Avachie sur le sofa, je feuillette une Ă une les pages du magazine.
J’Ă©tais pourtant certaine que l’article se trouvait dans ce numĂ©ro.
”Femme fontaine, femme mystère”… le voici !
Evidemment que je suis intéressée.
Souvent je me suis demandée comme expliquer cela à un nouveau partenaire, et surtout quelle serait sa réaction ?
Après tout, je ne connais aucune femme dans mon entourage qui Ă©jacule et autant d’hommes ayant dĂ©jĂ vĂ©cu l’aventure.
”Question : Cela n’a rien Ă voir avec l’urine ou le liquide lubrifiant que les femmes produisent quand elles Ă©prouvent un dĂ©sir sexuel ?
Catherine Solano, mĂ©decin sexologue, rĂ©pond : C’est un liquide Ă©quivalent Ă du liquide prostatique qui viendrait de la vessie. Ce serait comme de l’urine mais d’une composition diffĂ©rente. Il serait un liquide “spĂ©cial” fabriquĂ© pendant le rapport sexuel. Certaines femmes ou partenaires comparent cette “Ă©jaculation” Ă une incontinence urinaire mais attention, cela n’a rien Ă voir. On l’assimile Ă une lubrification vaginale, alors que c’est l’urètre qui joue le rĂ´le d’un organe sexuel. Il participe Ă l’orgasme, comme partie intĂ©grante de la vulve. L’urètre est d’ailleurs souvent confondu avec le vagin…”
”Question : Le sentiment de “toute-puissance” est-il une caractĂ©ristique des femmes fontaines ?
C. S. : Complètement. Au départ, la plupart sont embêtées par rapport à leurs partenaires. Il est difficile d’expliquer à des hommes qui mystifient ou ne connaissent pas le phénomène. Puis, avec l’expérience, elles transforment cela en fierté et voient cela comme un moyen d’atteindre encore plus de plaisir. C’est une question de connaissance de soi pour pouvoir l’accepter.
MĂŞme si les frĂ©quences sont irrĂ©gulières, que le phĂ©nomène n’est liĂ© qu’à une pĂ©riode de la vie, il est toujours liĂ© Ă l’intensitĂ© de l’excitation et Ă un orgasme plus fort, comme une marĂ©e qui monte, une force de vie insondable. C’est pour cela que je dis qu’effectivement, c’est une chance d’être une femme fontaine. Seules les femmes qui ont beaucoup de plaisir, qui peuvent lâcher prise et s’abandonner facilement peuvent expĂ©rimenter cela !”
”Question : Nous l’avons vu en prĂ©parant cet article, certaines Ă©prouvent de la honte… Toute femme fontaine devrait ĂŞtre heureuse de l’être ?
C. S. : Je pense que pour l’accepter, il faut pouvoir se dire qu’il y a des choses qu’on ne peut pas contrĂ´ler dans la sexualitĂ©, comme les hommes qui ne peuvent pas contrĂ´ler leurs Ă©rections. Il faut d’abord accepter la rĂ©alitĂ© de notre corps pour pouvoir en faire quelque chose… Si vous saviez le nombre de femmes qui aimeraient ressentir le plaisir des femmes fontaines. Il faut positiver le phĂ©nomène car c’est une vĂ©ritable chance ! On peut vivre avec, ce n’est pas comme si c’était un handicap. Il faut commencer par accepter ce qu’on ne peut pas changer… ”
L’article n’est pas bien long et ne m’apprend rien de nouveau.
Je ferme les yeux et sens mon périnée se contracter.
Cela fait si longtemps que je n’ai pas trempĂ© mes draps, que je n’ai pas senti le fluide jaillir hors de moi et accompagner mon plaisir.
Ma première vraie Ă©jaculation m’avait quelque peu surprise.
A vrai dire, j’ai essayĂ© de me persuader qu’il s’agissait d’une Ă©mission un peu plus importante de fluide lubrifiant.
Pourtant devant l’Ă©tendue des dĂ©gâts, la fuite urinaire n’Ă©tait vraiment pas Ă exclure.
Mais le plaisir avait Ă©tĂ© si intense et ma satifaction entière que je n’ai pas creusĂ© le sujet.
Et puis, au fil du temps, j’ai appris que je faisais partie des ces 10% de femmes qui Ă©jaculaient.
Et puis, au fil de l’amour, j’ai appris Ă provoquer et Ă accepter cette source chaude qui s’Ă©chappaient de mon vagin pour l’Ă©clabousser, pour l’exciter, le rendre fou et me rendre folle.
Nos rapports “secs” Ă©taient presque devenus sans saveur, sans Ă©clat particulier si ce n’est que d’emprunter tout normalement le chemin classique vers un orgasme dans sa plus courte dĂ©finition.
Il suffisait toujours de si peu, mais encore fallait-il savoir.
Quelques doigts introduits dans mon intimitĂ©, un mouvement brusque de va-et-vient, et je sentais alors gronder mon dĂ©sir avant de s’Ă©chapper en larges giclĂ©es chaudes et Ă peine odorantes sur ses mains, mes cuisses, son sexe, les draps ou se dĂ©verser sur le sol carrelĂ©.
Certaines fois, elle paraissait intarrisable et j’ai cru alors mourir de plaisir.
Je… je ne sais pas pourquoi j’y ai repensĂ© subitement et quel intĂ©rĂŞt Ă vouloir Ă nouveau me documenter !
Cette rĂ©fĂ©rence Ă un film du rĂ©alisateur chinois Imamura ”De l’eau tiède sous un pont rouge” peut-ĂŞtre.
Ou cette rĂ©flexion soudaine de Jean-Luc, aujourd’hui, Ă table, murmurĂ©e tout contre mon oreille :
- “J’aimerai tant boire Ă ta source.
posté le 28/10/2007 | 853 vues | 4 commentaires
Pryska, chapeau l’article.
Je suis dans ton cas, la honte Ă©voquĂ©e dans l’article de ce journal je l’ai connu, pas au dĂ©but , mais Ă cause d’un homme qui ne trouvait pas ça ” normal “. La honte vient du regard des autres ou du moins du regard qu’on pense que les autres ont sur nous.
Mon homme actuel n’a pas ce regard ” bĂŞte-curieuse “, du coup tout va pour l’mieux
Et bien, me voilà rassurée.
Nous sommes déjà trois ici.
Vivent les jeux de glisse… ;-)
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Intéressant article, chère Pryska.
Je viens de lire tes dernières phrases Ă mon mec…il a trouvĂ© ma manière de te lire très fluide:) Il faut dire que j’Ă©tais bien dĂ©tendue:)
Eh oui, cette petite fontaine d’intĂ©rieur est bien une source de bien-ĂŞtre et de poĂ©sie!