Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

17. mai 2012

Mot de passe oublié

magnificial

Aucune femme ne pourra échapper un jour à la grande question : veut-elle devenir mère ?
Avoir un enfant, deux enfants, trois ou plus… Ou aucun ?

Ce désir-là est bien complexe… Chaque femme a sa réponse selon son parcours et ses opportunités.

Il y a celles qui ne veulent pas d’enfant et n’en auront pas, prêtes à avorter sans trop de regret si un accident survenait. Cependant, quelques-unes peuvent à cette occasion se remettre en question et se demander si… elles ne le garderaient pas, en fin de compte.
Celles qui n’en veulent pas, mais qui en ont malgré tout, parce que leur famille, leur conjoint, la société leur a fait pression. Car c’est bien connu, il faut avoir un mari, des enfants et un chien pour réussir pleinement sa vie (pffff…).
Celles qui en veulent mais n’en ont pas, parce qu’elles ne peuvent pas en avoir, n’y arrivant pas pour des raisons physiques ou même psychologiques. Ou autrement, parce que leur compagnon est contre.
Celles qui en veulent, mais ne le gardent pas, à cause du boulot, des études, du manque d’argent, de temps, ou parce que leur compagnon, ou leur famille pour les plus jeunes, n’en veulent pas, que ce n’est pas le bon moment.
Celles qui n’en ont pas eu, parce qu’elles n’en ont pas eu l’opportunité, parce qu’elles n’ont pas trouvé le bon partenaire, pas eu le temps, parce qu’elles ont eu peur de tomber enceinte ou d’élever des enfants.
Celles qui en ont, parce qu’elles savaient qu’elles étaient faites pour. Celles qui l’ont toujours voulu et désiré, tout simplement, ceci parfois en dépit de ce qu’en pensent les autres, leur compagnon, leur famille, leurs amis… C’est fou comme parfois la Terre entière se mêle de ce qui ne les regarde pas !

Voici mon cheminement personnel. En tant que célibataire, il ne me serait jamais venu à l’idée de vouloir tomber enceinte. Il n’y a rien de pire qu’un enfant non désiré, non aimé par ses parents. Je n’aurais pas hésité une seule seconde à avorter, si par hasard… Entre-temps, je me suis mise en couple. Nos discussions sur les enfants tournaient vite au vinaigre, parce qu’il en voulait, parce que je n’en voulais pas, mais un compromis était impossible. Il m’a fallu des mois pour revenir sur ma décision, le vrai déclic s’est réalisé quand il m’a fait comprendre que je ne reproduirai pas fatalement ce que ma famille m’a fait subir. Ce n’est pas parce qu’on a été un enfant maltraité que l’on devient un parent maltraitant. Je ne ferai jamais une mère parfaite, mais lui sera présent pour compenser une partie de mes manques et mes défaillances. Nous sommes un couple, et choisir de fonder une famille se fait à deux.
Nous avons par la suite emménagé dans une plus grande maison, il a obtenu un poste stable, mes études se sont avancées: il était temps de lui proposer un bébé. Il a dit non. Oui, il en voulait, mais non, on n’était pas prêts. Après des larmes et de nouvelles explications, il a finalement dit oui. J’ai aussitôt arrêté la pilule que je prenais depuis trois ans. J’ai attendu. Deux ans bientôt que j’attends. Et cinq mois que je suis suivie par une gynécologue, que je me gave de médicaments à longueur de journée pour espérer tomber enceinte.

Quelle ironie du sort, moi qui au départ n’en voulais pas et pensais que j’en avais la possibilité, voilà que je constate que j’en veux, mais que je ne peux pas en avoir. Je découvre que ce désir-là est impérieux, viscéral. Il vient du ventre même. Ca m’obsède jour et nuit. Parfois, je me sens comme punie de ne pas l’avoir désiré auparavant, même si cela n’a pas vraiment de sens. A cause de ça, quand on nous demande pour quand on projette un bébé, je n’ai pas de réponse prête. Je brûle de leur dire que je n’en veux pas juste pour leur clouer le bec et qu’ils me fichent la paix. Je ne peux pas leur parler de cette envie folle, encore moins de mon infertilité. Comment en parler, de toute façon, quand ceux en face de nous ont fondé leur petite famille sans problème.

A cause de mon parcours, j’envie les femmes qui ont su dès le départ qu’elles seraient mères plus tard.
Qui, le jour où elles se sont mises en couple, savaient qu’elles avaient trouvé le père de leurs futurs enfants. Qui, la fois où elles sont tombées enceintes, où elles ont donné naissance, ont connu le plus beau jour de leur vie. Et ce n’est pas parce qu’elles sont mères qu’il faut les réduire à cette simple fonction. Elles sont également femmes, épouses, amantes…

A cause de ce même parcours, je respecte profondément les femmes qui ont pleinement choisi de ne pas avoir d’enfant et s’investissent dans leur vie autrement, elles ne sont pas mères mais il arrive qu’elles fassent des tantes formidables ou des nounous pleines d’attention envers les enfants des autres. Elles ont sinon un travail épanouissant, un mari aimant et comblé, des activités et des loisirs qui remplissent leurs journées. Et ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas mères qu’elles ne sont pas moins femmes que les autres, et non, elles ne finiront pas vieilles filles, aigries.

