Non ne vous inquiĂ©tez pas je n’ai pas dĂ©cidĂ© de voux parler en sigles dĂ©sormais. Il se trouve juste qu’après un match D.Nalbandian / N.Alamagro expĂ©diĂ© en 6-4, 6-4, je suis allĂ©e m’enfermer dans une salle obscure pour me dĂ©lecter du dernier GVS, Gus Van Sant pour les non-initiĂ©s. Paranoid Park, puisque c’est son petit nom, est donc le dernier petit bijou de l’auteur de Elephant ou encore Last Days.
Je vais juste me fendre d’une petite claque en règle pour les 5 ados du fond, oui vous lĂ -bas, effectivement Paranoid Park c’est pas Rush Hour 3 hein, non ça ne va pas Ă toute vitesse, oui Gus Van Sant est dans la lenteur, dans l’esthĂ©tique, dans l’introspection. Il ne rĂ©alisera jamais Die Hard 18 ou Fast and Furious 25.Ca serait bien de savoir quel type de film on va voir avant de cracher dessus en sortant parce qu’on a trouvĂ© ça trop lent. Parce que sincèrement quand on entend ce qu’on entend Ă la sortie du film ou qu’on lit ce qu’on lit Ă quelques endroits sur Internet, bah on est bien content de penser ce qu’on pense. Bref.
Donc Paranoid Park. Alex est un ado de Portland, skateur, hyper lambda, avec des parents qui divorcent, un petit frère de 13 ans et une petite copine pompom girl. Alex ne parle pas beaucoup, traĂ®ne plus qu’il ne participe, a toujours un bonnet ou une casquette vissĂ© sur ses cheveux trop longs, bref Alex est un ado comme on l’a tous Ă©tĂ©, pas très bien mais qui attend que ça passe. Et puis un jour il “lui arrive un truc”. Et il ne sait pas comment y faire face.
Tous le film s’articule autour de cette idĂ©e, comment faire face Ă la rĂ©alitĂ©, avec quels moyens, quelle Ă©chappatoire. Comment, Ă 17 ans, prendre sur ses Ă©paules quelque chose qui nous dĂ©passe. Dans la lignĂ©e d’Elephant ou de Last Days, Paranoid Park nous replonge dans l’introspection adolescente, dans la distance que l’on choisit de prendre ou non face aux choses qui nous arrive et dans la façon de les rĂ©soudre.
On a pas le fin mot de l’histoire, ce n’est pas la fin qui intĂ©resse GVS mais les moyens d’y arriver. Peut-ĂŞtre certains trouveront donc le film inachevĂ© et pourtant il nous emmène dans une dimension oĂą la fin d’un film n’est pas le plus important, seul compte l’instant, l’Ă©motion et la rĂ©alisation… La camĂ©ra de GVS est sublime, les fondus, les ralentis, les jeux de lumière et d’ombre (scène de la douche par exemple), l’esthĂ©tique est juste parfaite, Ă l’image des autres perles de GVS…
Bref j’ai beaucoup aimĂ©, par contre, il faut bien avoir une idĂ©e de ce qu’on va voir avant d’y aller, GVS ne s’aborde pas comme un Bruckenheimer, un Jan Kounen ou encore un Brian De Palma. Abordez plutĂ´t un GVS avec toute la prĂ©caution que vous auriez pour un David Lynch mĂŞme si les deux n’ont fondamentalement rien Ă voir. Allez-y en Ă©tant curieux, ouverts et non pas avec des oeillères ou une idĂ©e prĂ©cise en tĂŞte… Enfin moi j’dis ca, c’est pour vous :)
Paranoid Park, de Gus Van Sant (2007)
posté le 29/10/2007 | 1592 vues | 30 commentaires | tags: gus_van_sant fondus Paranoid_Park adolescence bestof film cinéma Culture
Tout Ă fait ma came. Je crois qu’il repleut dans la semaine en plus, nickel :)
@ ninog: si tu as aimĂ© Elephant, je pense que celui-lĂ devrait te plaire, on est dans la mĂŞme trame Ă la fois au niveau du scĂ©nario et de la rĂ©alisation. Concernant l’absence de fin c’est difficile de t’expliquer sans en dre trop mais disons que ça ne manque pas :)
@ Harold: ha ha ^^ Mais je pousserai mĂŞme le vice jusqu’Ă dire que c’est un film qui vaut le coup d’ĂŞtre vu mĂŞme quand il fait beau!
bonjour mamzelle!
tres bon article, tres bonne critique! bravo!
j’ai pas vu le film mais je vais certainement y aller!
