnaissante à mon instit…il m’a tenu compagnie très très longtemps et aujourd’hui je continue de le lire, pour la plus grande joie de mes enfants, en français et en espagnol aussi…j’essaye de leur donner le goût de la lecture pour qu’ils aient plus tard un esprit ouvert et le goût d’aller vers les autres!

en tous cas, comme tu dis, heureusement que tu ne te prives pas de la joie d’écrire (heureusement pour les ladies)


 

AnneNYC : C’est peut-être surtout mon livre qui craint, si tu ne l’as pas encore fini, en fait :D Et pour les marinières du comptoir, j’adore !


 

Lulusita: Je crois que c’est aussi un livre que je proposerai à mes enfants (mes futurs enfants, en fait). Pour moi, le petit prince représente tout ce qui compte le plus dans la littérature: que l’on ne soit plus tout à fait le même lorsqu’on le ferme :)


 

Très beau texte,

je lisait énormément aussi avant et j’essaye de lire toujours autant mais de là à me rappeler de mon premier livre….

^^


 

très chère cachemire et soie,

Hier, j’ai vu le titre de cet article sur la première page de Ladies Room. Je me suis dit, c’est un titre très joli, très poétique… Cependant, j’ai décidé de ne pas le lire de suite (je n’avais pas trop le temps), en me disant que je le lirais plus tard.

Aujourd’hui, en arrivant sur le site, je vois le titre de ton article et là.. je commence à le lire.

Et là… je suis comme envoutée, je trouve que ce que tu as écrit est très beau, j’aime surtout la partie où tu dis que ton père te consolle quand tu as été boulversée.

A la fin de l’article, je me demande qui a bien pu écrire ce joli article (eh oui, j’avais pas lu le nom de l auteur comme j étais plus attiirée par le titre de l’article (au passage: chapeau pour le titre! ca envie de lire la suite!).

Et là… je tombe des nues, c’est toi: cachemire et soie!

Non, je ne te connais pas (enfin pas en réalité), mais je passe tellement de temps sur ton blog que j’étais très étonnée de ne pas l’avoir lu avant!!!!

cahemire et soie, ton style est très rafraichissant!

Tes articles me font toujours réflechir aprèsd lecture…

Ce sont des articles qui me titillent…

Tout ce paquet de mots que je viens d’écrie essayent d’exprimer mon plaisir à te lire.

Pour tout te dire, j’avoue que j’avais pas accroché quand j’ai lu le Petit Prince à l’age de 11 ans (sacrilège!). Je me dis que je n’étais pas prete à le lire. Je pense que des fois, le moment où on lit un livre est aussi important que le livre lui meme.

En tous les cas… merci!


 

Je n’ai découvert Le Petit Prince que très tard, quand mon frère l’a offert à ma fille, elle avait 4 ans (et moi 29, donc). Un vrai coup de foudre, bercé par la voix de Gérard Philippe… Quel dommage d’avoir attendu si longtemps !


Ma première émotion littéraire reste Le Lion de Kessel. Des énnes que je veux le relire, mais je n’ose pas, de peur d’effacer ce doux souvenir.


 

Pour moi aussi , Le Petit Prince a été mon tout premier livre. Je me rapelle exactement où il était posé dans ma bibliothèque, le jour où ma mère me l’a offert et tous les détails qui en sont sortis. Et ta théorie est surement fondée parce que je lis toujours pas mal :)


 

nouvelle venue je tiens à apporter ma prose littéraire en faisant part de mon expérience

De même qu’Oath, les 2 premiers livres en ma possessions ont été “mon bel oranger” et “le prince de Central Park”. J’en garde un très bon souvenir, et ces débuts m’ont donnés le goût de la lecture : Hooo rage !!!! Hooo désespoir !!!! cette passion avouée me coûte la peau des fesses !!!! je dépense plus d’argent dans les livres que dans des vêtements ou du maquillage.

Je pense d’ailleurs à ouvrir sous peu une bibliothèque salon de thé où les amateurs de littérature pourraient papoter tranquillement autour d’une bonne tasse à café ou à thé avec des petits gâteaux au chocolat.

m’enfin bref, tout ça pour dire VIVE LA LECTURE !!!


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