Le fait de ne pas désirer des enfants doit avoir autant de place dans notre société que celui d’en désirer.

Ce désir-là ne se choisit pas, il est là ou pas, mais c’est au-delà du rationnel et du réfléchi. En somme, je préfère penser qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de faire des enfants, pas plus qu’il y en a de ne pas en faire. Quelle que soit notre position et notre situation sur la question des enfants, aucune n’est facile à tenir… Voilà pourquoi il est important de respecter le choix de chacun et chacune, sans juger, ni imposer de notre propre vision des choses.

NB: je suis bien consciente que le thème abordé est assez délicat et potentiellement sujet à polémique, merci d’être indulgentes, compréhensives autant que possible (j’emploie ici le féminin par défaut, pardon pour l’infime lectorat masculin). En particulier, je voudrais que l’on n’interprète pas de travers mes propos au sujet de l’avortement: certaines s’estiment heureuses de pouvoir le faire, c’est leur libre décision, alors que d’autres le feront à contre-coeur, vraiment malgré elles, et dans l’un ou l’autre des cas, elles ont mon entière sympathie…
Pour clore le sujet, je voulais illustrer mes propos par des exemples de billets ou d’articles parlant essentiellement du choix de ne pas être mères (ou de ne pas pouvoir…), et que j’ai trouvés éclairants. Je n’ai pas recensé les arguments de l’autre camp (i.e. les femmes désirantes), car elles représentent la majorité et sont suffisamment bien défendues, j’espère toutefois qu’on ne m’en voudra pas… Pour aller plus loin, voici d’autres articles toujours intéressants sur le non-désir :
La vie est un manège, par Mona Chollet
J’ai choisi de ne pas avoir d’enfant
Donner un sens, par Martine Page
Des enfants pas pour moi merci, par Mon blog de fille

 

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j’en ai voulu, j’en ai eu quand je voulais, j’ai eu cette chance… mais je suis moi aussi très sensible à celles qui “voudraient bien, mais n’y arrivent pas” car je sais que cette injustice vire parfois au cauchemar. Comme quoi avoir un enfant relève encore du petit “miracle” qu’on ne commande pas toujours. Mes copines qui “n’en voulaient pas” entre 25 et 35 (pas le bon moment, le bon amoureux,le bon job, etc…), frôlant aujourd’hui ou ayant dépassé le cap de la quarantaine le regrettent parfois (souvent), pour des raisons diverses, j’entends aussi leur douleur et jamais je ne me permettrai de les juger et de penser qu’elles vont s’aigrir, moi qui au contraire leur ai toujours dit qu’ells pouvaient aimer et gâter d’autres enfants si elles le souhaitaient.

Pour moi, de toutes façons, ce n’est pas à engendrer que se résume la vie de femme, et d’être humain.

Être mère, ou pas, quand la vie vous laisse le choix, c’est bien…


 

PS : je te souhaite d’avoir ce que tu désires… ton article en tous cas est plein de recul, de réflexion et de maturité…


 

Un article très intéressant, sur un sujet parfois épineux, déjà évoqué d’ailleurs sur Ladiesroom.


Je ne veux pas d’enfants, je n’ai pas ce désir, mais comme tu le souligne, je suis une tatie et une marraine très impliquée dans la vie des ses nièces, neveux, filleul et filleule :-) Je les adore, je les aime, je les choie, ils me manquent souvent. Ce ne sont pas mes enfants mais je pense que je les aime tout autant que s’ils l’étaient. Je ne sais pas pourquoi je n’en veux pas à moi, je n’ai pas d’explication, je ne suis pas carriériste, pas folles d’activités en nombre, j’ai une petite vie paisible et calme avec mon chéri, qui nous comble telle quelle.


Je te souhaite sincèrement d’atteindre le bonheur et d’avoir un jour cet enfant que tu désires tellement.


 

Un conseil détend toi n’y pense plus. J’ai eu ma fille quand je ne l’attendais plus justement parce que j’avais arrêté d’être obsédée par mon désir.Je sais c’est facile à dire maintenant qu’elle est là.


 

je suis entièrement d’accord avec Plum, d’autant plus que j’ai vécu à peu près la même chose. je voudrais revenir sur une de tes phrases qui évoque la reproduction du schéma familial que l’on a connu. non, on ne reproduit pas forcément les mêmes choses mais quand quelque chose nous a fait souffrir pendant notre enfance ou ou que le modèle que l’on a connu est douloureux, ça peut entraîner quelques freins psychologiques… et c’est peut-être aussi sur ce passé là qu’il faut se pencher pour s’accorder d’être mère, pour avoir confiance en sa capacité à être maman. la naissance d’un enfant n’est pas qu’une histoire de médicaments…


 

Oui…j’étais entendu parler de ce bloquage mental qu’évoquent plum et zinzolina…laisse couler, détends toi :-)


 

oups, “j’avais”


 

Peut-être est-ce la force de ton désir d’enfant et cette obsession qui te freinent, justement. Peut-être faudrait-il que tu esssaies de ne plus y penser. Je n’ai pas encore d’enfant, mon avis ne vaut donc pas grand chose mais j’ai pu constater bien des fois que lorsque l’on veut quelque chose avec trop de force, elle se dérobe jusqu’à ce qu’on ait réussi à “maîtriser” son désir.