Tout d’abord, je salue ton goĂ»t. Gus Van Sant est sans doute le rĂ©alisateur qui m’exaspère le plus (de par sa notoriĂ©tĂ© que je trouve dĂ©mesurĂ©e par rapport Ă son travail) nĂ©anmoins il suscite toujours de nombreuses rĂ©actions et quand on y pense, c’est tout d’mĂŞme le but premier de l’Art.
J’voulais juste ajouter une petite remarque qu’il me paraĂ®t difficile de formuler sans qu’elle paraisse dĂ©sagrĂ©able, alors j’en suis navrĂ©e d’avance:
C’est dommage de stigmatiser les personnes qui n’apprĂ©cient pas les longueurs de la sorte. En c’qui me concerne, les plans rĂ©currents de la mĂŞme scènes sous divers aspects relevaient du coup de gĂ©nie la première fois et ont perdu de leur saveur Ă mesure qu’il les surexploitait (Elephant, Last Days, Paris je t’aime, etc (Ă©videmment il en a fait d’autres mais cette technique y est moins prĂ©sente, me semble t il)
D’autre part, cette manie de suivre le personnage d’un bout Ă l’autre de ses dĂ©placements m’exaspère grandement. Ca se veut contemplatif et au final, c’est juste ennuyeux.
On peut donc être cinéphile sans aduler monsieur Van Sant pour autant
Du reste, j’adhère totalement Ă ton analyse!
@ Hasir: Merci pour ton commentaire. Je ne prend pas mal ta remarque ne t’inquiète pas, le principe des commentaires et de faire rĂ©agir les gens :)
Je ne voulais pas “stigmatiser” les personnes qui n’aiment pas Van Sant et sa façon de rĂ©aliser, tous les goĂ»ts sont dans la nature et Van Sant est un rĂ©alisateur parmi d’autres, on est d’accord.
Ce que je critique ce sont les gens qui vont volontairement voir un Van Sant (donc qui sont sensĂ©s avoir une idĂ©e de la façon dont le film va se dĂ©rouler) et qui justement en sortant, font mine de s’Ă©tonner et bavent sur la rĂ©alisation.
Maintenant tout le monde ne peut pas aimer Van Sant, c’est assez particulier pour justement diviser les esprits :)
Tout Ă fait. Cela dit j’y suis allĂ©e en toute connaissance de cause, en sachant que j’allais baver. Quelque part, je m’dis que c’est un rĂ©alisateur qui marquera plus les esprits que d’autres, meilleurs mais discrets. Dans cinquante ans, notre gĂ©nĂ©ration sera associĂ©e Ă celui lĂ , AlmodĂłvar et leurs comparses, donc autant connaĂ®tre leur oeuvre dès maintenant. ‘Fin c’est confus mais ça a du sens dans mon petit esprit ;)
c’est ce qui est justement intĂ©ressant avec des oeuvres contemporaines… on peut suivre les Ă©volutions de l’artiste/rĂ©alisateur, et on peut s’en faire une idĂ©e tout de suite, sans attendre après un critique ou un thĂ©oricien qui vous filtre tout ça… je salue donc cette conversation contructive dans ce sens!… (un peu flou aussi, j’en conviens). lorsque je suis sortie de la salle (j’ai vu Paranoid Park avant hier), j’Ă©tais secouĂ©e et tendue par les rĂ©actions que je sentais autour de moi. j’ai adorĂ©, comme j’ai aimĂ© Elephant et mĂŞme Last Days, pour d’autres raisons. je suis admirative de la libertĂ© de ce rĂ©alisateur, et son extrĂŞme prĂ©cision, ses “essais” qui sont des exercices de maĂ®trise, le fait qu’il explore d’autres formes, d’autres vocabulaires filmiques. et je me suis dit que ce n’Ă©tait pas vraiment du cinĂ©ma, et que ce n’Ă©tait pas non plus de l’art “vidĂ©o”, comme celui que l’on peut voir dans les expos et les musĂ©es d’art contemporain (Bill Viola, Pipilotti Rist, Nam June Paik, etc…). Gus Van Sant est pile entre les deux, travaille en artiste pour le cinĂ©ma, et fait des films comme des oeuvres d’art. pour preuve, la scène de la douche (bien d’accord avec toi, mamzelle) qui est d’une beautĂ© saisissante (et encore, je freine mes mots)… pour moi, il dit aussi quelque chose d’essentiel (lĂ plus au niveau du scènario, qui je pense a bien une “fin”…) sur le passage Ă l’age adulte , au delĂ des clichĂ©s : c’est aussi le moment oĂą “quelque chose arrive”. ici, c’est extrĂŞme, mais finalement, on doit tous faire face Ă une situation qui change notre vision du monde et de nous mĂŞme pour toujours. ça aussi ça m’a beaucoup touchĂ© dans ce film… sinon, complètement d’accord avec le fait que les gens vont voir des films sans savoir (le gros problème de l’abonnement) et qu’ils passent leur temps Ă critiquer (et souvent PENDANT le film). aller au cinĂ©ma revient parfois Ă aller au combat, et c’est pĂ©nible… il y a suffisament de choix pour tout le monde, alors si les gens veulent dĂ©couvrir, un peu de respect!… bon dimanche :-)
“un peu flou” = mon propre discours, pas votre conversation… ;-) c’est dire si je suis floue… pffffff!