J’espère que tu obtiendras ce que tu veux. Et n’oublie pas que lorsque tu dis “il sera présent pour compenser une partie de mes manques et mes défaillances”, tu seras là, aussi, pour combler une partie de ses manques et de ses défaillances :)


 

Tes mots sont justes et en rien choquant. Et surtout ils font réfléchir… Merci d’avoir partagé cette réflexion, c’est un sujet qui nous touche toutes dont celle qui disent ne pas en vouloir pour qu’on nous fiche la paix avec cette question fatale qu’on nous pose dès qu’on a plus de 25 ans et qu’on est en couple “alors, vous en faites un quand?”.


 

Quel sujet complexe…je suis moi même dans une phase je veux-je veux pas-je sais pas….J’ai la chance d’avoir trouvé l’homme avec qui ça serait possible, on se marie en juin prochain, un déménagement est prévu ensuite, et étant entouré de toute part d’amies qui viennent d’avoir un petit ou sont enceintes, mon homme désir etre pere aussi, je le comprend il est plus vieux que moi de 5 ans…tous ces potes en ont, les miens attaquent…et pourtant plus je me rapproche de cette possibilité plus je doute de ce que je veux vraiment. “Avoir un enfant” c’est pas juste etre enceinte 9 mois et faire des gouzous au milieu des peluches, à force des les voir chez les autres, je vois aussi que finissant à 20h en moyenne le soir, si j’en fais je ne les verrais pas la semaine (petit il se couche tot), puis le week end on est tellement cassé on se lève à 14h, comment etre en pleine forme à 8h du mat avec un ti bout qu ‘il faut surveiller comme le lait sur le feu? et les cris..sans parler des 4 premiers mois ou tu ne vois pas le jour…et la grossesse avec cette déformation du corps qui me fait flipper…peur que mon homme ne me désire plus car je serais devenu une grosse vache…tout ça…et puis comme tu dis, et si je n’y arrivais pas…si je ne pouvais pas.. je crois comprendre se que tu exprimes…

Mais comme disent les filles au dessus je pense qu’il faut que tu changes ton fusil d’épaule, continue d’aimer ton homme sans contraception…un puis un jour peut etre la vie te fera ce cadeau…mais ne l’attend pas.

Ma cousine à 40 ans, elle a fait une véritable fixation, médoc, médecin, clinique…puis au bout de 10 ans, elle a enchainé 3 beaux garçon sans les aavoir prévu…des fois faut pas chercher, évitons de trop programer je crois qu’on se rend folle, arrivera ce qui arrivera…et moi qui reve d une belle famille de 3 enfants sur de belles photos…je suis meme pas sur d en etre capable ! on verra quand j y serais…je suis philosophe….

je te souhaite le bonheur que tu mérites.


 

@ibulle, je ne suis pas une proselyte de la maternité, loin de là mais tu te prends trop la tête! ça vient naturellement des millions de milliards de femmes sont passés par là et la période nourrison est très courte, En même tant c’est normal de flipper car c’est l’inconnu total mais c’est aussi la chose la plus naturelle du monde.


 

@ toutes : Merci, que dire de plus ?

Et ne plus y penser, enlever ce blocage ? Je voudrais bien mais plus facile à dire qu’à faire. Oh, je me prends trop la tête, je sais, je sais :) Je verrai bien si, à la fin du mois, l’essai est transformé ou pas.


 

Je n’ai pas d’enfant et ne sais pas encore si j’en veux. Mais, j’ai été touchée par ton artcile et voulais juste te souhaiter bon courage. Be cool! Tout arrive…


 

Je t’envoie plein de courage aussi, je vois que ca ne s’arrange pas trop pour toi.

J’ai eu le compte rendu de mon opération hier. Rien, pas de problème. Je commence les piqures au prochain cycle aussi.

J’espere que cette fois ca tiendra.


Quant au penser à autre chose … pas évident quand meme …


 

Je suis également de tout coeur avec toi, Eowyn. L’opération a montré que tout va bien, c’est déjà un bon point… Garde espoir, je te souhaite de pouvoir bientôt apprendre une bonne nouvelle :)


 

Comme je pense à vous les filles. La vie est injuste des fois. Celles qui auront lu mon article sauront que j’ai avorté à 17 ans, et que je suis tombée enceinte la première et seule fois où je n’ai pas eu de rapport protégés. Et certaines veulent tellement un petit bou et n’y arrivent pas, que je crois qu’injuste est bien le mot.

Je pense aussi que de trop y penser peut entrainer une sorte de “blocages” et que les meilleures surprises sont aussi les plus innatendues. Courage à toi magnificial, et à toutes celles dans la même situation.


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