@mekameta: Merci pour ton com’, j’adhère Ă ton analyse :)
Et je rebondirai sur le problème que tu soulèves Ă la fin, le fait que sous le couvert d’avoir un abonnement illimitĂ© donc des critères de choix de films beaucoup moins poussĂ©s (puisque le prix du cinĂ©, meme s’il est abusif, n’est plus un “filtre”), les gens vont voir tout et n’importe quoi sans savoir.
D’un cĂ´tĂ© je trouve ca gĂ©nial de ne plus ĂŞtre freinĂ© par l’argent pour pouvoir dĂ©couvrir l’art du cinĂ©ma mais d’un autre cĂ´tĂ©, ca nous met en face de comportements illogiques ou irrespectueux.
Bref, tu me diras, on changera pas les gens :)
Merci en tout cas pour cette discussion, c’est très intĂ©ressant d’avoir de tels Ă©changes sur un sujet aussi complexe que la rĂ©alisation obscure de Van Sant :p
J’dirai juste, pour en finir avec mon intervention dĂ©sagrĂ©able, que la critique n’est pas nĂ©cĂ©ssairement nĂ©gative et que tout bon film a des dĂ©fauts sur lesquels on peut mettre l’accent en toute lĂ©gitimitĂ©, sans pour autant ĂŞtre un rageux de base ;)
Et sinon, j’ai Ă©galement apprĂ©ciĂ© la scène de la douche. Elle est visuellement parfaite et ce son aigu de culpabilitĂ© nous laisse mal Ă l’aise pendant un sacrĂ© moment!
Tout Ă fait d’accord, cette scène est interminable et pourtant tellement chargĂ©e d’Ă©motion…. et le jeu d’ombre avec les gouttes qui tombent la rend tout simplement scotchante :)
il a rĂ©ussi Ă donner une autre scène de douche mythique au cinĂ©ma, après Psycho!! :-) d’ailleurs, j’ai lu quelque part qu’il avait eu le projet (je ne sais pas si il est ou non rĂ©alisĂ©) de refaire Psycho… pour ce film, comme pour Elephant, j’ai Ă©tĂ© scotchĂ©e dès les premières minutes. Ă©trange… sinon, pour la critique, oui, bien entendu, on peut attirer l’attention sur des dĂ©fauts, mais je crois que le plus important, c’est la rencontre avec l’oeuvre, l’Ă©motion… je crois que c’est aussi une manie franchouillarde qui en oublie un peu l’essentiel. les artistes ne produisent pas pour “flouer”, mais pour faire des propositions… c’est quand on fait soi-mĂŞme que la critique laisse la place Ă autre chose. je fais du montage, et franchement, Paranoid Park m’a mise une bonne claque! c’est ce que je cherche en gĂ©nĂ©ral avec l’art, et lĂ , avec Gus Van Sant, je n’ai jamais Ă©tĂ© déçue (Elephant-Last Days-Paranoid Park).
Mekameta> C’etait pas Telerama? J’ai lu la mĂŞme chose, j’pense. (Je r’trouve plus mon exemplaire par contre, bouhouhou)
En fait il n’a pas rĂ©alisĂ© le projet Ă ce jour, j’crois qu’il voulait se mĂŞler Ă la population Hollywoodienne mais que l’projet PPark lui est apparu entre temps et qu’ça l’a vachement plus sĂ©duit
non, je l’ai lu sur IMDB, mais merci du tuyau! alors, Hasir, tu es cinĂ©phile? quels sont tes rĂ©alisateurs fĂ©tiches?
Haha, bonne question! En vrac:
J’apprĂ©cie beaucoup Gilliam pour ce qu’il a fait en dehors des Monty Python (bien qu’ce soit gĂ©nial hein): Brazil, l’ArmĂ©e des Douze Singes, Las Vegas Parano, Tideland, tout ça tout ça.
Danny Boyle me fascine (28 Jours Plus Tard, Trainspotting, Sunshine). Kusturica m’Ă©pate (Arizona Dream pour ne citer qu’lui!). Gondry est pas mal dans l’genre, avec Ă©videmment Eternal Sunshine Of the Spotless Mind mais aussi La Science des RĂŞves. Le NorvĂ©gien Jensen est Ă©galement prometteur: Les Bouchers Verts puis Adams Apples. J’citerais encore Wes Anderson (the Life Aquatic, Rushmore, the Royal Tenenbaums) et enfin le fort populaire Aronofsky pour Requiem For A Dream et the Fountain. En ce moment j’m'intĂ©resse pas mal Ă Iñárritu (depuis Babel je dois l’avouer)
DĂ©solĂ©e d’m'ĂŞtre Ă©talĂ©e mais c’est vachement dur de synthĂ©tiser sur une question pareille! Et toi donc, demoiselle?
ouh lala! c’est très très vaste… ça va de l’art vidĂ©o au cinĂ©ma mainstream, de l’ancien au très contemporain, et c’est très fluctuant. alors, en ce moment, grace aux cours de montage, je dĂ©couvre les films russes des annĂ©es 20 (par exemple, le merveilleur Homme Ă la CamĂ©ra de Tziga Vertov, qui est vraiment bluffant de modernitĂ©, les clipers de MTV n’ont rien inventĂ©!), et je suis très fan de Gus Van Sant, de Paul-Thomas Anderson (Magnolia est sans doute mon film prĂ©fĂ©rĂ©, pour des raisons très personnelles, j’attends fĂ©brilement la sortie de son prochain, l’annĂ©e prochaine!), et surtout Alejandro González Iñárritu (Amours Chiennes, 21 grammes et Babel) qui me fous le frisson comme personne. sinon, comme toi, j’aime beaucoup beaucoup Terry Gilliam qui m’a ouvert des portes importantes, et Aranovsky, pour Pi et Requiem for a Dream (the Fountain m’a laissĂ©e plus perplexe, peut ĂŞtre le rythme…). pour l’art vidĂ©o, je pourrais en parler pendant des heures, alors, si ça t’intĂ©resse, je te donne quelques liens! mes artistes vidĂ©o prĂ©fĂ©rĂ©s sont Pipilotti Rist, Bill Viola, Bruce Nauman, Dan Graham, et encore d’autres qui ont fortement influencĂ© les cinĂ©astes contemporains… ah, et il y a aussi ces deux artistes incroyables qui travaillent sur le film, l’installation et le son : Janet Cardif & George Bures Miller. gĂ©nial!
http://stephan.barron.free.fr/art_video/index_art_video.html
http://perso.ensad.fr/~longa/cours/VHist.html
Hey, merci pour tes liens!
(the Fountain m’a Ă©galement Ă©tonnĂ©e mais j’ai dĂ©cidĂ© de l’aimer très fort, ça compense)
aaaaah, tu me fais plaisir, lĂ , Hasir!! derrière ces mots un peu tranchĂ©s se cache (assez mal, et c’est tant mieux) une amoureuse de l’art!!! tu verras, tu ne seras jamais ni rassasiĂ©e ni déçue pas cette relation-lĂ … ;-))
J’sais pas si j’peux rĂ©ellement parler d’Art Ă mon âge (j’ai vaguement flirtĂ©, pratiquĂ© pendant deux ans puis tout plaquĂ© par manque de volontĂ©) toutefois la Culture ne m’a jamais laissĂ©e tomber et j’vois bien c’que t’entends par lĂ (cela dit je n’commente plus sur le bon article, lĂ !)
Rha pinaise merci les filles, je me suis mise un peu en retrait sur votre discussion car je m’aperçois que je suis loin d’avoir votre culture cinĂ© mais c’est hyper intĂ©ressant :)
Ah ouais par contre, tu as citĂ© Lynch, Mamzelle, donc j’comprends pas comment j’ai pu l’oublier.
Ce mec est un gĂ©nie et il a parfaitement compris comment tirer parti du numĂ©rique (j’ai aimĂ© Inland Empire aussi, bien que les vĂ©ritables puristes l’aient parfois trouvĂ© en dessous du reste)
ben voui, Lynch!! bien sĂ»r! de grands moments… et hop, dans la liste aussi… :-)
il n’y a pas d’âge pour parler d’art, c’est comme les plantes, ça pousse ou ça pousse pas, ça prend dans le coeur d’une personne ou ça ne prend pas. je sais que c’est terrible de dire ça, mais non seulement je le pense, mais j’ai pu le vĂ©rifier maintes et maintes fois. quand on est “touchĂ©”, c’est pour la vie. après ça Ă©volue, on peut mĂŞme se fâcher, mais ça reste bien plantĂ©. je crois qu’un des premiers signes, c’est d’avoir très vite des coups de coeur, des avis, de se bagarrer pour ses idĂ©es et ses Ă©motions… ;-)
Raaah j’aurais bien aimĂ© le voir…
Juste un truc: pourquoi tout le monde connaĂ®t Last Days (”passque ça parle de Kurt Cobaaaiiin!”) et Elephant (”le massacre de Columbine, t’sais…”), mais pas Gerry ? Qui est peut-ĂŞtre le film le plus extrĂŞme de GVS (si on exclut Paranoid Park, que je n’ai pas vu, comme je le disais plus haut). Et le plus beau (c’est dire !).
Ensuite, c’est un peu bĂŞte de sĂ©parer GVS du cinĂ©ma populaire, Ă©tant donnĂ© que c’est grâce Ă lui que Jason Bourne se retrouve avec les traits de…Matt Damon (qui a tournĂ© Gerry après La mĂ©moire dans la peau, ça c’est un mec qu’a pas peur des contrastes !). Will Hunting, ça ne vous dit rien ? Et Keanu “Neo” Reeves, il n’aurait pas jouĂ© dans My Own Private Idaho avant de revĂŞtir le cuir par hasard, mmmh ? Et Matt Dillon ? Et Nicole Kidman ? (dans PrĂŞte Ă tout).
Bref, Gus sait aussi faire du cinĂ©ma plus ou moins popu (avec Robin Williams ou Sean Connery, voyez…).
Encore un truc (en rĂ©ponse Ă un commentaire): INLAND EMPIRE est un grand film, et ça, mĂŞme les “puristes” de Lynch ne peuvent le contredire. Certains ont Ă©tĂ© un peu choquĂ©s par la “saletĂ©” du film, son grain (de folie ?), le ridicule (ils n’avaient jamais remarquĂ© que le cinĂ©ma de Lynch est avant tout comique, en plus d’ĂŞtre horrifique, les ânes)…
L’apparition finale, Laura Dern, les lapins, le psy etc, tout cela me fait dire qu’IE est loin d’ĂŞtre “en-dessous” dans la filmo lynchĂ©enne.
Et puis c’est quoi la remarque mesquine sur De Palma ? Le mettre dans le mĂŞme sac que Bruckheimer, ça craint putain !
C’est d’autant plus bĂŞte de le mentionner dans cet article, car De Palma est un grand admirateur d’Hitchcock, et il fait souvent rĂ©fĂ©rence Ă son cinĂ©ma dans ses films. Et devinez qui a tournĂ© un remake plan par plan de Psychose ? Gus van Sant. Ah dĂ©cidĂ©ment, le monde est petit hein…
Je rajouterai que c’est pas Bruckheimer qu’aurait eu l’idĂ©e de faire jouer Travolta dans un remake de Blow Up (Antonioni).
J’en rajoute encore une couche: faut pas dire aux gens qu’un Lynch “s’aborde” dans un Ă©tat d’esprit particulier, ça leur fait peur, et en plus c’est faux.
Tout chez Lynch ramène Ă la culture populaire et Ă l’inconscient collectif (le faste d’Hollywood, la musique de Marylin Manson, Rammstein, David Bowie, Nine Inch Nails, Nicolas Cage en peau de serpent, Willem Dafoe en mĂ©chant, les gangsters, les putes, la blonde/la brune, le sexe comme principal moteur du monde) et puis, finalement, ses films se ressentent plus qu’ils ne s’interprètent. Je ne suis pas fan des spĂ©culations Ă n’en plus finir sur le mode “pourquoi tel plan Ă tel moment, pourquoi elle dit ça blablabla”. VoilĂ :D
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